La Bourgogne cisjurane appelée aussi Bourgogne viennoise ou Bourgogne rhodanienne ou plus rarement Bourgogne lyonnaise est l'une des quatre divisions territoriales du premier royaume de Bourgogne, créées vers 814, caractéristiques de l'administration carolingienne. Son existence est la plus longue des quatre entités. Elle survit à la mort du royaume comme entité administrative dans la Francie médiane, puis dans le royaume de Provence et enfin dans le royaume d'Arles. La création du Dauphiné de Viennois vers 1142 met fin de fait à cette entité administrative. Sa capitale était Vienne..

Limites géographiques La Bourgogne cisjurane incluait.:

Le Bugey Le Lyonnais Le Forez Les 3/4 sud de la Bresse Le Beaujolais La Maurienne Le Savoie propre Le Viennois Le Grésivaudan La Tarentaise Le Briançonnais Le val de Suse Le val Varaita Le val Cluson

Aux origines: le royaume des Burgondes

Le royaume des Burgondes (Regnum Burgundionum), doit son nom au peuple burgonde, venu s’installer en 443 sur les bords du lac Léman en Sapaudie. Gondebaud (mort en 516) et son fils Sigismond (roi en 516-523) sont les souverains les plus marquants de ce royaume. À son apogée, ce royaume occupa un espace considérable : il trouvait ses limites, au nord à Langres, au midi Marseille voire même Perpignan en 508. À l’ouest il s'étendait jusqu’à Gien, et au nord-est jusque sur les bords du lac de Constance. Son existence fut éphémère : de 444 à 534. Les visées franques de , en 500 ou 501, furent poursuivies par ses fils, Clodomir, roi d'Orléans, lors de plusieurs campagnes militaires qui se sont déroulées entre 532 et 534, Childebert, roi de Paris, et Clotaire, roi de Soissons, qui finissent par mettre un terme au Royaume burgonde.

La future Bourgogne franque est conquise par les Burgondes vers 476. Mais sous les Burgondes, il n'y a pas encore la partie champenoise ni le Sénonais qui seront adjointes plus tard sous le premier royaume de Bourgogne. En 501 l'Auxerrois est conquis par les Francs et détaché du reste de la future Bourgogne. Elle n'y retournera qu'en 534.

Le royaume de Bourgogne Les Mérovingiens intègrent le Royaume burgonde aux différents royaumes mérovingiens mais lui conservent son individualité. Ses frontières sont néanmoins élargies.. Lui sont adjointes les futures provinces de l'Orléanais, du Berry, le Sénonais, la moitié ouest du Bourbonnais, l'actuel département de l'Aube avec Troyes, le sud et l'est de l'actuelle Île-de-France.. La Provence est également ajouté mais sans le secteur d'Aix-en-Provence, dévolu à Sigebert...

La Burgondie apparaît toujours comme une entité géopolitique, au même titre que la Neustrie et l'Austrasie, les Mérovingiens y installent un roi dont les plus connus furent Gontran, et Dagobert. Si la capitale du royaume demeure à Orléans jusqu'au début du , c’est à Chalon-sur-Saône, mieux situé, que Gontran et les souverains suivants résideront le plus souvent. gauche|vignette|Les 4 commandements de Bourgogne Le royaume de Bourgogne cesse d'apparaître en tant qu’entité géopolitique avec les Carolingiens et va se rétrécir. Elle perd quasiment toutes les adjonctions des Mérovingiens, plus la Suisse alémanique. Des ajouts du , seuls les secteurs de Troyes et de Sens restent encore bourguignons.

Le vaste territoire de l’ancien regnum Burgundiæ est réparti par Charles Martel en quatre commandements, ayant chacun son gouverneur :

une Bourgogne provençale ou Arlésienne, (Provence, Vivarais, Hautes-Alpes et Drôme) une Bourgogne cisjurane ou viennoise, (Du Forez au Briançonnais) une Bourgogne transjurane (De la vallée d'Aoste au comté de Bourgogne) une Bourgogne franque.. (De Moulins à Troyes, futur duché de Bourgogne)

Les partages successifs du royaume entre les héritiers détruisent l'unité de la monarchie que Charlemagne et ses aïeux avaient construite. Le traité de Verdun met fin à l'unité de l'empire de Charlemagne et achève l'existence ce premier royaume de Bourgogne. La mutilation que le traité fait subir à la Bourgogne donne naissance, à l’ouest de la Saône, à la Bourgogne franque. qui va aboutir au duché de Bourgogne, et à l’est et au sud de cette rivière, à une Bourgogne impériale, lot de l’empereur Lothaire dont le territoire formera le royaume d'Arles.

Le système carolingien En l’an 800, Charlemagne instaure un ordre nouveau où dignitaires laïcs et évêques doivent être soumis au pouvoir central.. Le fonctionnaire impérial ou comte palatin est doté d’amples pouvoirs administratifs sur un pagus, terme qui désigne une subdivision d'anciens territoires héritée de l'administration romaine.

Si l'Église maintient l'unicité de ses diocèses, les anciennes civitas se retrouvent alors partagées entre plusieurs comtes régnant parfois sur plusieurs pagi qui peuvent eux-mêmes être redivisés en plus petites entités : centaine, vicairie et ban. Le pays de Bourgogne se retrouve aussi divisé en pagi gouvernés par des comtes ou évêques.

Les pagi de la Bourgogne cisjurane La liste alphabétique qui suit ne concerne que la Bourgogne cisjurane à l'exclusion de la Bourgogne franque, située au nord de la précédente, de la Bourgogne arlésienne au sud et de la Bourgogne alémanique à l'est. Le Beaujolais ou Grand dictionnaire du XIX qui faisait partie sous les Gaulois du pays des Ségusiens est partagé sous l'empire romain entre les cités de Lyon et de Mâcon. Puis il est conquis par Boson aux descendants de Charlemagne et incorporé à son royaume de Provence. À la mort de ce dernier il revient au royaume de France et au c'est une baronnie qui dépend de Guillaume le Pieux, comte du Lyonnais et du Forez, mort en 900 dont la capitale est l’agglomération de Beaujeu. Son successeur Bérard de Beaujeu est le premier à porter le titre de sire de Beaujeu et cette première maison s'éteint en 1265 avec Guichard V. Le territoire comportait plusieurs pagi. Le Brionnais ou . doit son nom à Brienne ou Brionne, ville aujourd’hui réduite au village de Briant, à deux lieues au nord de Semur. Une charte de l'Cluny de l'an 1050 fait part du don à l'abbaye par un certain Artaud et sa sœur Eldeburga de l'église de Varenne-l'Arconce et une partie de la forêt de la Chassagne (Cassania) sises « in episcopatu Augustodunensi, in pago Briennensi»Références historiques au Brionnais, le pagus Briennensis et le pagus Dunensis. Son accès est défendu par le et sa forteresse de Dun-le-Roi rasée en 1180 par les armées royales venues soutenir l'abbaye de Cluny en proie aux exactions des comtes de Dun. Le Briançonnais ou traversé par plusieurs voies romaines dont la voie Domitienne qui emprunte le Montgenèvre est intégré à la province romaine impériale des Alpes cottiennes. Il passe en l'an 297 dans la province romaine des Alpes-Maritimes dont la capitale est Embrun. La mention la plus ancienne du pagus se trouve en 739 dans le testament d'Abbon. Composé des cantons de Briançon, du Monestier, d'Aiguilles, de l'Argentière et de quelques vallées des Alpes italiennes il devient au principauté du Briançonnais avec les comtes d'Albon.. Rattaché à l'évêché de Saint-Jean-de-Maurienne au il dépend alors administrativement de la Bourgogne.. Il semble qu'une partie du territoire soit restée sous domination de cet évêché jusqu'au . Abbon devient patrice de Viennoise en 722 puis patrice de Provence. Ses possessions comprennent le Briançonnais dont il lègue une partie à l'abbaye de la Novalaise. À la suite du traité de Verdun en 843, le Briançonnais revient à la Francie médiane de Lothaire puis passe dans le Saint-Empire romain germanique où il est partiellement intégré au Dauphiné de Viennois alors que l'empereur Conrad le rattache à l'archevêché d'Embrun. Le Bugey ou a pour capitale Belley dont le nom serait lié à la déesse Bellone ou au guerrier Bellinus. Occupé par l'Empire romain en 58 av. J.-C. il bénéficie de sa situation géographique privilégiée entre la péninsule italienne et Lugdunum capitale des Gaules, d'autre part.. Vers l'an 450, les Burgondes l’envahissent et en prennent possession. Le territoire appartient ainsi au royaume de Bourgogne entre les . Son premier évêque attesté est Vincentius signataire des actes du concile de Paris en 555. Au , il est fait mention de Belley en tant que capitale du pagus Bellicensis qui s’étend jusqu’au mont du Chat et aux gorges de Chailles alors que le diocèse est créé et que de grandes abbayes bénédictines telles celles de Nantua, Saint-Rambert, Ambronay ou Saint-Benoît s'établissent dans les vallées. À la fin du la ville appartient au Saint Empire romain germanique mais à partir du le Bugey tombe sous la suzeraineté des comtes de Savoie. Afin de contrebalancer leur influence l'empereur Frédéric Barberousse institue Anthelme de Chignin, évêque de Belley et ses successeurs seigneurs de leur ville et princes du Saint-Empire romain germanique en 1175. Ils possèdent au le seigneurie de Lutrin.. Le Forez ou est le territoire du peuple libre des Ségusiaves"" "les Segusiaves, libres, dans le territoire desquels est Lyon, colonie.", Pline, Naturalis Historia, Livre IV. qui s’étend jusqu’à la Saône sous Auguste. Autour de l'an mil, le comté de Forez désignait un ensemble de territoires ayant relevé de l'ancien royaume de Provence et concédés par le roi Raoul de France au royaume de Bourgogne de Conrad le Pacifique vers 943. Le Forez était alors situé aux marges des royaumes de Bourgogne et de France. Le premier comte palatin connu est Australdus, un proche de Pépin.. Puis Bertmund. est mentionné comme comte et préfet de la province de Lyon de 818 à 829"Comes noster Bertmundus....Virum (seu vice comitum) pro se constituerit", Agobardi epist. III apud Bouquet, l, c. VI, 360.. En 843, lors du traité de Verdun, Vienne et Lyon reviennent à la Francie médiane de Lothaire qui les confie au comte-marquis Girart de Roussillon.. En 855, lors du traité de Prüm, l'ensemble comtal lyonnais-viennois (dit « duché de Lyon », Ducatus Lugdunensis) intègre le royaume de Bourgogne de Charles de Provence. À la mort de Charles en 863, Girard prend le parti de Lothaire II contre Charles le Chauve et lui conserve le duché. À la mort de Lothaire son royaume est redivisé entre ses oncles par le traité de Meerssen qui attribue Vienne et Lyon à Charles II le Chauve. Girart de Roussillon se rebelle contre Charles le Chauve qui le destitue pour remettre le duché à Boson de Provence. Le Forez intègre le royaume du Bourgogne lors du mariage de Mathilde de France avec Conrad de Bourgogne. Outre le pagus Forensis, le pays segusiave comportait le (pays de Jarez), le (pays du confluent) et le (pays de Roanne) qui est absorbé au cours du . Le Grésivaudan est un ancien bailliage du Dauphiné situé entre la chaîne de Belledonne et le massif de la Chartreuse. Jadis territoire des tribus allobroges des Segovellaunes, Voconces et Tricastins, Grenoble dont l'existence est attestée dès en devint la ville principale. Au départ simple vicus gaulois du nom de Cularo situé à la traversée de l'Isère par la voie romaine entre Vienne et l'Italie par le Montgenèvre, elle est fortifiée sous Dioclétien et Maximien entre 284 et 293 puis accède au rang de chef-lieu de cité en 379. Un évêché avec à sa tête l'évêque Domnin est attesté en 381. alors que la bourgade prend le nom de Gratianopolis en l'honneur de l'empereur romain Gratien (Flavius Gratianus en latin). Au les comtes d’Albon la choisissent pour capitale afin de garantir leur autorité à la fois sur le Bas et le Haut-Dauphiné. Grenoble se retrouva alors capitale d’un État indépendant au sein du Saint-Empire romain germanique.