Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean est un ouvrage qui retrace l'histoire de la région, en passant par le mythique Royaume de Saguenay que les explorateurs du ont évoqué, jusqu’à la société régionale contemporaine.
Deuxième ouvrage de la collection, la synthèse produite par Camil Girard et Normand Perron, deux historiens reconnus dans leurs domaines respectifs, livre un tour d'horizon de l'évolution économique, sociale, politique et culturelle de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la région de Chibougamau-Chapais.. L'œuvre a reçu le prix Clio-Québec de la Société historique du Canada en 1990..
Les auteurs Professeur et chercheur en histoire, Camil Girard participe activement au développement des recherches sur la région. En plus de contribuer à l'IQRC (Institut québécois de recherche sur la culture), il s’est joint depuis 1984 au Comité d’histoire régionale de la Société historique du Canada, dont il a été le président pour l'année 1986-1987. Il a également créé un groupe de recherche sur l’histoire régionale du Saguenay.
Enseignant à l'Institut national de la recherche scientifique, Normand Ferron a participé à de nombreux ouvrages portant sur l’histoire régionale. En outre, la coordination des travaux du Chantier des histoires régionales lui revient depuis 1991.
L'objectif premier de l'ouvrage est d'offrir au Saguenay les grandes lignes de son histoire, mais les auteurs souhaitaient aussi fournir un point de départ pour de prochaines recherches plus poussées. Outre les premiers objectifs d’ordre scientifique, les auteurs ont greffé des visées d’ordre culturel et pédagogique. Les auteurs désiraient aussi que le livre puisse servir de matériel pédagogique pour l’enseignement de l’histoire régionale qui demeure méconnue. Des objectifs d’ordre socio-économique ont aussi guidé l’orientation de la recherche. Plusieurs informations historiques peuvent s’avérer utiles pour les gestionnaires régionaux dans leur réflexion et prise de décision sur le développement régional, car la connaissance de l’histoire d’une réalité régionale est « une dimension qui échappe trop souvent aux froides analyses de la technocratie ».
Écrite en 1989, cette synthèse fut rédigée par deux auteurs spécialistes dans l’histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean et est devenue un ouvrage de référence dans l'historiographie de la région. Elle se place dans le contexte des années 1980 et 90, et a engendré des études approfondies. Divisé chronologiquement entre seize thématiques, l’ouvrage est reconnu par plusieurs universitaires comme étant substantiel. Malgré sa bonne base de recherches, quelques omissions ou manques de précision sont relevés par les critiques. La synthèse est reconnue encore aujourd’hui comme étant encyclopédique et très bien écrite.
Contexte historiographique De nombreux ouvrages ont précédé cette synthèse, autant dans le domaine démographique qu’historique. Les premières lignes de l'histoire régionale ont été écrites particulièrement par Victor Tremblay, professeur d’histoire au Petit Séminaire de Chicoutimi et fondateur de la Société d’Histoire du Saguenay dans son livre Histoire du Saguenay depuis les origines jusqu’à 1870 (1938). Quarante ans plus tard, Pierre-Yves Pépin produit une synthèse des travaux préalables, dans un courant de production d’études devant servir de documents de réflexion sur le développement économique de la région. Les travaux de Normand Séguin, surtout son analyse de 1977 sur la conquête du sol au siècle, ont également marqué l’historiographie du Saguenay. Depuis, les études se sont multipliées, avec des travaux marquants dans les années 1980 comme Les Saguenayens (1983) par Christian Pouyez et Yolande Lavoie, la première monographie régionale en matière démographique, Les Montagnais, premiers habitants du Saguenay Lac St-Jean (1987) par Pierre Gill et Le Pays du Lac-Saint-Jean : esquisse historique de la colonisation (1988) par Russel Aurore Bouchard. Durant les années 1990 sont publiées Peuplement et dynamique migratoire au Saguenay, 1840-1960 (1996) par Marc Hilaire, un autre ouvrage par R. A. Bouchard, Le Dernier Montagnais (1995) et de grandes synthèses comme celle de Gérard Bouchard La nation québécoise au futur et au passé (1999) et celle de Jacques Lacoursière Histoire populaire du Québec (1995).
L'étude de la région Saguenay–Lac-Saint-Jean a amené deux grands courants historiographiques à se développer. Ils sont notamment représentés par Normand Séguin et Gérard Bouchard..
Dans les travaux de Séguin, les principales caractéristiques de l’économie et de la dynamique du peuplement sont axées sur le système agroforestier. Le développement économique de la région s’est fait avec l’industrie forestière et celle des pâtes et papiers. Cependant, la région dépend économiquement des marchés extérieurs et des capitalistes étrangers.
Bouchard nuance l’affirmation de Séguin en considérant les variables culturelles. Il admet que le Saguenay est une région périphérique, mais affirme que la précédente analyse sous-estime des processus fondamentaux reliés au développement et à l’intégration sociale, tous deux générés par des dynamismes régionaux. Il émet l'hypothèse d’un appauvrissement des formes culturelles dans les nouvelles régions colonisées et d’un repli sur la famille et la parenté, prouvant ainsi l’émergence d’une nouvelle identité.
Quant à Séguin, il continue de travailler sur le domaine forestier comme activité économique dominante qui structure un nouvel espace tout en admettant avoir négligé la dimension culturelle. D’autre part, Bouchard continue d'affirmer que le travail forestier a atténué le problème de développement causé par une absence de marché.
Ces deux courants ne s’opposent pas dramatiquement ; ils prouvent seulement que plusieurs éclairages peuvent être projetés sur la région.
Éditions Depuis sa parution en 1989, le livre a été édité deux fois. La édition est la plus récente et fut publiée en 2001, contenant 672 pages. De plus, Histoire du Saguenay–Lac-Saint-Jean fait partie de la collection « Les régions du Québec » de l'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) rattaché à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS) depuis 1994.
Plan et Structure L'ouvrage est divisé en quatre grandes parties chronologiques. Outre celles-ci, il est subdivisé en seize thématiques. La segmentation démontre l’évolution de la région. Avant-propos Préface de Fernand Harvey Introduction
I : Première partie : Le Saguenay, des origines à 1840 Le milieu physique (Étienne Troestler et Normand Perron) Le territoire L'eau Le paysage Le sous-sol Les sols Le climat L'environnement Les grandes découvertes : le royaume du Saguenay Les grandes découvertes « officielles » Les premiers contacts avec le Saguenay, 1500-1652 Le Saguenay, route des fourrures Le Saguenay, région montagnaise Le Saguenay, Domaine du Roi : 1652-1842 La Traite de Tadoussac La réorganisation du Domaine Les produits de l'échange La population du Saguenay II : Deuxième partie : La conquête de l'espace, 1840-1900 Le peuplement du territoire Les pressions pour ouvrir le Saguenay à la colonisation Les premiers efforts de colonisation Les grandes étapes du peuplement L'histoire d’une population régionale Une agriculture naissance L'agriculture québécoise L'évolution de l’agriculture régionale L'industrie laitière Une agriculture à réformer Bilan de l’agriculture au Forêt et industrie au Le contexte général Un système d’exploitation de la forêt publique La dynamique régionale de l’exploitation forestière Travail et condition ouvrière L'industrie touristique, une expérience originale La mise en place des institutions L'organisation L'organisation religieuse L'éducation La santé et le bien-être L'organisation judiciaire
Troisième partie : L'ère de la grande industrie, 1900-1930 Une agriculture fragile Marchés et conjoncture La production agricole régionale Des pratiques routinières L'implantation de la grande industrie Les moyens de transport Le tourisme L'industrie forestière en mutation De nouveaux secteurs : la houille blanche et l’aluminium Les débuts du syndicalisme ouvrier Un milieu social en mutation Les rapports ville/campagne L'Église catholique renforce ses assises La santé et le bien-être Quelques aspects de la vie culturelle
Quatrième partie : À la recherche de la modernité, 1930 à nos jours Coopérative et rationalisation de l'agriculture depuis 1930 La production agricole régionale Au temps de la Crise et de la Guerre L’entreprise coopérative La rationalisation de l’agriculture Quelques tendances actuelles dans la propriété agricole Le développement de l’espace minier : la région de Chibougamau-Chapais (Camil Girard et Jean-Michel Tremblay) La découverte d’une région minière, 1850-1950 L'exploitation d’une région minière, 1950 à nos jours L'exploitation minière hors Chibougamau Changements structurels de l’économie et grande entreprise Une région qui s’organise Les moyens de transport : au seuil de la maturité Vers un tourisme de masse Industrie forestière, pâtes et papiers : des transformations profondes L'emprise de la grande industrie sur l'électricité L'Alcan et la région Restructuration économique et emploi Organisation du travail et mouvements ouvriers Des institutions à l’échelle régionale Population, habitat et structure municipale La vie religieuse et la laïcisation de la société L'éducation et les besoins régionaux Vers des services régionalisés de santé et de bien-être La vie socioculturelle Culture et environnement régional Les manifestations de la culture Politique et développement régional Éléments de structuration de la socioéconomie régionale Les grandes étapes du développement régional Notes Annexe : Les députés du Saguenay—Lac-Saint-Jean : 1792-1988 Orientations bibliographiques Liste des tableaux Liste des figures Liste des cartes Liste des sigles Index Merci Carte des régions historiques du Québec
Description du contenu
La première partie couvre la période des origines aux années 1840. Les trois chapitres de cette partie traitent du milieu physique, de l’époque des grandes découvertes et du Domaine du Roi. Le cadre spatial de ces chapitres aborde le territoire qu’on appelle aujourd’hui le Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le Saguenay des peuples autochtones et du commerce des fourrures est une réalité davantage liée au réseau hydrographique qu’aux forêts et aux terres exploitables par les colonisateurs du .
Les auteurs cherchent à démontrer que le milieu physique marque l’activité quotidienne d’une société, mais que, pour les personnes qui sont aujourd’hui établies sur cette partie du territoire, les particularités de ce milieu sont oubliées parce qu’ils ne leur ont accordé qu’une importance secondaire. Et qu’un milieu, par ses avantages ou ses contraintes, marque la vie des habitants, que ce soit par la topographie du territoire, l’eau, le paysage, le sous-sol, les sols, le climat et l’environnement.
Ensuite, plusieurs facteurs ont favorisé le lancement des Européens à la grande découverte de l’Amérique au , entre autres les innovations dans le domaine de la navigation permettant un déplacement des activités économiques, de la Méditerranée vers l’Atlantique.
Les auteurs démontrent que l’espace saguenéen est structuré autour du commerce des fourrures entre les années 1652 et 1842. Les colonisateurs entrent donc en contact avec la région par un rapport de commerce.
La deuxième partie est bâtie sur la conquête de l’espace habitable. Le peuplement du territoire, la naissance de l’agriculture, l’industrie du bois au et la mise en place des institutions représentent les thèmes de ces quatre chapitres.