Le Syndicat des travailleureuses du jeu vidéo (ou STJV, parfois stylisé en S+JV) est un syndicat français de travailleurs dans le secteur du jeu vidéo. Il a été fondé le , par une trentaine de salariés dont la majorité sont des programmeurs.
Le STJV n’est affilié à aucune des principales confédérations syndicales françaises. Il ne se revendique officiellement d’aucune idéologie particulière, mais inscrit son action dans un projet de transformation de la société et de « rupture avec le système capitaliste ».
Contexte de la création L'idée de la création du syndicat est née en 2016 lors de la loi El Khomri à la suite du mouvement social contre la loi Travail de 2016. Après un an d'échanges cette idée s'est concrétisée sur la création du syndicat STJV en septembre de l'année suivante.. Dès sa création, le STJV entend représenter les travailleurs de l’industrie vidéoludique et défendre leurs conditions de travail, notamment sur les questions liées aux salaires, aux heures supplémentaires, au crunch et au harcèlement. En effet, à compter de la fin 2017 et du début de l'année 2018, le syndicat contribue à plusieurs enquêtes journalistiques sur les conditions de travail dans l'industrie, et notamment au sein du studio Quantic Dream, sur des faits de harcèlement sexiste et moral.
L'initiative de création d'un syndicat s'inscrit en partie en réaction aux ordonnances Macron réformant le marché du travail, et dans une volonté que l'industrie vidéo-ludique ne soit pas uniquement représentée par le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) considéré comme . et qui est .
La création du STJV s'est faite à l'initiative d'une trentaine de personnes issues de petits groupes distincts de développeurs. Le syndicat émerge de la volonté d'être représentés par d'autres personnes que leurs et de ..
Le secteur employant entre et et composé d'environ 830 entreprises., ou directs selon Gamekult..
Le syndicat critique l'absence de convention collective spécifique au jeu vidéo USUL YouTube à 4 minutes 30 secondes., le secteur étant actuellement majoritairement sous la convention collective du Syntec (Convention collective pour le personnel des bureaux d'études techniques, des cabinets d'ingénieurs-conseils et des sociétés de conseils)..
Le STJV met en avant la pour leur .
La médiatisation des conditions de travail et du harcèlement au travail dans le secteur du jeu vidéo est un facteur de la création du STJV.
Membres À ses débuts, le syndicat était principalement composé de programmeurs, au détriment des autres corps de métiers du jeu vidéo comme les graphistes, les game designers, du fait de leur précarité dans l'emploi et de leur peur des conséquences d'une syndicalisation.
Selon ses fondateurs, les autres métiers de l’industrie sont alors moins représentés en raison de freins à la syndicalisation tels que la précarité ou la peur des conséquences d'une affiliation à une organisation syndicale. Ses membres comptent désormais “plusieurs dizaines de développeurs, designers, graphistes 3D” travaillant pour différents studios.
Les membres sont, à l'origine, une trentaine de personnes. Le STJV revendique environ 1 000 adhérents en février 2025 sur les 10 à 15 000 salariés employés par le secteur. Il lance ce même mois un appel à la grève générale le 13 février pour protester contre les licenciements en cours dans le secteur, sur fond de conjoncture économique défavorable pour l'industrie. Des rassemblements sont organisés dans plusieurs villes françaises et sont suivis par 1000 personnes dont près de 550 à Paris, place de la Bastille, selon leurs organisateurs, et entre 200 et 300 participants au rassemblement parisien selon le média Les Échos.<
Au printemps et à l’été 2026, le syndicat organise plusieurs mobilisations dans plusieurs studios notamment Kylotonn, Midgar Studio et Quantic Dream, et organise une nouvelle journée de grève générale dans le secteur le 25 juin.
Objectifs Le syndicat a globalement pour objet de permettre l'expression publique des travailleurs du jeu vidéo, d'aider les travailleurs et de fournir une information pour la défense et l'amélioration des conditions de travailStatut du 21/10/2018 du STJV, adoptés lors de l'Assemblée Générale.
Les objectifs de représentation et de mise en avant des conditions des travailleurs du secteur du jeu vidéo par la voie syndicale sont considérés comme .. Partant du constat que le secteur était représenté uniquement par des syndicats d'employeurs (comme le SELL et le SNJV), le STJV veut être un interlocuteur des pouvoirs publics..
L'objet du syndicat est de ..
Histoire Le STJV a été créé en réaction au crunch et au harcèlement au travail, ainsi qu'à cause de l'accumulation d'heures supplémentaires non payés..
Le STJV défend son existence ainsi : .
Pour ses fondateurs, l'initiative de création d'un syndicat vise notamment à offrir une représentation des travailleurs de l'industrie vidéo-ludique distincte de celle du Syndicat national du jeu-vidéo (SNJV) rassemblant les entreprises et salariés, parfois même qualifié de "MEDEF du secteur".
En , le syndicat publie une lettre mettant en cause les gestionnaires de Don't Nod Entertainment pour des cas de burnouts parmi les employés..
Moyens et actions Le STJV a pour but de constituer un pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre tous les travailleurs et travailleuses de l’industrie du jeu vidéo. Son objectif déclaré est de permettre l'expression publique des travailleurs du jeu-vidéo, d'aider les travailleurs et de fournir une information pour la défense et l'amélioration des conditions de travail, notamment en ce qui concerne les salaires, les heures supplémentaires et le management.
Il défend la démocratie directe et l’autonomie des travailleurs et des travailleuses, qu'il considère comme des personnes politiquement majeures..
Le 14 janvier 2018, 21 salariés, dont des membres du STJV, travaillant au sein du studio Eugen Systems entament une grève de près de 50 jours motivée par le “manque d’écoute” de la direction et la situation précaire de plusieurs salariés, une durée “exceptionnelle” dans l’industrie française du jeu vidéo selon le journal Le Monde.
Le STJV participe par ailleurs à la dénonciation de la “culture du crunch”, notamment mise en avant à l’occasion de la sortie du jeu Red Dead Redemption II du studio américain Rockstar Games. Ses prises de position rejoignent celles du mouvement international Game Workers Unite, créé en 2018, dont le syndicat devient l’une des organisations partenaires.
En janvier 2023, le STJV appelle à la grève le 27 janvier chez Ubisoft, réclamant l’ouverture de négociations salariales. Le syndicat revendique 700 grévistes et l’un des “plus gros mouvements [sociaux] de l’industrie vidéoludique”.
En février 2024, le syndicat publie une lettre mettant en cause les gestionnaires de Don't Nod Entertainment pour des cas de burnouts parmi les employés. Ce même mois, le STJV participe aux côtés d’autres syndicats à une grève nationale chez Ubisoft pour demander des augmentations de salaire.
En octobre 2024, le STJV appelle à une nouvelle grève chez Ubisoft pour contester la politique de retour au bureau initiée par le studio. Le mois suivant, le syndicat appelle à une grève au sein du studio Don’t nod Entertainment pour protester contre un plan de sauvegarde de l’emploi prévoyant 69 départs.
Ces premières actions valent au STJV l’attention des médias et de nombreux parlementaires quant à la question de l’amélioration des conditions de travail dans la filière. Elles suscitent dans le même temps des critiques de la part de certains dirigeants des entreprises du secteur, qui remettent notamment en cause sa représentativité en raison de ses effectifs alors compris entre 30 et 70 adhérents.
En 2020 durant la pandémie de Covid-19, le STJV communique sur la sécurité sanitaire des employés, afin d’obtenir la mise en place de mesures pour les salariés.
Organisation, fonctionnement et gouvernance vignette|Fonctionnement interne du STJV Le syndicat est organisé autour de 3 organes : l'assemblée générale (AG), le comité d'animation (CA) et les commissions.
Assemblée générale Conformément aux statuts du syndicat, l'assemblée générale (AG) a pour rôle de prendre les décisions d'orientation générale à la majorité absolue, d’élire les membres du comité d'animation (CA) par jugement majoritaire, et de révoquer les membres du CA.
L'assemblée générale est constituée de tous les adhérents du STJV.
Assemblées locales Les assemblées locales sont une sous-division de l'AG, regroupant les adhérents par région, elles ont pour rôle d'organiser des réunions à leur niveau, et rendent compte au CA des discussions et travaux.
Comité d'animation Le comité d'animation (CA) a pour rôle d'informer les adhérents par compte rendu-mensuel, il valide la création de commissions, alloue le budget pour les assemblées locales et il peut prononcer des sanctions contre les adhérents.
Le CA est composé des membres élu par l'AG, ainsi que du secrétariat et de la trésorerie. Les prises de paroles au nom du syndicat font l'objet d'un mandat attribué par le CA.
Bureau Le bureau est une structure faisant partie du CA, il comprend le secrétariat et la trésorerie.
Commissions Les commissions sont des groupes de travail autonomes autour d'un objet de travail, elles peuvent être créées à l'initiative de tout membre. Elles informent les membres du syndicat de leur travail à travers des comptes-rendus.
Le syndicat a créé en une « commission étudiante » spécifiquement pour la population étudiante du secteur du jeu vidéo.
Non rattachement à une confédération de syndicat en France Le STJV explique avoir fait le choix de ne pas avoir d'affiliation avec l'une des cinq principales confédérations syndicale en France (considérées comme soit la CFE-CGC, la CFDT, la CFTC, la CGT, et la CGT-FO) pour ne pas dans un secteur non habitué à être syndiqué et précisant que le jeu vidéo est un secteur assez spécifique pour un syndicat autonome...
Liens avec l'organisation Game Workers Unite
Le STJV fait partie d'un groupe fédéré par le (GWU).. Le Game Workers Unite (ou GWU) et le STJV ont lancé de concert en une enquête sur les métiers de l'écriture dans le jeu vidéo.. Le STJV déclare qu'il au Game Workers Unite..
Apparition dans les médias
Autres luttes Mobilisation contre la réforme des retraites
En 2019 et en 2023, le STJV participe aux mobilisations contre les réformes des retraites aux côtés d’autres organisations syndicales.
Critique du syndicat Accusations de proximité idéologique avec le marxisme et l’anarchisme
En 2018, le président du SNJV Lévan Sardjevéladzé que les statuts précisent que le syndicat s'oppose à toute ..
Selon Le Monde et Le Point, plusieurs détracteurs du syndicat dénoncent une “rhétorique marxiste”, voire “paléomarxiste” de la part des dirigeants du syndicat. L’hebdomadaire Valeurs Actuelles désigne quant à lui le STJV comme un “syndicat d’extrême-gauche”. Dans une interview en mars 2018, l’un des fondateurs du syndicat affirme cependant récuser l’étiquette de “marxiste”.
Selon Le Monde, qualifient le discours du syndicat de .
Prises de position vignette|Militants du STJV lors d’une manifestation anarchiste le 1er mai 2026 à Paris Rupture avec le système capitaliste
Le STJV ne se revendique officiellement d’aucune idéologie en particulier. Dans sa présentation, le syndicat affirme néanmoins que sa politique “s’inscrit dans un projet plus large de changement de la société, de rupture avec le système capitaliste qui entrave le progrès humain”. Certains de ses membres revendiquent par ailleurs s’être inspirés de l’anarcho-syndicalisme. Le syndicat a notamment fait sien le drapeau rouge et noir.
Amélioration des conditions de travail au sein de la filière