Paul Hubert Colin, né le rue Jeanne-d'Arc à Nancy et mort le à Nogent-sur-Marne, est un artiste peintre, dessinateur, costumier, scénographe et l'un des plus novateurs et influents affichiste lithographe français de la première partie du .
Biographie vignette|redresse|gauche|Josephine Baker par Waléry, Paris (1927). vignette|redresse|Paul Colin, Columbia (Josephine Baker), crayon et gouache, 1930. L'enfance et l'adolescence de Paul Colin baignent dans Encyclopædia Universalis, Paul Colin.. Apprenti dans une imprimerie en 1907, élève en 1910 d'Eugène Vallin et de Victor Prouvé à l'École des beaux-arts de Nancy, il s'affirmera après la Première Guerre mondiale comme le chef de l'école moderne de l'affiche lithographiée, ou passant par de nouvelles techniques de reproduction faisant appel à l'héliogravure et la sérigraphie. Il sera l'auteur de plus de affiches et, selon Gérald SchurrGérald Schurr, Le Guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, p. 191-192., de plus de 700 décors de théâtre et de costumes.
Il semble que ce soit par hasard que Paul Colin, plusieurs années après la Première Guerre mondiale, retrouve à Paris, où il s'est installé après à la suite de sa démobilisation et où il est encore un peintre provincial inconnu donnant des dessins à plusieurs revues comme Fantasio, son ancien camarade de front André Daven devenu directeur adjoint du Théâtre des Champs-Élysées et qui l'en nomme affichiste et décorateurAlexandre Sumpf, « Joséphine Baker et la Revue nègre », Histoire par l'image, octobre 2006.. Le théâtre accueille alors les Ballets suédois de Rolf de Maré, amenant Paul Colin en 1925 à créer l'affiche du film Le voyage imaginaire de René Clair dont Jean Börlin, danseur-étoile du groupe, est la vedette. vignette|redresse|13, rue Jacques-Bingen, Paris. Paul Colin est cependant révélé en cette même année 1925 par son affiche pour la Revue nègre pour laquelle, avant de livrer la version finale, il suit longuement les répétitions de la troupe venue de Broadway, constituée de douze musiciens dont Sidney Bechet et de treize danseurs dont une jeune fille d'à peine , Joséphine Baker, qui remplace la vedette new-yorkaise ayant refusé de faire le voyage. L'affiche de Paul Colin contribue à lancer la carrière de Joséphine Baker en même temps que la sienne : Chantal Humbert, « L'art nègre et les arts décoratifs - Joséphine Baker, ou l'explosion nègre au quotidien », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°5, 29 janvier 1988, pages 35-37.. Devenu l'affichiste à la mode, Paul Colin va travailler pendant près de quarante ans pour les arts de la scène et le monde du spectacle, . Paul Colin fonde en 1926 la première école d'affichistes, l'École Paul Colin, située au 13, rue Montchanin (aujourd'hui rue Jacques-Bingen) dans le 17e arrondissement de Paris. Au cours des quarante années de son existence, elle attirera selon Jacques Couelle .
Son style, au début marqué à la fois par l'Art déco et la Nouvelle Objectivité, devient rapidement personnel et difficile à faire entrer dans une simple catégorie : l'efficacité dans le dépouillement ( résume-t-il lui-mêmeGérald Schurr, « Les expositions à Paris - Bibliothèque nationale : Paul Colin », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°25, 20 juin 1986, page 69.), la justesse synthétique de ses portraits, la force d'évocation de ses affiches pour les grandes causes en font un maître de la communication visuelle dont l'œuvre reste aujourd'hui exemplaire et très actuelle.
Son album Le Tumulte noir (1927), magnifiant lui aussi Joséphine Baker ( écrit-elleValérie Marin La Meslée, « "Le Tumulte noir" de Paul Colin », Le Point, 30 décembre 2011., ajoutant dans la préface de l'album : et les musiciens de jazz de la Revue nègre, constitue sans doute un chef-d'œuvre, : .
Il est en 1929, en même temps que membre de la nouvelle Union des artistes modernes, le fondateur et directeur d'une école de dessin, l'école "Paul Colin", sur le boulevard Malesherbes à ParisCelle ci fermera ses portes en 1972 après avoir accueilli plus de .. Il y forme des élèves de toutes les nationalités, par exemple l'allemande Ruth Bess devenue une artiste reconnue et plus particulièrement le célèbre affichiste Bernard Villemot. En 1931, il dessine un portrait de Suzy Solidor à la demande de Jean Mermoz, alors amant de celle-ciCoutau Bégarie et Associés, « Portrait de Suzy Solidor par Paul Colin », catalogue Chanson française et internationale, hôtel Drouot, 25 mars 2017.. En 1932, il effectue un voyage en Russie.
Paul Colin prend position dans la Guerre d'Espagne en faveur du camp républicain, ainsi que l'énonce son affiche de 1939 Paris ne doit pas être le Madrid de demain, assiégé par la Reichswehr de Hitler - Liberté commerciale pour l'Espagne républicaine dont la silhouette, dramatiquement cubiste et revêtue d'un champ de ruines, est annonciatrice de ses affiches de 1945-1946 Dieselpunks, The art of Paul Colin.Laurent Gervereau, « L'affiche de propagande pendant la Guerre d'Espagne », Matériaux pour l'histoire de notre temps, n°7-8 (thème : L'année 1936 dans le monde), 1986, p. 22-24.. L'affiche signée de Paul Colin Silence, l'ennemi… guette vos confidencesBibliothèque Forney, Silence, l'ennemi… guette vos confidences dans les collections. qu'édite en le gouvernement français de la Troisième République restitue l'inquiétude ambiante, dans une époque où règne un climat d'espionnite, quant au danger mythique de la « cinquième colonne » selon lequel des Français pro-hitlériens ou des allemands réfugiés en France travailleraient dans l'ombre à la défaiteMusée départemental de la Résistance, Toulouse, L'affiche "Silence, l'ennemi… guette vos confidences".. Si, après l'armistice de juin 1940, l'artiste crée plusieurs affiches à thèmes humanitairesAdvertising Times, Paul Colin., il se refuse à travailler tant pour l'occupant allemand que pour l'État français et revient ainsi à la peinture de chevalet en brossant des Bouquets de fleurs.
La reprise de son travail d'affichiste est marquée par la Marianne aux stigmates, allégorie de la République en vêtements de ruines et bonnet phrygien, portant aux mains les stigmates de la crucifixion, souffrante mais debout, le regard tourné vers les libérateurs. Peinte dans les seules trois couleurs nationales le , date à laquelle Paris n'est pas encore libérée, Marianne aux stigmates est destinée à être reproduite en grande quantité afin d'être affichée sur les murs des villes de FranceFrançois Marcot, Les affiches en France de 1939 à 1945, Éditions du Musée de la Résistance et de la Déportation, 1987.. L'affiche Hommage aux libérateurs de Paris est créée par Paul Colin pour une soirée organisée à l'initiative du journal Libération le au palais de Chaillot. Avec l'affiche Varsovie accuse en 1946, l'artiste saura de même . Le premier numéro de l'hebdomadaire résistant Action après la Libération reprend une de ses affiches qui avait été interdite.
Paul Colin a également été un important collectionneur des arts premiers d'Afrique noire et d'OcéanieÉtienne Ader et Charles Ratton, catalogue Collection Paul Colin - Masques et statuettes de l'Afrique noire et de l'Océanie, hôtel Drouot, 15 mai 1956. ainsi que de minéraux et de coquillages exotiquesFrançoise de Perthuis, « Paul Colin : Cinquante ans de Paris sur les murs », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°35, 9 octobre 1981, page 10..
Au soir de sa vie, Paul Colin modèle des sculptures polychromes d'inspiration cubisteDictionnaire Bénézit, tome 3, Gründ, 1999, p. 776.. Il meurt le à la Maison des artistes de Nogent-sur-Marne. Il est enterré au cimetière de Nogent-sur-Marne. Claude Robert (assisté de Jean-Pierre Camard), Catalogue de la vente de l'atelier Paul Colin, Hôtel Drouot, 24 octobre 1981, ..
Œuvre vignette|redresse|Grock (avant 1928), photographie anonyme. vignette|redresse|Katherine Dunham par Alfredo Valente. vignette|redresse|Loïe Fuller (vers 1901), Falk Studio. vignette|redresse|Georges Pitoëff par Pierre Choumoff. vignette|redresse|Jane Marnac par Reutlinger. vignette|redresse|Fritz Lang en 1929. Affiches
Affiches lithographiques de portraits Lucienne Radisse, violoncelliste, vers 1925-1927. Carlos Gardel, 1927. Sylvie, 1928. Georgia Graves, danseuse des Folies Bergère, 1928. Marguerite Valmond, Imprimerie H. Chachoin, 1928. Renée Devillers, Imprimerie H. Chachoin, 1929. Suzanne Darbès, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Mary Ditrix, 1930. Alice Dufrêne, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Simone Dulac, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Le clown Grock, Théâtre de l'Odéon, 1930. Cora Madou, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Madika, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Pierre Meyer, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Jean Sarment, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Yvonne Guilet, Imprimerie H. Chachoin, 1931. Serge Lifar, 1935. Germaine Sablon (disques La voix de son maître), vers 1935. Jean Sablon (disques La voix de son maître), vers 1935. , 1936. Claudine Dupuis, 1945. Espanita Cortez, 1946. Katherine Dunham, 1947.
Affiches lithographiques pour le cinéma Le voyage imaginaire de René Clair, 1925. Cinéma l'Ambigu - Georges Colin dans « Le rapide de nuit », Affiches H. Chachoin, 1925. À nous la liberté de René Clair, 1931. Edith Méra dans Les Trois Mousquetaires de Henri Diamant-Berger, 1932. Les Misérables - trois films, trois affiches : 1. Une tempête sous un crâne ; 2. Les Thénardier ; 3. Liberté, liberté chérie..., films de Raymond Bernard, 1934. Cinéma Édouard-VII - Georges Breakston dans « Comme les grands » de Frank Borzage, 1934. La Dernière Étape, de Wanda Jakubowska, 1948. Manon de Henri-Georges Clouzot, 1949. Journal d'un curé de campagne de Robert Bresson, 1950. La Première Légion, de Douglas Sirk (1951) Un condamné à mort s'est échappé de Robert Bresson, 1956. Les Amants de demain de Marcel Blistène, 1959.
Affiches lithographiques pour le théâtre et le music-hall Revue Nègre, Music-hall des Champs-Élysées, Imprimerie H. Chachoin, 1925. Les féeries fantastiques de la Loïe Fuller aux Champs-Élysées, Imprimerie H. Chachoin, 1925. La cavalière Elsa, tragédie de Paul Demany d'après Pierre Mac Orlan, mise en scène de Gaston Baty, Studio des Champs-Élysées, Imprimerie H. Chachoin, 1925. Les , rois du jazz, 1925. Wiéner et Doucet, numéro de piano à quatre mains, Le Bœuf sur le toit, 1925. Têtes de rechange de Jean-Victor Pellerin, mise en scène de Jean Le Poulain, Théâtre des Bouffes-Parisiens, Imprimerie Bedos et Cie, 1926. La machine rouge de Claude Orval, Grand-Guignol, vers 1925. Maya, spectacle en huit tableaux de Simon Gantillon, 1927. La machine à calculer, spectacle d'Elmer Rice, mise en scène de Gaston Baty, Studio des Champs-Élysées, Imprimerie H. Chachoin, 1927. Siegfried de Jean Giraudoux, mise en scène de Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées, 1928. André Renaud, pianiste, Imprimerie Chachoin, 1929. Amphitryon 38 de Jean Giraudoux, mise en scène de Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées, 1929. Les criminels de Ferdinand Bruckner, mise en scène de Georges Pitoëff, Théâtre des Arts, 1929. L'as, Théâtre Apollo, 1930. Jane Marnac dans Au temps des valses, opérette de Noël Coward, Théâtre Apollo, 1930. Juliette ou la clé des songes de Georges Neveux, Théâtre de l'Avenue, Bruxelles, Imprimerie H. Chachoin, 1930. Casino de Paris, 1932. La chanson du bonheur, Gaîté-Lyrique, 1935. Jean Weidt et ses ballets, 1938. Les comédiens de bois de Jacques Chenais, 1945. Arlequin serviteur de deux maîtres, compagnie Piccolo Teatro di Milano, Théâtre Antoine, 1968.
Affiches lithographiques liées à événements ou engagées Bal nègre - à 23 heures, Théâtre des Champs-Élysées, 1927. Foire exposition, Nancy, du 4 au , 1929. Salon de l'œuvre unique - IVe Salon de l'art français indépendant, 1932. Grandes fêtes de Paris, - , 1934. Fêtes de Paris, - , 1935. Moulin de la galette - Bal romantique avec le concours de l'École Paul Colin, , Imprimerie L. Serre et Cie, vers 1935. Exposition universelle de 1937.