Le , ou , est une race de chevaux française qui émerge au début des années 1970. Issue de croisements entre des chevaux de sang chaud principalement de race Selle français et Anglo-arabe, et des chevaux Fjord à sang froid d'origine norvégienne, elle est créée afin d'obtenir une monture adaptée au tourisme équestre, alors en plein essor dans la baie de Somme. Une association d'éleveurs se monte en 1983 pour promouvoir ces chevaux et en étendre l'élevage.
La création de cette association permet de superviser la naissance de chevaux de première génération suffisamment nombreux ; la race Henson naît réellement lorsque ces animaux sont ensuite croisés entre eux. Bien que la majorité des effectifs soient dans le berceau de race, les Henson s'exportent en dehors de la baie de Somme et du Marquenterre, grâce notamment à leur reconnaissance officielle par les Haras nationaux en 2003. Ils sont devenus l'un des emblèmes de leur région natale et de l'équitation d'extérieur.
Dénomination L'origine du nom « Henson » n'est pas connue selon l'auteur autrichien Martin Haller. L'éleveur Thierry Bizet témoigne que ce nom a été choisi à la suite d'une réunion de l'Association des cavaliers de la Baie de Somme, plutôt que « Cheval de la Baie de Somme » jugé trop long, et « cheval picard » jugé trop proche du pâté picard. Il est cependant aussi nommé « Cheval de la baie de Somme », dénomination qui correspond au premier label donné à ces chevaux par l'Association des cavaliers de la baie de Somme. C'est le docteur Lionel Berquin qui a favorisé l'usage du nom « Henson ».
La géographe Sylvie Brunel le cite parmi les « re-créations » de races régionales de chevaux..
Histoire vignette|gauche|Hensons au Hâble d'Ault.|alt=Dans un paysage de marais recouvert de hautes herbes, deux chevaux se tiennent au fond en arrière-plan.
Contrairement à la majorité des races de chevaux françaises, le Henson est une création de la fin du , dans le but d'obtenir un cheval rustique adapté à toutes les formes de tourisme équestre, d'équitation d’extérieur et de loisir. Il est la race de chevaux à avoir été reconnue officiellement en France. La baie de Somme, un espace naturel de , forme son berceau de race. Cette spécificité est très atypique, car la Picardie n'a pas de tradition ancrée dans l'élevage équin, et de plus le sol et la végétation de la baie de Somme ne sont pas idéals pour un élevage de chevaux. Son poids économique restait modeste en 2004, mais il s'accroît avec l'essor de l'écotourisme.
Légende Bien que son origine réelle soit parfaitement connue, la race Henson est associée à une légende, selon laquelle Dieu contemplait la baie de Somme balayée par des vents et des marées déchaînés lorsqu'il voulut en immortaliser l'image.. Il ramassa alors une poignée de sable, souffla dessus et donna vie à un cheval couleur de sable. Qu'il fut rêveur ou qu'il ait jugé la robe de l'animal trop claire, il laissa courir l'un de ses doigts sur le dos de la bête et traça une ligne sombre le long de son échine, ..
Origine
Durant les années 1970 en France, la pratique de l'équitation s'oriente vers les loisirs en extérieur à destination d'un public familial amoureux de la nature. Lionel et Marc Berquin, respectivement dentiste et médecin, sont alors à la recherche d'un cheval adapté à ces activités, leur but étant d'obtenir « de très bons chevaux de selle »... Selon la majorité des sources, dont les archives de France 3, cette recherche est concrétisée par un éleveur local de moutons de pré salé, Bernard Bizet, qui élève des chevaux croisés Fjord en 1973 et 1974. à Morlay, sur la commune de Ponthoile. Son fils Thierry Bizet attribue la création de la race à la SCEA Le Mont du Coq, qui appartenait alors à sa famille et cherchait à se diversifier dans le tourisme vert.. Il témoigne que Bernard Bizet avait voyagé en 1953 au Danemark avec son syndicat agricole, où il avait été séduit par le Fjord. Il a ensuite acquis une jument de race Fjord, qu'il a croisée avec un étalon Anglo-arabe.
Haller cite le seul D Lionel Berquin comme étant le créateur du Henson, à partir de 1975. C'est également l'opinion de Dominique Cocquet, pour qui .. D'après Brengard, c'est à Berquin que l'on doit la systématisation du croisement, notamment lorsqu'il fonde l'Association des cavaliers de la baie de Somme à la fin des années 1970. Thierry Bizet témoigne que Lionel et Marc Berquin, cavaliers mais non éleveurs, ont découvert ce croisement à l'élevage des Bizet.
La race Henson est donc à l'origine une expérience de « croisement entre éleveurs » de première génération, entre des Fjords et divers chevaux de selle, dit , notamment avec des Anglo-arabes, des Quarter Horse et des Selle français. Ce type de croisement induit une hétérosis. Les qualités de la race sont fixées par la suite.
Développement de la race vignette|Groupe de Henson au Crotoy en 2022.|alt=Trois chevaux couleur de sable dans l'eau, un quatrième au fond. Les différents éleveurs de Henson se regroupent en association en 1982 ou 1983, avec l'Association du cheval Henson (ACH), co-fondée par Dominique Cocquet et Lionel Berquin. Cette année 1983 est considérée comme l'origine officielle du Henson sur la base de données DAD-IS. Bénédicte Durand date la première naissance d'un poulain véritablement Henson à 1982, c'est en effet cette même année que naissent Queenee et Quelea, les premiers chevaux de seconde génération. Les éleveurs rassemblent tous leurs chevaux croisés Fjord, et font aussi saillir leurs juments de sang par des étalons de cette race. Le but est d'obtenir des chevaux aux phénotypes proches, afin que le génotype soit stable et reproductible, mais aussi d'avoir un cheptel suffisant d'animaux. En 1986, la création de la race Henson est officialisée. Le syndicat mixte d'aménagement de la côte picarde et le Conservatoire du littoral acceptent ensuite l'implantation, et même la promotion, de l'élevage de chevaux dans l'espace protégé de la baie de Somme (futur parc naturel régional Baie de Somme - Picardie maritime). Cela est officialisé en 1989 ou 1990 par la création du Pôle d'élevage équin de Saint-Quentin-en-Tourmont, sous l'impulsion de l'ACH et de l'Association des cavaliers de la Baie de Somme. Le gardiennage des zones protégées de cet espace s'effectue depuis lors à dos de Henson, dans le cadre d'une démarche de re-naturation des lieux.
En 1995, quand la population de chevaux de première génération est estimée suffisante, le stud-book de la race est fermé aux chevaux non issus de parents Henson, et l'élevage se poursuit en race pure, exclusivement sur les chevaux de seconde génération et les suivantes. En 1998, l’ouverture du tunnel sous la Manche accroît le nombre de visiteurs du Marquenterre et donc aussi la popularité du Henson. La Trans'Henson de 1999 confirme la forte demande pour des chevaux d'extérieurs, dans un contexte où toutes les autres races de chevaux d'origine française sont destinées à la compétition sportive. Le Henson est reconnu comme race par le ministère de l'Agriculture et les Haras nationaux depuis . Cette reconnaissance est considérée comme un évènement exceptionnel, car aucune nouvelle race de chevaux française n'avait été reconnue depuis le Selle français, en 1968. Les Haras nationaux s'engagent alors à verser par an à l'ACH. Le comité départemental de tourisme équestre apporte à son tour son soutien à cette race de chevaux, notamment en éditant des plaquettes pour le Salon du cheval de Paris de 2003. Jusqu'en 2007, un est en lien avec les Haras nationaux pour faciliter l'atteinte des objectifs d'élevage du Henson.
Depuis 2022 et dans le cadre de son plan cheval 2023-2026, la région des Hauts-de-France accorde une prime de à la naissance de chaque poulain de race Henson dans son berceau de race pour en soutenir le développement..., en réaction à son classement comme race menacée.. Quelques mois plus tard, le Courrier Picard qualifie d' le résultat du développement des activités Henson depuis le premier espace équestre Henson ouvert à Saint-Quentin-en-Tourmont en 1990, huit sites complémentaires étant nés depuis la première création d'une entreprise locale de tourisme équestre une trentaine d'années auparavant.. En effet, le centre équestre en régie municipale de Berck est devenu un Espace équestre Henson depuis son rachat par le privé le ...
Description vignette|Poulain Henson à Rue, dans la Somme.|alt=Photo d'un poulain à la robe très claire marchant dans un pré. Présentant un qui le rend , le Henson doit posséder entre 25 % et 50 % d'origines Fjord. Il mesure entre selon la majorité des sources, l'auteur autrichien Martin Haller citant pour une moyenne de , tandis que CAB International cite . Il est classé parmi les vingt-trois plus belles races chevalines du monde d'après la revue Cheval pratique..
Morphologie vignette|gauche|Henson au parc du Marquenterre (2019).
Il présente le modèle du cheval de selle léger. Les caractéristiques morphologiques recherchées sont celles du cheval de loisir. De modèle utilitaire et compact, il est charpenté mais sans lourdeurs. Le phénotype présente des caractéristiques bien marquées, malgré un manque d'homogénéité.
Tête La tête, anguleuse, est recherchée fine et sans lourdeur. Elle est généralement de taille moyenne et relativement chargée de ganaches, ces dernières étant bien marquées. Le profil est rectiligne ou légèrement concave. Les oreilles sont courtes et bien dessinées.
Les yeux, grands et sombres, sont recherchés vifs avec une expression douce.
Avant-main, corps et membres L'encolure est souvent assez courte et large, ou bien de taille moyenne. Elle est rectiligne et légère au niveau de la nuque, ne devant pas être renversée. Dotée d'une base forte, elle est recherchée d'une taille moyenne et sans lourdeur. Le poitrail est éclaté, large et profond. L'épaule est recherchée longue et oblique. Le corps est ramassé, le dos souvent court et large, et puissant. Il est recherché de longueur moyenne, large et bien soutenu. Les reins sont larges.
Les membres sont secs et stables, court-jointés, solides et bien d'aplomb. Les fanons sont peu abondants. Le pied est grand et large. La corne du pied est recherchée aussi résistante que celle du Fjord.
Robe
La couleur de robe du Henson est l'un des critères permettant de reconnaître facilement cette race de chevaux, participant fortement à son identité. Elle est d'une couleur allant des tons sable au marron, dite « isabelle », « isabelle sauvage » ou encore « bai sauvage », s'agissant de la seule robe autorisée. Elle résulte de la présence du gène Dun, il s'agit donc techniquement d'une robe baie diluée par l'action de ce gène. La robe baie est acceptée chez les chevaux facteurs de Henson. La présence d'une raie de mulet sur la ligne du dos est obligatoire, caractère qui participe vraisemblablement aussi à la popularité du Henson. Les yeux sont cernés de noir, et les oreilles dotées d'une extrémité plus sombre que la base.
Certains sujets présentent aussi des zébrures sur les membres. De plus, toute marque blanche (liste en-tête, balzane…) est déconseillée, et même interdite chez les reproducteurs, en particulier les étalons. La corne du pied ne doit pas présenter de couleur claire. Les crins de la crinière et de la queue sont bicolores, noir et or, selon la plupart des sources dont l'ACH, cependant Brengard estime que les crins peuvent aussi être noirs. La robe manque de stabilité, car il arrive que des sujets non porteurs du Dun ou porteurs de marques blanches naissent périodiquement ; l'association de race fait appel à des tests génétiques sur la couleur de robe pour confirmer la présence ou l'absence des gènes agouti et alezan (Extension) .
Tempérament, entretien et allures vignette|Héron garde-bœufs accompagnant un cheval Henson au Crotoy (La Bassée), dans la baie de Somme.|alt=Gros plan sur la tête d'un cheval en train de brouter, ses crins lui couvrant les yeux ; un petit héron blanc est placé juste à ses pieds.