Le séisme de 2004 à Al Hoceïma est un séisme survenu le à 2 h 27 min 47 s heure locale dans la province d'Al Hoceïma à une magnitude de 6.3 sur l'échelle ouverte de Richter, causant la mort d'au moins . Les localités les plus touchées ont été la petite commune urbaine d'Imzouren et la commune rurale d'Aït Kamra, à environ au sud-ouest d'Al Hoceïma où il n'y a pratiquement pas eu de victimes. C'est le tremblement de terre le plus meurtrier au Maroc après celui d'Agadir en qui avait fait plus de et celui de la région de Marrakech en septembre 2023 qui a fait plus de .

Secousse principale La secousse principale s'est produite à , heure locale. Le foyer se situe à moins de de profondeur, juste au sud d'Al Hoceïma. Cette secousse principale a été suivie de plusieurs centaines de répliques dont les plus fortes ont eu lieu entre le et le , provoquant la mort de trois personnes.

Cause La région d'Al Hoceïma est située dans une zone proche de la limite entre les plaques africaine et eurasienne. Le séisme du est lié à une force de subduction provoquée par la remontée nord-ouest de la plaque africaine contre la plaque eurasiatique (McClusky et al., 2003). Les deux plaques lithosphériques se rapprochent à une vitesse annuelle d'environ .

Secousses historiques Des séismes relativement forts ont eu lieu dans la région au cours des derniers siècles, notamment en (nombreux dégâts à Baddis) et en , ce dernier ayant provoqué un tsunami en Méditerranée et des dégâts à Almeria (Espagne). Plus récemment, un tremblement de terre de magnitude 5,8 a touché le village de Tafensa le , causant la mort de deux personnes et . La secousse principale avait essentiellement endommagé le bâti rural traditionnel de la région d'Al Hoceima. Destructions et pertes humaines Le bilan définitif est de , principalement dans la commune rurale d'Ait Kamra () et dans toute la région. ont été endommagés voire détruits (dont 98% en zone rurale), si bien que se sont retrouvées sans abris. La mortalité due au séisme s'est concentrée principalement en zone rurale (88.2% des victimes), surtout à cause des défauts de construction. Selon le rapport de l'AFPS établi en :.

En dehors des habitations privées, ce séisme n'a pas provoqué de dégâts notables sur les ouvrages les plus importants de la province d'Al Hoceïma, tels que le barrage Abdelkrim al Khattabi ou l'aéroport, ni sur les infrastructures routières ou hôtelières. Selon les données officielles, le nombre de victimes par commune est le suivant: Commune Province VictimesAit Kamra Al Hoceïma 207Ait Youssef ou Ali Al Hoceima 65Al Hoceïma Al Hoceima 1Bni Abdallah Al Hoceima 81Imrabten Al Hoceima 104Izemmouren Al Hoceima 2Imzouren Al Hoceima 73Louta Al Hoceima 40Nekkour Al Hoceima 1Rouadi Al Hoceima 24Senada Al Hoceima 3Tifarouine Al Hoceima 24Total 625

Évaluation des dégâts Pour les effets du site, ils sont notables pour la ville d'Imzouren, où la partie basse de la ville a été beaucoup plus détruite, là où le sol est sédimentaire. Les autres parties de la ville et des secteurs comme celui d'Al Hoceima situés en hauteur ont été beaucoup moins affectés. Les règles de constructions parasismiques étaient trop récentes pour être effectives. Depuis 2002, ces règles dites RPS sont applicables au Maroc à toutes les constructions nouvelles.

Opérations de secours Réaction des autorités La première action des autorités marocaines a été de mettre sur pied un comité d'assistance, placé sous l'autorité du ministère de l'Intérieur et dirigé par le wali Ahmed Himdi, préfet d'Oujda. Ce comité a permis de coordonner les actions des différents services (gendarmerie, protection civile, armée) et de gérer les opérations de recherche des victimes et de sauvetage. La présence du roi Mohammed VI sur le terrain dès le , avec nuits passées sous la tente et visite de zones rurales sinistrées, a été fortement ressentie par les populations. Un mois plus tard, il y fit un discours sur la nécessité de développement de la province et un meilleur contrôle des constructions.

Réaction des populations Des manifestations ont eu lieu dès les premiers jours face à la lenteur des secours. Le , les populations sinistrées ont manifesté en plusieurs endroits leur mécontentement, notamment à l'aéroport, surtout pour réclamer des tentes et des couvertures et aussi de la nourriture. Au moment où les rumeurs de détournement de l'aide se faisaient insistantes, le délégué régional du croissant rouge marocain a été arrêté () pour avoir voulu détourner un camion de couvertures.

Réactions internationales Face au manque de tentes, une importante mobilisation internationale s'est traduite par un afflux rapide des aides en provenance surtout des pays européens (France, Espagne, Italie, Allemagne, Belgique, Portugal...) et des pays arabes (Algérie, Égypte, Jordanie, Bahreïn...)

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Séisme de 2023 au Maroc

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