La pandémie de Covid-19 en Corée du Sud est liée à la pandémie de Covid-19 venue de Chine à partir de . Les premiers cas confirmés viennent de personnalités s'étant rendues à Wuhan, épicentre de la contamination. La propagation prend de l'importance lors du diagnostic positif de la « patiente 31 », considérée comme un cas de superinfection, le après avoir côtoyé plus d'un millier de personnes au sein de son organisation religieuse, l'église Shincheonji de Jésus. La courbe des infections atteint un pic de le avant de s'aplatir. Le pays connaît une seconde vague en avec un pic de le . Le nombre des nouvelles infections se stabilise autour de 100 pendant l'automne 2020 à cause des clusters d'infection sporadique.
La gestion de la pandémie en Corée du Sud est citée comme un modèle de lutte efficace pour répondre à une pandémie avec le cas de Taïwan, de Singapour et de Hong Kong. La stratégie du gouvernement du président sud-coréen Moon Jae-in consiste en une communication transparente par la technologie, la responsabilisation de la population, un dépistage massif de par jour et un traçage complet du parcours et des contacts de chaque personne positive afin de repérer rapidement les foyers de contamination. Sans mettre en place de confinement, la Corée du Sud a stabilisé rapidement la courbe de contamination à partir du début du mois de mars autour de puis , bien en dessous des dizaines de milliers de l'Italie, de l'Iran, de l'Espagne, de la France et des États-Unis. Le nombre de morts est très inférieur également. Plusieurs pays comme l'Allemagne ont adopté une politique semblable à celle menée en Corée du Sud.
Les méthodes de traçage des personnes positives suscitent des interrogations sur le respect de la vie privée, notamment dans les pays occidentaux. Toutefois, la stratégie soulève très peu d'objections en Corée du Sud où la population mesure l'urgence de la situation. Le traçage est très encadré par la loi sud-coréenne. Les données sont stockées sur des serveurs extérieurs à l'État et doivent être détruites à la fin de la crise.
La contamination entraîne l'annulation ou le report d'événements tels que la rentrée scolaire, les événements sportifs et culturels, ainsi que des exercices militaires. La banque de Corée baisse sa prévision de croissance économique.
Au , le nombre de sujets positifs recensés en Corée du Sud s'élève à , parmi lesquels morts et rétablis, ce qui représente un taux de létalité de 1,74 % nettement inférieur aux 3,4 % annoncés par l'OMS. Toutefois, en , le pays déclare plus de infectées à la Covid-19.
Début , la Corée du Sud est le pays qui enregistre le plus grand nombre de nouvelles contaminations en valeur absolue ( quotidiens)https://www.dhnet.be/actu/monde/nouvelle-zelande-hong-kong-coree-du-sud-voici-les-rares-pays-ou-la-pandemie-continue-de-croitre-cette-semaine-62224efe7b50a639dc9fc6ed, et le le nombre de contaminations dépasse les journaliers.
Contexte Plusieurs cas de pneumonie sont rapportés lors de la fin du mois de dans la ville de Wuhan du Hubei en Chine. L'origine de la pneumonie est identifiée comme venant d'un nouveau coronavirus. Le caractère hautement contagieux du virus est rapidement établi par les scientifiques et le risque d'une épidémie avec une potentielle pandémie interpelle. Les nouvelles attirent l'attention du gouvernement chinois qui sonne l'alerte, non sans être critiqué pour sa gestion de crise. Lorsque la Chine sonne l'alerte, au début du mois de janvier, la Corée du Sud se prépare rapidement à une entrée du virus sur son territoire.
La Corée du Sud a connu les expériences du SRAS en 2003 et du MERS en 2015. Cette dernière épidémie avait entraîné un scandale politique. Un homme d'affaires sud-coréen s'étant rendu à Bahreïn, aux Émirats arabes unis et en Arabie saoudite avait attrapé la maladie. Il avait fallu des transferts dans trois hôpitaux différents et neuf jours pour établir le diagnostic correct. L'épidémie avait eu le temps de se transmettre à dont 38 sont mortes de la maladie. Le gouvernement de la présidente Park Geun-hye d'alors avait été vivement critiqué pour son opacité. En conséquence, la Corée du Sud a revu ses méthodes de lutte contre les maladies et développé des mesures afin de pouvoir répondre à une pandémie.
Déroulement et chronologie
Origine et débuts (20 janvier - 17 février 2020)
Le premier cas détecté de maladie à coronavirus en Corée du Sud est annoncé le : il s'agit d'une femme chinoise de à Incheon revenant d'un voyage à Wuhan, épicentre de l'épidémie de maladie à coronavirus en Chine. Le , la Corée du Sud annonce son deuxième cas : un sud-coréen de à Séoul qui a également voyagé à Wuhan. Ces deux personnes sont guéries et libérées début février. Trois autres cas sont diagnostiqués dans les jours qui suivent, tous en lien avec Wuhan et la Chine.
Le , le diagnostic d'un sud-coréen de représente le premier cas sans lien avec Wuhan ou la Chine. Il s'était rendu dans un restaurant en compagnie du troisième patient.
Malgré les consignes gouvernementales de prévention, des groupes religieux poursuivent les rassemblements comme l'Église de l'Unification qui organise le mariage de plus de venus de en présence de spectateurs. Bien que des masques soient distribués, les tenues des personnes et la tenue de l'événement lui-même sont considérées comme contraires aux consignes de prévention. Le gouvernement appelle les organisations religieuses à s'associer à la prévention.
Au , on dénombre trente cas en Corée du Sud, dont douze guéris. Une majorité d'entre eux ont voyagé à Wuhan et les autres entretiennent des liens familiaux ou amicaux avec les personnes infectées. L'épidémie est alors plutôt maîtrisée.
Première vague : Shincheonji (18 février - 5 mai 2020)
Emballement (18 février - 8 mars 2020)
Le , une membre de l'église Shincheonji de Jésus est diagnostiquée alors qu'elle présentait de la fièvre depuis le . Elle constitue la personne infectée, d'où son nom de « Patiente 31 ». Dans les deux dernières semaines, elle avait côtoyé lors de deux services religieux de Shincheonji, un diner dans un hôtel et des aller-retours entre l'hôpital et son domicile. Son cas est suivi par une augmentation rapide des cas confirmés de maladie à coronavirus en Corée du Sud. Vingt nouveaux cas sont signalés le lendemain, puis cinquante-trois le surlendemain. La Corée du Sud devient le plus grand foyer de propagation en dehors de Chine et du paquebot Diamond Princess au Japon le , atteignant un total de cas détectés. Elle devient officiellement le plus grand foyer de contamination en dehors de Chine le avec cas confirmés. L'augmentation du nombre de cas confirmés s'accompagne d'un intérêt accru pour la gestion de l'épidémie en Corée du Sud de la part des observateurs étrangers qui estiment que l'augmentation des chiffres démontre les capacités de la Corée du Sud à dépister le virus de façon rapide.
Diminution du nombre de nouveaux cas (9 mars - 23 mars 2020)
vignette|gauche|upright=2|Nombre de cas (bleu) et nombre de morts (rouge) en échelle logarithmique.
Le lundi , la Corée du Sud annonce son plus faible nombre de nouveaux cas depuis les deux dernières semaines, ce chiffre étant en recul depuis les quatre derniers jours. Cette annonce survient alors que la Corée du Sud vient d'être dépassée par l'Italie en tant que foyer de contamination le plus important en dehors de Chine. Néanmoins, le ministre sud-coréen de la santé Park Neung-hoo estime qu'il est trop tôt pour parler d'une « amélioration ».
Si la diminution du nombre de nouveaux cas qui coïncide avec la fin des tests sur les membres de Shincheonji suscite de l'espoir, la découverte d'un nouveau foyer de propagation dans un centre d'appel le à Séoul dans le quartier de Shindorim-dong laisse craindre un nouveau décollage de la contamination. Selon les médias sud-coréens, une partie des d'un service client d'une compagnie d'assurance à l'intérieur de l'immeuble n'aurait pas respecté la consigne de garder son masque, y compris pour répondre au téléphone. La fin du ralentissement du nombre de nouveaux cas se confirme temporairement le lendemain avec 242 nouveau cas le matin du contre 35 la veille.
Les nouvelles s'améliorent. Le , le nombre de rétablis l'emporte sur le nombre de nouveaux cas pour la première fois, ce que les médias coréens désignent par les termes de « croix dorée ». Du 14 au , le nombre de nouveaux cas descend en dessous de cent pendant quatre jours consécutifs. Le , le KCDC annonce infections, soit le plus faible total en Corée du Sud depuis un mois.
En parallèle à ces diminutions, la population coréenne commence à reprendre l'habitude de se réunir et porte moins le masque. Le gouvernement sud-coréen exhorte sa population à continuer de respecter les règles, rappelant que le combat est loin d'être terminé.
Cas importés et diminution poursuivie (24 mars - 7 avril 2020)
Des cas importés commencent à s'observer à partir de la fin du mois de mars, ce qui soulève la question d'un durcissement des mesures de prévention pour les voyageurs venant des États-Unis comme celles déjà en vigueur pour l'Europe. Le , la Corée du Sud annonce que les voyageurs en provenance des États-Unis doivent passer deux semaines de confinement comme plusieurs pays européens. Le , la Corée du Sud atteint un taux de guérison supérieur à par rapport au nombre total de cas détectés. En revanche, l'augmentation du taux de décès à suscite la prudence, de même que celui des plus de monté à . Ces chiffres restent néanmoins nettement inférieurs à ceux d'une majorité d'autres pays foyers de contamination.
Le gouvernement coréen resserre les mesures de quarantaine pour les personnes arrivant de l'étranger à partir du après plusieurs cas de non-respect des consignes d'isolement.
Assouplissement des mesures de distanciation sociale (8 avril - 5 mai 2020)
Du 13 au , les nouvelles infections restent en dessous de 30 pendant cinq jours consécutifs. Toutefois, des cas de patients considérés guéris testés à nouveau positifs soulèvent de nombreuses questions au niveau national et international. Ces nouvelles mettent en doute l'idée d'une sortie de crise par l'immunité collective. La Corée du Sud annonce que concernant des personnes considérées guéries sont testés positifs le . L'hypothèse privilégiée est une réactivation du virus plutôt qu'une deuxième infection jugée improbable à cause des anticorps développés par le patient. L'hypothèse d'une défaillance du système de test et de « faux négatifs » est également considérée. Au , le nombre de guéris testés positifs augmente à 163. Une explication est trouvée au début du mois de mai à ces cas re-testés positifs. Les résultats ne seraient dû ni à une réactivation, ni à une réinfection, mais à la présence de « cellules mortes » formées dans les poumons et expulsées vers le nez ce qui aurait entraîné des faux-positifs à cause du prélèvement dans le nez lors du test.
Le , les élections législatives se tiennent sous haute surveillance et enregistrent une participation historiquement élevée de . Deux semaines plus tard, aucune augmentation liée à leur déroulement n'est observée. À la fin du mois d'avril, la Corée du Sud enregistre moins de quinze infections quotidiennes à partir du . Au , le pays rapporte moins de dix cas pendant au moins trois jours consécutifs. Le marque la première fois qu'aucun cas de transmission locale est enregistré en .
En raison de l'infléchissement de la courbe, le gouvernement prévoit de mettre fin aux mesures de distanciation sociale. Le , la Corée du Sud passe au régime de « quarantaine dans la vie quotidienne ». Les événements et rassemblements sont de nouveau autorisés sous réserve de respecter les gestes barrières. La réouverture des écoles est prévue à partir du . Le gouvernement appelle néanmoins à maintenir la vigilance.
Foyer d'Itaewon et « seconde vague » (6 mai - 9 août 2020)