Néro, né en janvier 1861 et mort le , est un chien connu pour avoir appartenu à l'empereur Napoléon III.

Biographie

Né en , Néro (de l'italien nero signifiant « noir ») est un braque anglais ou pointer anglais mâle au pelage brun foncéArticle de L’Événement illustré, cité par le Journal de Saint-Quentin et de l’Aisne, 10 juin 1868, .. Vers 1864La Presse, 15 décembre 1864, ., il est offert à Napoléon III par l'un de ses chambellans, le baron Zorn de Bulach, de Strasbourg.

L'empereur s'attache beaucoup à l'animal, qui l'accompagne à la chasseLe Figaro, 5 juin 1868, ., à Compiègne, et lors de ses promenades. Néro est aussi l'animal de compagnie du petit prince impérial. En 1865, l'enfant et le chien seront immortalisés ensemble par le sculpteur CarpeauxStanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'école française au , t. I (A-C), Paris, Champion, 1914, ..

Le , Néro s'échappe des Tuileries. Des affiches sont placardées et un avis est publié dans plusieurs journaux, avec toutefois une coquille dans le nom du chien, qui est ainsi nommé « Héro » Le Constitutionnel, 23 janvier 1865, .. Cette fugue inspire à Timothée Trimm une chronique spirituelle occupant toutes les colonnes de la une du Petit Journal du Le Petit Journal, 27 janvier 1865, .. L'animal est finalement retrouvé par une dame, qui recevra une médaille d'or pour les soins apportés au chienLe Figaro, 14 juin 1868, ..

En 1866, Nicolas Fétu publie une Requête à mes concitoyens pour l'extinction de la race canine à Dijon (Dijon, Jobard, 1866) où il préconise de supprimer les chiens pour lutter contre la rage. En tant que Dijonnais et cynophile, le ministre de la Maison de l'Empereur, le maréchal Vaillant, lui répond par une lettre ouverte où se mêlent l'indignation, le sentimentalisme et l'humour. Il s'y exclame notamment : « Vous tueriez Néro !! »La Presse, 20 juin 1866, .

Lorsqu'il n'est pas avec son maître au palais des Tuileries, Néro est pensionné chez le garde du parc de Saint-Cloud, M. Barthel, qui reçoit douze francs par mois (ce qui représente environ 20% du salaire d'un ouvrier non qualifié)Christophe Charle, Histoire sociale de la France au XIX siècle, Paris, Éditions du Seuil, 1991, . pour nourrir l'animal.

Néro n'a que sept ans lorsqu'il meurt, le Le Petit Journal, 5 juin 1868, .. L'autopsie montre qu'il est mort d'une rupture d'anévrisme. Il est enterré dans le jardin réservé du palais des Tuileries.

Cette mort, rapportée par plusieurs journaux, inspire les esprits facétieux et irrévérencieux, qui en profitent pour égratigner la cour impériale. Le , Alexandre Ducros compose ainsi une oraison funèbreAlexandre Ducros, Les Étrivières, Paris, Lechevalier, 1875, . qui est publiée dans L'InternationalLe Temps, 11 juin 1868, .. Le polémiste républicain Henri Rochefort lui consacre plusieurs pages de son impertinente LanterneLa Lanterne, , 6 juin 1868, .. Chroniqueur au Figaro, Émile Blavet imagine quant à lui que l'épitaphe latine du chien défunt (HIC JACET NERO) induira en erreur les archéologues de l'an 3000, qui croiront avoir trouvé la sépulture de l'empereur romain Néron (Nero en latin)Le Figaro, 12 juin 1868, .. , fils d'un domestique de l'empereur, publie une plaquette intitulée Le Testament de Néro tel qu'il a été dicté, le , à son très humble et dévoué sujet Georges Sauton (Paris, Poitrine, 1868, 16 pages)Xavier Mauduit, Le Ministère du faste, Paris, Fayard, 2016..

Quelques années plus tard, Émile Zola évoquera Néro dans une scène du roman Son Excellence Eugène RougonÉmile Zola, Son Excellence Eugène Rougon, Paris, Charpentier, 1878, ..

Notes et références

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