vignette|200px|Les armoiries de Villeurbanne se blasonnent ainsi :De gueules à la maison forte de deux tours couvertes d'argent posée sur des ondes d'azur mouvant de la pointe, surmontée à senestre d'un dauphin contourné et à dextre d'un lion, tous deux d'orVilleurbanne sur OLDJP.Historique : le blason de Villeurbanne a été dessiné, en 1888 par l'historien lyonnais André Steyert. La maison forte évoque la villa urbana, proche des eaux du Rhône ; le dauphin rappelle l’ancienne appartenance de la commune au Dauphiné ; le lion rappelle la proximité de la ville de Lyon..

Villeurbanne est une ville française située dans l'agglomération de Lyon. Son histoire administrative et politique se reflète dans les noms de ses rues, places et squares, témoins de son évolution. À l'origine majoritairement paysanne, Villeurbanne s'est fortement urbanisée et a connu une importante phase industrielle, marquée par une identité ouvrière affirmée. Cette transformation s'est accompagnée d'une alternance politique notable, avec une préférence pour des élus municipaux majoritairement de gauche.

Les anciennes racines paysannes alt=quartiers de Villeurbanne|vignette|Quartiers de Villeurbanne. alt=Vestiges d'une tour du château Gaillard|vignette|Vestiges d'une tour du château Gaillard. La vingtième ville de France ( en 2017) a conservé diverses traces de son passé de village dauphinois. La commune compte en 1847 lorsque la décision est prise de dénommer les rues. À ce point de départ, c’est à l’échelle des quartiers que s’établissent pour l’essentiel les repères de la communauté villageoise. Si ces toponymes sont peu nombreux par rapport au grand nombre de rues actuelles, ils sont, en revanche, riches de sens pour la compréhension du mode de vie de la masse paysanne. Il faut mettre à part, hors urbanisation, le cas de la Feyssine dont le nom est conservé par une « petite rue ». C’est celui de la grande ripisylve aujourd’hui aménagée en parc. Dans cette frange du territoire sous la menace permanente des inondations, les branchages de bois morts étaient assemblés en fascines et disposés en écrans dérisoires pour lutter contre la violence du courant du Rhône. Le souvenir de la plupart des quartiers subsiste. Certains toponymes font référence à des particularités du milieu naturel : les Brosses tireraient leur nom d’une variété de joncs très souples utilisée pour la fabrication des brosses et balais par les artisans vanniers installés dans le quartier ; l’appellation de Doua (A2) se rapporterait à la présence d’une source et conséquemment de terrains humides dont la végétation se prêtait aux mêmes utilisations qu’aux Brosses. Il est plus souvent fait référence à des facteurs humains. Cyprian (N2-N3) devrait son nom à une simple borne ou à une stèle funéraire (le terme de cippe nous est toujours conservé). Le plus souvent on a affaire à des familles d’agriculteurs. Un Château Gaillard (E3-E4) a véritablement existé mais la trace du propriétaire éponyme s’en est perdue. Les Buers (F3 : place à la jonction rue du et de la rue René) Croix-Luizet (D2, une place et F1, le pont) perpétuent aussi la mémoire d’anciens propriétaires ; le premier figure dans le parcellaire cadastral de 1698 et sa famille a donné un maire à la commune décédé en 1890. La Bonneterre (L3) avait été érigée en fief en 1633 et son évidente vocation agricole ne devait changer qu’en 1885 où le terrain sera converti en hippodrome ! À la Ferrandière, avant qu’elle ne devienne le centre d’un grand domaine avec château, avaient œuvré des ferrandiers qui brisaient sur un fer mouillé la partie ligneuse du chanvre avant rouissage sans doute en utilisant les eaux de la Rize. Nous connaissons avec un luxe de détails la composition au début du du domaine de Bellecombe de très antique fondation : une maison de maître, des hangars, les communs d’une ferme, une petite chapelle au centre de de prés, vignes, céréales et plantations diverses. On y accédait par une allée de mûriers.

vignette|Église Sainte-Madeleine des Charpennes, vers 1910. Cusset, les Charpennes et Saint-Jean constituent toujours comme quartiers des repères essentiels pour tous les Villeurbannais. Le cas de Saint-Jean (G3), unique référence à connotation religieuse, n’appelle pas de commentaire. Etonnant en revanche est le cas de Cusset. On n’aura jamais eu à déplorer l’effacement d'une rue de Cusset, vieux mot gallo-celtique qui désignerait un lieu caché, pour la raison qu'aucune ne l'a jamais porté. En revanche, ce nom a été attribué justement à une station de métro et, bien antérieurement, à la proche centrale hydroélectrique. Quant aux Charpennes, ils tirent leur origine du latin carpetum, lieu planté de charmes, mais présent habituellement sous forme de haies de protection. Ils avaient connu une notoriété exceptionnelle au point de désigner sous diverses variantes trois rues et une place. Du fait d'une situation en marge du territoire de Villeurbanne et d'un développement précoce, la population avait été tentée d’en faire une commune autonome. Aura disparu le nom, le plus symbolique de cette autonomie manquée, de Grande rue des Charpennes (l’actuelle rue Gabriel Péri depuis 1990) alors que la Guillotière, la Croix-Rousse et Vaise ont conservé cette appellation privilégiée pour leur principale artère après leur annexion à Lyon en 1852. Sur la place centrale de la Bascule trônait bien évidemment le poids public. Sa nouvelle appellation de Charpennes-Charles Hernu qui est aussi celui de la station de métro sauve le vieux nom de l'oubli ainsi que le nom de l'hôpital.

Gloires et malheurs nationaux au Le rattachement de Villeurbanne au département du Rhône en 1852 correspond à la période de grande croissance économique du Second Empire. Les perspectives de développement conduisent à établir un plan pour le quartier de Bellecombe. S’il appartient au maire et à ses conseillers de choisir les noms de rues, il convient de rappeler qu’à cette époque, d’une part les maires sont nommés par les préfets et non élus par la population ; d’autre part que la masse paysanne qui en constitue à l’époque la presque totalité est peu politisée et s’en remet volontiers aux notables pour la bonne conduite des affaires communales. Ceux-ci réagissent aux grands événements nationaux avec un certain conformisme. Il ne faut pas s’étonner si, dans ces conditions, l’esprit patriotique les conduit à honorer les faits d’armes sous le règne de Napoléon III. De la guerre qui oppose la France et la Russie sur le territoire de la Crimée, ils retiendront la victoire d’Inkermann (I1) alors que les Parisiens préféreront pour leur boulevard la ville de Sébastopol à ce qui n’en était que le modeste faubourg de même la même manière qu’ils immortaliseront le fameux zouave de l’Alma en 1855. Le souvenir du conflit au cours duquel la France vient à l'aide du royaume de Piémont pour libérer l’Italie de l’Autriche sera perpétué par la victoire de Magenta (J1-J2). Le peuplement de ce même quartier de Bellecombe était loin d’être achevé lors de l’avènement de la Troisième République et à Villeurbanne comme partout en France ont été ressenties douloureusement les pertes de l’Alsace (J1-J2) et de la Lorraine (J2) annexées par l’Allemagne victorieuse en 1871.

Les débuts de l’industrialisation dans le quartier des Charpennes ont à nouveau justifié le projet de lotissement sur la partie du domaine de la ferme de la Tête d’Or resté villeurbannais après le partage de 1888. La même nécessité que pour celui de Bellecombe a poussé à proposer son l’urbanisation selon un plan quadrillé. Cette tâche a été confiée à Oscar Galline (B3), administrateur des Hospices civils et Pierre Piaton (B4), qui en avait été élu président. Ces années 1880 correspondaient avec la conquête du Tonkin et lorsqu’en 1894 Lyon organise une exposition universelle dans le parc de la Tête d’or, son territoire n’y suffisant pas, c’est sur celui attenant de Villeurbanne qu’est reconstitué un village imité de ceux du Tonkin (A3). Mais le conseil municipal n’avait pas attendu cette date pour baptiser le quartier de ce nom. La prise de Sontay (A4) par le contre-amiral Courbet avait été un épisode capital de cette conquête et la mort au combat du commandant Henri Rivière (A3) lors de la bataille de Hanoï (A4) en était l’événement le plus douloureusement ressenti.

Socialistes mais républicains ! La décennie 1880 est caractérisée par ce que le géographe Marc Bonneville a qualifié d’irruption industrielle. C’est sur l’électorat ouvrier que fonde sa légitimité le mouvement socialiste dont la politique sera marquée par une volonté de différenciation par rapport à la bourgeoise lyonnaise, en particulier pendant les mandatures de Frédéric Faÿs. Jusqu’au lendemain de la Première Guerre mondiale ce courant politique non seulement ne renie pas les valeurs républicaines mais il y voit les conditions de l’émancipation de la classe ouvrière. Il saluera comme un des plus illustres pionniers du socialisme la personne de François Raspail (C4-D4). Certes, dès 1870, la municipalité avait immédiatement réagi après la capitulation de l’empereur à Sedan et le cours Napoléon Ier en limite est du quartier de Bellecombe avait été rebaptisé cours de la République (J1-J2) dès le tandis qu’était enlevée la statue de Napoléon . Mais l’affermissement du régime de la Troisième République ne date que de 1879, année où la Marseillaise devient l’hymne officiel de la France et de 1880 où le est décrété fête officielle de la nation. La dénomination de la rue du (J3) se fera encore attendre jusqu‘en 1904 après celle de la courte rue de la Bastille (J1) entre cours Emile-Zola et rue Dedieu (I1-K1). Cette même année plusieurs autres rappels de la Révolution sont inscrits dans les noms de rues. Un ancien chemin de Saint-Antoine est renommé rue du (J2-G5) dans la fidélité au sentiment de libération qu’avaient sûrement éprouvé les paysans du village dauphinois un siècle plus tôt avec l'abolition des privilèges. Villeurbanne n’aura pas de rue de la Marseillaise mais on honorera son créateur en la personne de Rouget de Lisle (E1 hors carte au nord de la nécropole nationale). On exhumera aussi un épisode plus obscur de l’histoire du Directoire : le (J3) c’est au prix d’un coup d’État que les Républicains avaient écarté le danger d’un retour à la royauté ! On aurait toutefois tort de penser que les grandes valeurs fondatrices de la République de Liberté (N1), Égalité (N1) et Fraternité (L4) qui figurent aux frontons de nos mairies sont contemporaines de cette fin du . Ces dénominations datent de 1843 : le roi bourgeois Louis-Philippe avait dû les faire siennes pour marquer sa différence avec le régime réactionnaire de la Restauration. Son père Louis- Philippe d'Orléans n’avait-il d’ailleurs pas été surnommé Philippe Égalité ? Il n’est donc pas étonnant, vu la date, qu’elles soient localisées dans le vieux village de Cusset et aux Maisons Neuves. En digne successeur de Faÿs, le maire Emile Dunière (D3) (1903-1908) dès 1904 enrichit ces références au passé républicain par les rues de la Convention (J2) et du (J2), date de fondation de la Deuxième République, dans le quartier de Bellecombe. Complétons cette revue avec Jean-Baptiste Baudin (H5), ce voisin natif de Nantua député de l’Ain mort héroïquement sur les barricades dressées conte le coup d’État de Napoléon III le .