Joseph Broizat, né le à Mégevette (Haute-Savoie) et mort le à Terrasson-Lavilledieu, est un officier supérieur français ayant servi au Régiment de tirailleurs algériens ( RTA) au cours de la Seconde Guerre mondiale, puis dans les unités parachutistes en Indochine et en Algérie. Titulaire de la Silver Star, il est également connu pour son engagement pour l'Algérie française et sa participation au putsch d'Alger en .
Biographie Famille Issu d'une famille de paysans citée dans les registres paroissiaux de Mégevette dès le , Joseph Broizat est le fils de François Léon Broizat et de son épouse Marie Bron. Son père est tué durant la Grande Guerre à Vienne le Château le . Il est adopté pupille de la Nation par jugement du tribunal de Thonon du .
Il se marie deux fois, avec Mauricette Lechevallier, en 1937 (divorce 1949), puis avec Jacqueline Négrignat (1922-2016) en 1951.
Formation Il entre au Séminaire des Missions étrangères de Paris, société où son oncle Joseph Broizat est prêtre. En 1932, il est auditeur à la faculté de philosophie scolastique de l'Institut catholique de Paris..
Sergent en 1939 au 19e corps d'armée (France), Joseph Broizat est admis à l'école d'administration de VincennesJ.O. 14 juillet 1939, ..
Élève officier de l'école militaire d'infanterie et des chars de combat (EMICC) à Saint-Maixent-l'École au titre de l'infanterie métropolitaine (intègre sur 326), il est nommé sous-lieutenant par décret du J.O. 28 décembre 1939, ..
Titulaire d'un diplôme en théologie catholiqueGuy Rolland, qui a bien connu le colonel Broizat, indique que Joseph Broizat a obtenu un doctorat en théologie catholique à Rome, à l'âge de vingt ans. Un tel diplôme à cet âge semble improbable. http://www.seybouse.info/seybouse/infos_diverses/mise_a_jour/maj142.html, il se convertit au protestantisme vers l'âge de 40 anssource : https://michelviot.wordpress.com/2018/08/14/les-larmes-de-marie/. Renseignement de provenance familiale.
Seconde Guerre mondiale Lieutenant en 1943, Joseph Broizat participe au Régiment de tirailleurs algériens ( RTA) à la campagne de Tunisie puis à la campagne d'Italie au sein du corps expéditionnaire français du général Juin. Il est décoré de la Silver StarMajor Military Awards, site homeofheroes.com, p. 60. en , après la prise du Belvédère lors de la bataille du Mont Cassin, à la tête de sa compagnie de tirailleurs algériens.
Il débarque en Provence avec le RTA et participe à la campagne de France, notamment à la libération de Marseille en , au cours de laquelle il fait prisonnier 180 soldats allemands. Le bataillon auquel il appartient est mentionné en ces termes dans la citation à l'ordre de l'armée du RTA : Citation à l'ordre de l'Armée attribuée au R.T.A lors de la campagne de France en 1944, Décision n° 158, le 21 novembre 1944, général de Gaulle.. Il combat ensuite à la bataille des Vosges puis à la bataille d'Alsace. Le bataillon est cité à l'ordre de l'armée pour sa conduite : Citation à l'ordre de l'Armée attribuée au 2e bataillon du R.T.A lors de la Campagne de France en 1945, Ordre n° 1064 le 20 août 1945..
Il participe enfin à la campagne d'Allemagne.
Après-guerre En 1947, étant capitaine d'infanterie, il obtient le diplôme d'état-major.
En , alors en poste à l'état-major de la Région militaire à Alger, Joseph Broizat est muté au bataillon du Régiment de chasseurs parachutistes à Sétif.
Guerre d'Indochine Le , le capitaine Broizat prend le commandement du II/ RCP, à la suite du chef d'escadron Mollat.
Guerre d'Algérie Il est chef d'état-major du général Massu lors du coup d'État du 13 mai 1958.
Aux élections législatives françaises de 1958, il se présente, sans succès, dans la circonscription de la Seine ( arr., plaine Monceau), sous l'étiquette UNR, contre le CNI Ferri, ancien député RPF, et contre Jean Dutourd.
En , il devient chef de corps du 1er régiment de chasseurs parachutistes, basé à Philippeville, avec le grade de lieutenant-colonel. Il participe avec son régiment à l'opération Eugénie () et à l'opération Vautour (), qui se soldent par des pertes importantes pour le Front de libération nationale.
Spécialiste de la guerre subversive, il est un des théoriciens de l'action psychologique.
Semaine des barricades Lors de la semaine des barricades de , il refuse d'envoyer le 1er RCP contre les émeutiers, craignant de faire couler le sang. Les parachutistes de Broizat s'interposent également entre les gendarmes mobiles et les insurgés à la suite d'une fusillade qui fait plusieurs morts. La situation s'enlise et finalement des négociations permettent la reddition des émeutiers et l'incorporation de dizaines d'entre eux dans le commando Alcazar du 1er REP. Ce refus d'employer la force lui est reproché par le pouvoir gaulliste, qui le relève et le mute en métropole, comme commandant du groupe de subdivisions de Châlons-sur-Marne.
Pour Broizat, il est inconcevable de donner l'ordre à ses hommes de tirer sur les Européens d'Alger favorables à l'Algérie française. En effet, il partage certaines de leurs convictions et considère que l'Algérie est le en Afrique du Nord.
Procès des barricades Il témoigne au procès de la semaine des barricades en . Il y défend le colonel Jean Gardes, seul militaire inculpé à la suite des événements de . Pour justifier l'action du chef du 5e bureau, il expose ses théories à propos de la contre-insurrection que l'armée française mène en Algérie et affirme que l'action psychologique n'a été effectuée qu'avec l'aval du gouvernement :
Ce témoignage contribue à sa réputation de dialecticien inflexible et au succès du surnom de dont l'affublent les journalistes.
Putsch des généraux
Le lieutenant-colonel Broizat participe à la préparation du putsch dans des réunions au bureau du colonel Charles Lacheroy. Depuis le déclenchement du putsch, le , jusqu’à son achèvement le , il est chargé par le général Maurice Challe de la réorganisation des services de police d'Alger.
À la suite de l'échec du putsch, il passe dans la clandestinité et rejoint l'OAS, dans lequel il ne joue qu'un rôle mineur. Il rédige le journal clandestin Centurions, destiné à l'armée.
Il est condamné à mort par contumace par le Haut Tribunal Militaire le source : fiche de police : http://deltas-collines.org/galerie/BROIZAT/Joseph_BROIZAT. En , il part en exil en Espagne.
Amnistie et fin de vie Joseph Broizat revient en France et se constitue prisonnier le . ; il bénéficie de la loi d'amnistie concernant les événements de la guerre d'Algérie.
Références
Bibliographie François de Linares (fils aîné du général de Linares), Par les portes du Nord : la libération de Toulon et de Marseille en 1944, Nouvelles Editions Latines, 2005. Lire en ligne.
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