Les maladies humaines à hantavirus sont des zoonoses virales transmises par des rongeurs qui provoquent des maladies de gravité variable chez l'être humain. Il existe plusieurs hantavirus différents, avec diverses distributions géographiques et qui provoquent différentes maladies cliniques. Chaque hantavirus est spécifique à un hôte rongeur. La transmission du virus à l'humain se produit par inhalation d'urine, d'excrément ou de salive de rongeurs infectés.
On distingue trois principaux syndromes cliniques après une infection à hantavirus : la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR) ou nephropathia epidemica, une forme bénigne de FHSR causée par le virus de Puumala et le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH),
Il n'y a pas de traitement curatif pour l'infection à hantavirus ; l'élimination ou la minimisation du contact avec les rongeurs est le meilleur moyen de prévenir l'infection.
La durée de persistance de l'infectiosité des hantavirus dans l'environnement varie selon des facteurs tels que le régime alimentaire du rongeur, la température, l'humidité et le lieu (intérieur ou extérieur). Il a été démontré que les virus restent actifs pendant deux à trois jours à température ambiante normale, tandis que les rayons ultraviolets du soleil les détruisent en quelques heures. Cependant, les excréments ou l'urine de rongeurs d'âge indéterminé doivent toujours être considérés comme potentiellement infectieux. Il est conseillé de considérer la plupart des denrées alimentaires, en particulier les conserves, comme potentiellement infectieuses car, malgré toutes les mesures de contrôle., les rongeurs parviennent à s'introduire dans les chaînes d'approvisionnement. Par conséquent, la désinfection des surfaces suspectées d'être contaminées est une mesure de prévention importante. Les solutions diluées de composés d'ammonium quaternaire, d'iode et d'hypochlorite de sodium (eau de Javel) sont reconnues comme des désinfectants efficaces. Contrairement à l'hypochlorite et à l'iode, traditionnellement utilisés, le peroxyde d'hydrogène dilué est un agent antimicrobien non toxique, moins corrosif et respectueux de l'environnement. De plus, une solution aqueuse diluée de peroxyde d'hydrogène peut être produite dans des zones éloignées des chaînes d'approvisionnement pour répondre aux besoins en matière de prévention des virusElectrochemical synthesis of H2O2 from water and oxygen, Nature, 2019, https://eprints.soton.ac.uk/432497/; Anodic production of hydrogen peroxide using commercial carbon materials, Applied Catalysis B: Environmental, Volume 303, April 2022, 120848, https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0926337321009735.
Le terme hantavirus fait référence à un genre couvrant plusieurs dizaines d'espèces ou de génotypes dans le monde qui diffèrent par leur virulence à l'humain. Chaque hantavirus possède une espèce hôte spécifique de rongeur ou un groupe d'espèces hôtes étroitement apparentées.
Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus surviennent chaque année, principalement en Amérique du Nord et du Sud. Le taux de mortalité moyen est de 40 %..
Environ à de fièvre hémorragique avec syndrome rénal causés par une infection à hantavirus surviennent chaque année à l'échelle internationale. La plupart des décès surviennent en Chine, où le taux moyen de mortalité varie de 1 % à 12 %.
En avril 2026, des cas d'infection à hantavirus, causée par le virus des Andes, ont été détectés à bord du navire de croisière néerlandais MV Hondius.
Symptômes Les caractéristiques cliniques des patients atteints d'une maladie à hantavirus sont assez variables, allant d'asymptomatique à sévère. La période d'incubation est relativement longue, généralement de 2 à 3 semaines, mais peut aller jusqu'à six semaines. Dans les zones d'endémie, une infection à hantavirus doit être suspectée si la fièvre aigüe s'accompagne de thrombocytopénie, de maux de tête, souvent très sévères, et de douleurs abdominales et dorsales sans symptômes clairs des voies respiratoires.
Fièvre hémorragique avec syndrome rénal
La FHSR peut se manifester sous la forme d’une maladie bénigne, modérée ou grave, selon l’agent causalBi, Z., Formenty, P. B., & Roth, C. E. (2008). Hantavirus infection: a review and global update. Journal of Infection in Developing Countries, 2(1), 3-23.. L’évolution clinique peut être divisée en cinq phasesFulhorst, C. F., & Bowen, M. D. (2007). Hantaviruses. In P. R. Murray (Ed.), Manual of Clinical Microbiology (9th ed., pp. 1501-1509). Washington D.C.: ASM Press. : prodromique (ou fébrile), hypotensive, oligurique, diurétique et de convalescence. La phase prodromique commence par une forte fièvre accompagnée de signes tels que des frissons, des maux de tête, une vision trouble, un malaise et une anorexie, suivis de douleurs abdominales ou lombaires, de symptômes gastrointestinaux, de rougeurs au visage, de pétéchies et d’éruptions cutanées érythémateuses. Cette phase dure en général de 3 à 7 jours. La phase hypotensive dure de quelques heures à plusieurs jours. Elle est caractérisée par l’installation soudaine d’une hypotension qui peut évoluer vers l’état de choc et l’hémorragie. La phase oligurique dure en général de 3 à 7 jours; durant cette période, la tension artérielle peut revenir à la normale ou augmenter, le débit urinaire chute de façon marquée, et une hémorragie sévère peut survenir. La diurèse spontanée signale le début de la guérison. Le taux de mortalité varie de 5 % à 15 %Schmaljohn, C. S., & Nichol, S. T. (2007). Bunyaviridae. In D. M. Knipe, P. M. Howley, D. E. Griffin, M. A. Martin, R. A. Lamb, B. Roizman & S. E. Straus (Eds.), Fields Virology (5th ed., pp. 1739-1789). Philadelphia PA: Lippincott Williams & Wilkins..
Syndrome cardiopulmonaire à hantavirus
Il existe quatre phases cliniques : prodromique, cardiopulmonaire, diurétique et de convalescence. La phase prodromique est caractérisée par une fièvre accompagnée de myalgie et de malaise, et par d’autres symptômes tels que des céphalées, des étourdissements, des douleurs abdominales et des manifestations gastrointestinales, qui durent en général de 3 à 6 jours. Elle est suivie de la phase cardiopulmonaire à évolution rapide, avec œdème pulmonaire non cardiogénique, hypoxémie, toux, épanchement pleural, symptômes gastrointestinaux, tachypnée, tachycardie, dépression myocardique et choc cardiogénique. Il existe des risques d’hypotension et d'oligurie. La phase diurétique est marquée par la résorption rapide de l’œdème pulmonaire et par la résolution de la fièvre et de l’état de choc. Le taux de mortalité est d’environ 30 %.
Diagnostic Le diagnostic de la maladie à hantavirus repose principalement sur la détection d'anticorps, par des tests immunofluorescents (IFA) ou des tests immunoenzymatiques (EIA). Dans la phase aigüe de l'infection à hantavirus, les anticorps ne sont pas spécifiques. La faible avidité des anticorps IgG et la fluorescence granulaire dans l'IFA des sérums aigus peuvent être utilisées pour séparer les infections anciennes des nouvelles. Ces dernières années, des tests immunochromatographiques d'IgM en tant que test au point d'intervention avec un lecteur optique ont été développés. La RT-PCR du sang du patient est en cours d'utilisation.
Prise en charge Le traitement de la maladie à hantavirus est principalement symptomatique. Le maintien de l'équilibre hydrique, tout en évitant une surhydratation chez un patient potentiellement oligurique, est d'une importance cruciale. En cas d'insuffisance rénale, une dialyse peut être nécessaire. Puisqu'il n'y a pas de transmission interhumaine d'hantavirus européens, aucun isolement n'est nécessaire.
Répartition géographique des hantavirus
Mondiale HantavirusSyndromeVecteurNom communSéoulFHSRRattus rattus, rattus norvegicusRat noir, Rat surmulot
Séoul
Europe Plus de HFRS sont diagnostiqués chaque année en Europe et ce nombre est croissant.
Il existe six hantavirus en Europe. En 2017, 21 pays ont signalé d'infection à hantavirus (0,8 cas pour ). Deux pays, la Finlande et l'Allemagne, représentaient 70,1 % de tous les cas signalés. En l'absence d'un vaccin autorisé, la prévention repose principalement sur le contrôle des rongeurs, l'évitement du contact et le nettoyage et la désinfection appropriés des zones contaminées par les excréments de rongeurs (urine, salive ou excréments).
Les deux plus fréquents hantavirus en Europe sont les virus de Puumala et de Dobrava. +HantavirusSyndromeVecteurNom communPuumala (PUUV)Nephropathia epidemicaMyodes glareolusCampagnol roussâtreDobrava (DOBV)FHSRApodemus flavicollisMulot à collierSaaremaa (SAAV)Apodemus agrariusMulot rayéSéoul (SEOV)FHSRRattus rattus, Rattus norvegicusRat noir, Rat surmulotTula (TULV)SPHZelená H, Mrázek J, Kuhn T. Tula Hantavirus Infection in Immunocompromised Host, Czech Republic. Emerg Infect Dis. 2013;19(11):1873-1876. https://dx.doi.org/10.3201/eid1911.130421Microtus sp.CampagnolsSeewis (SWSV)Sorex araneusMusaraignesNova (NOV)
Hantavirus Puumala Le virus est répandu sur la majeure partie du continent, à l'exception du Royaume-Uni, des régions côtières méditerranéennes et des régions les plus septentrionales.
La maladie clinique entraîne une fièvre hémorragique avec syndrome rénal (également appelée « nephropathia epidemica ») et entraîne une mortalité inférieure à 0,5%.
Le taux de létalité dû à l'infection par le virus Puumala se situe entre moins de 0,1 et 0,4 %. La récupération commence généralement au cours de la deuxième semaine de maladie et s'accompagne d'une amélioration du débit urinaire entraînant une polyurie. Le rétablissement complet peut toutefois prendre des semaines. Les complications de plus longue durée sont rares et comprennent la glomérulonéphrite, le syndrome de Guillain-Barré, l'hypopituitarisme et l'hypertension.
Dobrava Le virus est répandu dans le sud-est de l'Europe, jusqu'à la Tchéquie et le sud de l'Allemagne au nord, bien que l'espèce porteuse ait une distribution beaucoup plus large en Europe ouest et nord. Le tableau clinique des infections à virus de Dobrava est très similaire, mais les symptômes sont plus graves, avec un taux de mortalité plus élevé.
Saarema Le virus est répandu dans l'Europe centrale et orientale et dans les États baltes.
Tula L'espèce Tulavirus a été décrite pour la première fois chez des campagnols (Microtus arvalis et M. levis) capturés à Toula, en Russie, en 1987Plyusnin A, Vapalahti O, Lankinen H, Lehväslaiho H, Apekina N, Myasnikov Y, Tula virus: a newly detected hantavirus carried by European common voles. J Virol. 1994;68:7833–9. La présence de TULV a également été documentée chez d'autres espèces de campagnols dans plusieurs pays européens dont l'Allemagne, la Suisse, la Slovénie, la Tchéquie, la Slovaquie, l'Autriche, la Pologne et la SerbieSchlegel M, Kindler E, Essbauer S, Wolf R, Thiel J, Groschup MH, Tula virus infections in the Eurasian water vole in Central Europe. Vector Borne Zoonotic Dis. 2012;12:503–13. . En Europe centrale, M. arvalis est le principal réservoir de TULV. L'antigène TULV a été trouvé dans 10 % de la population de campagnols communs dans le sud de la Moravie en TchéquieHeroldová M, Pejčoch M, Bryja J, Jánová E, Suchomel J, Tkadlec E. Tula virus in populations of small terrestrial mammals in a rural landscape. Vector Borne Zoonotic Dis. 2010;10:599–603. Le potentiel pathogène du virus Tula chez l'homme est considéré comme faible. La manifestation clinique est un syndrome cardiopulmonaire avec atteinte rénale mais sans troubles de la coagulation.
Seewis
Situation en France En France métropolitaine, le virus de Puumala est la souche dominante, portée par le campagnol roussâtre dans le quart nord-est du pays (Ardennes, Lorraine, Franche-Comté). L'incidence est variable : entre et annuels sur la période 2010-2024, avec recensés en 2024. La zone d'endémie s'est étendue de 31 départements en 2015 à 43 en 2024.
Transmission