Hilda Rix Nicholas, née le 1884 à Ballarat et morte le 1961 à Delegate, est une artiste peintre et dessinatrice australienne.

Formée entre 1902 et 1905 auprès d'un impressionniste australien de premier plan, Frederick McCubbin, à la , elle devient l'une des premières artistes membres de la . Après la mort de son père en 1907, accompagnée de sa sœur Elsie et de sa mère, elle se rend en Europe où elle poursuit ses études artistiques, d'abord à Londres puis à Paris. Elle compte parmi ses professeurs John Hassall, Richard E. Miller et Théophile Alexandre Steinlen.

Après un voyage à Tanger en 1912, Hilda Rix expose ses tableaux à plusieurs reprises ; un dessin, Grande marché, Tangier, est même acheté par le gouvernement français. Elle est l'une des premières Australiennes à peindre des paysages postimpressionnistes ; devenue membre de la Société des peintres orientalistes français, elle expose aux Salons de Paris de 1911 et de 1913. Après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, la famille fuit la France pour l'Angleterre. S'ensuit une période de tragédies personnelles : sa sœur meurt en 1914 et sa mère en 1915 ; un an plus tard, elle rencontre et épouse George Matson Nicholas mais celui-ci est tué peu après sur le front de l'Ouest.

Elle rentre en Australie en 1918 et reprend sa carrière de peintre professionnelle. Elle présente ainsi une centaine d'œuvres lors d'une exposition au Guild Hall de Melbourne : elle en vend plusieurs dont , achetée par la . Après une période consacrée à la peinture en milieu rural au début des années 1920, Rix Nicholas repart en Europe. Une exposition à Paris en 1925 conduit à la vente de son œuvre au musée du Luxembourg ; cette exposition est suivie d'une longue tournée dans des galeries d'art régionales en Grande-Bretagne. Elle expose notamment à l' et à la . Après sa participation et l’inclusion de plusieurs de ses œuvres dans l’exposition de la Société nationale des beaux-arts du printemps 1926 à Paris, Hilda Rix est nommée membre associée.

La même année, Hilda Rix Nicholas retourne en Australie ; en 1928, elle épouse Edgar Wright, rencontré lors de ses voyages au début des années 1920. Le couple s'installe à Delegate, en Nouvelle-Galles du Sud. Naît en 1930 leur enfant unique, un fils du nom de Rix Wright. Critique acharnée du modernisme et dédaigneuse des grands artistes émergents tels Russell Drysdale et William Dobell, Rix Nicholas évolue en décalage avec les tendances de l'art australien. Elle produit néanmoins des œuvres demeurées importantes, dont et . Ses tableaux suivent un style moderne conservateur, nationaliste, dépeignant un idéal pastoral australien, et les critiques de ses expositions deviennent inégales.

Elle tient sa dernière exposition personnelle en 1947. Pendant ses dernières années, elle continue à vivre à Delegate, alors que sa santé et sa vue déclinent et que sa passion pour l'art s’estompe. Atteinte de la maladie de Parkinson depuis le milieu des années 1950, Hilda Rix Nicholas meurt le .

Biographie Jeunesse et formation en Australie

Emily Hilda naît à Ballarat le . Ses parents, Henry Finch Rix et Elizabeth Sutton, sont deux émigrés qui se sont rencontrés et mariés dans l'État de Victoria en 1876. Ils ont une autre fille, Elsie Bertha, née en 1877. Les enfants Rix grandissent dans une famille talentueuse et dynamique..

Ancien professeur de mathématiques, Henry est inspecteur des écoles du district depuis les années 1880 mais aussi poète, et engagé, écrivant notamment pour soutenir la Fédération de l'Australie et joueur de football australien au Carlton Football Club... De son côté, Elizabeth grandit au sein d'une famille dont les affaires dans l'industrie musicale à Ballarat sont florissantes, et devient une chanteuse de la . En outre, elle possède un studio dans la rue Flinders à Melbourne et devient membre du comité de l'Austral Salon, . Elizabeth est également peintre amateur. Son style est académique, choisissant généralement des natures mortes et des fleurs comme sujets, bien qu'elle ait peint quelques grands paysages dans la région de Beechworth..

vignette|Autoportrait de Frederick McCubbin, peintre impressionniste australien, et première influence majeure de Hilda Rix Nicholas.|alt=Tableau en couleurs d'un homme en buste de trois quarts vers la gauche sur fond noir, regardant le spectateur. Moustachu et vêtu d'un costume marron, sa main gauche à mi-hauteur porte la palette de couleurs avec des pinceaux tandis que sa main droite le long du corps porte un pinceau en cours d'utilisation. Encore enfants, Hilda Rix et sa sœur Elsie se produisent dans des spectacles régionaux où elles jouent d'instruments de musique, chantent et dansent. Plus tard, Elsie devient chanteuse et actrice, se produisant lors des réunions de l' et les sœurs collaborent à la conception d'affiches pour les Salons.. Dès son plus jeune âge, Hilda se passionne pour le dessin. Élève assez moyenne par ailleurs, ses qualités artistiques sont reconnues dans le lycée privé Melbourne Girls Grammar (connu sous le nom de Merton Hall) qu'elle fréquente. Elsie et Hilda prennent des cours d'art avec John Mather, avant qu'Hilda n'intègre la National Gallery of Victoria Art School en 1902. Elle y reste trois ans, jusqu'en 1905, et y a pour professeur un impressionniste australien de premier plan, Frederick McCubbin. Ses camarades de classe sont principalement des femmes parmi lesquelles se trouvent Jessie Traill, Norah Gurdon, Ruth Sutherland, Dora Wilson et Vida Lahey. Elle devient aussi l'une des premières membres de la Melbourne Society of Women Painters and Sculptors, fondée par des anciennes élèves de McCubbin. Par la suite, Rix critiquera les méthodes d'enseignement de McCubbin qu'elle qualifie de . Néanmoins, son influence sur elle est multiple, comme le souligne John Pigot, auteur de la seule biographie complète de Rix : importance de la créativité personnelle plutôt que de l'imitation du style d'une école de peinture ; prise en compte de la dimension nationaliste dans l'art ; considération pour des sujets qui deviendront importants dans sa peinture ; intérêt, enfin, porté sur le sujet plutôt que sur la technique..

Alors encore étudiante, Rix voit certains de ses dessins retenus pour être présentés lors des expositions annuelles de la et de l', une société de femmes artistes importante à cette époque.. Elle travaille comme illustratrice professionnelle pour les manuels scolaires et un périodique, le , publié par le . Point d'orgue, en 1903, l'exposition de l' comporte des œuvres de chacune des femmes de la famille Rix..

En 2012, le livre de Karen Johnson, , reproduit certaines pages d'un des premiers carnets de croquis de Rix., qui comprend des œuvres allant de ses jusqu'à au moins ses 20 ans. Ses modèles sont principalement des femmes, et les arrangements et les vêtements de ses sujets reflètent le milieu relativement aisé et instruit dont fait partie la famille Rix..

À cette époque, il est courant pour les aspirants artistes australiens récemment diplômés de poursuivre leur formation en Europe, en particulier à Londres et à Paris. Henry Rix projette ainsi d'y emmener sa famille et prévoit d'en profiter pour étudier les réformes de l'éducation britannique. Il achète des billets de première classe et le voyage est prévu en 1906... Mais Henry, malade et surchargé de travail, meurt subitement. Sa veuve demande une pension qui lui est refusée car Henry, à , est mort trop jeune. Désirant malgré tout maintenir son projet de voyage, la famille doit réorganiser ses affaires.. Début 1907, elle parvient à son but et met le cap sur l'Angleterre par la conjonction d'un héritage, de la mise en location de la maison familiale et de la vente d'œuvres de la mère et de la fille, et en échangeant les billets de première classe contre des couchettes de deuxième classe..

Vie en Europe (1907-1912) vignette|Portrait d'Arthur Streeton par Tom Roberts. Rix a suivi son conseil d'étudier auprès de plusieurs professeurs différents.|alt=Tableau en couleur d'un visage complètement de profil vers la gauche sur fond blanc et rouge. Cheveux bruns clair et longue barbe, le sujet regarde droit devant lui, vers la gauche. Avant qu'elle ne parte, le peintre Arthur Streeton conseille à Rix d'étudier auprès de plusieurs maîtres différents, afin de préserver sa propre originalité .. En Angleterre, un de ses premiers professeurs est l'illustrateur britannique John Hassall. Bien que ce dernier la considère meilleure dessinatrice que lui, Rix le trouve . À son contact, elle développe encore sa pratique, notamment, selon Pigot, grâce au style simple et direct du britannique..

Rapidement pourtant, dès la fin de 1907, Rix quitte l'Angleterre pour s'installer avec sa sœur et sa mère à Paris, à Montparnasse.. Elle y fait la connaissance de l'artiste australien E. Phillips Fox, pratique le dessin au jardin du Luxembourg, où Ethel Carrick travaille, et devient étudiante auprès du peintre académique Auguste Joseph Delécluse (1855-1928), à l'l'académie qui porte son nom... Elle trouve ses conseils sur le dessin d'après nature extrêmement précieux, même si elle pense que son approche de la couleur est . L'année suivante, elle suit l'enseignement de l'impressionniste américain Richard E. Miller. Elle développe auprès de lui l'utilisation d'une palette de couleurs relativement vives, même si le résultat n'est pas toujours naturaliste, ainsi que sa technique habile ; elle ne suit cependant pas sa prédilection pour les jolies compositions, privilégiant des images plus directes et plus nettes.. Continuant à acquérir des compétences auprès d'un large éventail d'artistes, elle étudie ensuite à l'Académie de la Grande Chaumière, notamment avec l'illustrateur d'origine suisse Théophile Alexandre Steinlen..

Hilda, sa sœur et sa mère passent les étés à voyager ensemble. En 1908, elles visitent la France et l'Italie, puis se rendent à la colonie d'artistes d'Étaples, un village de pêcheurs du nord de la France... Parmi les artistes actifs, il y a le Français Jules Adler, qui s'intéresse au travail de Rix, ainsi que de nombreux Australiens, dont Rupert Bunny, James Peter Quinn, Edward Cairns Officer et l'une des résidentes de longue date de la colonie, Iso Rae... Elle y passera plusieurs étés consécutifs, où elle peint principalement des sujets ruraux, comme (« Marché de fruits », 1910.), Procession à Étaples (en français, 1913)Œuvre visible au musée du Touquet-Paris-Plage ainsi que le tableau intitulé Les Rogations et le tableau Matelotes au marché visible au musée Quentovic d'Étaples. et Grand mère (en français, 1914.).

Vers 1909, Hilda Rix rencontre Wim Brat, un étudiant en architecture d'une riche famille néerlandaise. Ce dernier fait sa demande en mariage à la mère d'Hilda, qui accepte. Ces premières fiançailles s'aigrissent néanmoins : passant du temps chez son fiancé, Hilda voit son futur mari dominé par une mère qui désapprouve l'engagement. Elle finit par rompre à contrecœur.

Rix continue son travail et son Retour de la Chasse (en français) est sélectionné au Salon de Paris en 1911, aux côtés de ses collègues australiens Arthur Streeton et George Bell.. Elle commence à étudier à l'Académie Colarossi au moment où Henri Matisse peint à partir des modèles de l'académie et offre un atelier ouvert à ses étudiants.. Elle est alors la deuxième Australienne à réussir à vendre une œuvre au gouvernement français ; elle est dès lors considérée par la commissaire australienne Elena Taylor comme .

Peintures marocaines (1912-1914)

Depuis la fin du et le début du , de nombreuses femmes artistes ont visité l'Afrique du Nord et y ont travaillé. ; c'est le cas pour Rix qui visite deux fois la région. Son œuvre y connaît ses développements les plus importants..