Albert Caraco, né le à Constantinople (aujourd'hui Istanbul)Son acte de décès officiel et la « Note préliminaire » de l'éditeur, à la page 9 de Ma confession, indique le 10 juillet 1919 ; or, Caraco lui-même écrit ceci dans Le Semainier de l'agonie : « Or, je naquis le huit juillet, l'an 1919 » (p. 44), en plus de commencer la section « Du lundi 8 au dimanche 14 juillet » par ces mots : « C'est aujourd'hui ma fête et j'ai le sentiment que ce pourrait bien être la dernière » (p. 243). et mort le à ParisD'après l'acte de décès 1379 dressé pour « Alberto Caraco » en date du 11 septembre 1971 par la mairie du de Paris., est un penseur, philosophe, poète et écrivain franco-uruguayen, d'expression française et d'origine turque. Caraco a publié une œuvre volumineuse et radicale, souvent jugée comme nihiliste et pessimiste, comparée parfois à celle de Emil Cioran.

Biographie Fils de José Caraco et d'Elisa Schwarz, il est issu d'une famille juive séfarade installée en Turquie depuis quatre siècles. Après avoir vécu à Prague, Berlin et Vienne, ses parents se fixent un temps à Paris, où Caraco, leur fils unique, complète ses études au lycée Janson-de-Sailly. Par la suite, suivant les traces de son père qui est banquier, il étudie et obtient son diplôme de l'École des hautes études commerciales de Paris en 1939Ma confession, « Note préliminaire », p. 9. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, ses parents et lui se réfugient en Amérique du SudJil Silberstein, La promesse et le pardon, « Albert Caraco : « Nous roulerons unis dans les ténèbres » », p. 107 : après Rio de Janeiro et Buenos Aires, c'est finalement à Montevideo qu'ils s'installent pour la durée du conflit européen ; là, ses parents se convertissent au catholicisme et prennent soin d'offrir à leur fils une éducation catholiqueAbécédaire de Martin-Bâton, « Avant-propos », p. 7. Sa famille prend la nationalité uruguayenne, nationalité qu'il gardera jusqu'à la fin de sa vie. À son retour en France une fois la guerre terminée, sa vision du monde en est profondément bouleversée. En 1963, la disparition de sa mère motive l'écriture de son ouvrage Post Mortem. Le , en son domicile du 34 rue Jean-Giraudoux, il se suicide quelques heures après la mort de son père, conformément à l'esprit de son œuvre« il se pourrait que le décès de Monsieur Père entraînât aussitôt le mien » (Ma confession, p. 12) ; « J'attends la mort avec impatience et j'en arrive à souhaiter le décès de mon Père, n'osant me détruire avant qu'il ne s'en aille. Son corps ne sera pas encore froid, que je ne serai plus au monde. » (idem, p. 47).

Il s'exprime couramment en quatre langues – français, allemand, anglais et espagnol –, et bien que ses écrits soient rédigés en français, il n'est pas rare de trouver sous sa plume certaines phrases, des paragraphes, voire des pages entières, dans une autre de ces languesPar exemple, dans Ma confession, rédigé en français excepté les pages 91-97 en anglais, 105-111 en allemand et 113-119 en espagnol.. Légataire spirituel et littéraire du Grand Siècle français et des Lumières, Caraco se réclame d'un classicisme tranchant net avec la stylistique moderne.

Auteur prolifique, Caraco demeure ignoré du grand public en raison peut-être de l'intransigeance de ses écrits, et de ses opinions controversées et propos intempestifs propres à choquer. Un éditeur suisse, L'Âge d'Homme, entreprendra cependant de publier l'ensemble de son œuvre.

Le , dans la série "Douleurs, une littérature de francs-tireurs" des "Chemins de la connaissance", France-Culture diffuse une émission qui lui est consacrée, produite par Catherine Soullard qui reçoit Vladimir Dimitrijević, directeur des éditions L'Âge d'Homme.

Œuvres Littérature Inès de Castro. Les Martyrs de Cordoue, Rio de Janeiro, Bel-Air, 1941 Le Cycle de Jeanne d'Arc et quelques poèmes et illustrations, Buenos Aires, Editorial Argentina Aristides Quillet, 1941 Le Mystère d'Eusèbe, Buenos Aires, Editorial Argentina Aristides Quillet, 1942 Contes. Retour de Xerxès, Buenos Aires, Editorial Argentina Aristides Quillet, 1943 Le livre des combats de l'âme, Paris, E. de Boccard, 1949 Post Mortem, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « La Merveilleuse Collection », 1968 Réédition : Madame Mère est morte, Paris, Lettres Vives, coll. « Entre 4 yeux », 1983 Réédition : Post Mortem, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Révizor », 2012 Réédition : Post Mortem, Paris, Allia, coll. « Petite collection », 2026

Philosophie L'école des intransigeants (Rébellion pour l'Ordre), Paris, Nagel, 1952 Le désirable et le sublime, Neuchâtel, La Baconnière, 1953 Foi, valeur et besoin, Paris, E. de Boccard, 1957 Apologie d'Israël. Tome 1 : Plaidoyer pour les indéfendables, Paris, Librairie Fischbacher, 1957 Apologie d'Israël. Tome 2 : La marche à travers les ruines, Paris, Librairie Fischbacher, 1957 Huit essais sur le mal, Neuchâtel, La Baconnière, 1965 Le tombeau de l'histoire, Neuchâtel, La Baconnière, 1966 Les races et les classes, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1967 La luxure et la mort, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1968 L'ordre et le sexe, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1970 Obéissance ou servitude, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1974 Essai sur les limites de l'esprit humain, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1982 Écrits sur la religion, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1984

Autres L'art et les nations, Neuchâtel, La Baconnière, 1965 Le galant homme : Un livre de civilité, Neuchâtel, La Baconnière, 1967 Simples remarques sur la France, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1975 La France baroque, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1975 Ma confession, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1975 L'homme de lettres : Un art d'écrire, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1976 Bréviaire du chaos, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Le Bruit du Temps », 1982 Réédition : Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Amers », 1999 Réédition : Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Révizor », 2014 Supplément à la Psychopathia Sexualis, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Le Bruit du Temps », 1983 Réédition : Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Révizor », 2014 Abécédaire de Martin-Bâton, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « La Fronde », 1994

Journaux Le semainier de l'agonie : Le semainier de 1963 suivi de Post Mortem, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1985 Semainier de l'an 1969 : du au , Lausanne, L'Âge d'Homme, 1985 Semainier de l'incertitude, Lausanne, L'Âge d'Homme, 1994 Journal d'une année : - , Lausanne, L'Âge d'Homme, 2004

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Romain Delpeuch, Albert Caraco : philosophie, littérature et prophétisme, 2015 Frédéric Schiffter, Le Charme des penseurs tristes, Paris, Flammarion, 2013 Jil Silberstein, La promesse et le pardon, Lausanne, L'Âge d'Homme, coll. « Contemporains », 1986

Articles connexes Écrivains apparentés Emil Cioran Nicolás Gómez Dávila

Thématiques Nihilisme Pessimisme Suicide et philosophie

Liens externes

Site consacré à Albert Caraco et à son œuvre Blogue Studia caracoana dédié à Caraco Biographie et analyse de l'œuvre d'Albert Caraco, agrémentées de citations par Philippe Billé « Les agonies d'un réprouvé », un texte de Louis Nucéra publié dans Le Monde () An Essay about Albert Caraco Étude caracienne par Romain Delpeuch

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