L'Auto est un quotidien sportif français publié de 1900 à 1944.
Paru pour la première fois le sous le titre L'Auto-Vélo, il prend le nom de L'Auto en 1903. Il est ensuite interdit de parution en 1944 car ayant été favorable à l'Allemagne pendant l'occupation de la France par l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. Son dernier numéro paraît le .
Son directeur emblématique, Henri Desgrange, fonde le journal pour faire concurrence à un autre quotidien sportif, Le Vélo, à la suite de l'affaire Dreyfus. Jusqu'à la mort d'Henri Desgrange, en 1940, le journal développe des valeurs patriotiques.
L'Auto est connu pour être l'instigateur du Tour de France, le maillot jaune tirant d'ailleurs sa couleur du papier jaune utilisé par le journal.
Histoire
vignette|gauche|redresse=1| Le quotidien est fondé sous le titre L'Auto-Vélo à l'instigation du comte Jules-Albert de Dion, en raison des prises de position dreyfusardes — à l'opposé des siennes — du directeur du journal Le Vélo, Pierre Giffard. Une guerre s'engage alors entre les deux titres. L'Auto-Vélo s'incline lors de la première manche en perdant en justice en une partie de son titre, trop proche de celui de son concurrentFranck Ferrand, « L’histoire du Tour de France », émission Au cœur de l'histoire, 29 juin 2012. Le journal devient L'Auto le (premier rédacteur en chef Paul Meyan, également membre fondateur de l'Automobile Club de France). Alors que le cyclisme est le sport roi en France, cette perte d'appellation peut s'avérer fatale. Mais L'Auto réagit dès cette année 1903 en créant le Tour de France sur une idée de Géo Lefèvre, associant ainsi à jamais son nom à celui de la plus prestigieuse des épreuves cyclistes. Le Vélo ne se remettra jamais de cette innovation, abandonnant la partie le . L'éphémère quotidien Le Monde sportif puis, son homologue plus durable Les Sports, connaissent le même sort. Un autre concurrent tente l'aventure quotidienne au début des années 1930, L'Écho des sports, mais il plafonne à exemplaires vendus et s'oriente vers une périodicité hebdomadaire dès 1932.
L'Auto, au contenu omnisport, avait innové dès ses débuts en faisant la part belle aux résultats, même étrangers. Henri Desgrange, mort en 1940, en fut le célèbre directeur. Victor Goddet formait avec lui un efficace binôme. Goddet gérait les finances, Desgrange dirigeait la rédaction. Jacques Goddet est entré au journal après le décès de son père dans les années 1920. Formé par Desgrange, il va en devenir le fils spirituel.
La seconde moitié des années 1930 est marquée par un tassement des ventes du titre en raison de la concurrence du quotidien généraliste Paris-Soir, qui proposait un copieux traitement du sport. Ainsi, dès le soir même, Paris-Soir publiait le récit et les classements de l'étape du Tour courue dans l'après-midi tandis qu'il fallait attendre le lendemain matin pour les trouver dans L'Auto. Afin de résister à cette concurrence, L'Auto se dote en 1937 d'une rubrique concernant l'information générale intitulée « Savoir vite ». Pendant l'Occupation, notamment entre 1943 et 1944, cette rubrique va se signaler par des communiqués hostiles à la résistance dont les membres sont désignés comme des « terroristes ». Il faut savoir que le capital de sa société était pour l'essentiel passé entre les mains de l'Occupant dont le délégué était Albert Lejeune. Celui-ci avait mandat de la « Propaganda Abteilung in Frankreich », instrument de contrôle de la presse. Cela lui a valu d’être arrêté après la Libération. Inculpé d’intelligence avec l’ennemi, condamné à mort, il est exécuté à Marseille le . L'on comprend ainsi les raisons de l'interdiction de L'Auto à la Libération. Jacques Goddet avait cependant cessé l'organisation du Tour de France, de peur que celui-ci soit pris comme otage de la propagande de l'occupant.
Jacques Goddet, reconnu pour ses capacités en matière de presse sportive, est, en 1946, autorisé à lancer un nouveau quotidien, L'Équipe. Dès lors, ce titre occupe de fait la place de L'Auto, dont il reprend du reste les structures. En 1947, Jacques Goddet relance le Tour de France dont il partageait déjà, avant la guerre, la direction avec Henri Desgrange
Ventes journalières
1901 : exemplaires vendus en moyenne 1903 : exemplaires (record de vente le avec exemplaires) juillet 1913 : exemplaires vendus en moyenne Première Guerre mondiale : exemplaires (pagination réduite à 2 pages) 1920 : exemplaires 1923 : exemplaires 1930 : exemplaires (pointes à exemplaires en ) 1933 : exemplaires (pointe à le )
Notes et références
Annexes
Bibliographie
coll., L'Équipe, 50 ans de sport, Paris, Calmann-Lévy, 1995 (chapitre « Vues sur un ancêtre : L'Auto », 9-13) Jacques Seray et Jacques Lablaine, Henri Desgrange, l'homme qui créa le Tour de France, Saint-Malo, Éditions Cristel, 2006 Jacques Seray, Pierre Giffard, précurseur du journalisme moderne, Toulouse, Éditions Le Pas d'oiseau, 2008
Liens externes Numéros depuis le lancement (16 octobre 1900) de L'Auto dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF Le journal L'Auto fait la course en tête dans Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF
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