est une télésérie documentaire musicale américano-britannico-néo-zélandaise réalisée par Peter Jackson. Les trois épisodes sont diffusés en primeur les , et sur la plate-forme Disney+ et sont tirés de plus 60 heures d'images inédites et de 150 heures d'audioÉvalués ainsi dans l'introduction du documentaire, ces chiffres divergent d'une source à l'autre; de 56 à au-delà de 60 heures d'images et de 130 à plus de 200 heures de son. Le livre accompagnateur évoque pour sa part 55 heures d'images et 120 heures de son., tournées et enregistrées lors des séances de répétitions et d'enregistrements des Beatles, entre le 2 et le par Michael Lindsay-Hogg, sur les plateaux de cinéma de Twickenham à Londres, ainsi que dans le studio de fortune de la compagnie Apple Corps, ponctuées par leur ultime concert, à peine public, sur le toit de leur immeuble. Le film Let It Be et l'album homonyme, sortis en 1970, en étaient tirés.

Cette mini-série de téléréalité, dont la durée frise les huit heures, reprend le titre d'origine du projet et veut prendre le contrepied de ce que Lindsay-Hogg avait accentué dans le choix du montage de son film sur un peu plus de 80 minutes : les déboires du groupe phare des années 1960 en train de se disloquer. Selon Peter Jackson, « la réalité est très différente du mythe » et l'ambiance n'était pas aussi malsaine qu'on l'a longtemps cru. De fait, le documentaire, présenté chronologiquement sous forme de calendrier égrenant un jour après l'autre au début de chaque « chapitre », montre bien quatre musiciens qui restent très amis, collaborant pour faire évoluer chaque composition, créant leur musique dans une ambiance qui devient excellente après le départ des studios de Twickenham pour celui, plus intime, du sous-sol d'Apple Corps et l'arrivée de Billy Preston aux claviers pour les accompagner. On peut aussi apercevoir tous les éléments qui vont mener à la séparation des Beatles plus tard dans l'année. Par ailleurs, le groupe n'arrive pas à se mettre d'accord sur la finalité de son projet, ce qui occasionne d'interminables discussions. À la dernière minute, ils décident d'effectuer, le , un concert sur le toit de l'immeuble de Savile Row qui est vu dans son entier, en écran divisé.

D'un point de vue musical, ces séances sont extrêmement prolifiques puisqu'on y voit le groupe créer, répéter et enregistrer en 21 jours, outre toutes les chansons de Let It Be, l'essentiel de celles qui figureront dans Abbey Road, et plusieurs morceaux qui apparaîtront sur les albums de Harrison, McCartney et Lennon après la séparation du groupe.

Histoire vignette|Les dernières séances ont eu lieu au 3 Savile Row, dans le nouveau studio du groupe, et où le concert sur le toit s'est déroulé le 30 janvier 1969.

À peine deux mois et demi après la fin des séances d'enregistrement de l'Album blanc, le groupe s’attelle déjà à un nouveau projet. À l'initiative de Paul McCartney, il est planifié de produire une émission de télévision dans laquelle on verrait le groupe jouer certaines chansons de leur album double. Comme le tournage ne peut se faire assez rapidement, on choisit plutôt d'effectuer un retour aux sources vers une production épurée et surtout live en studio comme lors de l'enregistrement de Please Please Me, leur premier album. Contrairement à cet opus, qui reprenait plusieurs chansons déjà bien rodées de leur répertoire de scène incluant six reprises, les chansons de ce prochain album sont toutes nouvelles. Les trois compositeurs du groupe en ont apporté beaucoup, puisque outre les douze qui finiront sur Let It Be un an plus tard, ils abordent aussi des ébauches de celles qui figureront en singles ou sur Abbey Road et d'autres qui apparaîtront sur leurs albums solo après la séparation du groupe. Il va s'agir de répéter tout ce matériel et d'aboutir à un concert télévisé où les chansons seront jouées en direct. Le groupe espère pouvoir écrire des chansons lors de ces répétitions mais seule Get Back y est créée de toute pièces en groupe I Me Mine, For You Blue et le single Old Brown Shoe ont été écrits par George Harrison seul à la maison, répétés par le groupe pendant ce mois et finalisés plus tard.. Cette chanson donnera son titre aux trois tentatives d'album du producteur Glyn Johns qui seront ultimement rejetées. La seconde sera incluse dans la réédition de l'album Let It Be en 2021 avec sa pochette proposée, un pastiche de leur premier album britannique.

Mais le groupe a beaucoup de mal à se mettre d'accord sur la nature même de cet éventuel concert. L'horaire matinal des séances et l'ambiance froide du studio Twickenham où commencent les répétitions le rendent la tâche difficile et le groupe perd de sa cohésion en la présence constante de Yoko Ono, la muse bientôt épouse de John Lennon, mais aussi sous l'œil des caméras de Michael Lindsay-Hogg qui tournent presqu'en continu et ses microphones qui captent leurs conversations ; exaspéré, George Harrison quitte même le groupe pour quelques jours. Le guitariste revient à condition de changer le lieu des répétitions et d'abandonner l'idée d'un concert.

Les répétitions et l'enregistrement des chansons se déplacent dans leur nouveau studio au sous-sol des bureaux d'Apple Corps, la compagnie des Beatles, et sur le toit de l'édifice lors d'un concert extérieur. Le claviériste américain Billy Preston, de passage en Angleterre, est invité à participer aux enregistrements et sa présence apporte énormément au groupe, musicalement et humainement. En dehors des chansons Get Back et Don't Let Me Down sorties en single le , crédité « The Beatles with Billy Preston », les bandes audio et les images sont laissées de côté pour plusieurs mois car le groupe se lasse du projet. À partir de février, mais surtout durant l'été, aux studios EMI, le groupe se consacre à l'enregistrement de l'album Abbey Road secondé de George Martin et Geoff Emerick. Le , ils sont, pour la dernière fois, réunis tous les quatre en studio afin mettre la dernière touche à la chanson de John Lennon, I Want You (She's So Heavy). Abbey Road est publié le .

Le film Let It Be sort finalement en salle en , trois semaines après l'annonce de la séparation du groupe.. Simultanément, le disque Let It Be est publié à partir du matériel enregistré plus d'un an auparavant. Cet ultime album des Beatles n'a plus grand-chose à voir avec le projet épuré de départ, puisque Allen Klein a confié les bandes au producteur américain Phil Spector qui ajoute cordes, cuivres, chœurs sur trois titres et rehausse le son de l'orchestration de George Martin sur la chanson éponyme. Ce producteur américain avait été recruté par John Lennon, le , pour l'enregistrement de Instant Karma!, son troisième single en solo.. Le traitement de The Long and Winding Road provoquera la colère de Paul McCartney, qui n'a pas été consulté à ce sujet, et qui précipitera son annonce de la séparation du groupe le , rompant en fait un secret, dans la mesure où John Lennon a mis fin aux Beatles dès le mois de Why The Beatles split: The true story behind the break-up of the biggest band ever Mark Beaumont pour The Independent, en ligne le 10 avril 2020, consulté le 12 avril 2020. George Martin ne sera pas crédité comme producteur de l'album même s'il est présent avec le groupe, et dans son rôle, du premier au dernier jour du projet, en collaboration avec Glyn Johns.

Le groupe n'existe déjà plus et aucun des membres n'est présent à la première du film en salle.. Le documentaire de 80 minutes est subséquemment présenté à la télévision et dans des cinémas de répertoire durant cette décennie et vendu en 1981 en formats VHS et LaserDisc, entre autres, mais disparaît de la circulation pour plus de quarante ans. Il a été question de le rééditer en version DVD dans les années 2000, en conjonction avec l'album Let It Be… Naked, mais le côté glauque de ce montage y a mis un frein. En 2017, Apple Corps donne accès à Peter Jackson à plus de 60 heures d'images et 150 heures d'enregistrements de Lindsay-Hogg restés inédits depuis 50 ans. Le réalisateur néo-zélandais, grand fan du groupe, ne sait pas à quoi s'attendre, mais en les visionnant, il découvre tout ce qui le motive à se lancer dans l'aventure. Il convainc ainsi Ringo Starr et Paul McCartney, et en ce dernier officialise le projet, déclarant qu'un nouveau montage plus positif, qui utiliserait d'autres séquences parmi les nombreuses heures qui ont été tournées, sortirait au cinéma en 2020 pour célébrer le cinquantenaire de sa sortie.. La sortie du documentaire est repoussée à cause de la pandémie de Covid-19 et, reprenant l'idée initiale d'en faire une émission de télévision, ce nouveau documentaire est mis en ligne sur la plate-forme Disney+ fin .

Entre la restauration des images tournées en pour la télévision (et à l'époque, transférées en pour le cinéma, altérant leur qualité), la synchronisation de l'audio et en utilisant des procédés révolutionnaires (une nouvelle technologie basée sur l'intelligence artificielle servant à isoler les différents sons enregistrés par les magnétophones Nagra et permettant notamment d'entendre les conversations jusque-là inaudibles), Peter Jackson et son équipe de quatorze personnes en Nouvelle-Zélande auront passé quatre années à produire ce documentaire. En 2024, le film d'origine restauré par la même équipe est mis en ligne sur Disney+..

Série documentaire Première partie : du au Diffusé sur Disney+ le Durée : 2 h 37 Lieu : Twickenham Film Studios

gauche|vignette|Les Twickenham Film Studios de Londres où le groupe répète durant huit jours.

Prologue Le documentaire s'ouvre avec un résumé visuel de l'histoire des Beatles, de leurs débuts à Liverpool, à la fin des années 50, jusqu'à 1968. En septembre de cette année, entourés d'un public pour la première fois en deux ans, les Beatles ont enregistré le clip promotionnel de Hey Jude, tourné par Michael Lindsay-Hogg dans les studios de Twickenham. L'expérience leur ayant plu, ils développent une nouvelle idée : interpréter, lors d'un concert pour une émission de télévision, des chansons tirées de leur dernier album, surnommé le « Double blanc », sorti le , qui trône à la première place des charts américains pendant neuf semaines, et britanniques pendant huit semaines. Le plateau de tournage n'étant pas rapidement disponible, le groupe se décide donc à tenter d'écrire et répéter quatorze nouvelles chansons qui devront être complétées en moins d'un mois. Le producteur Denis O'Dell, le producteur du film The Magic Christian mettant en vedette Ringo Starr et qui doit être tourné aux mêmes studios, a réservé le plateau 1 pour le groupe jusqu'à la fin janvier.

Sessions à Twickenham Les répétitions commencent le jeudi . Le groupe veut un retour à ses racines : tout sera fait en live, juste quatre musiciens interprétant leurs chansons en direct. Mais la question de savoir où et comment aura lieu le spectacle prévu reste en suspens. Des répétitions à cet hypothétique concert, tout doit être filmé. Ils choisissent de continuer avec le réalisateur du même âge qu'eux (Lindsay-Hogg a 28 ans, comme John et Ringo, Paul en a 26 et George, 25), qui installe ses caméras et ses micros pour magnétophones Nagra afin de capter le tout. Au départ, selon l'idée de Paul McCartney, il ne s'agit que de filmer les répétitions pour une petite séquence qui précéderait le show télévisé. Et pour celui-ci, Lindsay-Hogg a une idée à laquelle il semble beaucoup tenir : ce show devrait avoir lieu dans le théâtre antique de Sabratha en Libye, un endroit lumineux, au bord de la mer, où le groupe amènerait son propre public, et où il y aurait aussi un public local (« des centaines d'Arabes », dit-il).