Le département des Alpes-Maritimes est particulièrement touché par la Seconde Guerre mondiale, en raison de l'entrée en guerre de l'Italie qui engage les hostilités contre la France le .

Le , l'Assemblée nationale vote les pleins pouvoirs à Pétain. Pour les Alpes-Maritimes, les députés Léon Baréty et Jacques Bounin et les sénateurs Louis Louis-Dreyfus et Jean Médecin votent pour, tandis que le député Jean Hennessy vote contre. Enfin trois députés, Édouard Jonas, qui a quitté la France pour les États-Unis en , et les communistes Virgile Barel et Henri Pourtalet, qui sont emprisonnés depuis l'automne 1939, ne prennent pas part au scrutin.

Le Conseil général est supprimé et remplacé par une commission administrative dont les membres sont nommés par le ministère de l'Intérieur. Les maires des villes de plus de sont également nommés par le gouvernement. À Nice, Jean Médecin est confirmé dans ses fonctions.

La première section départementale de la Légion française des combattants est créée à Nice le . À la fin de l'année 1941, elle compte .

1940-1943 : occupation italienne Le Mussolini déclare la guerre à la France. Il veut récupérer Nice et sa région puis atteindre Marseille. Mais rapidement son offensive est brisée par la résistance de l'armée alpine.

Du 10 au , les batailles pour l’« occupation annexion » entre Fontan et Menton ont lieu. À l'issue de la bataille des Alpes, les forces italiennes occupent Menton, Fontan dans la Moyenne-Roya, Isola, les hameaux stéphanois de La Blache et Douains, dans la Haute-Tinée, Le Bourguet, Saint-Sauveur-sur-Tinée, Rimplas, Valdeblore, Saint-Martin-Vésubie, Roquebillière, Belvédère, Saorge, Breil-sur-Roya, Sospel et Castellar..

Les Italiens déploient jusqu'à dans les Alpes-Maritimes.

Le décret du instaure une nouvelle organisation des bureaux dans les Alpes-Maritimes, ainsi que la répartition des opérations entre le cabinet du préfet, les secrétariats généraux et les différents services. À partir de cette date, le comté est composé du cabinet départemental (cabinet et bureau de la défense passive) et de deux secrétariats généraux : le secrétariat administratif général et le secrétariat général de la police. Le secrétariat général de l'administration est composé de trois départements et les contrôle : le premier département est responsable de l'assistance et de la santé publique, le deuxième secteur concerne les finances, la gestion du secteur, les travaux publics et les transports, et le troisième secteur concerne la gestion municipale, les associations caritatives, l'agriculture, l'éducation publique, les affaires militaires et les élections. Le secrétariat général de la police est composé du quatrième service et du service de contrôle. Il s'agit des services de police (police d'État, police générale, passeports, expulsion et naturalisation), des services d'identification des étrangers, du travail, des fournitures et du contrôle des prix. Le , le ministère des Affaires intérieures du gouvernement de Vichy fait une déclaration encourageant les États à se réformer et à se réorganiser pour unifier les différents États (pour lutter contre ).

Le , les troupes américaines et anglaises débarquent en Afrique du Nord. Le , les Allemands occupent la zone libre, le 27, la flotte française se saborde à Toulon. Les Italiens occupent les Alpes-Maritimes, le Var, les Hautes et Basses-Alpes, l'Isère, la Drôme, la Savoie et la Haute-Savoie, ils traversent Monaco et Nice et se déploient de Bandol à Menton.

Si les Italiens ne poursuivent pas les Juifs dans le département, ils mènent des rafles de résistants et de réfugiés antifascistes italiens en France. Un camp d’internement est créé à Sospel comme d’autres à Castellane et Embrun. Dans les neuf mois qui suivent l'occupation, de multiples attaques sont organisées par la Résistance contre l'armée italienne. Le , pour cause de soulèvement, de sabotage, de pillage de produits militaires et de terrorisme, un couvre-feu complet est imposé aux territoires occupés. La possession d'armes, la provocation de soldats italiens, l'incitation à déserter et l'outrage à la nation italienne provoquent la condamnation à l'emprisonnement.

Le , après la signature de l'accord d'armistice de Cassibile entre l'Italie et ses alliés, les Allemands contrôlent le territoire précédemment occupé par les Italiens en France.

1943-1944 : occupation par la Wehrmacht De septembre à , l'Allemagne nazie n'occupe qu'une partie de la Côte d'Azur. En , l’Allemagne réussit à l’occuper entièrement. Le sud de la France n'étant pas occupé par l'Allemagne au début de la guerre, beaucoup de Juifs s’étaient réfugiés dans les Alpes-Maritimes pour échapper aux Nazis. L'arrivée des allemands a donc drastiquement changé la situation dans les Alpes-Maritimes. Le département est petit à petit soumis à un régime similaire à celui du nord du pays, où les Juifs commencent à être fortement persécutés. De plus la Wehrmacht fortifie intensivement le littoral (de Théoule à Menton) pour éviter un éventuel débarquement des Alliés. Elle installe des barrages antichars, des champs de mines tout au long du littoral azuréen (plus de y ont été posées), des blockhaus ou casemates éparpillés dans les collines niçoises, des bunkers, installés dans des immeubles desquels les habitants sont chassés, et des murets de béton barrant la Promenade des Anglais à Nice et la Croisette à Cannes.

L'armée allemande construit également un champ d'aviation là où se situe aujourd'hui l'aéroport de Nice. Ces fortifications rendent encore plus difficile le ravitaillement.

Pour pouvoir contrôler le territoire, la Wehrmacht s'installe à l'hôtel Excelsior et le jour même, le , la persécution des Juifs par la Gestapo commence.

Dans le convoi 60 de Drancy vers Auschwitz partent 1000 déportés, dont 460 viennent de NiceMémorial de la Déportation des Juifs de France - en ligne . De même, en octobre et , il y en aura 450 dans le convoi 61, dont Arno Klarsfeld, le père de Serge, et 330 dans le 62, dont Roman Joffo, dont le fils Joseph sera l’auteur du « Sac de billes ». Tristan Bernard, lui, également arrêté à Cannes, et transféré à Drancy, est libéré grâce à l’intervention de Sacha Guitry et d’Arletty auprès des autorités allemandesSacha Guitry : Quatre ans d'Occupations, l'Élan, 1947 p. 477 et suivantes.

De l’arrivée de l’équipe Brunner à Nice, à son départ en , 2142 Juifs sont arrêtés et enregistrés à l’Hôtel Excelsior. (...) Au total, dans le département des Alpes maritimes, 3612 Juifs, dont plus de 400 enfants, ont été envoyés à la mort. Le mur des déportés de Nice, inauguré en 2020, comprend 3603 noms Le mur des déportés sur le site de la Ville de Nice .

Du 14 au , les forces américaines débarquent sur la côte provençale avec l'aide des forces de Résistance. Elles avancent au fur et à mesure en créant un front de combat et libèrent la côte azuréenne en allant vers Nice. Le , les Niçois commencent à se rebeller contre la Wehrmacht, ce qui crée des tensions. Le , les Niçois passent à l'action et gagnent du terrain contre la Wehrmacht qui répond par une action de violence en bombardant la ville et son port. Ce jour marque un moment important pour la libération des Alpes-Maritimes..

Collaboration La mise en place du régime de Vichy est dans l'ensemble accueillie avec enthousiasme par les autorités et beaucoup d’habitants du département. Cette attitude s’explique principalement par les craintes que suscitent les revendications territoriales italiennes sur le sud-est de la France.

Les partis collaborationnistes y trouvent un grand écho comme la Légion française des combattants du département. Elle compte à ses débuts plus de c’est-à-dire un peu moins de 10 % de la population totale. Nice reçoit même le qualificatif de « fille aînée de la Révolution Nationale ». À partir de 1940, les actions types des collaborationnistes rentrent en vigueur comme la propagande et les actions antisémites. On observe néanmoins que l’adhésion locale à ces pratiques s’essouffle rapidement. Les exactions violentes des milices comme celles dites du Service d'ordre légionnaire fondé en 1941 et son antisémitisme sont de plus en plus mal perçues.

Ceci n’empêche pas une accélération de la collaboration qui se manifeste en par une rafle de Juifs étrangers. Selon l’historien Jean-Louis Panicacci, .

La collaboration dans les Alpes-Maritimes se manifeste aussi par la délation et la lutte contre la Résistance. En , deux résistants militants, M. Grassi et M. Torrin sont pendus par les Nazis, à la suite d’une dénonciation, en plein centre-ville de Nice, en bas de l’avenue de la Victoire (aujourd’hui nommée avenue Jean-Médecin), leur corps restant exposés 3 heures durant à la vue de centaines de passants. Ceci n’empêche pas la montée en puissance de la contestation de l’occupant et le soutien populaire aux maquisards.

Les Alpes-Maritimes ont été particulièrement touchées par la guerre : tués, 222 résistants exécutés, 918 civils tués, déportés non revenus et invalides.

Presse locale Pendant la guerre, les opinions publiques sont manipulés par les autorités. Les organes d'information sont soumis à la propagande et à la censure pour les empêcher d'influencer le déroulement des opérations. Les journaux représentent une image idéologique de la guerre pour motiver la population et pour éviter la démoralisation. La propagande est généralisée pour créer une guerre psychologique.

Sous l'Occupation L’arrivée du régime de Vichy et de l’occupation allemande dans les Alpes-Maritimes change radicalement la presse locale. La défaite a un impact dévastateur sur la presse. Le papier devient rare et le prix des journaux augmente. La presse devient limitée et est soumise à des consignes spécifiques. Elle est utilisée comme un outil de propagande par l'ensemble des institutions et n’est pas digne de confiance. En outre, la radio, qui gagne en popularité, concurrence les journaux.

Deux zones distinctes apparaissent : la zone nord, sous le contrôle de l’Allemagne, et la zone sud, contrôlée par Vichy jusqu’à 1942. La presse dans ces deux zones est influencée par les deux occupants et est utilisée à leur avantage. L'Éclaireur de Nice et du Sud-Est et Le Petit Niçois, deux journaux qui suivent le régime de Vichy, sont publiés quotidiennement. L'Alerte de Léon Bailby est un exemple de presse collaborationniste qui apparaît en 1940..

Cependant, la Résistance rédige également des journaux, interdits, et les vend de manière secrète dès 1940. Cela représente , qui peuvent être vendus de quelques dizaines jusqu’à plusieurs milliers d’exemplaires (par exemple Le Cri des Travailleurs et Combat).

Après la guerre Après la guerre, les journaux ayant continué à paraître sous contrôle allemand sont supprimés. Dans les Alpes-Maritimes, Le Petit Niçois et L’Éclaireur, qui ont continué à paraître après l’occupation de la zone sud, sont interdits en et leurs biens sont placés sous séquestre.

Dès la Libération, les résistants prennent possession des imprimeries et créent de nouveaux titres. Combat est l’organe du mouvement modéré portant le même nom ; L’Espoir représente le parti socialiste SFIO ; Le Cri, rapidement remplacé par L’Aurore, porte les couleurs du parti communiste ; Le Patriote Niçois est dirigé par Virgile Barel, figure locale du Parti communiste. Les chrétiens publient le quotidien La Liberté.

Après la disparition de La Liberté dès 1947 et de L’Éclair (1948-1949), tentative éphémère d’un ancien dirigeant de L’Éclaireur de Nice, trois quotidiens se partagent la clientèle du département sous la Quatrième République : Nice-Matin, dont le premier numéro paraît le , succède à Combat. L’Espoir, d’inspiration socialiste, et Le Patriote, communiste, sont ses grands concurrents.

Vie quotidienne sous l'occupation thumb|Monument en bronze de Léon Gambetta à Nice, détruit par les allemands en 1943, afin d'en récupérer les métaux. Pénuries et rationnement