est un genre fossile de lézards. On n'en connaît que l'espèce type Oculudentavis khaungraae, qui vivait en Birmanie au début du Crétacé supérieur, il y a environ d'années.
Historique Deux spécimens fossiles ont été successivement découverts dans l'ambre du , dans l'État kachin, dans le Nord de la Birmanie.
Oculudentavis et son unique espèce Oculudentavis khaungraae ont été décrits le . Le nom de genre Oculudentavis combine les mots latins oculus, dentes et avis, pour « œil », « dents » et « oiseau ». L'épithète spécifique rend hommage à Khaung Ra, la femme qui a fait don de la pièce d'ambre contenant le premier fossile au Hupoge Amber Museum pour étude.
Le spécimen holotype a été mêlé à une controverse concernant son identité et les problèmes éthiques entourant l'acquisition et l'étude de l'ambre birman. La description originelle du fossile en tant qu'Avialae a été publiée dans Nature le , mais a ensuite été retirée du journal le . La description d'un second spécimen peu après a confirmé qu'Oculudentavis était bien un lézard.
Description Oculudentavis est connu à partir de l'échantillon HPG-15-3, un crâne complet conservé dans de l'ambre birman. Le crâne n'a qu'une longueur de . Un second spécimen, GRS-Ref-28627, possède un crâne de taille similaire, des écailles et des vertèbres cervicales.
L'holotype possède un museau élancé et le sommet de son crâne est bulbeux. Chacune de ses mâchoires porte une longue rangée de dents au nombre de 23 sur chaque côté. Ses orbites sont très grandes et incluent un anneau sclérotique épais formé d'osselets sclérotiques inhabituels en forme de cuillère (comme chez les lépidosaures). Cela indique qu'il s'agissait probablement d'un animal diurne, actif principalement pendant la journée. Les yeux se gonflent latéralement selon un jugal incliné vers l'extérieur (pommette), indiquant qu'il n'avait pas de vision binoculaire. Il peut avoir eu une morsure relativement forte et un régime spécialisé de petits invertébrés, en raison de ses dents pointues, de sa peau à la bouche très texturée, du haut processus coronoïde de la mandibule et de son crâne robuste et rigide. Le second spécimen possède une crête plus grande sur le prémaxillaire et le sommet de son crâne était moins bulbeux, le faisant bien moins ressembler à un oiseau que l'holotype, mais rappelant davantage un lézard.
Oculudentavis a un ensemble de caractères à la fois plésiomorphes (« primitifs ») et dérivés. Par exemple, il conserve des os frontaux, pariétaux, postorbitaux et squamosaux séparés, qui sont fusionnés ou disparus chez les oiseaux. Sa large rangée de dents est également similaire à celle des théropodes non avialiens. D'un autre côté, il manque une fenestra antorbitale séparée et les os du museau sont allongés et fusionnés. Ces caractéristiques sont plus courantes chez les oiseaux modernes. Certains traits, tels que l'implantation des dents acrodontes ou pleurodontes et les os sclérotiques en forme de cuillère, sont sans précédent pour les dinosaures dans leur ensemble et sont plutôt courants chez les lézards modernes. Un fragment de peau apparemment écailleuse se trouve près de la base du crâne, inhabituel pour un oiseau mais compatible avec une identité de lépidosaure. Le nombre élevé de dents et l'absence apparente d'une fenestra antorbitale ou d'un os quadratojugal ont également été utilisés pour argumenter contre l'idée quOculudentavis soit un Avialae.
Classification L'animal a été initialement présenté par ses descripteurs le comme un Avialae de très petite taille. Cependant, dès la publication de l'article, un certain nombre de paléontologues ont exprimé leur scepticisme quant au fait quOculudentavis soit un Avialae, en raison d'un nombre beaucoup plus élevé de similitudes avec les squamates qu'avec les théropodes https://blog.everythingdinosaur.co.uk/blog/_archives/2020/03/15/casting-doubt-over-oculudentavis.html. La forme générale du crâne était considérée comme le plus grand argument en faveur des affinités avec les Avialae, mais certains lézards actuels (Meroles, Anolis) et des « reptiles » fossiles (Avicranium, Teraterpeton) sont connus pour avoir évolué de manière convergente vers une forme de crâne ressemblant à celle d'un oiseau.
Oculudentavis a été présenté dès comme un lézard plutôt que comme un Avialae par des chercheurs de l'IVPP de Pékin.
Le , l'étude originelle décrivant Oculudentavis a été rétractée. Cette rétractation a été motivée par le second spécimen, au départ non décrit, qui contredisait l'identification comme Avialae donnée par l'article initial. En aout 2020, un article préliminaire d'une autre équipe a été publié, décrivant ce second spécimen et confirmant son identification en tant que squamate.
Ambre birman Paléoécologie L'ambre birman est extrait du bassin de Hukawng, un grand bassin sédimentaire Mésozoïque - Cénozoïque dans l'État kachin, dans le nord de la Birmanie. Les strates ont subi des plissements et des failles. Le bassin est considéré comme faisant partie du bloc de Birmanie occidentale ou terrane de Birmanie, qui a une histoire tectonique complexe. Le bloc faisait partie du Gondwana pendant au moins le Paléozoïque inférieur, mais le moment de sa fracturation est très incertain, avec des estimations allant du Dévonien au Crétacé inférieur. Il est également contesté si le bloc s'était accumulé sur la marge continentale asiatique au moment du dépôt d'ambreMetcalfe, 2017.
Certains membres de la flore et de la faune ont des affinités gondwaniennesPoinar, 2018. Une récente reconstruction paléomagnétique révèle que le terrane de Birmanie a formé une masse terrestre insulaire dans l'océan Téthys pendant le « Crétacé moyen » à une latitude d'environ 5-10 degrés au sud de l'équateurWesterweel et al., 2019.
Les gisements d'ambre ont fourni une flore fossile (y compris des mousses et des monocotylédones de type bambou) riche, ainsi qu'une faune diversifiée et importante, avec quantité d'arthropodes (parmi lesquels beaucoup d'araignées Pisauridae, de vers onycophores, d'opilions mieux connus sous le nom vernaculaire de « faucheurs » et de cochenilles), ainsi qu'un certain nombre de vertébrés (y compris l'anatomie tridimensionnelle bien conservée des squelettes et des plumes). L'existence de la grenouille Electrorana limoae (le plus ancien fossile de grenouilles conservé dans l'ambre découvert en 2018), le serpent Xiaophis myanmarensi, le lézard Cretaceogekko burmae et l'Enantiornithes Elektorornis, suggèrent un écosystème chaud et humide de forêt tropicale qui contenait certains habitats d'eau douce. La présence d'ammonites et d'ostracodes marins suggère que certaines de ces forêts se situaient sur des rivages marins.
Datation Les zircons dans les tufs de la formation dans laquelle l'ambre birman a été trouvé, ont fourni une datation uranium-plomb de 98,8 ± 0,6 millions d'années, c'est-à-dire du début du Crétacé supérieur, (Cénomanien inférieur).
Controverses Lors de la publication de l'article, qui a fait la couverture de la revue Nature, plusieurs paléontologues ont relancé les controverses liées à l'exploitation de l'ambre birman, soulevées pour la première fois en 2019. Il s'agit notamment des mauvaises conditions de travail des mineurs (dont beaucoup ont moins de 18 ans) et des allégations selon lesquelles le commerce de l'ambre birman contribue à financer le conflit de Kachin, comme ailleurs les diamants de conflitsGammon, 2020Joel, 2020.
Notes et références
Publication originale
Voir aussi
Articles connexes Ambre de Birmanie
Liens externes
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