Le château du Puiset est un ancien château fort, du , qui se dresse sur l'ancienne commune du Puiset au sein de la commune nouvelle de Janville-en-Beauce dans le département français d'Eure-et-Loir, en région Centre-Val de Loire.
Situation Les ruines du château sont situées au nord-ouest de l'église Saint-Étienne-et-Sainte-Madeleine du Puiset. Le château se situait au sud-est d'Étampes, au carrefour d'anciennes voies antiques d'Allaines, d'où convergent les routes de Beauvais à Blois et de Paris à Orléans.
Historique vignette|redresse|Constance d'Arles, reine des Francs, gravure de la fin du .
Le site a été le témoin des luttes incessantes entre les seigneurs locaux, en lutte contre les premiers Capétiens et l'église. C'est (972-1031) qui le premier érige sur le site une motte castrale sur laquelle il dresse une tour de bois protégée par une enceinte. Vers 1003, il épouse Constance d'Arles (vers 986-1032) qui lui donnera six ou sept enfants, mais elle est mal aimée et divise la cour en deux camps. À la mort de son époux, elle tente d'imposer son jeune fils Robert (1011-1076) en lieu et place de l’aîné (1008-1060). Elle s'empare du château du Puiset et d'une partie du domaine royal, son fils , doit en faire le siègeAndré de Fleury, Miracles de Saint Benoît, livre VI, 1043-1056, éd. E. de Certaine, Paris, Société de l'Histoire de France, 1858, , §§15 et 16. Suger relate également les faits dans sa Vie de Louis VI le Gros, éd H. Waquet, col. « Les classiques de l'histoire de France au Moyen Âge », Paris, 1929, .. Ce château d'origine royale n'a pas laissé trace dans les documents écrits des différents personnages en ayant eu la garde.
, dit Blavons et de Breteuil, mort un , vraisemblablement en 1096La date de 1094 donnée habituellement, d'après les supputations indirectes de Dion, reprises sans examen par Joseph Depoin et de nombreux autres auteurs, est contredite par l'existence d'une charte d'Hugues en date de 1096, rééditée et traduite par Bernard Gineste, « Hugues Blavons restitue leurs voiries aux moines de Saint-Père (1096) », sur Corpus Étampois, 2008 (en ligne)., fut le premier seigneur du Puiset. Il était fils d', vicomte de Chartres et comte de Breteuil, et d'Humberge de Sours. Il était marié avec Alix de Montlhéry.
En 1067, profitant de la minorité du roi et de la faiblesse de son autorité, il s'empara du château royal du Puiset et s'y installe. En 1073, , comte de Blois et de Chartres, le fit vicomte de Chartres. Il se révéla un vassal indocile qui n'hésita pas à défier l'autorité royale, allant jusqu'à lui livrer bataille en 1079 devant Le Puiset où l'armée royale fut mise en dérouteBernard Gineste, « Eustache de Saint-Père : “Appel en Justice devant le roi à Étampes” () », sur Corpus Étampois (en ligne).. Il ne fut pas plus respectueux des autorités religieuses, car il fit prisonnier Yves, évêque de Chartres et le tint emprisonné pendant deux ansSelon certains auteurs, ce fut sur l'ordre du roi , irrité des remontrances d'Yves de Chartres à propos de son mariage avec Bertrade de Montfort, mais Évrard n'avait pas besoin de l'ordre d'un roi auquel il n'obéissait plus pour piller les biens de l'Église (cf. Bernard Gineste, ).. vignette|redresse|Le siège du château du Puiset. Chroniques de Saint-Denis (entre 1332 et 1350), Londres, British Library.
Il épousa Alix de Montlhéry, fille de , seigneur de Montlhéry, et d'Hodierne de Gometz. La famille de Montlhéry faisait également partie de la noblesse turbulente d'Île-de-France que le roi devra mater une génération plus tard. Les alliances des Montlhéry constituèrent un large réseau de nobles qui s'engagèrent massivement dans les croisades. vignette|redresse|Diplôme en latin de 1111 par lequel le roi , après avoir fait prisonnier le seigneur du Puiset, fait raser son château et abolit les coutumes établies par ce seigneur sur les terres de l’abbaye de Saint-Denis (Archives nationales).
(vers 1095-1132), comte de Corbeil, mort en Palestine en 1132, était fils d', seigneur du Puiset et vicomte de Chartres, et d'Adélaïde, comtesse de Corbeil. Son père participa à la première croisade et mourut en Palestine en 1099, alors qu'il était encore enfant. Ce fut son oncle qui gouverna le Puiset, avant de partir en Terre sainte en 1106 où il devint comte de Jaffa.
eut pour précepteur Thibaud d'ÉtampesBernard Gineste, « Thibaud d'Étampes », Cahiers d'Étampes-Histoire, , 2009, .. À peine seigneur, il se mit à opprimer et à piller les terres voisines, n'épargnant ni les églises, ni les monastèresSuger, Vie de Louis le Gros.. Puis constatant l'impunité dans laquelle il exerçait ses méfaits et voulant augmenter le butin, il s'attaqua au comté de Chartres, qui était alors le douaire de sa belle-mère, la comtesse Adèle de Normandie, mère du comte . Ce dernier tenta d'envoyer des soldats mater le vassal turbulent, mais sans succès. Il en appela alors au roi le Gros. Le roi convoqua un conseil à Melun, où l'archevêque de Sens Daimbert et les évêques , d'Orléans, d'Yves de Chartres, ainsi qu'Adam, l'abbé de Saint-Denis, témoignèrent contre Hugues du Puiset. Les charges étant accablantes, le roi décida d'intervenir, mais sachant que le seigneur du Puiset disposait d'une armée puissante, il agit avec prudence.
Il cita Hugues de Puiset à son tribunal, mais ce dernier se garda de se présenter et fut condamné par défaut. Pendant ce temps, avec l'accord de l'abbé de Saint-Denis qui possédait le lieu, le roi fit édifier une forteresse à Toury, à deux lieues du Puiset, administrée par Suger. Les travaux terminés, l'ost royal fut convoqué et mit le siège devant le Puiset. Hugues incapable de résister, le château est pris et incendié. Capturé, il est incarcéré à Château-Landon en 1111.
Peu après mourut son oncle maternel, Eudes, comte de Corbeil, dont Hugues était l'unique héritier. Il parvint à négocier l'abandon de Corbeil au roi en échange de la grâce du roi et de sa libération. Profitant d'un voyage du roi en Flandre, il reconstitua une armée et attaqua Toury, aidé par les seigneurs de Monthléry et , entre-temps brouillé avec le roi. Prévenu, le roi, qui n'était pas encore très éloigné de Paris, revint promptement et battit les soldats d'Hugues sous les murs de Toury. Ils s'enfuirent, mais se regroupèrent au Puiset. assiège alors la place et après un siège difficile, le roi ordonne que Hugues soit jeté en prison et le château démoli.. Hugues une fois libéré, partit combattre en Terre sainte, où il mourut en 1132.
Description De grands fossés ont été creusés pour défendre la forteresse et la basse-cour. À l'intérieur de cet espace se situaient deux mottes artificielles ; sur l'une d'elles fut construite la forteresse en bois, sur une motte surhaussée entourée de palissades, à laquelle on accédait au niveau du premier étage par une échelle, elle mesurait de diamètre. Sur la seconde motte au nord-est de la première, se trouvait la basse cour comprenant le logis du seigneur, les dépendances, écuries, salle des gardes, réserves, chapelle, ainsi que la tour de BoëlSituée à l'extrémité nord-est de l'enceinte principale, elle semble avoir été construite au début du par l'armée royale de le Gros pour bloquer du Puiset dans son château en 1112. également entourée d'une palissade. Le grand fossé était protégé par un rempart de terre.
La grande enceinte ovale mesurait de long pour de large. Elle couvrait une superficie d'environ .
Fouilles archéologiques et musée Espace des seigneurs du Puiset Le site a produit de nombreux vestiges archéologiques conservés dans un espace muséal créé par la mairie du Puiset.. Les deux mottes castrales sont encore visibles, ainsi que les fossés de l'enceinte extérieure dans les parties est, nord et ouest du site. La face orientale de la grande motte est aujourd'hui éventrée.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Suger :
« Œuvres complètes de Suger » par Albert Lecoy de La Marche, , .
, ;
, ;
Gabriel Fournier, « Le Château du Puiset au début du et sa place dans l'évolution de l'architecture militaire », Bulletin Monumental, 122-4, 1969, (en ligne sur Persée) ;
André Chédeville : Chartres et ses campagnes (), Paris, Klincksieck, 1973 ; Histoire de Chartres et du pays chartrain, Privat, ; Chartres et ses campagnes au Moyen Âge : s, Paris, Garnier, 1999 ; réédition, 1992, 41 p. .
André Chatelain, Châteaux forts et féodalité en Île-de-France , 1990, 512 p. ;
Claude Gauvard, La France au Moyen Âge du , 1996, PUF, 2010 ;
Éric Bournazel, ;
.
Articles connexes
Famille du Puiset Comtes de Chartres Évêques de Chartres Liste des châteaux d'Eure-et-Loir
Liens externes
« Les seigneurs du Puiset », Étienne Pattou, sur http://racineshistoire.free.fr/LGN.
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