Ahmès-Néfertary est l'épouse et probablement la sœur du pharaon (nom grec de Iâhmes, ou Ahmose), fondateur de la . Elle est qualifiée de fille royale, sœur royale, grande épouse royale sur les stèle de la donation et stèle de MaasaraConservée au British Museum..

Attestations

Attestations contemporaines

Le nom de la reine est composé des deux noms Ahmès et Néfertary ; ce deuxième nom sert en réalité à différencier la multitude d'Ahmès qui composent la famille royale de cette période. La reine a été nommée sur les documents contemporains avec le nom complet Ahmès-Néfertary, uniquement avec le deuxième nom Néfertary, mais aussi, plus rarement, uniquement avec le premier nom Ahmès. Dans le corpus documentaire, seuls les titres de la reine permettent de la distinguer de ses homonymes.

La reine est l'un des personnages les mieux attestés de la période, à la fois par des documents contemporains et posthumes. Parmi les documents les plus anciens, dont la datation est basée sur l'orientation du signe de la Lune, qui change entre l'an 18 et l'an 22 du règne de , on trouve : le plus ancien est peut-être la statue posthume d'Ahmosé-Sipair conservée au Musée du Louvre (Ε 15682) ; la statue mentionne en effet deux princesses, nommées respectivement Ahmès l'aînée et Ahmès la cadette ; l'identification de ces deux Ahmès parmi les enfants d' et Seqenenrê Tâa ne sera sans doute jamais résolue, même si Michel Gitton propose de voir en Ahmès-Néfertary l'une d'elle sur la base du rang qu'elle aura au sein de la famille royale par la suite, une main d'ivoire, conservée au Musée égyptologique de Turin (inv. 6921), est inscrit au nom de l'« épouse du dieu Ahmès », le nom étant inscrit dans un cartouche, le fragment de statue ou de stèle qui mentionne la présentation de dons funéraires à la « sœur du roi et épouse du dieu Ahmès » (nom sans cartouche) ; le document, conservé au Musée égyptien du Caire (CG 34159), a été découvert à Dra Abou el-Naga.

Cependant, ces documents pourraient appartenir à une autre femme de la famille royale nommée Ahmès et qui serait décédée pendant la première première partie du règne d'. Les documents les plus sûrement attestés de la reine sont les suivants : la stèle de la donation, découverte dans le temple d'Amon-Rê à Karnak, montre la reine, le roi et leur fils Ahmosé-Ânkh ; ce document indique qu'elle a été à un moment donné deuxième prophète d'Amon ; elle y porte les titres de « fille du roi, sœur du roi, grande épouse royale, épouse du dieu Ahmès-Néfertary », la tombe TT15 du maire de Thèbes Tétiky, daté entre l'an 18 et l'an 22 ; la reine y est représentée sur le tympan au-dessus de l'entrée de la chapelle en train de rendre un culte à Hathor, maîtresse d'Iounyt ; la figure de la reine est accompagnée de la légende « fille du roi, sœur du roi, épouse du roi, épouse du dieu Néfertary », le nom étant inscrit dans un cartouche.

Parmi les documents datés de la fin du règne d'Ahmôsis, on trouve : deux stèles érigées en l'an 22 dans les carrières de calcaire d'El-Maasara ; elles attestent de la réouverture de ces carrières à la fin du règne, permise par la réunification égyptienne ; le cintre des stèles montre le cartouche du roi, mais aussi celui de la reine (fait rare), or la titulature de la reine est beaucoup plus développée que celle du roi (fait également très rare), ce qui tend à montrer qu'elle a dû jouer un grand rôle dans la réouverture de ces carrières ; elle y est mentionnée en tant que « fille du roi, sœur du roi, le souverain, épouse du dieu, grande épouse royale, maîtresse des Deux Terres Ahmès-Néfertary » pour l'une des stèles et « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, grande épouse royale, mère du roi, maîtresse des Deux Terres au complet Ahmès-Néfertary », une inscription très lacunaire dans la carrière de Bosra près d'Assiout ; elle y est mentionnée en tant qu'« épouse du dieu, grande épouse royale Ahmès-Néfertary », la stèle érigée par pour sa grand-mère Tétishéri, dans le cénotaphe qui lui a fait construire à Abydos ; la stèle est aujourd'hui conservée au Musée égyptien du Caire (CG 34002) ; la reine y est mentionnée en tant que « noble dame, grande par la faveur, grande par la douceur, fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, grande épouse royale », deux documents découverts sur l'île de Saï : un bloc de grès mentionnant la « grande épouse royale, unie à la couronne blanche, Ahmès-Néfertary », et une statue (Musée national du Soudan, inv. 443) en grès de l'« épouse du dieu, grande épouse royale, unie à la couronne blanche, ... » (si le nom dans le cartouche est détruit, la similitude des titres et le contexte invitent à penser qu'il s'agit d'Ahmès-Néfertary) ; si aucune date n'est donnée, l'absence du titre de « mère du roi » invite à penser qu'il s'agit de la fin du règne d'Ahmôsis.

Concernant le règne de son fils , parmi les documents la mentionnant, on trouve : une statue de la déesse Mout assise découverte dans le temple de Mout à Karnak, réalisée probablement au début du règne d' ; la déesse tient sur ses genoux le roi ; deux personnages féminins sont représentés sur les côtés du siège ; sur le côté droit se trouve la reine Ahmès-Néfertary qualifiée d'« épouse du dieu et de grande épouse royale » tandis que sur le côté gauche se trouve la princesse Satamon accompagnée de la mention « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu Satamon » avec son nom écrit dans un cartouche, la stèle de Qasr Ibrim de l'an 8 d' et conservée au British Museum (BM EA 1422) ; le roi est accompagné de deux reines : la « mère du roi » Ahmès-Néfertary et la « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, épouse du roi » Ahmès-Néfertary ; cependant, ce second nom, tout comme celui du roi, a en réalité été regravé après une première destruction, probablement à l'époque amarnienne, lorsque le pouvoir décidé de détruire de nombreuses inscriptions au nom du dieu Amon ; ainsi, il est très probable que ce second nom était en réalité celui d'Ahmès-Mérytamon, un relief en calcaire fin d'une scène rituelle provenant d'une construction de son fils dont plusieurs fragments ont été découverts dans la cachette de Karnak ; sur le registre supérieur montre deux prêtres dont les pieds baignent dans un bassin, représentant le rite de purification qui précédait l'accès au temple, tandis que le registre inférieur représente trois officiants marchant l'un derrière l'autre effectuant le rite d'entrée dans le temple ; le troisième de ces officiant est l'« épouse du dieu Ahmès-Néfertary » ; la reine effectuait donc les rites associés à son titre d'épouse du dieu, un panneau d'offrande lacunaire provenant du temple d'Amon-Rê à Karnak et sur lequel le nom de la reine est mentionnée, le petit temple qu' a fait ériger pour sa mère à Gournah, un petit monument à caractère funéraire situé sur ce qui est aujourd'hui l'emplacement de la terrasse médiane du temple des millions d'années d'Hatshepsout à Deir el-Bahari ; le nom de la reine apparaît sur plusieurs dizaines de briques crues, la tombe TT ANB située à Dra Abou el-Naga, dans laquelle de nombreux objets mentionnent la reine et .

Concernant le règne de , plusieurs documents attestent de son rôle dans la passation du pouvoir entre son fils et (son parent ?) : les stèles de couronnement du roiUne a été découverte au Ouadi Halfa (Le Caire, CG 34006) et devait provenir de Bouhen (Berlin, 13725) ; une autre a été découverte à Kouban, et une dernière à Assouan., les stèles montrent la reine accompagnant le roi et son épouse Ahmès, des vases au nom de la reine retrouvés dans la tombe KV20 et qui devait faire partie du trousseau funéraire du roi, don de la part de la vieille reine au nouveau dirigeant, une stèle de Deir el-Bahari d'un prêtre nommé Néfer qui rappelle que son père « est un homme auprès duquel le ka (du roi) s'est apaisé lorsque l'épouse royale Ahmès-Néfertary, justifiée auprès du grand dieu, seigneur de l'Occident, est montée au ciel » ; ce texte montre que le roi a eu de la peine lors de la mort de la souveraine, démontrant ainsi la proximité entre les deux, une statue colossale de la reine érigée dans la cour entre les et pylônes du temple d'Amon-Rê à Karnak ; l'épouse du dieu Ahmès-Néfertary est qualifiée de « juste de voix », montrant ainsi qu'elle était décédée.

La reine est également citée dans les documents de la cachette TT320 : le cercueil de la nourrice de l'« épouse du dieu Ahmès-Néfertary » Rai (Caire, CG 61004), les vases canopes de l'« épouse du dieu, épouse du roi, mère du roi Ahmès-Néfertary » (Caire, JE 26255), le cercueil de la « fille du roi, sœur du roi, épouse du dieu, grande épouse du roi, unie à la couronne blanche, mère du roi Ahmès-Néfertary » (Caire, CG 61003) ; elle contenait une momie de femme sans inscription mais qui devait être la sienne.

La reine est également citée par de nombreux autres documents : un fragment de bas-relief conservé au musée du Louvre (E 11232) ; la reine y est représentée tenant le collier ménat et portant une épaisse perruque tripartite surmontée d'un mortier, un bloc de granit découvert dans la cachette de Karnak et conservé au Musée égyptien du Caire (sans numéro d'inventaire)Le texte inscrit sur ce bloc semble faire allusion à un décret royal qui récompense ceux qui accompliront des actes de piété pour les souverains du passé. Cet acte serait l'érection d'une stèle en un certain point du temple d'Amon-Rê, leur garantissant les faveurs d'Amon-Rê. Le texte s'achève par une promesse de réciprocité, s'ils récitent une prière pour l'« épouse du Dieu » Néfertary. Ce texte pourrait être l'origine de la piété de la famille royale de cette fin et début ()., Michel Gitton dénombrait déjà en 1981 près de 136 petits objets (très majoritairement des sceaux-scarabées, mais aussi des perles, des sceaux-cylindres, une bague, etc.) qui sont au nom de la reine ; si un certain nombre ne porte aucun titre, la majorité (83 objets) associe le nom de la reine à un ou deux titres : « épouse du roi », « grande épouse royale », « unie à la couronne blanche », « mère du roi », « fille du roi et sœur du roi » mais surtout, et de très loin (71 objets) le titre d'« épouse du dieu » ; ce nombre est probablement associé à la « maison de l'épouse du dieu », institution dont le personnel devait être numériquement important, un revêtement d'ivoire d'un coffret ayant appartenu au temple de Montou à Karnak, deux manches de sistre, cinq contrepoids de collier ménat, qui sont des plaquettes de faïence bleu-vert, d'une quinzaine de centimètres de long, percées en haut de deux trous pour attacher les rangées de perles, une coupe émaillée à décor floral, découverte à Abydos et conservée à Copenhague (AIN. 1600) ; d'autres exemplaires, anépigraphes ou fragmentaires, ont été découverts dans des monuments de la période (dans la tombe TT ANB, dans la chapelle d'Hathor du temple des millions d'années d'Hatchepsout à Deir el-Bahari) ; ces coupes pourraient être liées au culte d'Hathor et destinées à l'offrande du lait et du fromage blanc, plusieurs exemplaires d'un type de vase typique de la portant le nom et les titres de la reine ; il s'agit de vases en pierre, de forme pansue avec un col, et décorés sur le flanc d'une étiquette carrée dans le nom et les titres en question ; on trouve : un fragment en albâtre trouvé dans la chapelle d'Hathor de Sarabit al-Khadim, des fragments en albâtre et diorite trouvés dans la tombe TT20 datée du milieu de la , près de huit vases en albâtre provenant de la tombe TT ANB.

Attestations ultérieures

La reine est également citée dans de très nombreux documents posthumes liés au culte dont elle était l'objet avec son fils ; les chiffres suivants correspondent à l'étude de Michel Gitton en 1981, chiffres d'une étude qu'il avoue ne pas être exhaustive :