Le Musée celto-romain de Manching (Kelten-Römer Museum Manching) est un musée d’archéologie se trouvant dans le bourg allemand éponyme, au sein du district de la Haute-Bavière. Fondé en 2006, en tant que branche de la Collection archéologique de l’État de Bavière siégeant à Munich (Archäologische Staatssammlung München), il regroupe de façon permanente les découvertes archéologiques celtes issues des conséquentes fouilles du site de l’oppidum de Manching, ainsi que des vestiges romains témoignant de l’occupation romaine du sud de la Bavière, celle-ci comprenant notamment les fortifications militaires impériales de l’Oberstimm. Le musée organise également de nombreuses et régulières expositions temporaires portant sur des thématiques archéologiques variées et dont les horizons s'insèrent au-delà de l'archéologie locale et régionale.
En novembre 2022, le musée est l'objet d'un important vol de 483 pièces en or datant du siècle . L’essentiel de cette collection, plus grande découverte d'or celtique du siècle, n'a pas été retrouvée, une partie ayant été irrémédiablement détruite par les malfrats Mannen die Keltisch goud stalen uit Duits museum moeten jarenlang de cel in du 29 juillet 2025 sur le site nu.nl - Consulté le 30 juillet 2025.
Contexte archéo-historique La création du Kelten-Römer Museum à Manching résulte de la richesse des découvertes et de l'ampleur des recherches archéologiques effectuées sur le site et ses environs. Cet emplacement stratégique à proximité d'une boucle du Danube a notamment accueilli un vaste oppidum du second âge du Fer, puis un camp militaire romain, jusqu'au IIIe siècle ap. J.-C., qui sont mis en valeur dans le musée.
De l’oppidum celte aux fouilles archéologiques actuelles vignette|400x343px|left|Contours (en vert) du murus gallicus de loppidum de Manching et localisation (en rouge) de l'actuel bourg de Manching.
La position géographiquement stratégique sur laquelle fut établie l’oppidum celte de Manching a conféré au site et ses environs un statut de plaque tournante dans les échanges commerciaux comme dans le contrôle territorial et militaire du Sud de la Bavière. En effet, la rive sud du bras principal du Danube, aujourd’hui canalisé à 5 km au nord du site, se trouvait autrefois à proximité immédiate de ce-dernier qui la surplombait.
Du IIIe siècle av. J.-C. jusqu’à la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C., l’oppidum celte a ainsi connu un important essor et devint l'une des plus grandes agglomérations urbaines celtes à ce jour exhumées ; les vestiges du murus gallicus aujourd’hui partiellement observables témoignant de l’apogée de l’agglomération, vers 130 av. J.-C. L'occupation celte suivit dès lors un déclin progressif, pour finalement être entièrement délaissée dans le courant de la deuxième moitié du Ier siècle av. J.-C.
Dès le début du Ier siècle ap. J.-C., soit quelques décennies après l'abandon du site de l'oppidum, l’Empire romain occupa la région de Manching afin de surveiller la frontière bavaroise de l’Empire à la hauteur du Danube. A cet effet, un camp militaire d’une capacité de 500 à 600 soldats fut installé à environ trois kilomètres à l’ouest du site, dans le secteur occupé aujourd’hui par le quartier de l’Oberstimm, compris dans le bourg de Manching. Par la suite, et au gré du déplacement de la frontière plus au Nord dans le courant du IIe siècle ap. J.-C., puis des avancées germaniques au IIIe siècle ap. J.-C., les occupations romaines de la région perdirent fortement de leur ampleur.
Au fil des occupations post-celtiques, les vestiges de l’oppidum ont dès lors progressivement été dégradés, le site continuant d’être reconnu et exploité pour cette position topologiquement privilégiée. Ce processus de destruction s’est accéléré dans le courant de la première moitié du XXe siècle, lorsque durant la Seconde Guerre mondiale puis dès 1950, l’emplacement de l’oppidum, dont les vestiges étaient alors totalement délaissés, a successivement accueilli deux des principaux sites de l’industrie aéronautique allemande puis européenne, le second (appartenant aujourd'hui à la société Airbus Defence and Space) étant toujours en activité. L’oppidum est aujourd’hui également traversé par la route nationale B16 et la voie ferrée reliant Manching à Ingolstadt-Ratisbonne. Face à cet essor rapide prenant place sur le site, et dès l’année 1955, des fouilles et recherches archéologiques conformément et systématiquement suivies comme documentées furent effectuées sous la direction de la Commission romano-germanique de l’Institut archéologique allemand (Römisch-Germanische Kommission des Deutschen Archäologischen Institutes). Seul un pourcentage restreint (environ 10%) de l’ensemble du site étant depuis lors fouillé, ces travaux archéologiques se poursuivent encore aujourd’hui et constituent à cet égard le plus long projet archéologique mené par l’institut susnommé.
Le musée
Sa création vignette|512x384px|Façade Nord du musée
Au fil des découvertes, l’intérêt du public pour l'oppidum n’a cessé de croître. Ses vestiges avaient gagné en visibilité, à la faveur de plusieurs expositions internationales telles que « I Celti » en 1991 au Palais Grassi de Venise ou « Das keltische Jarhtausend » en 1993 à Rosenheim. Néanmoins, le patrimoine de Manching fut principalement mis en avant grâce à l’initiative d’acteurs locaux. Ainsi, le 11 juin 1988, ouvrait un petit musée d’archéologie locale dans les murs de l’hôtel de ville de Manching. L’office de soutien aux musées non-étatique rattaché au bureau de protection du patrimoine de l’État bavarois (Landesstelle für nichtstaatliche Museen im Bayerischen Landesamtes für Denkmalpfege), de même que la Commission romano-germanique de l'Institut archéologique allemand y contribuèrent en plaçant deux salles d’exposition, celles-ci comprenant des vestiges issus d'horizons préhistoriques à romains. Un nouvel élan fut donné à ce projet de mise en valeur, lors de la découverte en 1986 de deux épaves de navires militaires romains datés de 100 ap. J.-C., à proximité du fort militaire antique d’Oberstimm. Ces épaves furent prélevées en 1994 et déplacées au Musée central romain-germanique de Mayence (Römisch-Germanisches Zentralmuseum Mainz) pour y être restaurées, et conservées jusqu’en 2005 .
Parallèlement, le 28 novembre 1999, le ministre de la science de l’État de Bavière, Dr. Hans Zehetmaier, prit la décision d'un retour des épaves à Manching et conclut du fait qu’un musée à part entière, consacré au passé celte et romain de Manching, devait être créé et rattaché au réseau de l’Archäologische Staatsammlung München (musée archéologique de Munich), en tant que branche de cette dernière. Les fondations de ce projet furent posées en 2002, lorsque l’Archäologische Staatsammlung München, responsable de la conception et du financement du futur musée, entra en partenariat avec un groupement d’acteurs et responsables locaux, respectivement les représentants du district de Haute-Bavière, de la Marktgemeinde de Manching, de l’arrondissement de Pfaffenhofen an der Ilm et du Cercle des Amis celto-romains (Keltisch-Römischen Freundeskreis) de Manching. Ce groupement ainsi constitué était quant à lui chargé de la mise à disposition du terrain, de la construction et du fonctionnement opérationnel du musée.
Implanté à proximité immédiate du site, aux abords ouest de l’oppidum, le Kelten Römer Museum de Manching fut inauguré le 2 juin 2006 par le ministre de la Science, de la Recherche et de l’Art de l’État de Bavière, Dr. Thomas Goppel. Dès le 5 juin 2006, le musée fonctionnait déjà à son plein potentiel , mettant en valeur, pour un large public, les fruits de plus de cent ans de fouilles et de recherches archéologiques, tout en assurant également la responsabilité de la mise en valeur du site lui-même.
vignette|512x384px|right|Façade Sud et entrée du musée, accessible via la passerelle
Son administration et sa direction En tant que branche satellite de l’Archäologische Staatssammlung München (regroupant huit musées archéologiques de Bavière), le Kelten-Römer Museum dépend officiellement de cette dernière, qui détermine depuis Munich sa politique muséale. Néanmoins le musée possède un directeur sur place chargé de l'application de cette politique et du bon fonctionnement de l'institution :
2006 – 2017 : Dr. Wolfgang David (préhistorien); 2018 – aujourd’hui : Tobias Esch (historien).
Son bâtiment et ses aspects architecturaux Le bâtiment du Kelten Römer Museum de Manching a été conçu par le bureau d’architectes Fischer Architekten München., au moyen d’un budget de d’euros, pour une durée de construction de vingt-cinq mois.. Sa superficie totale, de , est divisée en plusieurs sections et secteurs : le secteur de l’exposition permanente celte d’environ , le secteur de l’exposition permanente romaine d’environ et le secteur réservé aux expositions temporaires d’environ .. La superficie restante est quant à elle occupée par divers bureaux, par les dépôts et par les services annexes (boutique, cafétéria) du musée.
L’emplacement choisi pour le musée se situe au sud-ouest de Manching, sur une péninsule formée par les cours d’eau de la Paar et de l’Augraben. L’accès au musée se fait par une passerelle montant en pente douce sur près de 100 mètres de long. L’espace d’exposition, entièrement ouvert, est réparti sur deux niveaux. Le premier niveau est pour une moitié conçu comme un monolithe de béton largement ouvert sur l’extérieur et pour l’autre moitié comme une structure entièrement vitrée et transparente. Le deuxième niveau est un bloc vitré, arborant le lettrage « römer » et « kelten ». Ce bloc est en grande partie opaque, néanmoins plusieurs fenêtres panoramiques de hauteur égale à celle de l’étage en son entier offrent une vue sur le parc et la végétation entourant le musée, tout en prodiguant lumière naturelle au musée. Le cadre extérieur servant de structure aux parois vitrées est en aluminium et confère à l’ensemble un aspect homogène. La nuit, lorsque les parois vitrées sont illuminées, le musée semble flotter dans l'obscurité, illustrant ainsi à son plein potentiel le concept de « vitrine flottante » pensé lors de sa réalisation. L'intérieur est constitué d’un sol en ciment et d’un plafond recouvert d’un enduit argileux peint. L’ensemble est un assemblage de couleurs douce et de surfaces brutes, offrant un fort contraste avec l’aspect des vestiges exposés et mettant ainsi ces derniers en valeur.
Important vol et destruction Le 22 novembre 2022, 483 pièces en or datant du siècle sont dérobées au musée. Le sort de cette collection, plus grande découverte d'or celtique du siècle et dont la valeur marchande s'élève à environ 1,3 million d'euros, « n'a pas pu être élucidée lors de la procédure ». Une partie du butin est définitivement détruite : sur environ 3,7 kg de pièces, environ 500 grammes ont été retrouvés fondus - peut-être afin d’être plus facilement écoulées - chez l'un des accusés. Le reste du trésor reste introuvableVol et destruction d’un trésor celtique : des peines exemplaires pour les malfrats en Allemagne, lefigaro.fr, 29 juillet 2025Vol d’or celtique en Allemagne : les accusés condamnés, le trésor disparu, rtbf.be, 30 juillet 2025.
vignette|centre|Trésor d'or celtique de Manching
Les expositions Le Kelten-Römer Museum propose un large panel d’expositions, comprenant de façon permanente la mise en valeur du patrimoine local, celte et romain. Ainsi le rôle initial (mais non exclusif) du musée est de servir de pont entre l’archéologie de Manching et le public.