Paul Robain, né le à Poitiers et mort le à Paris, est un avocat poitevin catholique et militant de l'Action française.
Biographie
Débuts d'avocat Il naît à Poitiers le . Il est le fils d'Émile Robain, administrateur depuis 1890 et président du conseil d'administration de la Mutuelle de Poitiers jusqu'à sa mort en 1938. Ce dernier est un catholique et un royaliste convaincu, lecteur de L'Action française« Les obsèques de M. Emile Robain », L'Action française, 11 décembre 1938« Le Centenaire de la Mutuelle de Poitiers », La Grand'goule, mars 1938.
S'étant lancé dans des études de droit à l'Université de Poitiers, Paul Robain parvient à être reçu docteur dans cette matière en 1902. Il s’inscrit ensuite comme avocat au barreau de Poitiers.
En 1902, Paul Robain, Marie de Roux et trois autres étudiants royalistes fondent à Poitiers le premier groupe d'études d'Action française, puis la première section de l'Action française.
La perméabilité du milieu juridique aux thèses de Charles Maurras peut s'expliquer par les violentes purges que la République nouvellement installée a fait subir aux juristes : épuration des procureurs catholiques en 1879, démissions massives lors de l'exil des congrégations en 1880 et enfin « l'épuration du siècle » via la réforme de la magistrature de 1883.
Engagement dans l'Action française Malgré un début de carrière prometteur, il abandonne la profession d'avocat pour se lancer dans le militantisme politique : en 1905, il se présente dans les locaux de la Revue d'Action française de la rue du Bac et devient un collaborateur de cet organe de presse du mouvement politique de même nom.
Rapidement chargé du service de conférences de l'Action française, il sillonne la France jusqu'à la Première Guerre mondiale, multipliant les réunions publiques, les débats contradictoires et les articles dans la Revue d'Action française puis dans le quotidien qui lui succède en 1908, L'Action française. Il fait d'ailleurs partie des signataires de l'article de tête du premier numéro de L'Action française, aux côtés notamment de Charles Maurras, Léon Daudet, Maurice Pujo et Henri Vaugeois.
En , à l'occasion du cortège annuel de l'Action Française en l'honneur de Jeanne d'Arc, Paul Robain est arrêté par la police, déclenchant un émoi parmi les manifestants. Devant les protestations de la foule, les forces de l'ordre se saisissent également de 24 Camelots du Roi.
En , à nouveau lors de la fête de Jeanne d'Arc, il prononce le discours suivant devant les Camelots du roi :
En , il critique l'impuissance de Raymond Poincaré, nouvellement élu Président de la République et en qui une partie de la droite française avait placé ses espoirs :
Première Guerre mondiale Lors de la mobilisation française de 1914, Paul Robain est part pour le front comme sergent au 67e régiment d'infanterie territoriale. Il y est nommé adjudant, puis sous-lieutenant. Lors de la dissolution de son régiment, il est affecté à l’état-major de la armée et c’est en cette qualité qu’il pénètre dans Mulhouse après l’armistice.
Dirigeant de l'Action française
Trésorier de la commission de propagande Une fois la guerre terminée, Paul Robain reprend ses tournées de conférences.
En 1920, Charles Maurras lui confie la responsabilité de trésorier de la Commission de propagande de l'Action française. Chargé de réunir des fonds pour financer la diffusion des idées du mouvement, il imagine le principe des six sous par jour que doivent réunir les sections du mouvement.
En , il est l'un des orateurs de la grande manifestation royaliste au Mont des Alouettes en Vendée. Devant plus de personnes, il fait acclamer le duc de Guise Jean d'Orléans, prétendant orléaniste au trône de France. En , il accepte les fonctions de secrétaire général de l'Action française.
Contestation de la condamnation papale
En 1926, à la suite de l'attaque du cardinal Andrieu qui accuse l'Action française de renier Dieu et ouvre la voie à la condamnation du mouvement par le Pape, Paul Robain, Marie de Roux et Georges Calzant s'efforcent de montrer que le nationalisme intégral ne professe .
Paul Robain souligne ensuite la sincérité et la bonne volonté des catholiques d'Action française et soumet leurs griefs, non pas aux tribunaux séculiers, mais à la juridiction de l'Église. Dans son discours de , il précise a posteriori :
En , les juristes de l'Action française, et parmi eux Paul Robain, établissent « une plainte dans la forme régulière » dirigée contre les accusations du cardinal Andrieu. vignette|261x261px|Discours de Paul Robain lors du meeting en plein air du mont Renaud le 21 juin 1931 aux côtés de Léon Daudet, Antoine Schwerer et Georges Gaudy. Mais cette plainte reste sans effet, comme Paul Robain le déplore dans son discours de :
En juin 1939, il fait amende honorable et signe, avec les autres dirigeants d'Action française, la lettre de soumission du qui permet la levée de l'Index.
Fin de vie Propriétaire du Château de Fougeret dans la Vienne, il y organise des bals et des réceptions pour les milieux royalistes et catholiques de la haute bourgeoisie et noblesse de France.
Il décède le dans le , âgé de 75 ans.
Œuvres L'assistance judiciaire au barreau, Ordre des avocats de Poitiers, 1899 ; Des vices du consentement dans les donations entre vifs et les testaments, Faculté de droit et des sciences sociales de l'Université de Poitiers, Poitiers, 1902, 156 p. ; La guerre des Balkans, ses enseignements politiques, Argus soissonnais, Soissons, 1913 ; Discours prononcé par Paul Robain au Congrès d'Action française de Montpellier le , Montpellier, imprimerie Emmanuel Montane, 1928.
Bibliographie .
Références
Liens externes
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