Ahmed Saïd ou Abdoun (1844-1895), bandit d'honneur kabyle originaire de village Agraraj de la tribu Aït Djenad en Kabylie, est considéré comme l'un des célèbres bandits d'honneur qui marquèrent la région kabyle dans les années 1890.
Une vie face à la répression coloniale Cultivateur, originaire d’Aït Djenad, du village Agraraj , Ahmed ou Abdoun est issu d’une famille dite maraboutique. En 1884, il est accusé du meurtre d’un adjoint-indigène appartenant à une famille rivale de la sienne et, à la suite d'un procès controversé, il est condamné à mort la même année. Sa peine est commuée en travaux forcés à perpétuitéMinistère de la Justice, Rapport sur une condamnation capitale, dossier S.97, Archives Nationales (AN), BB-24-2079.. Il est alors embarqué pour la Guyane. Le , il parvient à s’évader du bagne et suit alors un parcours rocambolesque à travers l’AtlantiqueDossier individuel de bagnard, Ahmed Saïd ou Abdoun, Archives Nationales d'Outre Mer (ANOM), COL-H-1262.. Il aurait notamment travaillé sur les chantiers du canal de Panama avant de revenir en Europe puis en Algérie. De retour en Kabylie, il constitue une bande célèbre qu’il dirige avec son frère, Mohammed ben el Hadj Amar ou Abdoun. Cette bande ainsi que celle d'Arezki El Bachir, inquiétèrent profondément les autorités coloniales françaises. Celles-ci décident de plusieurs opérations de recherche en 1892 puis 1893. La troisième opération, menée de à aboutit à l'arrestation ou à la mort des principaux banditsRapport sur la répression du banditisme présenté par le sous-préfet de Tizi Ouzou au préfet d'Alger et au gouverneur général, 1894, ANOM, 1F33. souvent qualifiés de bandits d'honneur.
Des villages ruraux bouleversés par la colonisation En effet, ces bandits émergent d'une société en proie à de nombreuses transformations sous le poids et la pression de la colonisation. Les restrictions foncières comme les restrictions de droits d'usage dans les forêts pèsent sur les conditions de vie des ruraux qui peuvent considérer positivement les agissements de ces individus comme une légitime opposition à la colonisation.
Condamnation à mort Il est condamné à mort pour la seconde fois en 1895 et exécuté le de la même année en même temps que cinq autres compagnons de sa bande dont Arezki El Bachir. L'exécution a lieu devant une foule d'Européens venus parfois d'Alger pour assister à l'exécutionLe Petit colon, 15 mai 1895.. Bibliographie .
Antonin Plarier, Des bandits face au pouvoir colonial, Lyon, ENS Éditions, 2025, (lire en ligne)
Notes et références
Catégorie:Naissance en 1844 Catégorie:Décès en 1895 Catégorie:Personnalité kabyle condamnée Catégorie:Personnalité kabyle du XIXe siècle Catégorie:Personnalité berbère du XIXe siècle Catégorie:Condamné à mort guillotiné Catégorie:Condamné à mort exécuté en Algérie Catégorie:Personnalité de l'histoire algérienne Catégorie:Personnalité liée à la conquête de l'Algérie Catégorie:Résistance algérienne à la colonisation française Catégorie:Anticolonial algérien Catégorie:Naissance en Algérie française Catégorie:Condamné à mort exécuté au XIXe siècle