La pandémie de Covid-19 au Québec est une crise sanitaire provoquée par la maladie à coronavirus 2019 (Covid-19). Cet article décrit l'historique, les conséquences scientifiques, politiques, sociales et économiques de la pandémie dans cette région du monde.
À l'instar d'une bonne partie des gouvernements de la planète, le gouvernement du Québec met en place des politiques sanitaires exceptionnelles, prônant des comportements-barrière pour aplatir la courbe, que l'on prévoit exponentielle, des personnes infectées, afin que celles-ci ne saturent pas le système de santé québécois. Au cours des premières semaines, on note ainsi une fermeture d'une majorité d'entreprises et institutions, dont les écoles et services de garde sauf pour les travailleurs essentiels. L'enseignement supérieur se fera à distance pour l'essentiel de l'année .
Les premiers mois de la pandémie au Québec sont caractérisés par une forte mortalité dans les centres de personnes âgées, l'armée canadienne vient même en renfort. Cette mortalité mène le Québec à enregistrer le plus grand nombre de morts engendrés par la maladie au Canada, position que la province occupe toujours près de 2 ans plus tard.
Dès , le gouvernement québécois met en place des conférences de presse dans un format hors du commun : le premier ministre et la, puis le ministre de la Santé tiennent une conférence de presse quotidienne en compagnie du chef de la Direction générale de la santé publique, Horacio Arruda. Ceci consacre cette personne, inconnue du grand public avant la pandémie de Covid-19, comme un personnage incontournable de la gestion gouvernementale de la pandémie au Québec. Ce format est conservé jusqu'en , alors que le successeur d'Arruda, Luc Boileau, demande que ses conférences de presse soient sans la présence d'élus, afin d'afficher une plus grande indépendance face au gouvernement.
À l'instar du gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec déploie au fil des mois plusieurs programmes d'aide financière qui viennent supporter différents secteurs et personnes affectés par la pandémie et qui relèvent de son champ de compétence : transport en commun, restaurateurs, tenanciers de bars, hôtels, cinémas, etc.
Pendant la période où le Québec est affecté par la pandémie, plusieurs vagues de contamination ont lieu sur le territoire, avec comme patron général une embellie au printemps-été, où les mesures sanitaires sont allégées, et une détérioration pendant l'automne et l'hiver, pendant lesquelles les mesures sont resserrées. Le gouvernement du Québec doit reculer sur les conditions de rassemblement du temps des fêtes en et en . Au plus dur de la pandémie, un couvre-feu est instauré (du début jusqu'au début , puis à partir du ). À la suite de la mise en place du second couvre-feu, certaines études ont mis en doute l’efficacité de cette mesure pour limiter la transmission de la Covid-19.
Les mesures sanitaires sont d'abord appliquées au territoire québécois dans son ensemble puis, à l'automne 2020, une différenciation par région administrative est mise en place sous forme d'un système de paliers d'alertes. Ce système est par la suite mis de côté pour voir le retour des mesures s'appliquant au territoire au complet en lors de la hausse fulgurante de cas provoquée par le variant Omicron.
La campagne de vaccination débute dès . Les Québécois terminent l'année 2021 avec une couverture vaccinale parmi les meilleures des pays développés. La province est également la première au Canada à mettre en place un passeport vaccinal en . Celui-ci est exigé pour accéder à des commerces non essentiels présentant un certain risque de contamination (restaurants, cinémas, bars, salles de spectacle, etc.).
Historique
Premier cas Le , un premier cas est détecté au Québec et officiellement confirmé le lendemain. Il s'agit de celui d'une femme de retour d'un voyage en Iran, pays fortement touché par la maladie. Par la suite, les cas se multiplient dans la région de Montréal, qui devient l'épicentre de l'épidémie au pays. Rapidement, on note également une éclosion significative dans la région de l'Estrie, éclosion qui laisse croire que le virus avait déjà voyagé sur le territoire avant que le premier cas officiel ne soit annoncé. Une analyse ultérieure d'environ de malades de la première vague confirme 15 à 17 introductions de la maladie avant le premier cas officiel..
Conférences de presse Le , accompagné de la ministre de la santé Danielle McCann et du directeur national de la santé publique du Québec Horacio Arruda, le premier ministre du Québec François Legault tient une première conférence de presse pour annoncer des mesures exceptionnelles pour lutter contre la pandémie. Le lendemain, toujours en conférence de presse, François Legault annonce la fermeture des écoles, cégeps et universités de la province et le Québec devient la première province canadienne à déclarer l'état d'urgence sanitaire.
Tout au long de la pandémie, le trio Legault-McCann-Arruda fait différentes annonces, notamment sur les mesures mises en place par les autorités de Santé publique, lors d'un point de presse quotidien, à 13 h. À partir de la mi-avril, les points de presse sont faits du lundi au vendredi, prenant congé la fin de semaine. Ces conférences de presse deviendront un rendez-vous télévisuel pour les Québécois, atteignant des cotes d'écoute de plus de de téléspectateurs. Initialement, c'était à cette même heure (13 h) qu'étaient diffusés les chiffres mis à jour sur l'évolution de l'épidémie; en mai, le moment de cette diffusion change pour 11 h. Le , constatant une certaine stabilisation dans le nombre de nouveaux cas, et afin d'avoir des données plus stables, car cela peut prendre plusieurs jours avant de comptabiliser les cas, le gouvernement annonce que les bilans de la Covid-19 au Québec passeront de quotidien à hebdomadaire. Le lendemain, devant les protestations, le gouvernement fait volte-face et le nouveau ministre de la Santé, Christian Dubé, annonce que les bilans resteront quotidiens.
Peu de temps après, le gouvernement fédéral adopte des mesures de quarantaine aux frontières aériennes, terrestres et maritimes du pays, dont plusieurs traversent la province. Quant à elles, les différentes municipalités du Québec mettront également en place des mesures variées. La réponse de la population québécoise aux directives données par les différents paliers de gouvernement est l'une des meilleures en Amérique du Nord.
Le , François Legault annonce qu'une « contribution santé » devra être payée par les Québécois non vaccinés, qui font peser un « fardeau vraiment trop important » sur le système de santé.
Le , François Legault explique ne pas pouvoir alléger les mesures sanitaires, pour ne pas surcharger le réseau de la santé. Le pic des hospitalisations aurait été atteint à l'échelle de la province.
Conséquences par sujet Le Québec n'a pas été frappé par une pandémie de cette ampleur depuis la grippe espagnole, il y a plus d'un siècle. Les acquis sociétaux de ce genre de situations se sont dissipés avec le temps. Ainsi, l'évolution exponentielle de la menace, conjuguée au fait que les malades asymptomatiques semblent pouvoir transmettre la maladie, ont fait en sorte que la société québécoise a été frappée par surprise et de plein fouet. Les impacts sont à de multiples niveaux : santé, politiques, légaux, sociaux, économiques, scientifiques, etc.
Santé
thumb|Infirmier avec un patient à une clinique de dépistage mobile de la Covid-19 à Montréal (juin 2020)
Par rapport au reste de l'Occident, le Québec bénéficie d'une arrivée tardive de la maladie sur son territoire, de sorte que des mesures de santé publique ont pu rapidement être mises en place afin d'endiguer la maladie. Cependant, la province est celle qui est la plus touchée par la maladie au Canada. Plusieurs hypothèses sont soulevées pour expliquer cela. Une prépublication conjointe du Laboratoire de santé publique du Québec (LSPQ) et du , dont les résultats sont rendus publics à la fin septembre, affirme que la cause première de l'étendue des cas au Québec serait les voyages effectués lors de la semaine de relâche, qui s'est déroulée une semaine avant le confinement dans cette province alors qu'elle n'a pas eu lieu, ou est arrivée plus tard, dans les autres.
L'état d'urgence sanitaire est déclaré le , ce qui donne des pouvoirs étendus à la ministre de la Santé et des Services sociaux.Les autorités de la santé publique suivent les directives de l'OMS et mettent en place des cliniques de dépistage du virus afin de mieux détecter, suivre et isoler les cas. À la fin , le premier ministre du Québec affirme que la province est .Le système de santé québécois est également adapté en prévision d'une vague de patients contagieux nécessitant des soins hospitaliers significatifs. On tente ainsi d'acquérir le plus rapidement possible de l'équipement de protection, d'établir des zones et dans les hôpitaux et d'augmenter le nombre de lits médicalisés. Des milliers de lits d'hôtels sont également réservés en cas de débordements des hôpitaux.
Les hôpitaux répondent relativement bien aux besoins à ce niveau, ce qui n'est cependant pas le cas des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD), demeurés dans l'angle mort des autorités sanitaires et dont environ le quart des établissements a recensé au moins un cas de Covid-19 parmi les patients ou le personnel au début du mois d'.
Au mois de , les tests rapides de dépistage de la Covid-19 partent promptement dans les pharmacies.
Vaccination
Un passeport vaccinal est mis en place en 2021 pour accéder notamment aux salles de spectacle, bars et restaurants, casinos, conférences, lieux de culte ou encore les installations sportives.
Déclarant « comprendre la colère » envers les non-vaccinés, le premier ministre François Legault propose de durcir le dispositif pour 2022 notamment en l'imposant à l'entrée des établissements de la Société des alcools et de la Société du cannabis. Il souhaite également instaurer une taxe dont devront s'acquitter les personnes non vaccinées. Cette mesure suscite la controverse. Ainsi, selon l’épidémiologiste Nimâ Machouf : « Ceux qui sont anti-vaccin par croyance vont le rester, et ce sont les pauvres qui vont écoper. Ça ne réglera rien, et on ouvre une brèche dans le principe de la gratuité des soins. »
Le gouvernement essuie certaines critiques début 2022 en raison de retards dans la troisième dose de vaccin, de la pénurie de tests PCR, du manque de masques chirurgicaux et de personnels soignants et de décisions contradictoires dans la gestion de la pandémie.
Économiques
Transport
Politiques
Sociales Depuis le début de la pandémie, les cas de délation ont augmenté au Québec, menant à du profilage racial et social.... Le , un groupe de juristes publie un fascicule visant à sensibiliser le public aux enjeux des mesures sanitaires relativement aux droits et libertés..
Solidarité vignette|Une illustration d'un arc-en-ciel et les mots , symbole et slogan lié au mouvement de solidarité au Québec. Plusieurs symboles de solidarité se propagent pendant la pandémie, dont le mouvement des représentations des arcs-en-ciel. Originaire d'Italie, ce mouvement est apparu au Québec grâce aux réseaux sociaux. Il consiste à coller sur les fenêtres des maisons le dessin d'un arc-en-ciel avec les mots « Ça va bien aller ». De nombreuses personnalités participent au mouvement. Le premier ministre du Québec, François Legault, reprend ces mots dans un de ses discours à la population du Québec.