Jeanne Marnière, née Marie Françoise Jeanne Barousse (à Toulouse, Haute-Garonne) le et morte à Cannes, chemin de Vallauris (Alpes-Maritimes) le , est une femme de lettres française qui a utilisé plusieurs pseudonymes, principalement celui de Jeanne Marni.
Son abondante production d’œuvres courtes publiées pour la plupart dans la presse et jouées au théâtre a rencontré un succès important : on lui doit surtout des vaudevilles et des scènes dialoguées mais aussi quelques romans développant l'analyse psychologique et les thèmes sociétaux de l'époque, en particulier la relation de couple.
Biographie Famille
Marie Françoise Jeanne Barousse naît à Toulouse le de Marie Antoinette Barsalou, sous le pseudonyme de Marie Bijou, et de Prosper BarousseActe de naissance de Marie Françoise Jeanne Barousse, acte des naissances de l'année 1851, archives départementales de Toulouse.De nombreux sites internet dont la plupart des généalogies sur le site Généanet, la font naître le et indiquent pour sa mère le nom de Marie Antoinette Barsalou au lieu de celui de Marie Bijou. Dans son acte de mariage, l'année de naissance est 1948. Encore légalement mineure en 1871 et en plein siège de Paris, alors que les communications avec le reste de la France sont difficiles, il est possible que son acte de mariage la fasse naître en 1848 pour permettre le mariage en l'absence de ses deux parents, son père déclaré mort et sa mère déclarée . Cette anomalie de date se retrouve dans son acte de décès où on lit qu'elle serait morte à l'âge de alors qu'elle avait ..
Elle vit à Paris et envisage une carrière de comédienne avant d'épouser dans le arrondissement de Paris le Victor Désiré MarnièreActe de mariage Marnière-Barousse, archives de l'état civil de Paris . avec qui elle a deux enfants. Encore légalement mineure en 1871 et en plein siège de Paris, alors que les communications avec le reste de la France sont difficiles, il est possible que son acte de mariage la fasse naître en 1848 pour permettre le mariage en l'absence de ses deux parents, son père déclaré mort et sa mère déclarée .
Elle utilisera le pseudonyme de Jeanne Marni pour l'essentiel de ses écrits.
Parcours Devenue veuve en 1885/1886 (succession Notaire ), elle se tourne vers l'écriture pour des raisons financières et les relations de sa mère, Manoël de Grandfort, elle-même femme de lettres, lui ouvrent les portes des journaux qui commencent à la publierLesly Bessière, Les romancières françaises, 1870-1900 : approche à travers l'exemple de Jeanne Marni - Université de Toulouse-Le Mirail, 2007 . Sa résidence parisienne était située dans le quartier élégant de la Plaine Monceau, le 68 rue Jouffroy d'Abbans, (dans le 17e arrondissement) dans un immeuble construit en 1880. Fatiguée par la vie parisienne, elle passait à la fin de sa vie neuf mois par an dans sa villa de Cannes.
Ses nombreux textes ont rencontré le succès : publiés dans la presse, joués au théâtre mais aussi édités en volumes«La plupart de ces articles sont régulièrement réunis en volumes chez Ollendorf et certains donnent lieu à des pièces en un acte qui sont représentées sur les scènes parisiennes» Femmes de presse, femmes de lettres - De Delphine de Girardin à Florence Aubenas Marie-Eve Therenty, CNRS édition 2019 , ils ont été appréciés par la critique qui évoque par exemple un « écrivain charmant et pénétrant dans ses dialogues »Le massacre des amazones - études critiques sur deux cents bas-bleus contemporains Han Ryner 1920, page 204 ou qui affirme à sa mort « il y a dans cette œuvre abondante et légère des parties qui tiendront ; et nous devons à Jeanne Marni des croquis du Paris sentimental de 1900 que ne devront point négliger, s'ils ont le souci de se documenter à fond, les sociologues de 1950 »Émile Berr - Le Figaro du 5 mars 1910 .
Elle a aussi collaboré au journal féministe La Fronde à partir de 1887 (comme sa mère et sa fille) et a fait partie des fondatrices du Prix Femina en 1904.
Mort et hommages Elle meurt d'une douloureuse et longue maladie dans sa villa de Cannes, chemin de Vallauris le (l'acte de décès est du )Acte décès Cannes . Annoncée le dans la presse« La mort de Jeanne Marni » in Le Petit Parisien, édition du , cité sur le blog CPAscans. sa mort est suivie le d'une cérémonie à (ou devant?) l'église Notre-Dame-de-Lorette avant l'inhumation à Ville-d'Avray aux côtés de sa mère.
Figure éminente de la littérature féminine, à sa mort ses amis indignés ont témoigné avec émotion de l’injustice dont Jeanne Marni a souffert : Jeanne Marni, de son vrai nom Jeanne Marnière, devait être décorée. Cette joie, car c'en aurait été une pour elle et des plus vives, lui a été refusée..
Ses admirateurs les écrivains, ses amis, auraient voulu voir briller entre les immortelles, la croix au ruban rouge que l'on décerne d'ordinaire aux braves qui ont vaillamment mené le combat de la vie, aux bons ouvriers qui ont honoré leur art, aux grandes sœurs de charité qui ont donné l'exemple d'une bonté sans défaillanceLe Petit Parisien 6 mars 1910..
Regards sur l’œuvre
Les critiques du temps lui sont favorables et l'œuvre de Jeanne Marni est reconnue. Quelques exemples : Frédéric Loliée, dans « Madame J. Marni et son œuvre », in La Revue des revues en 1899, salue l'excellence de J. Marni dans l'art du dialogue : Cité par L.C.Stone - Frédéric Loliée, « Madame J. Marni et son œuvre », in La Revue des revues, , .. L'article de Séverine dans La Fronde du qui vante Article complet En 1907, un article du prix La vie Heureuse observe que Le Prix « Vie heureuse », Hachette et Cie, 1907 (p).. L'hommage rendu à sa mort par Le Petit Parisien du est élogieux : . Le discours de M. Carette à ses obsèques est un éloge funèbre :
Les critiques modernes étudient quant à eux la place Jeanne Marni dans le mouvement féministe des années 1900 : Chantal Gleyzes la mentionne dans son ouvrage de 1994 La femme coupable : Petite histoire de l'épouse adultère au XIXe siècle éclaire aussi l’œuvre de Jeanne MarniLa femme coupable : Petite histoire de l'épouse adultère au XIXe siècle - Chantal Gleyzes éditions Imago 1994 . Lesly Bessière dans Les romancières françaises, 1870-1900 : approche à travers l'exemple de Jeanne Marni en 2008 écrit : Lesly Bessière, « Lesly Bessière, Les romancières françaises, 1870-1900 : approche à travers l'exemple de Jeanne Marni », Genre & Histoire [En ligne], 2 | Printemps 2008, mis en ligne le 16 juin 2008, consulté le 14 mars 2020. URL : http://journals.openedition.org/genrehistoire/266]. L.C. Stone dans sa thèse de 2011 : s'appuyant sur le roman Pierre Tisserand de 1907 elle souligne l'approche de l'auteur et sa misandrie, du moins « sa suspection fondamentale vis à vis des hommes », qui met en scène l'inversion des rôles traditionnels en montrant une femme séductrice et un homme victime mais traité sans sympathie (homme narcissique), le rejet des destinées féminines conventionnelles de soumission conduisant à éviter la domination masculine en choisissant l'homosexualité PDF en anglais Men, Masculinity and the Female Rebel in French Women's fictions, 1900-1913 Thèse Université de Manchester 2011 - Chapter 2 page 97 et suivantes [Men, Masculinity and the Female Rebel in French Women's … www.research.manchester.ac.uk › portal › files › FULL_TEXT ]. Marie-Eve Therenty étudie la modernité de ses écrits courtsFemmes de presse, femmes de lettres - De Delphine de Girardin à Florence Aubenas Marie-Eve Therenty, CNRS édition 2019 .
Œuvres Romans La Femme de Silva (1887) Amour coupable (1889) Trilogie : Le livre d’une amoureuse (1904), Pierre Tisserand (1907), Souffrir... (1909)
Dialogues Parus dans les journaux (au National, à la Vie Parisienne, à l’Écho de Paris, au Journal) et régulièrement publiés en volumes : Dialogues de courtisanes — en collaboration avec Maurice Donnay (sous le pseudonyme collectif de Lucienne) (1890), Comment elles se donnent (1895), Comment elles nous lâchent (1896), Les Enfants qu’elles ont (1897), Leurs péchés capitaux (1897), Fiacres (1898), Celles qu’on ignore (1899), À table (1900), Vieilles (1902) Les femmes cochères, dialogue Texte imprimé / par Marni / Paris La vie Heureuse 1907
Théâtre Pièces brèves jouées au Grand Guignol : L'Aile, comédie en 1 acte (1902). L'Heureux auteur, comédie en 1 acte (1901) La Coopérative, comédie en 1 acte, avec M. Violette (1903). César, en 1 acte. Pièces longues : deux pièces en trois actes, Manoune (1901) et Le Joug (écrite en collaboration avec Albert Guinon, comédie représentée pour la première fois à Paris sur le Théâtre du Vaudeville, le , publiée en 1903) - Une comédie en quatre actes : La Montée en collaboration avec M. Mauclair (1907)Bnf J. Marni (1854-1910) .
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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