Gérard Nanty, dit Gerald Nanty, né le à Fontainebleau et mort le à Neuilly-sur-Seine, est une figure des nuits parisiennes.
Biographie Gérard Nanty naît en 1938 à FontainebleauFrançois-Régis Gaudry et Sylvie Wolff, Gérald Nanty, dix ans sans dormir, 29 juin 2006, Ouest-France.. Il décide de se faire appeler Gerald Nanty (sans accent) à 15 ans, à la suite d'un séjour à LondresÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, . Il rencontre à Paris à la fin des années 1950 le futur couturier Valentino, qui devient son amant et son compagnon. Il le suit à Rome jusqu'à leur rupture en 1960Élisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p.49-62. Il a une assez brève liaison avec Théo Sarapo, futur mari d'Édith Piaf en 1962Élisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p.63-64.
Il fonde à Paris en 1965 et anime le Club 65, ouvert dans un bar à la demande de son patron, rue du Four. Nicoletta est sa première « disquaire » (DJ), Guy Marchand son barmanÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p.65-67. Il anime ensuite un autre lieu de la nuit parisienne, le Prélude. En 1968, il rencontre Françoise Sagan avec qui il devient ami. Sur ses conseils, il ouvre vers 1970 un autre club, Le NuageÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 203, au 5, rue Bernard-Palissy, à côté de la rue du Dragon.. C'est un bar, avec une petite piste de danse. Guy Cuevas est un temps son DJ avant de travailler dans les clubs de Fabrice Emaer, Le Sept puis Le Palace en 1978Guy Cuevas, avec Jean-François Kervéan, Avant que la nuit ne m'emporte, Le Cherche Midi, 2022, chap. « L'âme d'un nuage ».Maxime Jacob, « Le retour du premier des DJ », vanityfair.fr, 4 juillet 2022.
Gerald Nanty quitte ensuite le quartier Saint-Germain-des-Prés, rive gauche, pour la rive droite : il fonde deux établissements voisins dans le quartier de l'opéra Garnier, rue Sainte-Anne : Le Colony et Le BronxÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 226. Le Colony, au 13, rue Sainte-Anne, est un club et un restaurant de nuit. Le restaurant se situe au rez-de-chaussée, la discothèque au sous-sol, à l'instar d'un autre club situé dans la même rue, Le Sept, tenu par son rival Fabrice Emaer et qui a ouvert plus tôt, en 1968. Nanty y accueille ses amis qui viennent dîner : Yves Mourousi, Jacques Chazot, Roger Peyrefitte, Alice Sapritch, Thierry Le Luron, Jean-Marie Rivière. Après quoi certains rejoignent Le BronxÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 229. Ce bar est en fait le premier sex-club gay de ParisÉric Dahan, Bel de nuit, 19 juillet 2006, Libération.. C'est après un séjour à New York avec son ami l'écrivain Roger Peyrefitte où ils découvrirent , une boîte de nuit gay de Manhattan connue pour être aussi un sex-club, ouverte en 1974, que Nanty importa le concept du « minimalisme viril new-yorkais » en matière de décor (murs en brique, lits en fer, terre battue). Il a bénéficié de l'appui financier de Roger PeyrefitteÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 226-230 (L'Anvil est faussement située dans le Bronx : p. 227).. Le Bronx propose à ses clients uniquement masculins l'une des premières backrooms de ParisJean-Yves Le Talec, Folles de France. Repenser l'homosexualité masculine, La Découverte, 2008, chap. 7, « Les folles de Mai » et des films pornographiquesÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 228, comme à l'Anvil.
Les deux établissements sont fondés en 1971 selon Élisabeth Quin. Selon une autre source, le Colony a ouvert en et Le Bronx quelques années plus tard. Selon Frédéric Martel, Le Bronx a ouvert en 1975Frédéric Martel, Le Rose et le Noir : les homosexuels en France depuis 1968, Points-Seuil, 2000, p. 289.
Le Bronx et le Colony ferment en 1979, du fait du déclin de la rue Saint-Anne comme haut lieu des nuits parisiennes et en raison d'un manque de rigueur dans la gestion des deux établissements, notamment de l'associé de Nanty, Alain-Philippe Malagnac, amant de PeyrefitteÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 234.
Sur les conseils de Thierry Le Luron et avec son appui, Nanty ouvre ensuite avec son compagnon, Jacques, un piano-bar, L'Échelle de Jacob, rue Jacob, à Saint-Germain-des-PrésÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 250. En 1981, il le transforme en bar gay, Le Trap, qu'il conserve jusqu'en 1995, au temps de l'allégresse qui a suivi pour certains la victoire électorale de François Mitterrand puis de la pandémie du sidaÉlisabeth Quin, Bel de nuit, Gerald Nanty, 2007, Grasset, p. 259-264. L'endroit, petit, contient une backroom au premier étagePatrick Thévenin, « Souvenirs du Trap, backroom disparue », lesinrocks.com, 25 juillet 2021.
En 1996, il ouvre un nouveau bar, Le Mathi's, 3 rue de Ponthieu, près de l'avenue des Champs-Élysées. C'est un petit bar et plus tard un bar-restaurant de nuit, sélect et élitiste, où se croisent des personnalités du show businessEric Dahan, « Au Mathi's, du beau lounge », liberation.fr, 19 décembre 2003. L'endroit est prisé par des personnalités comme Françoise Sagan, Françoise Fabian, Valérie Lemercier, Orlando, Laurent Ruquier ou encore Yves Saint LaurentSophie De Santis, « Mathis, nouveau bar chic des Champs-Élysées », Le Figaroscope, 23 novembre 2015..
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Élisabeth Quin, Bel de nuit, Gérald Nanty, 2007, Éditions Grasset.
Articles connexes LGBT à Paris
Liens externes
« Dîner "Bel De Nuit" », émission 93, faubourg Saint-Honoré de Thierry Ardisson, INA/youtube.com, avril 2007 « Dîner "Oiseaux de Nuit" », 93 faubourg Saint-Honoré, youtube.com, 2006
Catégorie:Naissance en mai 1938 Catégorie:Naissance à Fontainebleau Catégorie:Décès en décembre 2010 Catégorie:Décès à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Personnalité française du monde de la nuit Catégorie:Monde de la nuit à Paris Catégorie:Décès à 72 ans