La pandémie de Covid-19 atteint la Papouasie-Nouvelle-Guinée en . En date du , le pays compte identifiées comme ayant été contaminées, dont 173 morts et cas actifs, mais les chiffres réels, impossibles à estimer, sont beaucoup plus élevés. Les huit premières personnes atteintes, en mars et avril, sont toutes guéries début mai au plus tard. Une seconde vague de contaminations, bien plus importante, atteint le pays en juin, et les premiers décès ont lieu en juillet. Le nombre de contaminations s'accélère en , dû principalement aux communautés transfrontalières le long de la frontière avec l'Indonésie, difficile à contrôler, puis poursuit son accélération en .

La propagation rapide du virus au sein de la population début 2021 est aggravée par la désinformation sur la pandémie de Covid-19 qui circule sur les réseaux sociaux. De nombreuses personnes ne croient pas en l'existence ou en la gravité du virus et refusent d'appliquer les comportements-barrière ; beaucoup refusent également les vaccins. La mort de personnes atteintes de la Covid-19 est parfois attribuée à la sorcellerie, provoquant des actes violents de vengeance contre de présumés sorciers. De nombreux personnels de santé étant atteints par la maladie et les hôpitaux étant débordés, la propagation de la Covid-19 rend par ailleurs plus difficile la lutte contre d'autres maladies infectieuses très présentes dans le pays, telles que la tuberculose et la malaria "Papua New Guinea Covid-19: Mistrust fuels crisis as infections rise", BBC News, 3 mai 2021.

Premières mesures Durant le courant du mois de , le gouvernement annonce des vérifications sur les passagers en provenance de Chine continentale, mais cette annonce est peu suivie d'effet. Le , le ministre de l'Immigration Westly Nukundj annonce que la Papouasie-Nouvelle-Guinée refoulera désormais tout arrivant dont le port d'origine se trouve en Asie. Dans le même temps, la Papouasie-Nouvelle-Guinée ferme jusqu'à nouvel ordre sa frontière terrestre avec l'Indonésie. Le ministère de la Santé fait valoir que des mesures drastiques sont nécessaires car le pays, pauvre et sous-développé, est mal équipé pour faire face à une pandémie "PNG to ban all travellers from Asian countries as it steps up response to coronavirus outbreak", Australian Broadcasting Corporation, 29 janvier 2020.

Le , le pays suit l'exemple de l'Australie et de la Nouvelle-Zélande et interdit l'accès à son territoire national à toute personne qui n'est ni citoyenne, ni résidente permanente, à compter du , faisant exception pour les médecins et conseillers étrangers pouvant aider le pays à lutter contre le virus "Papua New Guinea Airline Air Niugini bans International Passengers", Papua New Guinea Today, 19 mars 2020.

Premier malade recensé, et nouvelles mesures Le , le Premier ministre James Marape annonce le premier cas de malade confirmé dans le pays. Il s'agit d'un Australien de , ouvrier dans le secteur minier, arrivé en Papouasie-Nouvelle-Guinée depuis l'Espagne et placé en quarantaine à son arrivée puis testé positif au virus durant son confinement à Lae. Le Premier ministre indique que les autorités suivent l'état de santé de dix personnes qui ont été en contact avec le patient. Il encourage les écoles et les églises dans le pays à fermer pour éviter les rassemblements "PNG Confirms first Case of Coronavirus-COVID-19", Papua New Guinea Today, 20 mars 2020. Le patient est transféré en Australie, et les quinze personnes identifiées comme ayant été en contact avec lui en Papouasie-Nouvelle-Guinée sont testées pour le virus, se révélant toutes ne pas avoir été contaminées. Le gouvernement décrète néanmoins un état d'urgence de deux semaines, restreignant les déplacements et les rassemblements publics "Negative tests for people in contact with PNG's confirmed case", Radio New Zealand, 28 mars 2020. Des campagnes d'information publiques promeuvent la distanciation sociale et le lavage fréquent des mains "Social distancing not catching on easily in Bougainville", Radio New Zealand, 31 mars 2020.

Le , un groupe de personnes attaque et pille des commerces tenus par des personnes d'origine asiatique à Lae, leur reprochant la pandémie et donc les mesures de restriction prises dans le cadre de l'état d'urgence "Covid-19: Angry looters target Asian shops in PNG", Radio New Zealand, 6 avril 2020.

Le , une patiente hospitalisée en isolement en raison d'une « maladie respiratoire grave » dans la province de Nouvelle-Bretagne orientale est révélée comme étant atteinte du virus. Il s'agit d'une citoyenne papou-néo-guinéenne de , native de la province et résidant à Kokopo. Le gouvernement annonce que les entrées et sorties de la province seront restreintes pendant trois semaines "PNG's East New Britain in lockdown after second Covid-19", Radio New Zealand, 7 avril 2020 "PNG's second COVID-19 case confirmed", Loop PNG, 7 avril 2020. L'apparition du virus suscite l'inquiétude du personnel de santé. Certains membres du personnel de l'hôpital où se trouve la patiente refusent de poursuivre leur travail, faisant valoir le manque de protections. Plus généralement, le pays ne compte que quelque 500 médecins pour plus de sept millions d'habitants. Les hôpitaux, et plus encore les cliniques rurales, manquent grièvement d'équipements ; des cliniques n'ont pas de désinfectants, pas de gants pour le personnel, et manquent de médicaments "'We have nothing': Papua New Guinea's broken health system braces for Covid-19", The Guardian, 10 avril 2020. Le pays compte quelque lits d'hôpital et seulement une quinzaine de respirateurs artificiels "'We were behind the eight ball': Papua New Guinea's health minister on Covid-19", The Guardian, 29 avril 2020. Anticipant une propagation du virus, le gouvernement ouvre le un centre de traitement spécialisé à Port Moresby, la capitale "PNG opens Covid-19 centre", Radio New Zealand, 11 avril 2020.

La Banque mondiale fournit mi-avril quelque PGK 70 M (€ 18 M) pour financer un laboratoire équipé à Port Moresby, des fournitures médicales dont le matériel nécessaire pour d'éventuels patients en soins intensifs, des équipements de protection pour le personnel de santé (dont des masques et des gants), et une campagne d'information et de prévention à la population par télévision, radio, médias sociaux et SMS "World Bank commits to Papua New Guinea’s fight against COVID-19", Banque mondiale, 14 avril 2020.

Nouveaux patients et mesures supplémentaires mi-avril Le , les autorités annoncent que cinq personnes supplémentaires ont été identifiées comme étant contaminées par le virus. L'une, une femme de , est une employée du service des douanes à l'aéroport de Port Moresby, chargée de tester les personnes et les biens entrant dans le pays. Trois des autres personnes atteintes sont un homme, une femme et un garçon âgé de dans la province de l'Ouest, tous trois membres de communautés transfrontalières à la frontière entre l'Indonésie et la Papouasie-Nouvelle-Guinée ; ils auraient été contaminés en Nouvelle-Guinée occidentale, du côté indonésien de la frontière, ou bien par des Papous d'Indonésie étant entrés en Papouasie-Nouvelle-Guinée. La cinquième personne testée positive est un homme de en Nouvelle-Bretagne orientale, un collègue de la femme déjà hospitalisée pour le virus dans cette province. En réponse à ces nouveaux cas, le gouvernement promet un millier de tests dans la province de l'Ouest et un millier également dans la péninsule de Gazelle en Nouvelle-Bretagne orientale. Toutes les personnes ayant été en contact avec l'employée des douanes à Port Moresby, dont le Premier ministre lui-même, sont ou seront également testées. Le , le gouvernement instaure un couvre-feu entre 20h et 6h dans le district de la capitale nationale, dans la province centrale (qui entoure la capitale) et dans la province de l'Ouest, ainsi qu'une interdiction de tout rassemblement public et la fermeture des transports publics dans ces parties du pays "Five COVID-19 cases confirmed today", Loop PNG, 16 avril 2020 "PNG scrambles to contain Covid-19 as prime minister tested for virus", The Guardian, 17 avril 2020.

L'endiguement de la pandémie est compliquée par la difficulté à contrôler la frontière terrestre du pays avec l'Indonésie, longue de , à la fois par manque de moyens humains et parce que bon nombre de communautés le long de la frontière ne reconnaissent pas celle-ci, la traversant régulièrement « pour des raisons commerciales et culturelles ». La province indonésienne de Papouasie a recensé cent-vingt-trois cas de personnes contaminées par le virus en date du , dont une soixantaine dans les villes de Jayapura et Merauke, proches de la frontière avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée. Les autorités papou-néo-guinéennes craignent ainsi une contamination importante par ce biais, et renforcent du mieux possible le contrôle de la frontière "Pandemic exposes weakness of PNG's border security", Radio New Zealand, 24 avril 2020.

Le , les autorités annoncent que le premier patient, citoyen australien rapatrié en Australie, est guéri "PNG confirms new Covid-19 cases", Radio New Zealand, 17 avril 2020.

Le , une huitième personne est identifiée comme étant contaminée : une femme de dans la province des Hautes-Terres orientales. Elle avait été prise en charge dans un centre médical deux semaines plus tôt, souffrant de fièvre, de douleurs et de difficulté respiratoire. Dans le même temps le chef de l'opposition parlementaire, Belden Namah, demande au gouvernement de lever le couvre-feu, affirmant que la fermeture des lieux de socialisation devrait suffire pour le maintien de la distanciation sociale "PNG registers 8th confirmed covid-19 case", Radio New Zealand, 23 avril 2020.

Au , le ministère de la Santé indique que quatre des huit patients (dont l'Australien rapatrié) sont guéris "Covid-19 Pandemic", ministère de la Santé, 30 avril 2020. Dans le même temps, le gouvernement annonce qu'un citoyen papou-néo-guinéen identifié comme atteint par le virus alors qu'il se trouvait au Laos, et hospitalisé dans ce pays, est lui aussi guéri "PNG mine worker in Laos has recovered from Covid-19", PNG Post-Courier, 30 avril 2020.

Situation en mai Le , le gouvernement annonce que les quatre dernières personnes confirmées comme ayant été atteintes par le virus en sont désormais guéries elles aussi. Seuls deux (dont l'Australien) avaient eu besoin d'être hospitalisées ; les six autres ne présentaient que des symptômes « légers ». Les autorités appellent néanmoins la population à rester vigilante et à continuer de respecter les mesures de précaution, d'autant que la contagion continue de s'étendre dans la région indonésienne de Nouvelle-Guinée occidentale voisine de la Papouasie-Nouvelle-Guinée "PNG COVID-19 update in May", Papua New Guinea Today, 3 mai 2020.

Situation en juin Mi-juin, il n'y a pas eu de nouveaux cas détectés, mais l'obligation de quarantaine pour les personnes entrant dans le pays est maintenu, et les autorités estiment que la Papouasie-Nouvelle-Guinée demeure vulnérable "Papua New Guinea joins countries free of COVID-19", Papua New Guinea Today, 12 juin 2020.

Le , un nouveau cas est révélé. Il s'agit d'un ressortissant étranger résidant à Port Moresby, âgé de et arrivé dans le pays en janvier. Il est placé en isolement "An expatriate in Port Moresby confirmed positive to Covid-19", Post-Courier, 20 juin 2020. L'Australie révèle que l'homme est un citoyen australien, membre des Forces armées australiennes "ADF member in Papua New Guinea tests positive for COVID-19", Sky News Australia, 21 juin 2020. Il est rapatrié en Australie lorsque son état de santé le permet "10th Covid-19 case confirmed", Loop PNG, 24 juin 2020.