Les vitraux de la cathédrale de Quimper sont un ensemble de verrières anciennes et modernes qui décorent les fenêtres de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.
Les vitraux anciens composent un ensemble ancien particulièrement riche ; cependant, cet ensemble apparaît au visiteur du gravement mutilé : toutes les verrières basses anciennes ont été perdues ; quant aux verrières hautes, une grande part d'entre elles est, au moins en partie, ancienne, mais les restaurations menées depuis le , très lourdes, rendent difficile la distinction entre les éléments anciens et modernes. La plupart des verrières anciennes conservées, au moins en partie, remontent aux travaux du . L'ensemble des vitraux des parties hautes ont été déposés en 1942, puis reposées dans les années 1950-1960.
Aux vitraux anciens s'ajoute un programme riche de verrières commandées au et au aux plus importants maîtres verriers : la cathédrale possède ainsi des vitraux de Lobin, Steinheil, Emile Hirsch, Eugène-Stanislas Oudinot, Claudius Lavergne, Hubert de Sainte-Marie, Jacques Gruber...
Les baies sont présentées conformément à la numérotation du , c'est-à-dire portant un numéro à trois chiffres dont le premier (ou son absence) renseigne sur le niveau de la baie, les deux autres localisant la baie dans l'édifice : 0 étant la fenêtre basse d'axe, 1 celle immédiatement à gauche, 2 celle immédiatement à droite, et ainsi de suite.
Les verrières anciennes
Verrières du chœur Les verrières hautes du chœur ont été exécutées vers 1415-1417, alors que les voûtes du haut chœur étaient en voie d'achèvement. Il subsiste assez peu de panneaux intacts de cette période, mais le programme iconographique demeure lisible : la baie axiale figurait un Calvaire autour duquel s'alignaient des saints abrités par des niches d'architecture figurée, accompagnés de donateurs clercs (au nord) ou laïcs (au sud). Ces donateurs ont choisi leur saint, d'où des redites dans le programme ; en outre, ils avaient initialement fait figurer leurs armoiries au tympan des verrières. Ces parties ont été perdues par vandalisme en 1793. Le Calvaire de la verrière d'axe ainsi que les deux fenêtres immédiatement latérales, abîmées, sont remplacées par le maître-verrier Julien-Léopold Lobin en 1856. En 1866, Antoine Lusson restaure les verrières des travées droites ; il n'intervient guère sur celles du nord, encore en bon état, mais change de nombreux panneaux des baies méridionales. Après ce travail de restauration, les vitraux de Lobin juraient, et Lusson est chargé de les remplacer par des copies des anciennes, dont certains panneaux étaient conservés à la cathédrale ; le Calvaire de Lobin est installé par la suite à l'église Saint-Idunet de Châteaulin. Quant aux panneaux anciens, ils demeurent probablement dans le fonds d'atelier Lusson jusqu'à la mort de son successeur, Pierre-Georges Bardon, en 1905. Ils sont alors dispersés, la Crucifixion est remontée dans la chapelle du château de Castelnau-Bretenoux, tandis que les autres éléments, plus fragmentaires, transitent dans des collections normandes avant de parvenir à Paris où ils sont aujourd'hui conservées en mains privées. Les verrières ont fait l'objet d'une nouvelle restauration en 1989-1993 par les ateliers Le Bihan, pour les verrières nord, et Messonet, pour les verrières sud.
Baie 103 La baie 103, qui ouvre le mur nord de la dernière travée droite avant le sanctuaire, est composée de trois lancettes surmontées d'un tympan à six ajours. Les lancettes accueillent les saints Paul, Jean Baptiste et Pierre dans des niches particulièrement imposantes au-dessus desquelles s'ébattent des séraphins. Au tympan, les ateliers Le Bihan ont remplacé les anges musiciens inspirés de l'Arbre de Jessé de la cathédrale d'Autun d'Antoine Lusson par des copies en 1992.
Baie 104 La baie 104 est située juste en face de la précédente et a la même composition : trois lancettes et un tympan à six ajours. Dans les lancettes, les saints Hervé, Gicquel (ou Judicaël) et Ronan occupent des dais plats et présentent chacun un couple de donateurs, qui portent des vêtements aux armes de la famille du Juch ; il y avait probablement parmi eux Hervé du Juch ou son fils Henri, capitaines de Quimper à l'époque de la création du vitrail. Le tympan présente des anges musiciens du , sur le même modèle qu'en face. L'ensemble de cette baie a été très lourdement restauré au , et ne subsistent des panneaux médiévaux que les dais et les vêtements armoriés des personnages de la lancette centrale.
Baie 105 La baie 105 est située juste à gauche de la baie 103, dans l'avant-dernière travée droite du chœur. Composée de quatre lancettes surmontées d'un tympan à douze ajours, elle a été donnée par un évêque de Quimper sur lequel les spécialistes ne s'accordent pas : soit Gatien de Monceaux, soit Bertrand de Rosmadec. Les lancettes figurent, de gauche à droite, sainte Catherine, un saint évêque non identifié présentant un donateur évêque vêtu d'une chape bleue, saint Guénolé et la Vierge à l'Enfant. Le tympan, refait au , est habillé d'un décor végétal.
Baie 106 Située en face de la précédente, la baie 106 a la même composition. Les lancettes abritent un saint diacre non identifié, portant une chape verte ; sainte Madeleine ; saint Barthélemy ; sainte Catherine. Le saint diacre présente un donateur, un chevalier non identifié ; Madeleine présente une donatrice dont le vêtement présente les armes des familles du Juch et Botigneau ; Barthélemy présente un donateur dont le vêtement est orné des armes de Pratanras ; enfin, sainte Catherine présente une donatrice traditionnellement identifiée comme Catherine de Botigneau.
Baie 107 La baie 107 ouvre le mur nord de la troisième travée droite du chœur. Elle compte quatre lancettes surmontées par un tympan à dix ajours. Les parties inférieures des lancettes montrent des socles qui portent des armoiries : ces écus sont restitués d'après des modèles de Le Men pour ceux de quatre chanoines, Pierre du Quenquis, Jacques Buzic, Olivier de l'Hostellerie et Jean de Tréanna. Au-dessus, des niches aux dais arrondis accueillent les saints Jean Baptiste, Pierre et Paul et la Trinité souffrante.
Baie 108 Juste en face de la précédente, la baie 108 est composée, comme elle, de quatre lancettes et d'un tympan à dix ajours. Elle pourrait avoir été donnée par un membre de la famille de Tréanna. Les niches figurées dans les lancettes abritent quatre saints non identifiés, qui présentent des donateurs. Les saints sont un évêque, un homme barbu avec un étendard, un autre évêque, et enfin un diacre. Les donateurs sont deux chevaliers, un personnage qui pourrait être un seigneur de la famille de Botigneau, puis un seigneur de la famille de Tréanna. Le tympan est habillé d'un décor végétal.
Baie 109 La baie 109, percée dans le mur nord de la deuxième travée droite du chœur, est composée de quatre lancettes surmontées d'un tympan à dix ajours. Les lancettes accueillent sainte Catherine, sainte Marguerite, saint Maurice et saint Georges. Il n'y a pas de donateurs, mais sainte Marguerite et saint Georges sont tous deux accompagnés de leur dragon.
Baie 110 En face de la précédente, la baie 110 a la même composition. Les lancettes accueillent un saint évêque non identifié avec une donatrice, saint Jean l’Évangéliste avec un chevalier identifié comme Jean de Botigneau, saint Jean Baptiste présentant un chevalier portant les mêmes armes que le précédent, et la Vierge à l'Enfant avec une donatrice dont le vêtement porte les armes des familles de Botigneau et de Tréanna. La verrière a sans doute été donnée par la famille de Botigneau.
Baie 111 Située juste à gauche de l'entrée du chœur, la baie 111 est composée de quatre lancettes et d'un tympan fait de trois quadrilobes entourés d'écoinçons. Les verrières accueillent saint Antoine, saint Jacques le Majeur, une sainte martyre non identifiée et une Vierge à l'Enfant. La sainte martyre présente un chanoine, vêtu d'un surplis blanc et d'un manteau bleu clair. Comme ailleurs, le tympan est orné de décors végétaux.
Baie 112 Juste en face de la précédente, la baie 112 a quatre lancettes qui accueillent saint Jacques le Majeur, une sainte Anne trinitaire, un saint diacre ou moine non identifié, et sainte Catherine. Ils présentent des donateurs laïcs, sans doute des familles de Trémic et de Tréanna, qui ont offert la verrière.
Verrières du transept et de la nef Les verrières du transept et de la nef ont quant à elles été exécutées à la fin du , après l'achèvement de la construction de ces parties du monument. Les verrières ont plus souffert du passage du temps que celles du chœur et sont donc moins authentiques. Le choix iconographique d'une longue suite de portraits de saints sous des dais d'architecture a été maintenue, sauf dans les baies 116 et 127, cette dernière étant un remploi provenant peut-être d'une fenêtre basse. Malgré l'unicité du programme iconographique, le transept et la nef se distinguent du chœur par les coloris du vitrail, nettement plus soutenus à la fin du du fait de l'évolution des goûts et de la technique du vitrail. Les vitraux ont été restaurés par l'atelier Le Bihan en 1995.
Baie 113 Située dans le transept nord, la baie 113 est composée de cinq lancettes trilobées surmontées d'un tympan à 9 ajours. Dans les lancettes, des édicules gothiques décorés de damas abritent saint Corentin, saint Michel combattant, saint Maurice, saint Christophe, saint Jean Baptiste présentant le chanoine Jean Le Baillif, donateur de la verrière. Le tympan a été refait au ; on y voit des anges portant des phylactères, ainsi que d'autres phylactères nommant les personnages situés plus bas. Cette verrière pourrait être issue de l'atelier de Laurent et Olivier Le Sodec, le plus important de Quimper au début du , car elle présente des similitudes avec plusieurs de leurs productions : des vitraux de l'église de Plogonnec et d'autres de l'église Notre-Dame de Kerfeuteun de Quimper.
Baie 114 Située dans le transept sud, la baie 114 est quant à elle composée de quatre lancettes que surmonte un tympan à sept ajours. Les lancettes sont occupées par saint Pierre, saint Christophe avec un donateur, peut-être identifiable avec Christophe de Lézongar, sainte Marguerite présentant l'épouse de Christophe de Lézongar, une femme de la famille de Kermeno, et enfin saint Ronan présentant un troisième membre de la famille, tous abrités par des dais d'architecture dont ceux des trois premières lancettes sont d'origine. Saint Pierre et saint Ronan ont été largement refaits au , en même temps que le tympan où l'on voit des écus divers, dont ceux des familles de Lézongar et de Kermeno, ainsi que les armes de Bretagne.
Baie 115 Également située dans le transept nord, la baie 115 est composée de six lancettes que surmonte un tympan à onze ajours. Là encore, le tympan a été refait au : il présente la Trinité avec le Saint-Esprit sous apparence humaine, accompagnée de six anges portant des phylactères. En-dessous, les lancettes montrent saint Jean Baptiste, un chanoine donateur, une Vierge à l'Enfant, un autre chanoine donateur, saint Jean l’Évangéliste et saint Christophe. Cette verrière semble archaïque par rapport aux autres, et se rapproche stylistiquement de la grande verrière de la Passion de l'église de Locronan, produite vers 1476-1479. Elle pourrait avoir été réalisée à l'avance, plusieurs années avant son montage.
Baie 116