La pandémie de Covid-19 en république démocratique du Congo démarre officiellement le . À la date du , le bilan est de morts.

Chronologie de l'épidémie

Contexte et préparation La pandémie de maladie à coronavirus 2019 (Covid-19) est causée par une nouvelle souche de coronavirus, le SARS-CoV-2. Les personnes contaminées peuvent ressentir de la fièvre, avoir de la toux, et éprouver une gêne respiratoire pouvant évoluer, dans les cas les plus graves, en une détresse respiratoire aigüe mortelle. Ce virus émerge en dans la ville de Wuhan, en Chine. Après avoir atteint d'autres pays d'Asie, l'Iran puis l'Europe, la pandémie atteint le continent africain en , où un premier cas est enregistré en Égypte. Neuf autres pays sont touchés par la suite.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) exprime le , par la voix de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus, sa envers l'Afrique, et notamment l'Afrique subsaharienne, soulignant la faiblesse des systèmes de santé de la plupart des pays de cette région.

Depuis 2018, la république démocratique du Congo (RDC) combat la pire épidémie d'Ebola de son histoire, qualifiée d' par l'OMS. Début cependant (période où la présence du coronavirus commence à être documentée sur le territoire), les nouveaux cas d'Ebola détectés se font de plus en plus rares, et l'annonce officielle de la fin de l'épidémie est envisagée par les autorités pour le . La RDC combat également une importante épidémie de rougeole depuis plus d'un an, l'OMS ayant recensé contaminés, dont , notamment dans le nord du pays.

Le , alors qu'il n'y a pas encore de cas de Covid-19 confirmé, le ministre de la Santé, Eteni Longondo, annonce que tous les voyageurs provenant d'Italie, de France, de Chine, d'Allemagne, d'Irak et d'Iran devront être mis en quarantaine à domicile, et que ceux présentant des symptômes seront mis en isolement et pris en charge par le ministère.

L'état d'urgence sanitaire est décrété le par le président Félix Tshisekedi. Le confinement de la commune de La Gombe, centre administratif et commercial de Kinshasa, est décidé pour deux semaines à partir du .

Le virologue Jean-Jacques Muyembe, connu pour sa lutte contre le virus Ebola, dirige la cellule de riposte contre ce nouveau coronavirus.

Début de l'épidémie vignette|left|Conférence de presse du ministre de la Santé Eteni Longondo, le , pour annoncer l'identification d'un premier cas de Covid-19 en RDC. Un premier cas est identifié le à Kinshasa par l'Institut national de recherche biomédicale (INRB). D'abord annoncé comme étant un Belge, le ministre de la Santé, Eteni Longondo, annonce lors d'une conférence de presse qu'il s'agit en fait d'un Congolais de revenant de France. La RDC devient ainsi le pays d'Afrique à être touché par cette pandémie. De nouvelles mesures sont alors prises, et chaque personne voyageant en avion doit désormais remplir une fiche de renseignements avant d'être autorisée à débarquer.

Le , alors que la RDC compte trois cas de Covid-19 à Kinshasa, un Conseil des ministres extraordinaire est organisé, à l'issue duquel le président Félix Tshisekedi nomme le virologue Jean-Jacques Muyembe, qui est directeur de l'INRB et déjà connu pour sa lutte contre le virus Ebola, à la tête de la riposte contre le coronavirus.

Le , Félix Tshisekedi annonce la suspension de tous les vols provenant de pays à risque, et la fermeture de toutes les écoles et universités du pays.

Le , alors que la RDC compte de Covid-19, tous concentrés dans la capitale, le ministre de la Santé fait état d'un premier décès lié à cette maladie, survenu à Kinshasa. Bien qu'il ne révèle pas le nom de la victime, plusieurs médias estiment qu'il s'agit du directeur de cabinet de la ministre de l'Économie, Dédié Bandubola.

Le , deux cas suspects sont annoncés parmi les passagers d'un vol Congo Airways arrivé à Lubumbashi de Kinshasa. Le gouverneur de la province du Haut-Katanga, Jacques Kyabula Katwe, décrète alors un confinement total pour deux jours de toute la province. Les deux cas seront finalement testés « négatifs » quelques jours plus tard.

Le , le ministère de la Santé annonce une première guérison pour et deux décès.

État d'urgence décrété vignette|upright|Masques et produits désinfectants à Kinshasa. Le , dans la soirée, le président Félix Tshisekedi décrète l'état d'urgence au cours d'une allocution télévisée, ainsi que le confinement de la capitale, Kinshasa. Originellement prévu pour durer trois semaines à partir du , ce dernier sera finalement annulé.

Le , alors que le virus était jusqu'ici resté dans le centre-ville aisé de la capitale, Jean-Jacques Muyembe annonce qu'un premier cas a été identifié dans la province du Nord-Kivu. Carly Nzanzu Kasivita, gouverneur de la province, dément cette affirmation et indique qu'un cas a été découvert dans la province de l'Ituri, ce qui sera confirmé le par les autorités sanitaires.

Le , deux premiers cas sont enregistrés à Bukavu dans le Sud-Kivu. Le Denis Mukwege est mis à la tête de la riposte contre le coronavirus dans cette province.

Le , un premier cas est finalement confirmé au Nord-Kivu, dans la ville de Goma. Le , les autorités sanitaires annoncent avoir également découvert un premier cas à Beni (Nord-Kivu), point chaud de l'épidémie d'Ebola. Le même jour, Goma recense 2 nouveaux cas, dont une patiente revenue de Kinshasa. Les autorités du Nord-Kivu décident alors d'isoler Goma, Beni, ainsi que la ville de Butembo, du reste de la province du Nord-Kivu pendant deux semaines à partir du .

Le , le gouverneur de Kinshasa annonce de nouvelles mesures de confinement pour la capitale, qui ne toucheront finalement que la commune de La Gombe, centre administratif et commercial de Kinshasa, pendant deux semaines à partir du .

Le , un premier cas est enregistré à Idiofa dans le Kwilu, qui devient la cinquième province à être touchée par le virus.

Le , le Comité chargé de la riposte contre la Covid-19 annonce que l'épidémie est entrée dans une phase exponentielle à Kinshasa, et que le pic sera probablement atteint durant les deux premières semaines du mois de . Il alerte également sur un potentiel et dit si les efforts de préparation ne sont pas finis à temps.

La prolongation de l'état d'urgence sanitaire pour deux semaines supplémentaires est votée le par le Parlement.

Le , un premier cas est enregistré à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga.

En date du , le ministère de la Santé recense confirmés, dont et en RDC. La plupart des cas sont concentrés dans la capitale Kinshasa, d'autres cas ayant été documentés dans les provinces de l'Ituri, du Kwilu, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, Haut-Katanga, du Haut-Lomami, et de l'Équateur .

Lutte contre le virus Système de santé Touchée par une épidémie d'Ebola au Kivu depuis 2018, la république démocratique du Congo (RDC) semble mieux préparée qu'auparavant pour faire face à de nouvelles épidémies, notamment dans l'est du pays où de nouvelles habitudes ont été mises en place : tests de température aux frontières, remontée des cas suspects par les centres de santé, sensibilisation des communautés locales, formation du personnel de santé... Un nouveau laboratoire disposant d'infrastructures de pointe pour gérer les épidémies est également inauguré fin : situé au sein de l'Institut national de recherche biomédicale (INRB) de Kinshasa, il a été financé par le Japon. L'INRB sera d'ailleurs la structure qui réalisera la plupart des tests permettant d’identifier les malades du nouveau coronavirus en RDC.

Cependant, alors que des premiers cas ont été identifiés à Kinshasa depuis le , le virologue Jean-Jacques Muyembe (directeur de l'INRB et co-découvreur du virus Ebola en 1976) estime, dans une interview au journal français Le Monde publiée le , que la RDC n'est pas assez équipée pour faire face à cette pandémie, en dépit de sa préparation due à Ebola : . Il estime également que 10 % de la population pourrait être infectée, et que le système de santé est défaillant :

Le , trois jours avant que l'épidémie d'Ebola ne soit officiellement décrétée comme terminée, un nouveau décès lié à cette maladie est enregistré dans le territoire de Beni, marquant un regain de cette épidémie.

Le , le Comité chargé de la riposte contre la Covid-19 alerte sur un potentiel débordement des structures sanitaires durant les prochaines semaines du fait de l'afflux important de patients, l'épidémie devant s’accélérer jusqu'à atteindre son pic au début du mois de mai.

Selon le gynécologue et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, qui dirige la cellule de riposte contre la Covid-19 dans la province du Sud-Kivu, la jeunesse de la population congolaise serait cependant un atout face à la maladie, la plupart des complications mortelles touchant surtout les personnes âgées de plus de .

Gestes barrières vignette|upright|Distribution de gel hydroalcoolique avant l'entrée en classe (mars 2021). vignette|left|Femme soldat du contingent sud-africain de la MONUSCO se lavant les mains pour éviter de propager le virus (gestes barrières) le 29 mars 2020 à Beni (Nord-Kivu). Pour promouvoir les « gestes barrières » et les mesures d'hygiènes permettant de ralentir la propagation du virus, le gouvernement fait imprimer des affiches en français pour sensibiliser la population de Kinshasa (épicentre de l'épidémie). Beaucoup de Kinois ne parlant cependant pas cette langue, des brochures de conseils en lingala (langue locale) sont aussi distribuées à la population.

Les gestes barrières sont cependant peu appliqués, beaucoup d'habitants ne disposant pas d'eau courante (impossibilité de se laver les mains régulièrement) ou ne respectant pas la distance minimale d'1 mètre entre personnes (distanciation physique) notamment sur les marchés bondés. Le , le ministère de la Santé lance une chaîne de télévision pour sensibiliser la population, « MINSANTE TV », ainsi qu'un site web d'information, stopcoronavirus.cd.

Le , le Comité chargé de la riposte contre la Covid-19 alerte sur le relâchement important des mesures de distanciation physique à Kinshasa, et redoute une . Il recommande le port obligatoire du masque dans les lieux publics, notamment dans les transports en commun et sur les marchés. Le gynécologue et Prix Nobel de la paix Denis Mukwege, qui dirige la cellule de riposte contre la Covid-19 dans la province du Sud-Kivu, préconise également cette mesure. Le , les services du Premier ministre annoncent l'obligation du port de masques dans la capitale.

Traitement vignette|Le virologue Jean-Jacques Muyembe, nommé à la tête de la riposte contre l'épidémie en RDC. Le , le virologue Jean-Jacques Muyembe, qui dirige la riposte contre le coronavirus, annonce avoir choisi d'utiliser la chloroquine pour traiter les malades. Ce médicament antipaludique pourrait, selon certaines études internationales, servir contre la Covid-19, mais ne fait pas l'unanimité dans la communauté scientifique, son efficacité réelle étant remise en cause. Le même jour, dans son allocution télévisée décrétant l'état d'urgence, le président Félix Tshisekedi encourage à la production de chloroquine « en quantité industrielle ».

Le , Jean-Jacques Muyembe provoque la polémique en annonçant que la RDC s'est portée candidate pour tester un nouveau vaccin contre la Covid-19, certains Congolais refusant d'être considérés comme des . Face aux critiques, le docteur tente de rassurer la population le lendemain, en affirmant que le vaccin sera d'abord testé aux États-Unis, en Chine ou en Europe avant de l'être en RDC.

Début , le conseiller spécial du président, Vidiye Tshimanga, testé « positif » puis guéri du Covid-19, dénonce dans son témoignage la stigmatisation des malades et alerte sur le fait que de nombreux Congolais contaminés se cachent par honte d'avoir attrapé le virus.

Le , le ministre de la Santé, Eteni Longondo, annonce avoir réceptionné 1 million de comprimés de chloroquine, qui seront donnés gratuitement aux patients.