La tour de Ganne, ou simplement tour Ganne, est une ancienne tour fortifiée située à Grez-sur-Loing, dans le département français de Seine-et-Marne. Elle constitue les vestiges du donjon de l'ancien château médiéval, auquel on attribue le nom de château de Grez-sur-Loing. La tour se situe sur la rive gauche du Loing, à proximité de celui-ci.

La tour est classée aux monuments historiques, depuis le .

Domonymie

On retrouve plusieurs orthographes, dont Ganne, Gannes, Gal, ou Galles. Il s'agirait d'un surnom souvent attribué aux vieilles ruines de château. Il proviendrait, en fait, du latin gannum, signifiant « ridicule », ou ganea, signifiant « bouge ».

La tour portait déjà ce surnom à la Révolution lors de sa vente.

Historique

Construction Le roi Louis VI le Gros annexe la vicomté de Gâtinais, à la suite de la révolte de Foulques de Gâtinais. Il étend ainsi le domaine royal.

Ce fief médiéval passa par mariage au à la famille d'Aussy qui rendent plusieurs hommages aux rois de France, pour leur château de Grez-en-Gâtinais. Édifié dès le Moyen-Âge pour contrôler le passage sur le Loing, ayant un rôle défensif, le château contribue à la fortification des confins de l'Île-de-France (en Beauce et en Gâtinais récemment adjoints à la couronne de France) face à la Bourgogne et la Champagne. Il est mis en défense et restauré à la même époque que d'autres chateaux en gatinais. Yèvre le chatel devient Chatellenie Royale à la même époque ainsi que Moret. À l'époque médiévale, le château contribue à la protection du village en plus des quatre portes et du mur d’enceinte.

Exploitation vignette|Gravure Vestiges d'Antiquité en la petite ville de Grestz par Claude Chastillon, représentant la tour, vers 1600.

La cour de France étant nomade, l'édifice abrite notamment Blanche de Castille, qui y séjourne de nombreuses fois tout comme à Moret-sur-Loing et à l'abbaye du Lys. On atteste aussi les passages de Philippe IV le Bel et de Jean II le Bon. Le château devient une résidence royale au et , comme l'attestent les chartes et actes signés de ce lieu, apprécié des reines.

La majeure partie du château subit une destruction durant la guerre de Cent Ans en et . Il ne reste alors plus que le donjon.

On suppose que c'est dans ce donjon, que le , Louise de Savoie, mère de François , décède de la peste qui sévissait alors à Fontainebleau alors qu'elle fuyait vers Romorantin.

Démantèlement Le système de protection devenant déjà archaïque, la forteresse et les murailles sont supposément démantelées à partir du , sous le règne d'Henri IV ou à partir du . Cela laisse ainsi la cité ouverte. On peut apercevoir cet état sur une gravure de Cl. Chastillon, vers 1600, qui présente déjà une enceinte ruinée au pied du château.

À la Révolution, l'édifice, ayant appartenu au duc d'Orléans Philippe Egalité, est vendu comme bien national. De nos jours, les ruines restent entretenues dans un bon état de conservation.

Structure Le donjon, de forme quadrangulaire, mesure sur . Tout comme à Moret-sur-Loing, le donjon présente des mêmes dispositions de deux contreforts plats qui encadrent chaque angle. À la suite des destructions, ne subsistent aujourd'hui parmi les ruines, que le côté nord-ouest, une grande partie du côté sud-ouest, une partie minime du côté sud-est. Ainsi, on retrouve les angles nord, ouest et sud. On distingue aussi deux courts retours sur les murs manquants (côte nord-est et côté sud-est). Les murs du gros œuvre comportent une hauteur de deux étages et sont épais de 2,30 m. Ils sont composés de pierre calcaire à joints assez épais où figurent des trous de boulins ayant servi aux échafaudages lors de la construction. Les contreforts sont de pierre de taille assemblées à joints minces. Elles sont plus grosses et plus dures que ceux des murs.

Chaque face comporte deux ouvertures, rectangulaires à l’extérieur. On distingue une ouverture au seuil, près de l'angle nord, qui semblerait s'apparenter à une porte. Vers le contrefort de l'angle sud sont accrochées de pierres d'attente, dont on suppose une appartenance à une échauguette ou à des latrines, auxquelles on accède par l'angle du donjon.

On distingue l'amorce d'une tourelle extérieure adjointe au donjon sur le retour est de l'angle sud. Il pourrait s'agir de la tourelle d'accès. Celle-ci aurait abrité un oratoire dirigé vers l'Orient, et supposerait l'existence d'un dôme disparu de nos jours.

Le donjon est une tour circulaire dont il reste de vestiges.

Environs

Un parc de entoure la tour et les ruines. Peints par de nombreux artistes au , ces jardins ont été reconstitués tels qu'ils étaient quand Carl Larsson et Jean-Baptiste Camille Corot les ont peints. On retrouve aussi les jardins de la tour de Ganne dans la peinture de Kuroda Seiki.

Également située non loin du pont sur le Loing qui enjambe le Loing, la tour renferme à ses pieds une borne royale fleurdelysée numérotée « 36 ». Deux lavoirs restaurés datant du sont en outre disposés en contrebas du parc, dont l'un d'eux figure sur une toile d'Asai Chū, ainsi qu'une grange donnée à la ville par une dénommée Guillerat.

Représentations culturelles

+ Arts visuels Titre Illustration Type Auteur Date Remarques Vestiges d'Antiquité en la petite ville de Grestz Gravure Claude Chastillon Vers 1600 Le Donjon vu du Loing Gravure C. Sauvageot Pont de Grez-sur-Loing 200px Peinture Asai Chū 1902 Tour représentée au dernier plan, derrière les branches des arbres.

Références

Bibliographie

Annexes

Articles connexes Pont de Grez-sur-Loing Église Notre-Dame-et-Saint-Laurent de Grez-sur-Loing Liste des châteaux de Seine-et-Marne Liste des monuments historiques de Seine-et-Marne (ouest) Château de la Bouleaunière

Liens externes

Catégorie:Château en Seine-et-Marne Catégorie:Château monument historique (France) Catégorie:Monument historique en Seine-et-Marne Catégorie:Monument historique classé en 1907 Catégorie:Patrimoine du XIIe siècle Grez-sur-Loing Catégorie:Grez-sur-Loing