LEpte est une rivière française, affluent en rive droite de la Seine. Longue de 112,51 kilomètres, elle naît dans la Seine-Maritime, dans le pays de Bray, près de Forges-les-Eaux, et rejoint la Seine près de Giverny, dans l’Eure. La rivière marque la limite entre la Normandie et l'Île-de-France ; cette situation géographique a marqué profondément son histoire au Moyen Âge, avec la construction de toute une série de places fortes sur chacune de ses rives.

Histoire vignette|Vue du donjon du château de Gisors. Cette rivière forme la frontière historique entre la Normandie et la France, puis l’Île-de-France, depuis le traité de Saint-Clair-sur-Epte signé en 911 par Charles III le Simple et Rollon, chef vikingLe traité de Saint-Clair-sur-Epte et les limites territoriales du premier duché de Normandie sur entraideweb.org.. À l'occasion de cet accord, les aventuriers du Nord reçurent les territoires compris entre le cours de l'Epte et celui de la Dives, à savoir le Vexin à l'ouest de la rivière, désormais appelé Vexin normand, le Pays de Caux, le Roumois, l'ÉvrecinRégion d'Evreux, le terme est peu usité aujourd'hui., le Lieuvin et le Pays d'AugeD'autres traités permirent l'extension du territoire normand en direction du sud et de l'ouest : évêchés de Bayeux, de Sées et du Mans en 924, de Coutances et d'Avranches en 933.. La signature de ce traité donna lieu à un épisode cocasse, relaté par une chronique anonyme, dont fut victime le roi de France : Rollon refusant de baiser les pieds du souverain, pourtant son suzerainLe traité de Saint-Clair-sur-Epte..

Zone frontalière, la vallée de l'Epte se couvrit de mottes castrales surmontées de tours de surveillance, puis de châteaux forts ; quelque peu en arrière, une seconde ligne de forteresses servait de couverture en cas d'attaqueCertains historiens, comme André Châtelain, ont employé le terme de ligne Maginot médiévale. Voir son ouvrage, Châteaux forts et féodalité en Ile-de-France - s, p. 117.. Du côté normand, la première ligne de fortification s'organisait autour du puissant château de GisorsHistoire du château de Gisors. encadré par les ouvrages secondaires de Gournay-en-Bray, Neuf-Marché au nord, Neaufles-Saint-Martin, Dangu, Château-sur-Epte, Baudemont, et Gasny au sudGuide bleu Normandie, Hachette, éd. de 1988, p.352.. Ce premier rideau était complété par une seconde série de places fortes édifiées le long de la vallée de l'Andelle, à Radepont et à Douville-sur-Andelle, mais également par un réseau intermédiaire de forteresses : châteaux d'Étrépagny, de Lyons-la-Forêt et surtout des Andelys (le célèbre Château-Gaillard), tours de guet sur mottes à Hacqueville et à Longchamps. Du côté français, la ligne de défense s'appuyait sur les ouvrages militaires de Gerberoy, Trie-Château, Chaumont-en-Vexin, Courcelles-lès-Gisors, Boury-en-Vexin, Saint-Clair-sur-Epte et La Roche-Guyon, ce dernier près de la confluence de l'Epte et de la Seine.

La vallée de l'Epte et le Vexin furent ravagés pendant plus de deux siècles et demi (surtout entre 1087 et 1204) par des combats incessants, des pillages, des dévastations ; ce fut l'annexion de la Normandie au royaume de France par Philippe Auguste en 1204 qui amena la paix. La région n'en avait pas pour autant terminé avec les malheurs de la guerre car elle fut de nouveau ruinée par la guerre de Cent Ans qui, conjuguée à l'épidémie de peste noire, entraîna déclin démographique et déprise agricole. Sa reconquête définitive par les Français, en 1449, mit un terme à ces périodes sombres.

vignette|center|upright=2|L'étang aux nympheas de Claude Monet alimenté par un bras de l'Epte à Giverny.

Géographie thumb|L'Epte au moulin de Fourges. L'Epte prend sa source à Compainville, à côté de Thil-Riberpré et Serqueux, à quelques kilomètres au nord de Forges-les-Eaux (Seine-Maritime), au sud du Mont Bénard (), à .

Elle coule d'abord en direction du sud-est. Peu après Gournay-en-Bray, elle s'oriente vers le sud. À Gisors, elle prend brusquement vers l'ouest avant de reprendre la direction du sud à Beausséré (hameau de Courcelles-lès-Gisors). Par la suite, elle longe Saint-Clair-sur-Epte, Gasny et Giverny.

Sur la quasi-totalité de son parcours, elle marque la limite entre la Normandie, d'une part, et les Hauts-de-France et l'Île-de-France d'autre part, séparant d'abord la Seine-Maritime de l'Oise, puis, à partir de Bouchevilliers, marquant la limite de l'Eure avec successivement l'Oise, le Val-d'Oise et les Yvelines.

Elle conflue entre les communes de Limetz-Villez et Giverny avec la Seine à l'altitude 19 mètres, avec un bras au nord, qui la sépare de la commune de Sainte-Geneviève-lès-Gasny et, en face, de Port-Villez.

Communes traversées Dans les cinq départements de l'Eure, l'Oise, la Seine-Maritime, les Yvelines et le Val-d'Oise, l'Epte traverse quarante-trois communes (dans le sens amont vers aval) :

Compainville (source), Le Thil-Riberpré, Serqueux, Forges-les-Eaux, La Bellière, Saumont-la-Poterie, Haussez, Ménerval, Doudeauville, Dampierre-en-Bray, Gancourt-Saint-Étienne, Cuy-Saint-Fiacre, Molagnies, Saint-Quentin-des-Prés, Ferrières-en-Bray, Gournay-en-Bray, Saint-Germer-de-Fly, Ernemont-la-Villette, Saint-Pierre-es-Champs, Neuf-Marché, Bouchevilliers, Talmontiers, Amécourt, Sérifontaine, Bazincourt-sur-Epte, Éragny-sur-Epte, Gisors, Neaufles-Saint-Martin, Courcelles-lès-Gisors, Dangu, Boury-en-Vexin, Guerny, Saint-Clair-sur-Epte, Château-sur-Epte, Montreuil-sur-Epte, Vexin-sur-Epte Bray-et-Lû, Amenucourt, Gasny, Gommecourt, Sainte-Geneviève-lès-Gasny, Giverny et Limetz-Villez (confluence).

Toponymes L'Epte a donné son hydronyme à six communes : Bazincourt-sur-Epte, Château-sur-Epte, Éragny-sur-Epte, Montreuil-sur-Epte, Saint-Clair-sur-Epte, Vexin-sur-Epte. La forme ancienne du nom était Itta au , puis Epta en 1119. D'une racine pré-latine *itt- que l'on retrouve aussi dans Iton, affluent rive gauche de l'Eure.

Bassin versant

Organisme gestionnaire

Affluents L'Epte a vingt-et-un affluentsdix-neuf au SANDRE + deux en rajoutant la Morette non lié et le Cudron sur un bras et un bras référencés au SANDRE (de l'amont vers l'aval) : le ruisseau des Burettes (rg) 2,5 km sur les deux communes de Forges-les-Eaux et du Thil-Riberpré. le ruisseau de la Longue-Traine (rg) 3 km sur les deux communes de Forges-les-Eaux et du Thil-Riberpré. le ruisseau de Pont Bain (rd) 1,8 km sur la seule commune de Forges-les-Eaux. le ruisseau du Moulin Breteau (rg) 4,9 km sur les trois communes de La Bellière, Forges-les-Eaux et Longmesnil. le ruisseau de Saumont (rd) 3,4 km sur la seule commune de Saumont-la-Poterie. le ruisseau d'Halescourt (rg) 6,2 km sur les quatre communes de Gaillefontaine, Haussez, Pommereux et Saint-Michel-d'Halescourt. le ruisseau de Mésangueville (rd) (15 km) sur six communes et avec cinq affluents confluant à Dampierre-en-Bray le ruisseau des Rieux (rg) 6,9 km sur les quatre communes de Ferrières-en-Bray, Gournay-en-Bray, Hécourt et Saint-Quentin-des-Prés. le ruisseau d'Auchy (rg) 6,6 km sur les trois communes de Ferrières-en-Bray, Hannaches et Villers-sur-Auchy. la Morettenon lié sur le sandre mais référencé et vu sur Géoportail (rd) 10 km sur les quatre communes de Cuy-Saint-Fiacre, Elbeuf-en-Bray, Ferrières-en-Bray et Gournay-en-Bray, avec un affluent : le ruisseau du Mont-Louvet, 4,4 km sur les trois communes de Brémontier-Merval, Cuy-Saint-Fiacre et Elbeuf-en-Bray. le ruisseau de Goulancourt (rg) 7,9 km sur les quatre communes de Ferrières-en-Bray, Saint-Germer-de-Fly, Senantes et Villers-sur-Auchy, avec un affluent : le Fossé des Pères (rd) 2 km sur les deux communes de Saint-Germer-de-Fly et Villers-sur-Auchy avec un affluent : le ruisseau des Près de Hagron (rd) 2,6 km sur la seule commune de Villers-sur-Auchy. la Troesne (rg) (27 km) sur douze communes et deux départements avec cinq affluents et confluant à Gisors le Réveillon (rg) (11 km) sur six communes et deux départements avec un affluent et confluant à Gisors la Levrière (rd) (24 km) sur neuf communes et deux départements avec un affluent et confluant à Neaufles-Saint-Martin le ruisseau d'Hérouval (rg) 6,3 km sur les quatre communes de Boury-en-Vexin, Guerny, Montjavoult et Vaudancourt. l'Aubette de Magny (rg) (16 km) sur six communes et deux départements et confluant à Bray-et-Lû le ru de Chaussy (rg) 5,1 km sur les trois communes de Bray-et-Lû, Vexin-sur-Epte et Chaussy. le ru de Roconval (rg) 3,7 km sur les trois communes de Amenucourt, Vexin-sur-Epte et Gasny. le bras de l'Epte (rg) 0,7 km sur les deux communes de Guerny et Saint-Clair-sur-Epte avec un affluent : le ruisseau le Cudron (rg) 10 km sur les trois communes de Buhy, Parnes et Saint-Clair-sur-Epte.

Rang de Strahler

Hydrologie L'Epte présente un régime pluvial océanique typique avec un étiage estival et un maximum hivernal, son débit est modeste : /s à Gommecourt, à la confluence avec la SeineDébit de l'Epte à l'exutoire selon l'AREHN..

Comme la plupart des cours d'eau de l'extrémité ouest du bassin versant de la Seine, l'Epte est une rivière remarquablement régulière.

Climat

L'Epte à Vexin-sur-Epte Son débit moyen annuel, calculé sur 48 ans à Vexin-sur-Epte (de 1961 à 2008), est de /s pour une surface de , soit près de 95 % de la totalité du bassin.

La rivière présente un régime très régulier, avec de faibles fluctuations saisonnières de débit. Les hautes eaux sont hivernales et poussent les moyennes mensuelles à un niveau de 10,5 à /s de décembre à avril inclus. Les basses eaux d'été, d'août à octobre, restent confortables et caractérisées par une faible baisse du débit moyen mensuel, jusque /s au mois d'août.

Étiage ou basses eaux Aux étiages, le VCN3 peut chuter à /s, en cas de période quinquennale sèche, ce qui reste relativement fort élevé.

Crues Les crues sont généralement peu importantes mais nullement inexistantes. Ainsi le débit instantané maximal enregistré a été de /s le , tandis que la valeur journalière maximale était de /s le même jour. Le QIX 10 est de /s, le QIX 20 de /s et le QIX 50 de /s. Les QIX 2 et QIX 5 valent quant à eux respectivement 25 et /s. D'où il ressort que les crues de étaient cinquantennales.

Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin est de , un peu inférieure à la moyenne du bassin versant de la Seine (), mais nettement inférieure à la moyenne française (environ ). Le débit spécifique (ou Qsp) atteint de bassin.

Aménagements et écologie

L'Epte dans la peinture Parmi les localités arrosées par l’Epte figure Giverny, où le peintre Claude Monet vécut plus de quarante ans (de 1883 à 1926) et y aménagea un jardin aquatique, avec un étang aux nénuphars et son célèbre pont japonais, en faisant détourner un bras de l’Epte. La rivière figure dans plusieurs de ses œuvres, notamment la série des « Peupliers au bord de l’Epte »Site de la fondation Claude Monet à Giverny..Un autre peintre impressionniste, Camille Pissarro, a quant à lui vécu et peint à Éragny-sur-Epte (Tableaux sur Commons).

Fourges héberge depuis 2013 le Concours international de peinture grand format à Fourges, une des manifestations du festival Normandie impressionniste 2016Concours de peinture : l'art difficile du portrait Le Démocrate vernonnais, 22 juin 2016.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

André Châtelain, Châteaux forts et féodalité en Ile-de-France - s, éd. Créer, 1983. Darvil - Eriamel - Balland, L'Epte des Vikings aux Plantagenêts (t. 1): Le Sang de Rollon pour Saint-Clair coulera, AssorBD, 1987, Fichtre! Distribution. Darvil - Eriamel - Balland, L'Epte des Vikings aux Plantagenets (t. 2): Le Face à face des rois, AssorBD, 2000, Fichtre! Distribution. Yves Boisset, 1974, Un condé, film avec Michel Bouquet, Françoise Fabian, Gianni Garko, Michel Constantin au moulin de Fourges : scènes à partir de

Articles connexes la Liste de rivières de France la liste des cours d'eau de la Seine-Maritime la Seine