La première maison de Grasse connue sous ce nom a pour origine des seigneurs d'Antibes issus de Rodoard, qui reçut au la moitié de l'episcopatus, le temporel de l'évêché d'Antibes, après la reconquête de la Provence orientale sur les Sarrasins par Guillaume de Provence à laquelle il a participé.
Le nom « Grasse » est apparu au , il fut porté pour la première fois par le petit-fils de Rodoard : Guillaume Gauceran qui, dans une charte du , signa « Guillelmus de Grassa ». Cette première trace se trouve dans le Cartulaire de l’Abbaye de Saint-Victor de MarseilleCartulaire de l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille, Volume 1, Edited by Benjamin Edme Charles Guérard, Cambridge University press, 2010, page 22, Chartularium 16, « Dos Sancti Petri humus monasterii » : 15 octobre 1040 « Et Guillemus de Grassa dat unum mansum in combattu Antibolense… » présentation en ligne).Jean-Claude Poteur, Grasse au Moyen Âge, Pouvoir et lieux de pouvoir () Association Historique du Pays de Grasse, Castrum Alpes-Maritimes, Edition TAC Motifs des Régions Grasse 2014, Page 17 : Au XIe siècle, les membres de la famille de Grasse ne sont mentionnés que par leur prénom, ce qui est habituel pour des personnages de ce rang. Une exception notable est tout de même faite par Guillaume Gauceran à Marseille en 1040, où il choisit de se faire appeler Guillaume de Grasse.Ernest Hildesheimer, Histoire de Grasse et sa région, Edition Horvath 1984, Page 17 : Pour la première fois le nom de Grasse apparaît dans un texte le 15 octobre 1040 ... Guillaume de Grasse, ce personnage désigné ailleurs sous le nom de Guillaume Gauceran était le petit-fils de Rodoard.Gilette Gautier Ziegler, Archiviste- Paléographe, Histoire de Grasse au Moyen Âge 1155 - 1482, Édition Auguste Picard 1935, Page 6 : pendant toute la durée du XIe siècle, ... La ville restait aux mains des Seigneurs issus de Rodoard. Gauceran avait eu deux fils, dont l'un Aldebert, était évêque d'Antibes et dont l'autre, Guillaume Gauceran, s"intitulait prince d'Antibes, mais prenait aussi parfois le nom de Guillaume de Grasse.Émile Litschgy, Nos ancêtres les grassois, Édition TAC Motifs 1999, Page 42 : Ce Gauceran a deux fils, ... et Guillaume Gauceran qui signera un acte du nom de Guillaume de Grasse, ce sera ainsi pour la première fois que le nom de notre ville apparaitra dans l'Histoire.M. L. d'Armagnac Del Cer, Les vieux noms de la France méridionale et centrale, Édition L vieille France 1981, Page 455 : ... Rodoard, prince d'Antilles, père de Gauceran dont Guillaume Gauceran qui porta le nom de Grasse en 1040, .....
Des auteurs anciens relient à cette maison deux branches : la famille de Grasse subsistante au dont la filiation prouvée ne remonte pas au delà de 1341 et la famille de Grasse-Cabris, agrégée à la noblesse au et maintenue noble en 1667 sur preuves de 1560. Ces filiations contestées par d'autres auteurs ne sont pas reprises par les généalogistes contemporains.
Henri Jougla de Morenas indique que les armes d'or au lion de sable armé, lampassé, couronné de gueules attribuées dans la première salle des Croisades à Foulques de Grasse, chevalier croisé en 1096, sont également portées par la famille de Grasse subsistante, mais il ajoute que la filiation de cette dernière famille n'est établie que depuis 1341 avec noble Bertrand du Bar.
vignette|Armes de Foulques de Grasse Chevalier croisé en 1096première salle des Croisades|150px
Histoire Rodoard qui vivait au , en l'an 930Henri Jougla de Morenas, Grand armorial de France. Tome 4, page 215 » présentation en ligne)., est connu grâce à une charte du cartulaire de Lérins rédigée vers 1150Pierre Cosson, Les lointaines origines de la ville de Cannes, Serres 2000, page 108..
La généalogie des seigneurs d'Antibes, descendants de Rodoard qui ont pris le nom de Grasse peut être établie grâce aux documents contenus dans le cartulaire de l'abbaye de Lérins qui reçut de nombreux biens de cette famille, en particulier la charte CXXXII qui concerne la donation de Vallauris à l'abbayeCartulaire de l'abbaye de Lérin, charte CXXXII.
Elle a été donnée avec les références aux chartes du cartulaire de Lérins par le site de la Foundation for Medieval Genealogy..
Elle a été reprise par Jean-Pierre Poly dans La Provence et la société féodale (879-1166) qui précise les données patrimoniales de cette famille.
Toutefois, les cinq premiers degrés de la descendance de Rodoard sont appuyés sur des actes précis qui forment de solides chaînons. À partir du cinquième degré apparaissent des incertitudes. Les relations de père à fils entre deux personnes portant le même prénom ne figurent que comme de simples conjectures. Eugène Duprat (1872-1949), compte-rendu de l'ouvrage du Marquis de Grasse, Histoire de la maison de Grasse, publié dans Mémoires et bulletins (vol.11), Institut historique de Provence, Marseille, 1934, page 247 (présentation en ligne)..
Des auteurs ont donné la qualification de « comte d'Antibes » et « princes d'Antibes » à certains membres de cette famille.
Jean-François de Gaufridi écrit en 1723 dans son Histoire de Provence que sous Raoul VI, roi d'Arles (début du ) « quelques seigneurs se cantonnèrent dans leurs terres, et refusant de les reconnaître [les rois d'Arles et comtes de Provence ] pour leurs princes se rendirent eux-mêmes souverains. Ce furent les seigneurs des Baux, de Sault, de Grignan, de Castellane, d’Orange et d’Antibes ou Grasse. Ils se maintinrent dans ce haut rang, jusqu’à ce que les comtes s’étant fortifiés les réduisirent diversement à l’hommage »Jean-François de Gaufridi, Histoire de Provence, chez Charles Osmont, Paris, 1723 ( édition), tome 1, page 44.
Ernest Hildesheimer dans La Provence Historique écrit en 1958 à ce sujet : « A diverses reprises, parlant des seigneurs d'Antibes de la lignée de Rodoard, Mlle Fontana les appelle « comtes » d'Antibes. En fait, à l’époque envisagée, seuls les comtes de Provence portent un tel titre dans l’étendue de leur domaine. Si les textes emploient l'expression de comitatus d'Antibes, il s'agit, comme pour d'autres circonscriptions, d'un souvenir de l'ancien pagus Antipolitanus de l'époque carolingienne administré par un "comte", fonctionnaire royal. D'ailleurs jamais aucun des seigneurs d'Antibes n'est qualifié de comes. Une fois au moins apparaît la dénomination d'Antipolitani regni principeset ce terme de princeps qui nous semble aujourd’hui bien pompeux était alors donné à certains seigneurs qui précisément n’avaient pas le titre comtal ni vicomtal »Ernest Hildesheimer, compte-rendu sur Mireille Fontana, « La réforme grégorienne en Provence orientale », La Provence Historique, 1958, pages 171-172 ( présentation en ligne)..
Généalogie
Rodoard, seigneur d'Antibes Il vivait au , en l'an 930, nous connaissons son existence par une charte du cartulaire de Lérins rédigée vers 1150, où Rodoardus reçut le dominium medietatis Antipolitani episcopatus du comite ArelatensiMedlands note 2 : Cartulaire de Lérins, CXXXII, p. 119.. En récompense de son aide dans sa guerre contre les Sarrasins, les comtes d'Arles devenus comtes de Provence, partagèrent les terres conquises en fiefs. Rodoard reçut en 960 en alleu la moitié du diocèse d'Antibes qui correspondait approximativement à la rive droite du Var se trouvant dans l'actuel département des Alpes-Maritimes. Rodoard paraît une fois aux côtés du comte dans un acte avignonnais de 965. Marié à EldeiardaEliana Magnani, « Lérins dans la société féodale () », dans Mireille Labrousse, Eliana Magnani, Yann Codou, Jean-Marie Le Gall, Régis Bertrand et dom Vladimir Gaudrat, Abbaye de Bellefontaine, Histoire de l'abbaye de Lérins, ARCCIS (Association pour le rayonnement de la culture cistercienne), 2005 (Cahiers cisterciens. Des lieux et des temps, 9), et tableau généalogique (lire en ligne) donné par certains auteurs comme Alayarde, fille du comte d'Arles. Dont : Gauceran qui suit ; Guillaume Gruette ou « Petite Grue » (1004-1022/1033) religieux à l'abbaye de Lérins après la mort de sa femme. Quand il entre comme religieux, il a donné à l'abbaye de Lérins le quart d'Arluc (Saint-Cassien), un champ à Mougins, un autre à Loubet et confirme la donation du port de Cannes faite précédemment par lui. Son fils Pierre est présent à cette donationHenri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LXVIII, .. Souhaitant y être reçu comme moine, il a donné, devant l'abbé Garnier de l'abbaye de Lérins, en l'honneur de saint Mayeul, le quart du castrum Avionionensis situé à Mandelieu, sur lequel a été construite l'église Notre-Dame d'Avionionet par Lambert BarbetaSous la direction de Michel Fixot, Le site de Notre-Dame d'Avinionet à Mandelieu, Éditions du CNRS (Monographie du CRA ), Paris, 1990, et note 12 (lire en ligne). Remarque : la date de 990 donné dans le Cartulaire de l'abbaye de Lérins pour la charte III est critiquée car la donation est faite en l'honneur de saint Mayeul qui est mort en 994 et n'est reconnu comme saint qu'en 998/999.Henri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte III, .. Il eut d'une épouse inconnue : Pierre d'Opio (1022/1033-1089), moine à l'abbaye de Lérins, Accelène, mariée à Bérald de Mougins. Elle fit don à l'abbaye de Lérins de sa dot sur la terre de Vallauris. Aude ou Oda, mariée à N. Signerius ou Signier.
Gauceran (1022), seigneur d'Antibes (1022) Marié à Beliede de Salerne ou Belieldis de GameronHenri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte CVIII .. Il est nommé avec sa femme dans plusieurs chartes de donations. Il a reçu l'autre moitié de l'episcopatus de l'évêché d'Antibes. Il donne à l'abbaye de Lérins les terres de Pierrefeu, une partie de celles qu'il possède à Sartoux et de Mougins. Dont: Guillaume-Gauceran, qui suit ; Aldebert de Grasse (ca 1022-ca 1062), évêque d'Antibes. Il donna Vallauris à l'abbaye de Lérins le Henri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte CXXVI, . et Clausonne à l'abbaye Saint-Victor de Marseille, ainsi que tout ce qu'il possédait à Arluc (Saint-Cassien)Henri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LXVII, .. En 1035, avec son frère Guillaume Gauceran, il autorise l'abbaye de Lérins à recevoir les dons de leurs vassauxHenri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LXIX, .. En 1041, il donne à l'abbaye de Lérins tous les autels élevés ou à élever dans le comté d'Antibes n'appartenant pas à des églises paroissialesHenri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LCVII, .. Il donne l'église Saint-Félix de Clausonne à l'abbaye de LérinsHenri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte CVII, .; Maxime, mariée à Bertrand del Podio.
Guillaume-Gauceran (1028-1081/1083), seigneur d'Antibes Marié à Fida.
Guillaume Gauceran dans une charte du , signa « Guillelmus de Grassa ». Cette première trace du nom se trouve dans le Cartulaire de l’Abbaye de Saint-Victor de Marseille.
Vers 1040 Guillaume de Grasse construit son château sur le puy de Grasse et en 1078, une première église y est construite. Il souscrit aux donations de son père et de son frère. Il ajouta une portion de la terre de Mougins en donation à l'abbaye de Lérins en 1056Henri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LCIII, .. Avec sa femme, il a fait plusieurs autres donations à l'abbaye de Lérins répertoriées dans les chartes par Henri de Flammare (CXV à CXVIII). Il est marié à Fida dont il a : Raimbaud qui suit ; Geoffroi , évêque d'Antibes († 1078-1083). En 1078, il donne l'église Sainte-Marthe de Grasse à l'abbaye de LérinsHenri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LCVI, . ainsi que l'église de Mougins le Henri de Flammare, Cartulaire de l'abbaye de Lérins, 1885, charte LCV, .; Aldebert († 1093), abbé de Lérins (1044-1088), puis évêque d'Antibes (1089-1093).
Raimbaud de Grasse (1038/1062-1113)