Villefavard est une commune française située dans le département de la Haute-Vienne en région Nouvelle-Aquitaine. Elle a été le premier foyer du protestantisme en Basse-Marche depuis 1844.

Outre le bourg, la commune comprend plusieurs lieux-dits et hameaux, tels que la Solitude, les Clops, le Menieux.

Géographie vignette|center|Situation de la commune de Villefavard en Haute-Vienne. Localisation

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie entre 215 et Répertoire géographique des communes, publié par l'Institut national de l'information géographique et forestière, ..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Poitou-Charentes » et « Ouest et nord-ouest du Massif Central ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Magnac-Laval à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Villefavard est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bellac, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,4 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (75,4 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (56,2 %), forêts (21,8 %), zones agricoles hétérogènes (19,3 %), zones urbanisées (2,8 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies 58 odonymes recensés à Villefavardau Allée Avenue Bld Chemin Cours Impasse Montée Passage Place Quai Carrefour Route Rue Ruelle Autres Total 0 0 0 2 0 4 0 0 0 0 1 Carrefour du 19-Mars-1962 0 12 0 39 Voies en relation avec les nombreux lieux-dits et écarts du village 58 Notes « N » Sources : rue-ville.info & OpenStreetMap

Logement En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 152, alors qu'il était de 143 en 1999LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie..

Parmi ces logements, 53,9 % étaient des résidences principales, 44,1 % des résidences secondaires et 2,0 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 96,7 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 2,0 % des appartementsLOG T2 - Catégories et types de logements..

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 79,3 %, quasi constant par rapport à 1999 (78,0 %)LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation..

Risques naturels et technologiques Le territoire de la commune de Villefavard est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse) et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque particulier : le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Villefavard. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie.. 20,4 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (27 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain).. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fortDans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent : au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ; au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ; au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire...

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982 et 1999 et par des mouvements de terrain en 1999.

Risque particulier Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Selon la classification de 2018, la commune de Villefavard est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif..

Toponymie La première mention connue du village de Villefavard semble remonter à 1180 et se trouve dans le cartulaire d’Aureil sous la forme Villa Flavart (domaine de Flavard). L'un des témoins de la donation s'appelle Petrus Flavart. Dès 1315, la forme Villa Favardi (sans l) est attestée.

Au , Villefavard s’écrivait encore en deux mots « Ville-Favard ». La graphie « Ville-Favart » se rencontre également en 1831.

Au domaine dit « le Château » se dressait une forteresse. Elle était habitée par le sieur du Mosnard, écuyer de Villefavard. La famille de Rancon a sans doute bâti et possédé le château de Villefavard.

Le moulin de la mort dépendait du domaine seigneurial. Sur le nom, personne ne peut apporter de réponse, cependant, la légende dit qu’il aurait été habité par un meunier du nom de Lamort. Outre le moulin du Peyrat, celui de Villefavard était de loin le plus important.

Histoire Origine du village L’origine gallo-romaine du village est prouvée par la découverte d’un domaine de cette époque, sous forme de vestiges, découverte que l’on doit à MM. René Baubérot et Adrien Pommier. Ces restes ont été localisés à environ du temple, vers le bourg. Les restes de deux autres villas ont également été repérés près des hameaux de Trédevent et de Vérines.

La présence de tels vestiges gallo-romains fait supposer l’existence d’un domaine, non loin d’une ancienne voie romaine. Or à cette époque, et dès avant l’ère chrétienne, il était fréquent qu’un tel domaine soit connu sous le nom de son propriétaire ; on pourrait envisager que le nom de Flavard dérive du gentilice romain (nom de famille) Flavius, plutôt que de Flavinius, ce dernier nom ayant donné Flavignac. Cependant, pour Marcel Villoutreix, le type même du toponyme (composé villa + anthroponyme) date du Moyen Âge, après l'époque franque.

Un village protestant Avant la Révolution, Villefavard était une cure.

Pour avoir refusé de prêter serment à la constitution civile du clergé, décrétée par l'assemblée constituante le , le curé est emprisonné à Limoges et décède dans sa cellule.

Cette constitution fut condamnée par le pape Pie VI, et, du coup, de nombreux prêtres se mettent à rompre leur serment. Conseillé par des collègues, le curé de Villefavard réunit ses paroissiens, fidèles aux républicains, pour annoncer son reniement au serment. Les républicains, furieux, prennent d’assaut sa chambre et la tradition rapporte que les représentants de l’église doivent s’enfuir par la fenêtre. Les relations entre Villefavard et l'église romaine ont toujours été complexes. D'autre part, Villefavard avait été rattachée à la commune de Droux de 1816 à 1827.

Après le Concordat, le village se trouve privé de curé. Le maire, M. Vaugelade, nommé le , exprime l'espoir au curé de Droux d’obtenir un prêtre pour sa commune. Celui-ci réplique que jamais Villefavard n’aurait de prêtre à demeure… Cette réaction suscite la colère des villageois.

Sur le plan religieux, la commune sollicite une certaine autonomie. En 1831, arrive l'abbé Jean-Laurent Reb, membre de l'Église catholique française. Originaire de Strasbourg, il est assisté un mois après par le vicaire Vinot. Le de la même année, deux prêtres, dont un se prétendant vicaire général, se présentent chez le maire pour lui demander de renvoyer Reb. Le maire refuse.

En 1833, épuisé par son travail, Reb tombe malade. La commune s'investit pour lui trouver un remplaçant. Désigné par l’église catholique française, l’abbé Lhôte officie à Villefavard. En arrivant, il trouve un nouveau presbytère, construit à « la Solitude ». Persécuté par le clergé romain, après avoir reçu et lu l'Abrégé des controverses du pasteur Drelincourt, il embrasse le protestantisme et entraîne avec lui tout le village. La première réunion est présidée le , dimanche des Rameaux, par le pasteur Napoléon Roussel, et quelques mois plus tard les villageois transforment l'église en temple. En 1844, Villefavard était ainsi la capitale du protestantisme en Haute-Vienne.

De 1854 à 1856, le temple de Villefavard est fermé par les autorités, et les réunions protestantes interdites, comme dans le reste de la Basse-Marche. Douze instituteurs et institutrices sont suspendus. Les autorisations de réouverture sont refusées au motif de « l'ordre public » par les autorités, qui agissent en accord avec l'évêque de Limoges. Les assemblées se tiennent au Désert. Les écoles protestantes ne rouvrent qu'en 1861, et seulement pour les enfants de protestants.