Le Gendarme se marieCertaines sources font le choix d'écrire le mot « gendarme » avec une lettre minuscule, puisqu'il s'agit d'une phrase verbale : Le gendarme se marie. Exemple de source : Philippe Lombard, Louis de Funès à Paris, 2020, p.51 est un film comique italo-français réalisé par Jean Girault, sorti en 1968. Il s'agit du troisième des films du Gendarme de Saint-Tropez.

Après le succès rencontré par Le Gendarme de Saint-Tropez en 1964 et Le Gendarme à New York l'année suivante, une suite est naturellement lancée. Le film raconte les mésaventures du gendarme Ludovic Cruchot de la brigade de Saint-Tropez, qui noue une idylle avec Josépha, veuve d'un colonel de gendarmerie, laquelle place en lui de grandes ambitions, par la suite sources d'affrontements avec son supérieur l'adjudant Gerber. Le scénario permet à Louis de Funès d'explorer le genre de la comédie romantique, tout en étant plus fielleux que jamais.

Dans ce film, la brigade est composée de Louis de Funès, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Christian Marin et du duo Grosso et Modo. Nicole, la fille de Cruchot, est incarnée par Geneviève Grad pour la dernière fois. France Rumilly réapparaît en religieuse. Claude Gensac est introduite dans le rôle de Josépha, s'installant comme l'épouse attitrée des personnages de Louis de Funès. Le tournage a lieu à Saint-Tropez et ses alentours ainsi qu'aux studios de Billancourt ; il est perturbé par une longue grève déclenchée par les événements de mai 68.

Malgré un accueil partagé de la critique, dénonçant la trop grande place prise par la vedette au détriment de ses partenaires, le film est un triomphe commercial avec d'entrées en France. Un quatrième film, Le Gendarme en balade, voit le jour en 1970, suivi de deux autres au tournant des années 1980.

Synopsis thumb|Le modèle de Ford Mustang 1968 Cabriolet, de Josépha jouée par Claude Gensac. Le film débute un , date traditionnelle de départ en vacances en France.

Le maréchal des logis-chef Cruchot se voit confier une mission d'envergure afin de traquer les chauffards et les verbaliser. Cette opération s'avére pleine de surprises et d'imprévus. Notamment, l'opération se termine par la poursuite d'une conductrice se souciant peu des règles du code de la route, conduisant sa Ford Mustang décapotable avec fougue. Cette poursuite se termine devant la gendarmerie de Saint-Tropez.

La pimpante veuve du colonel de gendarmerie Lefrançois, Josépha, est l'intrépide conductrice de la belle décapotable. Elle vient se faire connaitre à la gendarmerie du lieu de son séjour estival et est accueillie fort civilement par l'adjudant Gerber, qui s'absente provisoirement. Cruchot arrivant sur ces entrefaites, tombe nez à nez avec la « chauffarde » dont il ignore l'identité. Il en profite pour la sermonner, puis pour la verbaliser. Au retour de son supérieur, qui lui fait aussitôt prendre conscience de sa méprise, il se voit remis sérieusement à sa place et doit se faire tout petit face à cette superbe femme aux relations puissantes.

Le « coup de foudre » s'opère aussitôt, d'autant que Josépha est ravie de faire la connaissance de la petite fille de Cruchot, la jeune Nicole, qui s'avère nettement plus âgée.

Bientôt, celle-ci n'hésite pas à pousser son nouvel amant à prendre du galon, en l'incitant à préparer le concours d'adjudant-chef, avec la complicité de Nicole. Il est soumis à un régime sévère garant d'un incontestable succès, au grand dam de l'adjudant Gerber qui vise lui aussi l'avancement.

Cruchot réussit l'examen et est promu adjudant-chef au regret de Gerber. Le règne de Cruchot prend vite fin lorsqu'une erreur dans les résultats est constatée. Gerber obtient le grade d'adjudant-chef. Celui-ci compte bien prendre sa revanche sur Cruchot.

Pendant ce temps, Fredo le Boucher, un dangereux bandit s'évade. Il se glisse dans un cours de danse, où se trouve Cruchot, pour échapper aux gendarmes. Cruchot, ne voulant pas être vu par ses hommes et ne reconnaissant pas tout de suite le bandit, tente de s'échapper avec lui, puis aide ses hommes à le capturer.

Désireux de se venger de Cruchot, Fredo utilise Josépha comme appât pour l'attirer. Gerber répond à l'appel à la suite d'une méprise. Fredo tente alors de s'enfuir vers la frontière avec Josépha en otage. Cruchot le prend en chasse et l'arrête.

Cruchot se marie avec Josépha, en même temps que Nicole avec l'un de ses amis.

Fiche technique Titre original français : Le Gendarme se marie ou Le gendarme se marie Titre italien : ou Réalisation : Jean Girault Réalisateur de la seconde équipe : Bernard Farrel Scénario et dialogues : Jean Girault et Jacques Vilfrid, sur une idée de Richard Balducci Assistants réalisateur : Tony Aboyantz, Christian Raoux, Jean-Noël Jourdanet Musique : Raymond Lefèvre (Éditions E.M.C.I) Photographie : Marcel Grignon. Pour la seconde équipe : Jean Tournier, Charly Willy-Gricha Cadreur : Jean-Paul Schwartz, assisté de Robert Fraisse et Bernard Grignon Son : René Sarrazin Seconde équipe : André Hervé, assistés de Fernand Janisse, Paul Pauwels, Juliette Toutain, Clo d'Alban, Roger Moise Montage sonore : Eva Zora, Annie Baronnet, Martine Barraqué Montage : Jean-Michel Gautier Décors : Sydney Bettex Costumes : Jacques Cottin, Rita Laffargue Effets spéciaux : Rémy Julienne, Michel Bernard, Jean Pécriaux Production : Gérard Beytout et René Pignères Sociétés de production : Société nouvelle de cinématographie (France), Medusa Distribuzione (Italie) Directeur de production : Paul Laffargue Séquences sous-marines : Paul de Roubaix, Didier Tarot, Henri Portail Équipement sous-marin : Piel - Postiches : Carita Distribution : Société nouvelle de cinématographie, Medusa Distribuzione Pays de production : - Langue originale : Français Format : Couleurs par procédé Franscope - 2,35:1 - Mono - 35 mm - Transparence Franstudio Tirage : Laboratoire Eclair à Epinay-sur-Seine Studios : Paris-Studios-Cinéma (Studios de Billancourt) Budget : de francs (soit environ en ) Genre : comédie policière, comédie romantique Durée : 92 minutes Date de sortie : France :

Distribution

Geneviève Grad : Nicole Cruchot, la fille de Ludovic Claude Gensac : Josépha Le François, plus tard Cruchot Mario David : Frédo le boucher, le malfrat Nicole Vervil : , épouse de l'adjudant Gerber est prénommée Cécilia dans le premier film, Gilberte dans Le Gendarme se marie et Germaine dans Le Gendarme et les Gendarmettes. Yves Vincent : le colonel examinateur lors du concours France Rumilly : sœur Clotilde Yves Barsacq : l'automobiliste Nicole Garcia : la jeune fille verbalisée Maurizio Bonuglia : l'ami de Nicole Bernard Lavalette : le professeur de danse Dominique Davray : la professeur de danse Jean-Pierre Bertrand : Eddie Claude Bertrand : le gendarme répondant au nom de Jean Ozenne : le préfet, présent à la commission de retrait du permis de conduire Robert Destain : le chef d'escadron, présent à la commission de retrait du permis de conduire Jacky Blanchot : le pilote de la vedette d’entraînement Rudy Lenoir : un candidat à l'examen Dominique Zardi : un autre candidat René Berthier : le capitaine, aide de camps du colonel Tave Frisch : une jeune fille (non créditée) Donatella Turri : une jeune fille (non créditée) Henri Guégan Jerry Calà : client du "Poster"

Production et réalisation Genèse et développement

Après Le Gendarme de Saint-Tropez (1964) et Le Gendarme à New York (1965), deux grands succès, le réalisateur Jean Girault, son co-scénariste Jacques Vilfrid, et leur partenaire Richard Balducci décident d'un troisième film dans lequel le personnage de Louis de Funès se marierait. Girault est d'ailleurs ravi de l'idée de plonger Louis de Funès dans une histoire d'amour. Dès 1966, des rumeurs évoquent l'idée de marier Ludovic Cruchot à une riche Américaine en villégiature à Saint-Tropez. Il est ensuite imaginé de lui faire épouser une veuve d'un colonel de gendarmerie, qui place en Cruchot de grandes ambitions, fondements du scénario. Pour être sûr que le sujet plaise aux amateurs de la série, Girault et Vilfrid lancent un sondage dans la presse, avec des résultats favorables pour un film où Cruchot se marie. Au détour d'un interview, en , lorsqu'il tourne Les Grandes Vacances, Louis de Funès révèle que l'un de ses projets à venir serait .. Vilfrid élabore les premières versions du scénario à partir de l'automne 1967. La vedette est déçue par le premier jet qu'elle juge et menace même d'abandonner le projet si un texte convenable ne lui est pas remis avant . En février, le scénariste hésite encore entre marier Cruchot à ou à une milliardaire américaine .

L'essentiel de l'équipe artistique et technique des premiers films revient, constituant au fil des tournages une sorte de « famille » qui aime se retrouver de film en film. Jacques Vilfrid écrit le scénario, avec son complice de toujours, le réalisateur Jean Girault. Girault et Vilfrid ont entretemps tourné Monsieur le président-directeur général (1966) avec Michel Galabru, Les Grandes Vacances (1967) avec Louis de Funès, et Un drôle de colonel (1968) avec Jean Lefebvre ; la société de production se désole d'ailleurs que ce dernier film retarde la mise en œuvre du troisième Gendarme. Richard Balducci, derrière l'idée originale du premier Gendarme, s'implique moins dans la conception de cette deuxième suite, ne posant que les bases... Les décors sont toujours de Sydney Bettex et la musique de Raymond Lefebvre. Succédant à Edmond Séchan, Marcel Grignon est engagé comme directeur de la photographie, après l'avoir été pour Les Grandes Vacances et deux Fantomas.

La production demeure assurée par René Pignères et Gérard Beytout, avec leur Société nouvelle de cinématographie. La SNC poursuit sa pratique de coproduction avec un partenaire européen, ici la société italienne Medusa. Le budget alloué au film, début mai, est de six millions de francs, l'associé italien participant à hauteur de . Les coproducteurs s'étaient d'abord entendus en mars sur un devis de cinq millions, avant de constater que , nécessitant une augmentation.. Alors que Mercedes ne peut répondre à la demande d'une luxueuse décapotable blanche, Ford France met à disposition une Mustang pour le personnage de Josépha, ainsi que de participation publicitaire.

La Gendarmerie nationale apporte à nouveau son concours à la production, essentiellement en prêtant ses locaux et ses hommes pour le tournage. Malgré les bons rapports de la production avec les autorités, ce qui devient une série de films est alors conspué par certains gendarmes, qui considèrent leur institution tournée en ridicule. Après Le Gendarme à New York, des gendarmes à la retraite lancent des pétitions, relayées par L'Essor de la Gendarmerie et de la Garde, pour interdire le tournage de nouveaux films du Gendarme de Saint-Tropez. Yvon Bourges, secrétaire d'État chargé de l'Information, répond officiellement qu'aucune interdiction de ces films n'est envisagée par le gouvernement. Dans un esprit d'apaisement, un message d'avertissement est présenté avant le générique :

Attribution des rôles Louis de Funès retrouve son personnage du gendarme Ludovic Cruchot, le rôle qui l'a, en 1964, tardivement propulsé à cinquante ans au rang de vedette comique et champion du box-office. Son emploi du temps chargé en 1966 et 1967 a repoussé la mise en chantier de la nouvelle suite.. En trois ans depuis le deuxième Gendarme, la vedette est parvenue à décupler sa popularité avec les triomphes de La Grande Vadrouille (1966), Oscar et Les Grandes Vacances (1967). Jouissant d'une autorité nouvelle de par sa puissance commerciale, le comédien a pratiquement mis en scène Le Grand Restaurant (1966).. Outre son Gendarme, il a également sorti un troisième Fantomas, Fantomas contre Scotland Yard. Son statut lui a valu des expériences désagréables sur les tournages d’Oscar, Le Tatoué et Le Petit Baigneur.