Le collectif 50/50 (ou collectif 5050 pour 2020) est une association française dont le but est de promouvoir l’égalité des femmes et des hommes et la « diversité sexuelle et de genre »dans le cinéma et l’audiovisuel. Il commande pour cela sur des études chiffrées, concernant notamment les inégalités salariales ou la proportion de femmes dans les métiers de la production cinématographique.

Créé en à l’initiative de l'association féministe Le Deuxième regard et d’une quinzaine de réalisatrices, productrices et distributrices, le collectif est également à l'origine des Assises sur la parité, l’égalité et la diversité dans le cinéma et des États généraux contre le harcèlement et les violences sexuelles. Il porte trois chartes d'engagement pour la parité, la « diversité » et l'« inclusion » signées par plus de 150 festivals, les principales organisations professionnelles françasies et par une quarantaine d'entreprises d’édition-distribution de films et d’exploitation cinématographique. En 2019, le collectif met en ligne la Bible 50/50, un annuaire des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel listant les profils jugés trop peu visibles.

À sa création, il rassemble 300 professionnels, dont Jacques Audiard, Virginie Despentes, Marina Foïs, Céline Sciamma, Rebecca Zlotowski. Il en compte en fin d'année 2019. Il est co-présidé par Julie Billy, Sandrine Brauer et Laurence Lascary jusqu'en 2022, puis par Séraphine Angoula, Clémentine Charlemaine, Margaux Lorier et Lahoucine Grimich.

Historique Création du collectif alt=Laurence Lascary|vignette|La productrice Laurence Lascary, co-présidente du Collectif 50/50 jusqu'en 2022. L'association Le Deuxième Regard est créée en 2013 par Delphyne Besse et Bérénice Vincent, exportatrices et Julie Billy, productrice. Ce réseau de professionnelles du cinéma mène des actions visant à bousculer les « stéréotypes de genre » (notamment par l'organisation d'avant-premières..) et est à l’origine de la .. Pour ouvrir le mouvement, les fondatrices du Deuxième Regard se tournent vers les réalisatrices Céline Sciamma, Rebecca Zlotowski et les productrices Judith Nora et Priscilla Bertin.

Rapidement, une première réunion est organisée en , rassemblant les sept fondatrices et une quarantaine de personnes, dont Tonie Marshall, Caroline Benjo, Adèle Haenel, Bénédicte Couvreur, Iris Brey, Stéphanie Gavardin.

C’est le , à l’occasion des César du cinéma et parallèlement à l'opération #MaintenantOnAgit, que le collectif se lance en appelant à créer un collectif mixte sous le nom de « Collectif 50/50 pour 2020 ». Il avance trois arguments :

Marqué par la volonté de « mener la bataille des chiffres », il publie en même temps deux études sur la parité dans la réalisation et dans le palmarès des César.

Il est rapidement rejoint par 300 personnalités du secteur dont les cinéastes Jacques Audiard, Virginie Despentes, les acteurs Pierre Deladonchamps, Adèle Haenel, Léa Seydoux et Marina Foïs, les productrices Marie-Ange Luciani et Caroline Benjo, ainsi que des distributeurs, scénaristes et autres professionnels du cinéma comme l'agente artistique Élisabeth Tanner..

Premières actions Montée des marches et première charte alt=La montée des marches exclusivement féminine du Festival de Cannes 2018|vignette|La montée des marches exclusivement féminine du festival de Cannes 2018. Le Collectif 50/50 mène ses premières actions lors de l’édition 2018 du festival de Cannes en rassemblant sur les marches, pour dénoncer « le plafond de verre » dans le monde du cinéma. Dans le même temps, le collectif publie une nouvelle étude sur la place des femmes dans la compétition du festival et lance la avec la signature des trois festivals de la Croisette.. Dans les mois qui suivent, la charte est paraphée par les directions de la Mostra de Venise, du festival d'Annecy, de Toronto et de la Berlinale..

Il est à l'origine avec la fondation Time's Up de la montée des marches exclusivement féminine organisée avant la projection de Les Filles du soleil d'Eva Husson, la première des trois femmes en lice pour la Palme d'or cette année là....

Quatre-vingt-deux femmes, dont Cate Blanchett, la présidente du jury et Agnès Varda, lauréate de la Palme d'honneur en 2015 réclament dans le cinéma... Dans leur discours, elles mettent au défi les gouvernements et les pouvoirs publics .. Le nombre fait référence à celui des films réalisés par des femmes invités à concourir en sélection officielle depuis la première édition du festival en 1946.

Premières assises et mesures phares Au mois de , le collectif organise avec le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) et le ministère de la Culture les premières Assises pour la parité, l'égalité et la diversité. Elles sont marquées par l'annonce par Françoise Nyssen de six mesures concrètes pour favoriser l'égalité entre les femmes et les hommes dans le cinéma dont la création du bonus du CNC qui entre en vigueur en janvier l'année suivante..

Le , l’association Le Deuxième Regard est renommée en Collectif 50/50.. Le collectif est coprésidé par Delphyne Besse, Julie Billy et Laurence Lascary et compte une quinzaine de personnes dans son conseil d'administration selon Sandrine Brauer..... Ses premières actions sont remarquées et il reçoit en janvier le Trophée de la personnalité de l'année 2018 lors des Trophées du Film français. Le prix est décerné par les lecteurs et internautes du magazine..

En , le collectif participe aux troisièmes Rencontres internationales des femmes dans l’animation à Annecy et y présente son étude sur la place des femmes dans l’animation.

En novembre, les secondes assises voient les signatures de deux nouvelles chartes pour l’inclusion « dans le cinéma et l’audiovisuel » et « dans les sociétés d'édition-distribution de films et d'exploitation cinématographique », la publication de la Bible 50/50, annuaire des professionnels du cinéma et de l'audiovisuel et le lancement d'un appel à la création d'États généraux..

En fin d'année 2019, le collectif compte .

En , le collectif est à l'initiative des États généraux contre le harcèlement et les violences sexuelles.

Crise à la suite d'une présomption d'agression sexuelle en 2022 À la suite d'une plainte pour agression sexuelle déposée par la comédienne Nadège Beausson-Diagne contre la productrice Juliette Favreul., l’une des membres du conseil d’administration, le collectif traverse en une crise qui entraîne la démission du conseil d'administration au cours d'une assemblée générale très mouvementée.. Juliette Favreul est immédiatement mise en retrait et suspendue de toutes ses activités au sein du collectif, elle.fr, 28 avril 2022..

Les faits se seraient produits le , dans un appartement d’un membre de l’association, dans le de Paris, au cours d'une soirée réunissant plusieurs membres du collectif. Dans sa plainte, déposée le au matin, Nadège Beausson-Diagne relate avoir subi une agression sexuelle de la part de Juliette Favreul« J’étais en jupe, elle a mis alors sa main sur ma cuisse gauche et l’a remontée jusqu’à mon sexe, avec la volonté de me pénétrer, mais mon collant l’en a empêchée, même si j’ai clairement senti son doigt. Je suis restée figée deux ou trois secondes, puis j’ai pris sa main et l’ai repoussée violemment. ».

L'ensemble du conseil d'administration démissionne le mercredi .

Après un an de procédure, Juliette Favreul est relaxée le par le tribunal judiciaire de Paris« Une ancienne responsable du Collectif 50/50 relaxée d’une accusation d’agression sexuelle », Le Monde du ..

Renouvellement du conseil d'administration Le Collectif 50/50 élit des nouveaux bureau et conseil d'administration le . Ils sont composés de « personnalités de l’ombre du cinéma ». L'association est coprésidée par Séraphine Angoula, consultante en stratégie de développement, Clémentine Charlemaine, déléguée générale de l'association Cinéma pour tous et la productrice Margaux Lorier.

Les chartes d'engagement Le collectif est à l'origine de trois chartes d'engagement.

Charte pour la parité et la diversité dans les festivals de cinéma Les festivals signataires s'engagent à fournir des statistiques genrées, en particulier sur le nombre de films soumis à sélection, de publier la liste des membres des comités de sélection et programmateurs et enfin de s'engager sur un calendrier de transformation des instances dirigeantes pour parvenir à la « parfaite parité ». Thierry Frémaux, Paolo Moretti et Charles Tesson pour le Festival de Cannes, la Quinzaine des réalisateurs et la Semaine de la critique, sont les premiers signataires de la charte en ..

En , ont signé la charte dont le festival international du film de Locarno, la Berlinale, la Mostra de Venise, le festival du film de Sydney et le Festival du film d'animation d'Annecy..... Pour la productrice Sandrine Brauer, ..

Charte pour l’inclusion dans le cinéma et l’audiovisuel alt=Rebecca Zlotowski en 2013|vignette|redresse|La réalisatrice Rebecca Zlotowski, présidente de la Société des réalisateurs de films et membre du Collectif 50/50. La charte est proposée à la signature aux associations et syndicats de directeurs de casting, réalisateurs, agents d’artistes, scénaristes et producteurs. Les signataires s'engagent à favoriser la « diversité » de la société française au travers d’actions concrètes à tous les stades de la production cinématographique et audiovisuelle. Elle est inspirée par linclusion rider, une clause contractuelle qui permet aux acteurs d’exiger un certain niveau de « diversité » sur un tournage...

Présentée à l'occasion des secondes Assises pour la parité, l'égalité et la diversité en , la charte a été signée par les principales organisations professionnelles. : Association des directeurs de production (ADP) Association des responsables de distribution artistique (ARDA) Scénaristes de cinéma associés (SCA) Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD) Société des réalisateurs de films (SRF) Syndicat des producteurs indépendants (SPI) Syndicat français des agents artistiques et littéraires (SFAAL) Union des producteurs de cinéma (UPC) Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA)

Charte pour la parité et la diversité dans les sociétés d'édition-distribution de films et d'exploitation cinématographique Elle est proposée aux entreprises d’édition-distribution de films et d’exploitation cinématographique. En la signant, elles s’engagent à promouvoir la parité et la « diversité » dans la diffusion cinématographique et au sein de leurs équipes. Elles doivent fournir des statistiques genrées sur les films et la structure du personnel, favoriser la diffusion des films réalisés par des femmes et lutter entre autres contre les stéréotypes.

Présentée lors des secondes assises en , la charte a été signée par une quarantaine d'entreprises dont Carlotta Films, Haut et Court, Jour2Fête ou encore Pyramide Distribution...

Les études Le collectif 50/50, qui souhaite commande régulièrement des études chiffrées.

La parité derrière la caméra La première étude réalisée par le collectif s’intéresse à la parité entre les réalisateurs entre 2006 et 2016.. Elle clame notamment que sur cette période, seulement 23 % des personnes ayant réalisé au moins un film seraient des femmes et qu’un film sur cinq serait réalisé par une femme. D’autre part, le budget moyen des films de fictions réalisés par des femmes serait inférieur de 36 % à celui de ceux réalisés par des hommes.

1976-2017 – Les César alt=Portrait de Tonie Marshall|vignette|redresse|Tonie Marshall, alors unique réalisatrice à avoir reçu le César de la meilleure réalisation et membre du collectif.