Le régiment des gardes françaises est un régiment d'infanterie de la maison du roi de France créé en 1560 par Catherine de Médicis pour assurer la garde du roiA. Communay, Les Gascons dans les armées françaises, , Revue de l'Agenais, 1894, tome 21 (lire en ligne).. Durant la Révolution française, le régiment est licencié par le roi après avoir pris fait et cause avec les révolutionnaires. Les soldats et officiers s'engagèrent alors dans la garde nationale soldée de Paris qui forma les 102, 103 et régiments d'infanterie ainsi que les et bataillons de chasseurs et les et divisions de gendarmerie nationale à pied.

Création et différentes dénominations

1560 : création d'une garde à pied française à partir d'une compagnie de Philippe Strozzi. : création du « régiment de la garde du roi » à partir de cinq enseignes de chacun des régiments de RichelieuA. Communay, Les Gascons dans les armées françaises, , Revue de l'Agenais, 1894, tome 21 (lire en ligne). et CharryA. Communay, Les Gascons dans les armées françaises, , Revue de l'Agenais, 1894, tome 21 (lire en ligne)., dissous. 1566 : il est renommé « régiment de Strozzi », le régiment n’assurant plus la garde du Roi. 1566 : le régiment de la garde du roi est licencié. 1569 : création du régiment des gardes françaises. 1573 : le régiment est supprimé. 1574 : le régiment des gardes françaises est rétabli. : dissolution du régiment.

Colonels et mestres de camp

1560 : François III du Plessis seigneur de Richelieu : Jacques Prévost, sieur de Charry : Philippe Strozzi : N de Montlezun de Cosseins : Louis de Béranger, seigneur du GuastLouis de Béranger, seigneur du Guast (1540-1575).Bérenger du Guast avait eu un régiment de son nom dès 1571. : Philippe Strozzi : Antoine de Brichanteau, marquis de Nangis : Louis de Berton, dit chevalier de Crillon : Charles de Créquy 1621 : Charles de Blanquefort de Créquy-Canaples (1573-1638), fils du précédent ambassadeur à Rome lors de l'affaire avec le pape en 1633, nommé ensuite ambassadeur auprès de Venise. : Jean marquis de Rambures : Antoine de Gramont III, comte de Guiche : François d’Aubusson duc de La Feuillade : Louis François de Boufflers duc de Boufflers : Antoine de Gramont duc de Guiche : Louis Antoine Armand de Gramont duc de LouvignyLouis Antoine Armand de Gramont duc de Louvigny fils ainé de Antoine de Gramont duc de Guiche et de Marie-Christine de Noailles est né le 20 mars 1688 et décédé à Paris le 16 mai 1741. Il porta successivement les noms de « comte de Louvigny » jusqu'en 1710, de « duc de Louvigny » jusqu'enl720, et de « duc de Guiche » jusqu'en 1725. Il a été colonel des gardes françaises (1717), brigadier des armées du roi (1718), gouverneur et lieutenant général de Navarre et pays de Béarn et ville de Bayonne, maréchal de camp (1727), lieutenant général (1734) et colonel des gardes françaises (1717-1741). : Louis Antoine duc de Gramont : Louis Antoine de Gontaut duc de Biron : Louis Marie Florent, duc du Châtelet

Historique des garnisons, combats et batailles du régiment Les origines (1560-1563)

C'est en 1560, après la conjuration d'Amboise, que commence l'histoire du célèbre corps qui pendant plus de deux cents ans porta le nom de gardes françaises.. Jusque-là les rois de France n'avaient guère confié la sûreté de leur personne qu'à des gardes nobles, c'est-à-dire à cheval, ou à des hommes de pied étrangers, Écossais ou Suisses. Ainsi une conspiration de la noblesse conduisit Catherine de Médicis à remettre à une troupe roturière le soin de veiller autour de son fils François II.

Cette première garde à pied française ne fut composée que d'une seule enseigne1 enseigne également appelée bande (voir Bandes françaises) comporte 500 hommes. et eut pour capitaine d'abord François III du Plessis seigneur de Richelieu, prévôt de l'Hôtel, puis quelques mois plus tard Philippe Strozzi, un condottiere italien, cousin de Catherine de Médicis.

Première guerre de Religion

Au début de l'année 1561, quand François duc de Guise tenta, sous les murs d'Orléans, le premier essai d'organisation régimentaire de l'infanterie, en partageant en trois corps distincts, commandés chacun par un mestre de camp, les gens de pied de l'armée royale, cette compagnie de Philippe Strozzi fut versée dans le régiment de Richelieu et participa ainsi, en 1562 et 1563, aux principaux actes de cette première guerre civile, qui furent la bataille de Dreux et les sièges de Rouen et d'Orléans.

Après la paix d'Amboise, en 1563, la reine-mère, ayant pris l'engagement de casser les régiments récemment formés et de les réduire en compagnies, songea à augmenter la garde à pied de son fils. Cette garde était, en effet, à peu près la seule force dont elle pût disposer, les autres troupes d'en deçà les monts étant, d'après les constitutions de l'armée, sous la dépendance absolue du colonel-général François de Châtillon, seigneur d'Andelot, et par conséquent à la disposition des plus mortels ennemis de Catherine et de son fils.

Les Anglais étaient maîtres du Havre qui leur avait été livré par Louis de Bourbon prince de Condé pendant les troubles de l'année précédente, et qui avait construit des fortifications en vertu du traité d'Hampton Court. La paix d'Amboise ayant rendu un moment de calme au royaume et de raison aux partis, ceux-ci se réunirent dans la patriotique pensée de reprendre le Havre aux étrangers. Le siège de cette place fut entrepris au mois de juillet et on y appela les régiments de Richelieu, de Sarlabous aîné, de Charry, d'Hémery et de Rieux, conservés provisoirement sur pied pour cette opération. La garnison anglaise capitula le , et la reine, profitant habilement de la victoire, après avoir établi dans le Havre quelques bandes de Sarlabous, s'empressa de casser les régiments, ainsi que cela avait été convenu, et congédia gracieusement les gentilshommes qui, la plupart, n'avaient pas revu leurs manoirs depuis deux ans.

Ce fut dans ce village de Saint-Romain-de-Colbosc où la cour coucha le même jour, que Catherine de Médicis, libre de toute entrave, réunit à la compagnie de Strozzi, qui jusque-là avait seule composé toute la garde à pied française du roi, 3 autres compagnies du régiment de Richelieu, et 4 compagnies du régiment de Charry, et en forma un corps de 8 enseignes, dont elle donna le commandement au mestre de camp Jacques Prévost, sieur de Charry.

Régiment de Strozzi et garde à pied française du roi (1563-1569) Guerres de Religion

La première marche de la nouvelle garde fut un triomphe. Son premier service fut de participer à une grande solennité royale et de protéger un coup d'État. La reine, avant de rentrer à Paris, dont le parlement lui inspirait de la méfiance, s'arrêta à Rouen et y fit déclarer le son fils Charles IX majeur par le parlement de Normandie, quoique ce prince n'eût pas alors quatorze ans accomplis. Les grands comprirent la valeur du coup qui venait de leur être porté et ne tardèrent pas à laisser paraître leur mécontentement. Brantôme indique, en parlant de la garde, . Le mestre de camp Jacques Prévost, sieur de Charry, étranger aux intrigues des factions, fut la première victime de l'humeur des mécontents. Il est assassiné sur le pont Saint-Michel le . Philippe Strozzi succède alors à Charry en qualité de mestre de camp de la garde, et augmente celle-ci en 1565 de deux compagnies nouvelles, ce qui porte la force du corps à 500 hommes.

Une réconciliation fut traitée, en 1566 à Moulins, entre les princes de la maison de Guise, d'une part, les Montmorency et les Coligny de l'autre, et Catherine, pour faciliter ce rapprochement, promit de supprimer les dix enseignes de la garde du roi après sa rentrée à Paris. Mais Catherine, qui ne se fiait guère à la sincérité de leurs protestations, trouva moyen d'éluder en partie sa promesse. Les deux compagnies de Cadilhan et de La Mothe furent seules supprimées. Celles de Gohas l'aîné et de Sarrieu partirent, la première pour la Champagne et la seconde pour la Picardie, d'où elles revinrent plus tard pour servir de noyaux aux deux régiments qui portèrent les noms de régiment de Picardie et régiment de Champagne. Les six autres compagnies des gardes furent mises en garnison, la compagnie de Strozzi à Calais ; celle de Cosseins à Montreuil ; Iromberry à Péronne ; Noualhan à Boulogne ; Gohas jeune à la citadelle de Péronne et Forest à Doullens. Toutes devaient se tenir constamment prêtes à marcher sur Paris au premier ordre.

Le régiment que, vers ce temps, on voit appelé indifféremment régiment de Strozzi et régiment de Picardie, du nom de son mestre de camp et de celui de la province où il était cantonné, ne resta pas longtemps éloigné de la cour. Le prince de Condé et l'amiral de Coligny avaient entrepris d'enlever le roi. Le , Charles IX fut attaqué sur le chemin de Meaux à Paris, et il ne leur eût pas échappé sans la bravoure des Suisses de Louis PfifferLouis Pfiffer ( ?-1594) de Lucerne..Pendant cette marche dangereuse, on avait pu mesurer l'étendue de la faute qu'on avait commise en consentant à l'éloignement des gardes. À peine arrivé à Paris, Charles IX qui se voyait bloqué dans sa capitale, donne commission à Philippe Strozzi pour exercer la charge de colonel-général à la place de François de Coligny d'Andelot et lui enjoint de ramener les compagnies des gardes auprès de sa personne avec tout ce qu'il pourra tirer des bandes de la Picardie et de la Champagne.

Le prince de Condé et l'amiral de Coligny, prévenus de ces mesures, veulent s'y opposer et détachent Isaac de Vaudray de Mouy avec pour barrer le passage aux gardes. Mouy les rencontre entre Abbeville et Amiens. Cette troupe, réduite à 400 hommes au plus, « mais composée de vieux soldats choisis, la plupart qui avoient commandé, ou dignes de commander, » marchait serrée, entourée de toutes parts de chariots qui lui servaient de remparts mobiles. Mouy, malgré son intrépide valeur fut intimidé par cet le mâle contenance et n'osa pas attaquer; il se contenta de faire harceler les gardes par ses chevau-légers, espérant ainsi les attirer hors de leurs barricades ; mais ils ne tombèrent point dans le piège et continuèrent leur marche, abattant à coups d'arquebuses ceux qui venaient les insulter de trop près. À huit lieues de Paris, la cavalerie protestante abandonna la partie sans avoir pu les entamer. Cette marche d'une poignée d'hommes, pendant trente lieues de plaine, au milieu d'une cavalerie numériquement triple, fut justement admirée à une époque où l'infanterie était encore loin d'avoir établi sa supériorité.

Arrivé à Pontoise, Strozzi ayant appris que la route lui serait encore barrée vers Saint-Denis et Argenteuil, se décide à aller passer la Seine à Poissy et gagne « dextrement » Paris par la rive gauche du fleuve. Il y fut bientôt rejoint par Sarrieu et Gohas, et se trouva à la tête de qu'il logea dans le faubourg Saint-Martin puis le roi créa six compagnies supplémentaires.

Quelques jours après, le , eut lieu la bataille de Saint-Denis, où les de Strozzi formaient l'aile droite de l'armée royale et occupaient la plaine entre la Villette et Aubervilliers. On sait que le centre et la gauche, composés de bourgeois parisiens , furent d'abord enfoncés par la cavalerie des princes. Les calvinistes criaient déjà victoire... mais ils poursuivirent trop loin les bandes qu'ils venaient de vaincre. L'aile droite de l'armée royale, restée intacte, fit un mouvement de conversion à gauche, les prit en flanc et les rejeta en désordre au-delà de Saint-Denis. Strozzi suivit les débris des troupes protestantes jusqu'aux confins de la Lorraine et revint ensuite à Paris, où ses bandes prirent leurs quartiers.