La villa des Roses est située sur la commune d'Asnières-sur-Seine, dans le département des Hauts-de-Seine, en région Île-de-France.
La villa des Roses est indissociable de la ville d'Asnières car les familles Rancy et François Bidel sont liées à l'histoire de la ville d'Asnières. Non seulement ils y établirent leur hôtel particulier, mais ils disposaient d'un chapiteau proche de la Seine, rue de Châteaudun, où ils faisaient hiverner leurs animaux.
Ce chapiteau servit pendant le premier conflit mondial, alors que l'activité des spectacles tournait au ralenti, de centre de dressage de chiens pour l'Armée.
Certains animaux de la ménagerie furent enterrés au cimetière des Chiens.
Dès 1883, une rue d'Asnières fut baptisée du nom de François Bidel.
Toute la famille repose dans le caveau familial Rancy/Bidel au cimetière d'Asnières-sur-Seine. Un caveau pour le moins original puisqu'il était surmonté d'une statue grandeur nature d'un lion assis. Statue malheureusement récemment volée. La devise de la famille y est inscrite : Leo inter leones.
Localisation Cette propriété était mitoyenne de celle du célèbre malletier Louis Vuitton, laquelle a en partie disparue dans les années 1980 à la création du groupe LVMH.
Elle se situe sur une voie créée en 1860 au nord de l’ancienne propriété de la princesse Palatine et du baron de Prony. C’est le qu’elle prit la dénomination de « rue de la Comète » Archives de la ville d'Asnières..
La propriété, dans le cadre du plan d’occupation des sols (POS) révisé de la ville d’Asnières-sur-Seine, figure à l’annexe « patrimoine et paysage. » À ce titre, elle fait partie des édifices protégés et mis en valeur dans le plan local d’urbanisme (PLU) PLU de la ville d'Asnières..
La propriété est incluse dans les « balades urbaines » organisées par le service tourisme de l’hôtel de ville d’Asnières-sur-Seine Office du tourisme d'Asnières. Bulletin Asnières info..
Les VMF, (Vieilles maisons françaises) ont octroyé leur label à la Villa des roses. Ce label « VMF Patrimoine historique » est décerné à des édifices non protégés au titre des monuments historiques, mais dignes d’intérêt pour l’histoire de l’art. Il vise à attirer l’attention du grand public sur ces lieux de qualité et celle des administrations intéressées en vue de l’obtention d’une protection nationale.
Histoire Le temps des Rancy et des Bidel thumb|300px|La villa des Roses. thumb|Mascaron.|300px thumb|Le perron.|300px thumb|300px|Tête de lion. Cette propriété située au 13, rue de la Comète à Asnières-sur-Seine, est le reflet de deux célèbres dynasties du monde du cirque du : la famille Rancy et la famille Bidel.
Théodore Rancy (1818-1892) est un héritier d’une longue lignée de saltimbanque. Il fut rendu célèbre par ses spectacles équestres.
Il triomphe le au cirque national des Champs-Élysées. Le tsar Nicolas le sollicita pour donner à son seul profit des représentations au cirque impérial de Saint-Pétersbourg, dont la première eut lieu le La Magie du cirque : les Rancy de 1785 à nos jours de J. Rancy. . Le , il fut invité par le vice-roi d'Égypte, Ismaël Pacha, à organiser les festivités pour l’inauguration du canal de Suez. Il inaugura le cirque du Caire le . Il mourut le . Il laissa cinq enfants, dont son fils Alphonse Rancy, qui avait épousé le à la mairie d’Asnières Jeanne Bidel, la fille de François Bidel.
François Bidel (1839-1909) vignette|Papier à lettre d'Alphonse Rancy.|alt=|300x300px Il fut le plus fameux dompteur de son époque. Sa célébrité était telle que le nom de Bidel fut donné aux voitures de banlieue à impériale de l'ancien réseau ferré français. Ce surnom leur a été donné car leur forme et celle des fenêtres à barreaux de l'étage supérieur évoquaient les roulottes de sa ménagerie. En 1882, Victor Hugo dit de lui « c’est un lion parmi les lions. »Sa ménagerie compta jusqu’à 150 pensionnaires : panthères noires, ours blancs, tigres du Bengale, loups, et bien sûr des lions dont le célèbre fauve SultanConférence de Katie Hornstein, professeure d'histoire de l'art à l'Université de Yale (USA)..
En 1882, il acheta au 13, rue de la Comète, à Asnières-sur-Seine, un terrain d’environ pour y faire édifier un hôtel particulier de de deux étages, au fond du jardin mais visible de la rue, flanqué de deux pavillons annexes donnant directement sur la rue
La pendaison de crémaillère eut lieu le à la foire de Neuilly, appelée aussi fête à Neu-Neu.
Durant la période François Bidel, puis sous celle de son non moins célèbre gendre Alphonse Rancy et de sa fille Jeanne, beaucoup de personnalités de l'époque défilèrent dans la villa des Roses, telles que Victor Hugo, Sarah Bernhardt qui venait en voisine car elle vivait également à Asnières, rue Magenta depuis 1879, Rosa Bonheur et Alexandre Dumas fils qui y venait dîner très souvent, et qui y dormait lorsque le souper s'était quelque peu trop éternisé pour rentrer à ParisArchives du château de Rosa BonheurActe notarié chez maitre Sainte-Beuve Colombes 1958..
Jules Verne était un ami très proche de Théodore Rancy. Alors qu'il était membre du conseil municipal d'Amiens, le cirque municipal fut inauguré le par un discours de Jules Verne et par Théodore Rancy. Il fait partie de ce que l’on appelle les cirques Rancy, rares cirques d’hiver en France. Des relations assez étroites se poursuivirent avec Alphonse jusqu'au décès de Jules Verne en 1905, alors qu'Alphonse vivait avec sa femme Jeanne à la villa des Roses.
La fille de François Bidel, Jeanne Bidel Rancy, vécut dans cette maison jusqu’à son décès en 1955. Ses trois héritiers Marcelle, Albert et André Rancy vendirent la propriété en 1958.
André Rancy (1898/1964) épousa en Sarah Caryth. Cette dernière fut sans doute la dernière célébrité à habiter cette maison avec son mari. Elle fut célèbre tout d'abord comme danseuse nue avec un boa autour du cou, puis surtout comme dresseuse de lions.
Dans les années 1950, André et Sarah travaillèrent pour le cirque d'Albert Rancy, le frère d'André. Lequel fit failliteFactures diverses de restauration (1958-1961)..
Sabine Rancy, née en 1929, a créé en 1963 son cirque. Il fut le dernier cirque Rancy. Sabine était l'arrière-petite-fille de Théodore Rancy. Ce cirque périclita en 1977 et clôtura la saga Rancy dans le monde du cirque.
Le temps des Viguier alt=Réaménagement du parc. Janvier 1962|vignette|Réaménagement du parc. Janvier 1962. En 1958. un couple de médecins, Christian et Jacqueline Viguier firent l'acquisition de la propriété.
Celle-ci était en très mauvais état. Elle avait de fait été lotie entre les différents propriétaires Rancy. Il n'existait pas de salle d'eau. Le jardin était en friche et le bassin central servait de piscine aux otaries.
Christian (1914-1990) et Jacqueline (1922-2011) Viguier entreprirent immédiatement une restauration complète des bâtiments et du jardin, qui dura quatre ans (1958-1962).
Fers forgés, mascarons, perron, statues : tous les éléments extérieurs de décoration furent sauvés. La façade de la villa fut remise à l'identique de 1886.
Le parc fut redessiné en 1962.
À la mort de Christian Viguier, en 1990, l’usufruit de la propriété revint à sa veuve Jacqueline Viguier Acte de notoriété chez maître Etasse, notaire à Paris..
Au décès de cette dernière, en , aucun travail de restauration n’avait plus été entrepris depuis 1960.
Ses enfants héritèrent du droit de propriété Acte notarié chez maitre Beuve à Paris.. Ils prirent alors la décision de restaurer l’ensemble des bâtiments.
Un dossier fut présenté à la fondation du patrimoine avec le soutien des affaires culturelles de la mairie d'Asnières Courrier privé de l'adjoint au maire d'Asnières chargé de la culture.. Néanmoins, cette fondation refusa toute aide financière au motif que le jour de la pendaison de crémaillère, en 1886, Asnières-sur-Seine ne pouvait déjà plus être considérée comme une zone rurale. L’arrivée du chemin de fer avait déjà fait exploser sa démographie.
Il fallait choisir des entreprises particulièrement performantes et habituées à intervenir sur des bâtiments d’exception.
La société CP Multi système fut immédiatement élue. Elle était déjà intervenue après la terrible tempête de 1999 qui avait endommagé une partie du toit en zinc. On avait donc pu juger la qualité de son travail. Elle avait préalablement été retenue pour effectuer la restauration du toit du magasin Le Printemps, de Reims, classé monument historique.
La société CP Multi systèmes introduisit l’entreprise J.M, avec laquelle elle avait l’habitude de travailler. Elle fut donc retenue pour tous les travaux de peintures et de restauration de pierres. alt=Janvier 1962. Aménagement du parc|vignette
Décoration alt=Vitrail de Janin représantant l'assassinat de César par Brutus.|vignette|Vitrail de Janin représentant l'assassinat de César par Brutus. alt=Pavement du rez-de-chaussée|vignette|Pavement du rez-de-chaussée. alt=Plafond à caisson salle à manger|vignette|Plafond à caisson salle à manger. La construction de la villa des Roses s'inscrit dans le contexte artistique particulier de la fin du . Un certain académisme prédomine encore en milieu urbain. Mais une certaine extravagance architecturale apparaît aussi dans la construction de demeures bourgeoises qui mettent en scène des statues de héros ou déesses grecs, des grottes ou des cascades ruisselantes, comme dans le jardin de l'hôtel Vuitton, aujourd'hui disparu, mitoyen de la villa des Roses. Certains architectes « officiels », ou tout du moins établis, présentent des projets qualifiés d'exotiques, sinon de « délirants. » comme Auguste Mayet, architecte qui fut maire d'Asnières de 1920 à 1925 Archives Municipales - Démographie de la ville d'Asnières..
La villa des Roses est le fruit de ces différents courants. C'est un mélange particulier de styles architecturaux. On retrouve le style haussmannien dans la porte d'entrée de la villa ou les fers forgés du balcon et des fenêtres, mais aussi des inspirations puisées dans la mythologie grecque avec les deux statues portant des candélabres de chaque côté du perron.
Elle est surtout le fruit de la personnalité de François BidelUn lion parmi les lions d’Albert Rancy..
C'est pourquoi le monde du cirque est omniprésent dans les décors. La façade principale est ornée de motifs rappelant la vie du cirque, notamment des têtes de lion.
C'est aussi pourquoi la décoration extérieure de la « villa des Roses » est flamboyante et hors du commun. On accède au rez-de-chaussée par un vaste perron en marbre, éclairé par deux lampadaires tenus au-dessus de leur tête par deux esclaves en bronze, l’une égyptienne et l’autre grecque.
La décoration intérieure était beaucoup plus sobre. Le mobilier choisi par Bidel était de style Louis XV.
Mademoiselle Bidel, future madame Rancy, passait ses journées à jouer au piano.
Il existait dans la salle à manger deux panneaux de bois peints par Rosa Bonheur (qui ne sont plus aujourd'hui dans la villa) représentant les lions Sultan et Saida Lettre Musée Rosa Bonheur .
L'un des tableaux représentant le couple de fauves est passé en ventes aux enchères à Paris, salle Drouot, le . Vente de la maison PIASA. (Lot 17)Artprice répertoire 2010
Ils sont le reflet de la profonde amitié qui liait Rosa Bonheur et François Bidel.
Rosa Bonheur a également peint pour Bidel une aquarelle représentant le lion Sultan. Cette aquarelle n'est plus dans la villa des Roses. Elle est conservée au Minneapolis Institute of Art (USA)
Des articles de presse révèlent que Bidel possédait en outre chez lui deux autres œuvres de Rosa Bonheur. Une étude de la tête du lion Sultan et un galet de la plage de Nice sur lequel l'artiste a peint une tête de lion.