Gabriel Amisi Kumba (surnommé Tango Four) est un militaire congolais (RDC). Il est chef d'état-major des Forces terrestres de l'armée de la République démocratique du Congo entre 2006 et 2012. En 2020, il est inspecteur général des FARDC.
Biographie
Gabriel Amisi est un ancien officier des Forces armées zaïroises, il rejoint l'Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) en 1996Congo Siasa, Congo Army Chief Caught in Gold Deal, November 2010.
Pendant la deuxième guerre du Congo, Amisi est chef d'état-major adjoint chargé de la logistique du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD-G). Cette position est à l'origine de son surnom, T-4 étant l'abréviation de sa position.
En , Amisi est promu général d'armée et est nommé inspecteur général des Forces armées de la république démocratique du Congo (FARDC).
Autres activités Il est président de la coordination de l’AS V.Club, un club de football de Kinshasa, entre 2002 et 2020.
Violations des droits de l'Homme
Exécutions sommaires et torture Il a été impliqué par Human Rights Watch dans l'exécution sommaire d'un soldat et dans la torture de prisonniers de l'ANC dans un centre de détention des renseignements militaires à Goma en 2001.
Massacre de Kisangani
Il participe à la répression d'une mutinerie à Kisangani en qui se solde par des pillages, viols et exécutions sommaires de la part des forces armées du RCD-Goma, et un total d'au moins .
Massacre de Kindu Après le massacre de Kisangani, il a commandé une brigade de l'ANC basée à Mbuji-Mayi. En , il aurait participé aux exécutions de 82 civils et combattants Mayi-Mayi à Kindu dans une opération militaire avec les Forces de défense rwandaisesStanis Nkundiye, 'War in the East: The RDC massacres 82 civilians in Kindu', L'Avenir, English Translation, 20 September 2002, via Barouski, 'Laurent Nkunda Batware, His Rwandan Allies, and the ex-ANC Mutiny', 13 February 2007, 29 of 457, privately distributed.
Nommé en , il est commandant de la région militaire du Nord-Kivu.
Exploitation illégale de l'or En , il semble qu'il ait été transféré du commandement de la région militaire pour devenir chef d'état-major des Forces terrestres des FARDC. Il existe des allégations crédibles, certaines avancées par la BBC, selon lesquelles le général Kumba aurait personnellement profité de sa position, bénéficiant de l'exploitation minière dans l'est du pays, au cours des dernières années.
De nombreux rapports relient Amisi aux opérations minières au Nord-Kivu. En particulier, Amisi semble avoir protégé et profité des opérations du colonel Samy Matumo, l'ancien commandant de la brigade qui occupait la mine de Bisie depuis plusieurs années.
En 2017, un rapport de l'ONU accuse Amisi d'extraire illégalement de l'or sur la rivière Aruwimi dans la province de Tshopo et que la gestion de La Conquête, une entreprise qui lui appartiendrait, était gardée par l'armée congolaise (FARDC). Lors de l'enquête de l'ONU, en , deux de ses experts sont enlevés et tués.
Trafic d'armes En 2012, un rapport, rédigé pour l'ONU par le groupe d'experts sur la RDC, indique qu'Amisi a supervisé un réseau fournissant des armes et des munitions aux groupes criminels et aux rebelles qui parcourent les collines et les forêts de l'est du Congo riche en ressources mais troublé. Selon le rapport, des munitions achetées au Congo Brazzaville voisin, sont passées en contrebande dans la capitale congolaise Kinshasa à l'est par un réseau étroit d'associés d'Amisi, y compris des membres de sa famille.
Le , Amisi est suspendu de ses fonctions dans les Forces terrestres par le président Joseph Kabila en raison de son rôle présumé dans les ventes d'armes à des groupes rebelles dans l'est du pays, ce qui pourrait avoir impliqué le groupe rebelle M23.
Répression violente Des sanctions sont annoncées par les États-Unis le : il a été interdit aux citoyens américains de conclure des transactions financières avec lui. Des unités placées sous son commandement , notamment des manifestations de au cours desquelles au moins sont décédées. Ces mesures étaient considérées comme un avertissement au président Joseph Kabila de respecter la constitution du pays.
Notes et références Notes
Références
Articles connexes Forces armées de la République démocratique du Congo Marcel Mbangu Mashita
Bibliographie Deo Namujimbo, "Je reviens de l'enfer, reportage de guerre à l'est du Congo 'democratique '", éditions l'Harmattan,
Liens externes
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