Edmond André Bergougnoux dit Frédéric-Marie Bergounioux né le à Lanouaille et mort le à Toulouse, est un prêtre catholique, paléontologue, géologue et théologien français, professeur de géologie à l'Institut catholique de Toulouse.
Biographie Fils de Jean-Baptiste Séraphin Bergounioux, pharmacien et industriel, et de Marie Lachaud, domiciliés à Gramat mais habitant à Lanouaille, Edmond André Bergougnoux, naît le à Lanouaille Actes de naissance Lanouaille 1900, cote 5 E 223/25, page 10/14 acte N°36.
Il s'oriente vers le sacerdoce à 21 ans, devient moine franciscain en 1925 après son service militaire. À 28 ans, il étudie les sciences à la faculté des sciences de Toulouse où il suit les cours de géologie de Louis Mengaud qui venait de succéder à Charles Jacob.
En 1930, il fait sa profession solennelle le , sous-diaconat le , diaconat le , sacerdoce le 16, obtient le certificat de Botanique générale le et certificat de géologie générale le .
Il est chargé de cours de géologie à l'Institut catholique de Toulouse le et commence des recherches sur les Chéloniens fossiles en faisant des publications sur ce sujet et donne quelques articles sur la théologie franciscaine. Ses études reprises dans l'article Monographie paléontologique de la faune de Vertébrés des sables de Montpellier lui ont permis de réviser la détermination des tortues et a décrit plusieurs espèces nouvelles dont la Trionyx rotundiformisF. Roman, « Les collections de Géologie et de Paléontologie de la Faculté des Sciences de Lyon », dans Annales de la Société Linnéenne de Lyon, 1935, tome 78, (lire en ligne).
Il soutient sa thèse de docteur ès sciences à Paris sur les Chéloniens fossiles du Bassin d'Aquitaine le J. Bunlet, « Doctorat ès sciences », dans Bulletin de littérature ecclésiastique, Institut catholique de Toulouse, 1935, (lire en ligne), publiée par la Société géologique de France. Comme la plupart des paléontologues de cette époque, il considère que l'orthogénèse et l'hérédité de l'acquis comme les principaux mécanismes de l'évolution en faisant la confusion entre les mécanismes d'évolution internes ou externes. Frédéric-Marie Bergounioux tente, en 1935, de distinguer ce qui dépend des mutations génétiques et ce qui relève du milieu. Pour ce qui relève de l'adaptation au milieu, il emploie le terme de « pré-adaptation » introduite par Lucien Cuénot qui est employé pour une mutation aléatoire, avantageuse pour l'individu, qui l'a acquise. Cette adaptation correspond à un déterminisme génétique plutôt que dû à l'environnementCédric Grimoult, Le développement de la paléontologie contemporaine, Librairie Droz, Genève/Paris, 2000, , (extraits).
Il devient professeur de géologie de l'Institut catholique de Toulouse en 1936, puis d'anthropologie préhistorique à la faculté de philosophie de l'Institut catholique en 1937. Il devient un collaborateur du service de la carte géologique de France en 1938.
Il est mobilisé en 1939 avant d'être revient à l'état civil en 1940 avec la Croix de guerre et des citations. Il reprend son enseignement à l'Institut catholique de Toulouse avec ses travaux de terrains et de recherches sur les bassins houillers du nord-est de l'Aquitaine. Il fait des conférences théologiques et des publications. Il a aussi apporté son soutien à certains réseaux de résistants.
Il a publié en 1941 un livre La France et le problème du pétrole. Il enseigne la pétrographie sédimentaire à l'École du pétrole, en 1944.
À partir de 1939, il a commencé à approfondir ses réflexions sur l'Évolution, l'origine de la vie et la philosophie naturelle. Avec le jésuite Jules Carles (1902-2000), Paul Ricœur, Pierre Teilhard de Chardin, il publie dans le cahier Recherches et débats , « Pensée scientifique et foi chrétienne », un article sur « Les problèmes de l'Évolution ». Il a participé à un débat au cours de la séance du de la Société géologique de France pour répondre à un livre de Georges Salet et Louis Lafont, L'évolution régressive publié en 1943 aux Éditions franciscaines qui défendait le créationnisme contre le transformisme. Il condamne cette thèse et écrit : « Pour eux, la succession complète des êtres aboutissant à l'Homme aurait été réalisée avant le Primaire. C'est le péché originel commis par le premier couple humain, qui vint perturber l'ordre harmonieux établi et marqua la fin de l'âge d'or. Depuis cette époque, nous assistons à une dégradation progressive des espèces végétales et animales »Patrick Tort, Qu'est-ce que le matérialisme? Introduction à l'analyse des complexes discursifs, Belin, Paris, 2016, note 433 (extrait). En 1947, il reprend la critique du livre L'évolution régressive dans Progrès ou régression ?.
En 1944, il devient chargé de recherche au CNRS et collaborateur-adjoint au service de la carte géologique de la France. Il est nommé maître de recherches au CNRS en 1954.
En 1943, il a publié avec André Glory Les Premiers hommes, précis d'anthropologie préhistorique et a donné à partir de 1944 des conférences sur l'Homme, ses origines et son avenir. En 1945, il publie deux ouvrages philosophiques Les Harmonies du monde moderne et Esquisse d'une histoire de la vie.
En 1949, il commence à travailler et publier avec Fernand Crouzel sur les vertébrés fossiles, en particulier les Mastodontes. Après une conférence à Lisbonne en , il s'intéresse à la faune se trouvant dans les sables de Lisbonne qui a donné une publication en 1953. Il s'est intéressé à la Tunisie à partir de 1951.
Il a continué ses études et conférences religieuses et aborde la question des origines de l'Homme. Il publie à la suite, en 1957, La Préhistoire et ses problèmes, en 1958, Les religions des préhistoriques et des primitifs (avec S. Goetz), suivi en 1961 par Origine et destin de la vie.
Ses contacts avec des sages l'ont amené à écrire la préface de Sagesse de la vie (1962) écrit par Paul Voivenel, ce dernier ayant illustré la conclusion de son livre Origine et destin de la vie. Il a aussi donné une postface pour le livre La Marche au Soleil d'Adam Saint-Moore, en 1965.
Il a pris sa retraite du CNRS en 1970 et s'est retiré dans un couvent franciscain qu'il a restauré pendant son supériorat grâce à des dons. Il a donné sa dernière publication géologique avec Fernand Crouzel en 1973.
Il est membre de : Société géologique de France (1932) Société historique et archéologique du Périgord (1939) Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse (1939)
Il meurt le à Toulouse Fichier des décès.
Distinctions 1959 : prix Halphen de l'Académie française.
Publications « Publications du Père F.-M. Bergounioux », dans Institut catholique de Toulouse. Chronique , Souvenir F.-M. Bergounioux, , supplément du Bulletin de littérature ecclésiastique, 1984, (lire en ligne) « Sur un Clemmys du pontien catalan », dans Bulletin de la Société d’Histoire naturelle de Toulouse, Toulouse, 1931, tome 61, (lire en ligne) « Le genre Allaeochelys et ses caractères adaptatifs », dans Bulletin de la Société d’Histoire naturelle de Toulouse, Toulouse, 1931, tome 61, (lire en ligne) « Sur un galet de grès rouge trouvé dans les alluvions de l’Agout en amont de Castres », dans Bulletin de la Société d’Histoire naturelle de Toulouse, Toulouse, 1931, tome 61, Sur une Clemmys du pontien catalan. Le genre "Allaeochelys" et ses caractères adaptatifs, imprimerie de Henri Basuyau, Toulouse, 1931 « Sur la place des trionyx dans la classification des chéloniens », Comptes-rendus de Académie des sciences, Paris, 1932 « Sur une Clemmys de La Débruge », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1932, tome 64, (lire en ligne) « Chéloniens fossiles conservés au Museum d'Histoire naturelle de Munich », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1932, tome 64, (lire en ligne) « Monographie paléontologique de la faune de Vertébrés des sables de Montpellier. II Chéloniens », dans Travaux et Documents des Laboratoires de Géologie de Lyon, 1933, fascicule 23, mémoire 2 (lire en ligne) « Remarques sur les Chéloniens fossiles de la famille des Amphichélydés », dans Compte rendu de l'Académie des sciences, Paris, 1933, tome 197, « Sur une nouvelle espèce de Testudo du bassin lutétien de Palette », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1933, tome 65, (lire en ligne) « Sur l'Emys camperi du Musée de Bruxelles », dans Bulletin du Musée royal d'histoire naturelle de Belgique, Bruxelles, 1933 « Monographie de quelques chéloniens fossiles conservés au Muséum de la ville de Marseille », dans Annales du Muséum de histoire naturelle de Marseille, 1934, tome 26, mémoire 3, « Constitution géologique de la colline de Fourvière », dans congrès de lectures franciscaines de langue française, Aux éditions franciscaines, 1934 « Sur quelques Chéloniens fossiles du Nord de l'Italie », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1934, tome 66, (lire en ligne) « Le groupe des Chéloniens pleurodires au cours des temps géologiques », dans Compte rendu de l'Académie des sciences, Paris, 1934, tome 198, « Contribution à l'étude paléontologique des chéloniens : chéloniens fossiles du bassin d'Aquitaine », dans Mémoires de la Société géologique de France, Paris, 1935, « Monographie des Chéloniens fossiles conservés au Laboratoire de Géologie de la Faculté des Sciences de Lyon », dans Travaux et Documents des Laboratoires de Géologie de Lyon, 1936, Fascicule 31, mémoire 26 (lire en ligne) « Chéloniens fossiles conservés au Laboratoire de Géologie de la Faculté des Sciences de Clermont-Ferrand », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1936, tome 69, (lire en ligne) « Thalassochelys lezennensis, tortue nouvelle du nord de la France », dans Annales de la Société géologique du Nord, 1936, , « Broïlia manuascenssis nov. sp., tortue paludine de l'Oligocène de Manosque », dans Bulletin de la Société géologique de France, 1936, « Sur l'origine du groupe des Trionychoïdés », dans Compte rendu de l'Académie des sciences, Paris, 1936, tome 23, « Chéloniens fossiles du Kiméridgien du cap de la Hève », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1937, tome 65, (lire en ligne) « Pour ou contre l'évolution ? », dans Chronique de l'Institut catholique de Toulouse, janvier- « De la panthalassé à la lande bretonne », dans La France franciscaine, tome 20, avril- avec Louis Mengaud, « Sur le gisement de Platychelys Courrenti BERG. de Saint-Jean-de-Barrou (Aude) », dans Compte rendu som. de la Société géologique de France, 1937, « Cupressocrinus elongatus goldf. du givétien des Asturies », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1938, tome 72 (lire en ligne) « Archaeochelys Pougeti nov. gen., nov. sp., tortue fossile du Permien de l'Aveyron », dans Bulletin de la Société géologique de France, 1938, (lire en ligne) « Chéloniens fossiles d'Espagne », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1938, tome 72, », dans Bulletin de la Société d'Histoire Naturelle de Toulouse, 1938, tome 80, (lire en ligne) avec Maxime Gorce, Science moderne et philosophie médiévale, Alcan, Paris, 1938 « Science expérimentale et métaphysique », dans Bulletin de Littérature Ecclésiastique, 1939, tome 40, , (lire en ligne) « Recherches préhistoriques en Extrême-Orient d'après le R. P. Teilhard de Chardin », dans Bulletin de Littérature Ecclésiastique, 1939, tome 40, , (lire en ligne) La France et le problème du pétrole, Laboratoire de géologie de l'Institut catholique de Toulouse, Toulouse, 1941 « Radiesthésie et géophysique; principes et méthodes », dans Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 1941, (lire en ligne) « Fractures et plissements du Haut-Quercy sur la feuille de Gourdon », dans Bulletin des services de la carte géologique de France et des topographies souterraines, 1942, tome 43,