La pandémie de Covid-19 se propage à Taïwan à partir du , date à laquelle est confirmé le premier cas de Covid-19.

Afin de coordonner la gestion de crise sanitaire à l'échelle nationale, l'agence nationale des Centres de contrôle des maladies et le gouvernement taïwanais activent le (CECC) en s'appuyant sur l'expérience acquise après l'épidémie de SRAS de 2003.

Le centre du commandement du CECC a ainsi mis en place une centaine de mesures pendant le mois suivant son activation, en particulier concernant le contrôle et le filtrage aux frontières, l'identification des cas, leur traçage numérique des contacts et les modalités des mises en quarantaine. Outre la restriction des rassemblements, la rapidité de réaction permet d'éviter la mise en place d'un confinement de la population. Le plus haut nombre de cas actifs relevé pendant la première année s'élève à début , tandis que le nombre d'infections locales a quasiment été réduit à zéro, avec aucun cas recensé pendant . La gestion de la lutte contre la pandémie à Taïwan est alors citée parmi les plus efficaces à l'échelle mondiale.

Le contrôle aux frontières de Taïwan est graduellement renforcé, les premières interdictions d'entrée sur le territoire étant établies quelques jours après le premier cas taïwanais confirmé, vis-à-vis de la région de Wuhan en Chine continentale, lieu des premiers signalements de Covid-19. À partir du , les frontières nationales sont fermées à tout ressortissant étranger, sauf exceptions particulières. Les déplacements internationaux des ressortissants taïwanais sont quant à eux fortement déconseillés à partir du lendemain, dans la limite du strict nécessaire. Les mesures seront par la suite progressivement levées pour certaines catégories de voyageurs spécifiques, étant donné l'évolution du bilan sanitaire, la dernière infection locale ayant alors été enregistrée au mois d'.

Devant la hausse de cas importés depuis le mois de , majoritairement imputée aux mouvements de personnes de retour d'un séjour à l'étranger, l'entrée sur le territoire taïwanais est conditionnée à partir du à la présentation d'une preuve d'un dépistage négatif. Le , un cas d'infection local est néanmoins détecté, le premier depuis plus de . Par ailleurs, après la détection d'un cas lié au variant Alpha, une nouvelle période de fermeture des frontières nationales est instaurée le .

Après la découverte d'un foyer de contagion aéroportuaire, une vague de contaminations locales est rapidement constatée au mois de , s'élevant à plusieurs centaines de cas. De nouvelles mesures sont instaurées en parallèle d'une échelle d'alerte épidémique. Les deux plus grandes municipalités de l'île, la capitale Taipei et celle voisine de Nouveau Taipei, regroupent la majorité des cas, entraînant des mesures sanitaires régionalisées, tandis que le passage des frontières nationales est à nouveau très fortement restreint.

Fin , le nombre de cas positifs recensés à Taïwan s'élève à environ dix millions, pour un total d'environ 17800 morts.

Contexte À la fin du mois de , plusieurs cas de pneumonie sont répertoriés dans la ville de Wuhan en Chine continentale. L'origine de la maladie sera identifiée comme provenant d'un nouveau coronavirus à caractère hautement contagieux.

L'île de Taïwan et la Chine continentale sont seulement séparées d'une centaine de kilomètres par le détroit de Taïwan. Par ailleurs, parmi les de citoyens taïwanais, près de d'entre eux vivent en Chine continentale, et y travaillent d'après les statistiques des années 2018 et 2019. La part du tourisme chinois depuis le continent représente un flux de personnes. Si l'on additionne à ces paramètres humains l'approche imminente des festivités du Nouvel An chinois, il est attendu que le taux de propagation sur le territoire taïwanais soit l'un des plus élevés sur la planète.. Cette prévision est détaillée par une étude de l'université Johns-Hopkins, entre autres connue pour avoir développé une carte interactive permettant de suivre en temps quasi-réel l'évolution du nombre de cas par territoire.. ; selon elle, Taïwan deviendrait rapidement la deuxième région la plus affectée, derrière la Thaïlande, et devant Hong Kong, la Corée du Sud, Singapour, le Japon et Macao... À l'inverse, l'insularité du territoire taïwanais jouerait en faveur d'une faible expansion de l'épidémie..

La gestion de crise peut s'appuyer sur l'expérience acquise après l'épidémie de SRAS ayant touché Taïwan en 2003. Cette dernière s'était conclue par confirmés et , soit l'un des bilans les plus lourds sur la planète..

Chronologie Classification D'après le lexique utilisé par les autorités sanitaires du centre de commandement du CECC, les cas positifs confirmés de Covid-19 sont principalement classifiés en deux catégories : locaux et importés. Les cas importés désignent ceux détectés à l'entrée sur le territoire taïwanais par voie aérienne ou maritime, ainsi que ceux détectés lors du cycle de quarantaine obligatoire qui suit. Les individus ayant été infectés directement à Taïwan sont quant à eux classifiés en tant que cas locaux. Les cas de figure plus particuliers sont parfois désignés sous un statut plus nuancé : le foyer de contagion de au sein d'un navire de la Marine nationale en mission, les cas infectés durant un vol international en , ou encore les cas dont la source reste inconnue..

Historique des premiers cas vignette|droite|Le CECC tient une conférence de presse quotidienne, avec à sa tête Chen Shih-chung (assis, à gauche). Activé le , le centre de commandement du CECC tient une conférence de presse journalière afin de communiquer le bilan des cas, guérisons et décès recensés sur le territoire national.

Le premier cas identifié de Covid-19 à Taïwan est officialisé le lendemain, le : il s'agit d'une ressortissante taïwanaise d'une cinquantaine d'années résidant dans le sud de l'île et travaillant à Wuhan, ayant rallié le territoire taïwanais depuis le continent la veille. Après avoir observé plusieurs des symptômes caractéristiques, elle se signale de sa propre initiative aux services médicaux de l'aéroport international de Taoyuan... Placée en soins et en isolation dans un hôpital local, elle sera également la première personne officiellement déclarée guérie ; elle est libérée le après une série de tests de dépistage, tous conclus sur un résultat négatif, soit après avoir été déclarée positive à la Covid-19..

Le premier cas de contamination sur le territoire taïwanais est diagnostiqué le : un homme d'une cinquantaine d'années résidant dans le centre de l'île, infecté par l'intermédiaire de sa femme travaillant en Chine continentale..

Le premier décès est confirmé le , impliquant un chauffeur de taxi de dans le centre de l'île, n'ayant pas récemment voyagé sur le continent mais qui transportait régulièrement des personnes provenant ou allant en Chine continentale, à Hong Kong ou à Macao. Il était déjà sujet à une hépatite B et à un diabète..

Évolution de la pandémie Origine et débuts Malgré la proximité géographique entre l'île de Taïwan et la Chine continentale et les flux migratoires importants entre ces deux territoires en matière de mobilité professionnelle et touristique, la propagation du nombre de cas à Taïwan reste modérée, à l'instar de celles de Hong Kong et de Singapour. Elle s'élève à au ..

Les mesures prises par les agences des Centres taïwanais de contrôle des maladies, autant en anticipation ou en réaction du premier cas déclaré sur le territoire, ainsi que leur délai d'exécution rapide, permettent d'éviter la mise en place d'un confinement de la population, et d'être exempt d'un ralentissement de l'économie...

Alors qu'une crainte de deuxième vague locale de cas d'infections survient en Asie dans la seconde moitié du mois de mars, le territoire de Taïwan est légèrement affecté. La majorité des cas est liée à des flux de voyageurs depuis l'extérieur de l'île, entre autres des Taïwanais de retour d'Europe et des États-Unis.... Les seuils symboliques des 100 puis des confirmés sont ainsi franchis le . et .. Cette flambée des cas confirmés conduit dès le à une fermeture des frontières aux ressortissants étrangers ; cas ont en effet été recensés ce jour-là, ce qui représente alors le bilan journalier le plus haut depuis le début de l'épisode sanitaire.

Au rapport journalier du CECC du , aucun nouveau cas n'est enregistré pour la première fois depuis plus d'un mois, soit depuis la deuxième vague d'infections du mois de mars. ont alors été décomptés, dont 338 et 55 . Le nombre de décès s'élève quant à lui à six.. Par ailleurs, environ 70 % des personnes testées positives ne présentent que de voire non perceptibles selon le rapport du lendemain..

Foyer de contagion de la Marine vignette|droite|Le ROCS , à quai en 2015 à son port d'attache de Zuoying. Trois cadets de la Marine âgés d'une vingtaine d'années sont diagnostiqués positifs le au retour d'une mission, ce qui constitue les premiers cas au sein de l'Armée de la république de Chine. Ils naviguaient tous les trois à bord du même navire, le ROCS embarquant alors . La flotte , constituée du navire auxiliaire-ravitailleur ROCS , de la frégate ROCS et de la frégate ROCS et embarquant au total environ , était de retour de mission pour une formation aux Palaos à la . Une fois à quai sur la base navale de Zuoying, une quarantaine est mise en place afin de respecter un délai de depuis leur départ du territoire des Palaos, malgré l'absence de cas recensés sur l'archipel océanien. L'ensemble des passagers débarque le alors qu'aucun d'entre eux ne présente de symptôme caractéristique. Après la détection de ces après ce débarquement, tous les passagers de la flotte sont mis sous quarantaine et font l'objet d'un dépistage massif. cas sont ainsi confirmés le lendemain, tous étant affectés sur le . Alors que l'origine du foyer de contagion reste sous investigation, le ministère de la Défense nationale impose le port du masque et la prise de température régulière à l'ensemble du personnel militaire du territoire.... Près d'une semaine après les cas, alors que le bilan s'élève à , aucune transmission n'a été constatée au sein des équipages des deux frégates, et aucune flambée épidémique ne semble avoir eu lieu au sein de la population civile taïwanaise ainsi que sur le territoire des Palaos.. La recherche de l'origine de ce foyer de contagion reste sans réponse, et ne sera pas classé en tant que cas importé ou local. Étant donné la chronologie reconstitué du premier cas, l'infection initiale remonte avant le départ de la flotte de Taïwan vers Palaos, et s'est développée pendant la mission..

Un an plus tard, étant donné que la pandémie ne montre pas de signe de ralentissement, la mission annuelle de formation des aspirants est remaniée, la flotte annulant ses traditionnelles escales chez les alliés diplomatiques de Taïwan, comme aux Palaos en 2020 avant la déclaration du foyer de contagion..

Stabilisation Lors de la de presse du CECC du , soit après l'apparition du premier cas, le bilan numérique de la pandémie est commenté par le ministre Chen Shih-chung. Près de de personnes présentant des syndromes suspects se sont signalées auprès des services de santé, qui ont donné lieu au dépistage de d'entre elles, soit une part de 1,2 %. Parmi ces personnes testées, 429 ont fait l'objet d'un résultat positif, soit un pourcentage de . Devant ces résultats, le CECC écarte l'hypothèse d'un dépistage massif à l'échelle nationale. Sur les confirmés, 343 sont classifiés en tant qu', 55 font l'objet d'une contamination locale, et 31 sont imputés au récent foyer de contagion de la flotte de la Marine. Mis à part ces derniers cas, le nombre d'infections a tendance à se stabiliser à partir du mois d'..