L’histoire du verre remonte à la Préhistoire : il y a environ , l'obsidienne, un verre volcanique naturel, est déjà taillée par l'homme pour former des pointes de flèches ; les tectites, billes de verre formées par des impacts avec des météorites, servent également de bijoux ; enfin, les fulgurites, petits tubes issus de la fusion du sable atteint par un éclair, sont connus.

Le verre est un corps dur, fragile, non cristallin, qui provient du refroidissement rapide de certaines substances après fusion. Il est opaque, translucide ou transparent, malléable à chaud et susceptible d'un poli parfait. Depuis quelques décennies, il sert de référence aux isolants thermiques « équivalents à telle épaisseur de laine de verre ». C'est aussi un isolant électrique. Il est également utilisé dans la fibre optique.

Préhistoire vignette|left|Pointe de flèche en obsidienne. Les verres terrestres les plus anciens, d'origine volcanique, sont des obsidiennes restées à l'état de verre depuis (millions d'années).. Il y a environ , l'Homme taillait déjà l'obsidienne pour fabriquer des outils, des armes coupantes et, plus rarement, des bijoux. Les gisements naturels d'obsidienne étant en nombre limité, ce verre faisait alors l'objet de négoceLise Pathé, « L'histoire du vitrail en Occident: de l'opacité à la transparence », 28 juillet 2010.

Antiquité Les premiers verres étaient des silicates. La silice pure peut former un verre, mais cela nécessite des températures d'élaboration très élevées (supérieures à 2000°C) inaccessibles à l'Antiquité. Il a fallu ajouter aux verres des fondants comme la soude ou la potasse pour pouvoir en produire à cette époque.

Légende de l'histoire des verres Le premier texte parlant de l'origine des verres est sans doute celui de Pline L'Ancien. Selon Pline, le premier verre aurait été formé par accident par des marchands phéniciens en faisant un feu sur une plage environ N'ayant pas de pierre à disposition pour entourer le feu, ils auraient utilisé des briques de natron qu'ils transportaient. L'apport de sodium (un fondant) à la silice du sable, associé à la chaleur du feu durant toute une nuit, aurait permis la formation de verre. Cette explication est discutable. Tout d'abord parce que Pline l'Ancien a rédigé cela plus de 2000 ans après la date de cette hypothétique découverte, ensuite parce que la chaleur d'un feu de camp n'est vraisemblablement pas suffisante pour produire un verre de cette manière et enfin parce que les verres de la même époque, découverts en Égypte, sont plutôt riches en potassium qu'en sodium, en tout cas trop riches en potassium pour que cela provienne de natron. Des verres plus anciens ( millénaire av. J.-C) ont par ailleurs été découverts. Il est bien plausible que la première production de verre soit effectivement accidentelle, mais cette légende paraît peu vraisemblable.

Premières fabrications de matériaux vitreux Les premiers verres fabriqués par l’Homme sont originaires de Mésopotamie (où le matériau vitreux existe depuis le millénaire av. J.-C. sous forme de glaçure, enduit vitrifiable posé à la surface d'une céramique), de Syrie ou d’Égypte, avec quelques extensions au Levant, à Chypre et en Mer Égée. Les poteries étaient à l'époque produites de manière assez primitive, en couvrant les poteries de cendres de végétaux lors de leur recuit. Dans les régions de bords de mer ou les régions désertiques, les plantes étaient suffisamment riches en sodium et potassium pour qu'en réagissant avec la silice contenues dans les poteries, cela produise un verre en surface : la glaçure.

Réalisés selon la technique du moulage, ils ne sont pas encore transparents ou translucides mais opaques, de couleur verte ou bleue comme le révèlent les colliers de perles opaques ou des baguettes de verre de cette époque.

Premières fabrications de pièces de verre translucide thumb|150px|Bracelet en perles de verre, nécropole de Prosnes (Marne) culture de La Tène, avant notre ère.

Les fours permettent d’obtenir de plus hautes températures, la matière est mieux affinée. La technique du verre formé sur noyau (technique dite de « l'enduction sur noyau », encore appelée « alabastron » : matière vitreuse déposée sur un noyau d'argile et de sable dont elle épouse la forme ; après séchage, le noyau se rétracte et peut être ôté facilement) apparaît en Mésopotamie puis en Égypte. Le verre devient translucide et se développe alors un marché d’imitation de pierres précieuses (bijoux, pendentifs, amulettes) bien que le verre reste encore à cette époque un matériau rare et précieux. Les premières pièces en verre creux (amphorisques, arybales) apparaissent au même moment.

L’émail apparaît vers C’est une substance vitreuse qui est constituée d'un produit incolore, le fondant, que l'on teint dans la masse en ajoutant certains oxydes métalliques. Les verriers en Égypte antique appliquent des émaux de couleur sur des poteries, toujours pour imiter l'incrustation de pierres précieuses. L'art du verre translucide est très probablement issu de l'art de la céramique. L'émaillage excessif des terres cuites donne des coulures qui se détachent et forment des gouttes colorées plus ou moins transparentes que l'on retrouve sur le sol du four.

Les premiers objets en verre à vocation autre que funéraire (petits flacons, coupelles) apparaissent en Égypte à cette époque.

Apparition du verre transparent et multicolore À la fin du , la technique du verre sur noyau se développe en Méditerranée orientale. L'application de fils de verre façonnés en zigzag ou en guirlande sur un corps en argile, permet de décorer des contenants à huile parfumée ou à vin, telle l'œnochoé. Au , l'Égypte développe la vaisselle en verre mosaïque (verre souvent improprement appelé millefiori), technique qu'elle a inventée deux siècles plus tôtLes voyages du verre.

Durant l'époque hellénistique sous le règne de Philippe II de Macédoine, le verre est rendu transparent par l'adjonction de dioxyde de manganèse qui purifie le verre en éliminant les oxydes qui le coloraient jusque-là. La technologie permet de fabriquer de grosses pièces, notamment des articles de table, ou de verser du verre visqueux sur un moule pour réaliser des plats et le « millefiori » créant un effet de mosaïque multicolore. Alexandrie est alors le centre de la verrerie de l'empire, ses maîtres verriers réalisant plusieurs innovations techniques : verre sandwich or (feuille d'or gravée placée entre deux couches de verre), verre (entrecroisement de fils qui forment une résille ou un filet), développement de la technique des verres polychromes.

Apparition du verre soufflé : thumb|Production d'objet du quotidien en verre de l'époque romaine. thumb|Souffleur de verre à Murano

On attribue l'invention de la technique de soufflage du verre aux Phéniciens ou aux BabyloniensPetite histoire du verre grâce à l’invention de la canne à souffler qui permet de fabriquer des objets en verre plus facilement, plus rapidement et donc à moindre coût, ce qui démocratise l'usage du verre pour les récipients. Cette découverte entraîne la naissance d’une forte industrie de verre creux. Le verre sur noyau est toujours utilisé à cette époque dans la décoration des demeures (tesselles de mosaïque), la bijouterie (incrustations).

Le verre est vraisemblablement élaboré alors dans des « fours primaires » situés dans la partie orientale de la Méditerranée (Égypte, Syrie), puis il est acheminé par bateaux dans tout le bassin méditerranéen. Il est ensuite refondu dans des « fours secondaires » pour la mise en forme par soufflage.

La variété des formes est typique du verre romain, tant pour les récipients à boire que pour ceux destinés à la conservation ou pour le service des mets. Les différents décors sont obtenus par moulage ou façonnage à chaud de l'objet, grâce à l'application de filets, pastilles ou autres appendices en verre coloré ou non. D'autres techniques comme la gravure, la dorure, la taille en camée existent également.

Grâce au soufflage à la canne, l’artisan est à bonne distance de la source de chaleur et il peut donner forme à des pièces de plusieurs dizaines de centimètres. De la Phénicie, cette méthode se répand dans l'Empire romain, Gaule et Espagne compris avant de conquérir l'Europe entière.

Au même moment, du verre transparent est produit à Sidon (Phénicie) , probablement en raison de la pureté des sables de la région et de la présence de natron, et des formes complexes de verre, décorée en relief, sont réalisés au Proche-Orient par la technique du soufflage dans un moule.

Le verre incolore apparaît alors et se répand à partir du . Il est obtenu en ajoutant du manganèse, qui joue le rôle de purificateur. La teinte naturelle du verre, bleu verdâtre, est due à la présence d'oxydes métalliques contenus dans le sable qui sert à sa fabrication.

Apparition du verre à vitre :

Faute de découvertes archéologiques antérieures, les premiers exemples archéologiquement datés de verre plat à vitre (vitrum) font remonter son invention au avant notre ère, et plus précisément par les Romains à l'époque augustéenne. Il s'agissait de verre coulé (5 à ) sur des lits de sable, des plateaux de bois ou des dalles de marbre poli, puis étiré grâce à une pince. Ceci par contrainte faisait apparaître des bulles d'air dans le verre et lui donnait une qualité médiocreJean-François Cubells, professeur agrégé de biologie et géologie, Le verre à vitres de l'épave romaine de Porticcio fig. 9 : Témoignages de la technique de fabrication des vitres, d'autant qu'il s'agissait de verre composé de soude, ce qui le rendait plus ou moins opaque (le verre à base de potasse ne le remplacera qu'à partir des ). Cependant, son usage était relativement rare en cette période et était restreint aux thermesTepidarium de Pompéi Pompeia d'Ernest Breton ( éd. 1870) – notamment sur des oculi – et en moindre nombre aux riches demeures, notamment pompéiennes, sur des châssis fixes de plus grandes ouvertures mais quadrangulaires, comme à Herculanum. Son usage courant ne débute qu'au troisième quart du de notre ère. Les fenêtres étaient auparavant obstruées par des peaux, panses ou vessies animales tendues et séchées, de la corne ou, au mieux, par des pierres spéculairesWikisource, Définition de specularia plus ou moins translucides, suffisamment pour laisser passer la lumière et éclairer les pièces sans trop de déperdition de chaleur. Lorsque cette dernière était trop importante, les Romains recouraient au double vitrage, on peut donc dire qu'ils en sont également les inventeursPascal Vitard, maître de conférences d’Antiquités nationales L'Usage du verre à vitre dans l’architecture romaine du Haut EmpirePascal Vitard, L’Usage du verre dans l’architecture romaine (- s.), .

Apparition du verre pour les « ampoules » Les ampoules à eulogie (eau ou huile bénite en sanctuaire) font leur apparition, comme élément religieux de la chrétienté établie dans l'Empire romain tardifMusée du Louvre Antiquité égyptienne.

Moyen Âge Verre Yoruba Au cours des années 2000, des archéologues découvrent que du verre à base de granite fut fabriqué par les Yorubas, dans l'actuel Nigeria, au cours du Moyen Âge. La ville africaine d'Ife est alors un grand centre de production de perles de verre, qui ont possiblement inspiré les verriers italiens..

Apparition du verre plat soufflé : entre le Deux techniques sont apparues conjointement et furent utilisés durant tout le Moyen Âge pour la fabrication des vitraux : le soufflage en couronne : produit dans l’Ouest de la France (technique normande de la cive) et en Angleterre où sa production dura jusqu’au . Le verre plat ne prit son essor qu’à partir de l’invention de ce nouveau procédé. Il s’agit d’abord d’un vase soufflé à fond plat que l’on fait ensuite tourner face à l’ouverture d’un four, la force centrifuge transformant la paraison en un plateau circulaire ;