La plaine des Jarres (lao: ທົ່ງໄຫຫິນ ) ou plateau du Tran Ninh est une région montagneuse du nord du Laos située dans la province de Xieng Khouang, remarquable par la présence de champs d'imposantes jarres de pierre antiques, dont la signification et l'origine ne sont pas encore totalement élucidées. Elle s'étend sur une superficie d'environ .

Les « sites de jarres mégalithiques de Xieng Khouang – plaine des Jarres » sont inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO le .

Géographie La vallée est située dans le centre du Laos, dans la province de Xieng Khouang, autour de Phonsavan, à une altitude moyenne de .

Des artéfacts archéologiques appelées « jarres » sont disséminées dans la campagne sur une soixantaine de sites différents, les principales concentrations comptant jusqu'à 250 jarres. Mais on trouve aussi des sites similaires, bien que moins spectaculaires, sur le plateau de Korat en Thaïlande et en Inde du Nord, ce qui amène certains chercheurs à penser à une répartition recouvrant un itinéraire d'échanges par caravanes.

Histoire Pendant la guerre du Viêt Nam, l'aviation américaine, pensant à tort que la piste Hô Chi Minh passait dans ce secteur, s'est livrée à plus de 500 attaques aériennes par mois selon le programme Rolling Thunder (« tonnerre ininterrompu »)Chiffres tirés des Pentagon Papers, Édition Gravel, Vol. 4, chapitre la guerre aérienne au Vietnam du nord, 1965-1968 Rolling Thunder Bacon Press, Boston, 1971 p. 195-276, soit une attaque toutes les huit minutes en moyenne pendant neuf ansSelon le journaliste Fred Branfman dans son livre Voices from the Plain of Jars: Life under an Air War, Harper & Row 1972 , les archives cartographiques montrent que la plaine des Jarres n'était pas sur le trajet de la piste Hô Chi Minh qui servait aux Nord-Vietnamiens à ravitailler en armes les combattants Viet Minh du Sud.Voir aussi : Howard Zinn, « Une histoire populaire des États-Unis de 1462 à nos jours », traduit de l'anglais par Fredéric Cotton, édition Agone. 544 . De nombreuses bombes non-désamorcées sont encore présentes, ce qui rend très dangereuse l'étude et la visite des zones à jarres : à l'heure actuelle, seules trois zones (sites 1, 2, 3) sont ouvertes aux visiteursLe Laos continue de payer le prix de la guerre du Vietnam Thomson Reuter Foundation du 5 novembre 2008, consulté le 30 janvier 2010, dont Thong Hai Hin, avec 250 jarres pesant de 600 kilos à 6 tonnes.

Archéologie

Nature des jarres Les jarres sont disposées par groupes, sans alignement visible. Elles sont de différentes tailles, de un à trois mètres de hauteur, mesurant jusqu'à près de huit mètres de circonférence, pesant de 500 kg à plusieurs tonnes pour les plus grandes (qui peuvent contenir jusqu'à dix hommes debout). Elles ont été taillées dans des blocs de roches monolithiques provenant de la région : calcaire de grès, et parfois granits. Elles sont parfois à demi enterrées.

On trouve aussi quelquefois, près de certaines d'entre elles, un disque de pierre ayant pu servir de couvercle. Leur forme est assez simple, souvent cylindrique, plus rarement angulaire ; les jarres ne présentent aucune inscription. Aucun autre vestige architectural ou d'habitat antique n'est présent dans la région, laissant les jarres sans contexte archéologique.

Études archéologiques La première étude archéologique des sites a été réalisée vers 1930 par Madeleine Colani de l'École française d'Extrême-Orient. Elle entreprit des fouilles sur plusieurs jarres, ainsi que dans une grotte située non loin du site 1 et dotée d'une cheminée naturelle, dans laquelle furent découverts d'importantes traces de feu et des ossements humains calcinés. Elle émit alors l'hypothèse que cette grotte aurait été un incinérateur naturel lors des funérailles, et que les cendres auraient ensuite été conservées dans les jarres. Malheureusement, les éléments de datation des os retrouvés dans la grotte ou près des jarres sont très étalés dans le temps, et ne permettent pas de tirer de conclusions précises.

Les travaux de Madeleine Colani restent une base pour les archéologues qui cherchent à percer le mystère de la Plaine des Jarres, parmi lesquels Marcello Zago. Celui-ci émet l'hypothèse que ces mégalithes, accompagnées d'objets de bronze et de fer, pourraient être des monuments funéraires, œuvres des premiers occupants indochinois d'une civilisation située entre celle des aborigènes KhaLa plus ancienne ethnie survivant encore au Laos, Marcel Zego, Rites et cérémonies en milieu bouddhiste lao,21 et 363 et cambodgienneJean Olivier et Georges Moullec, Anthropologie des Cambodgiens, éditions de l'École française d'Extrême-Orient, Paris, 1968, p. 33. La communauté scientifique ne peut encore donner que des explications conjecturelles quant à la datation de ces jarres de pierre, sur une période allant de 500 av. J.-C. à 800 ap. J.-C.Marcello Zego, 20-21-22 et il existe plusieurs théories sur leur destination : urnes funéraires, stockage de nourriture ou d'eau, cuves à fermentation pour la production d'alcoolArticle « Phonsavan, plaine des jarres » - … Seule leur utilisation sur une longue période pourrait expliquer le grand nombre de ces mégalithes, pesant entre 600 kg et 7 tonnes. La manière dont ils ont été amenés sur les cinq sites de la plaine, alors que le grès dans lequel ils sont taillés provient de la chaîne de montagnes située entre Luang Prabang et Xieng Khouang, était probablement le roulage, à la manière des barriques de jadis. Les légendes locales sont nombreuses et les habitants de la région continuent à en inventer à l'usage des touristes.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie Jean Olivier et Georges Moullec, Anthropologie des Cambodgiens, éditions de l'École française d'Extrême-Orient, Paris 1968. Pierre Bernard Lafont, Introduction du bouddhisme au Laos, revue Présence du bouddhisme, éditions de l'École française d'Extrême-Orient, Paris 1975. Marcello Zago, Rites et cérémonies en milieu bouddhiste lao, Universita Gregoriana Editrice, Rome, 1972.

Liens externes

Catégorie:Vallée Catégorie:Géographie du Laos Catégorie:Culture laotienne Catégorie:Site archéologique d'Asie du Sud-Est Catégorie:Patrimoine mondial au Laos