La DAMS GD-01 est un prototype de monoplace de Formule 1 conçue par les ingénieurs Rob Arnott, Claude Galopin et Barry Ward, avec l'assistance de Reynard Motorsport pour l'écurie française de Formule 3000 DAMS. Elle est testée par le Français Erik Comas et le Néerlandais Jan Lammers, en vue de préparer l'arrivée de DAMS en Formule 1 en 1996. La GD-01 est propulsée par un moteur V8 Ford-Cosworth ED et équipée d'une boîte de vitesses semi-automatique Xtrac conçue spécialement pour cette monoplace.

La GD-01 est imaginée dès , mais le manque de moyens lié à l'absence de partenaire financier et les modifications apportées à la règlementation technique pour 1995 à la suite des accidents mortels de Roland Ratzenberger et d'Ayrton Senna lors du Grand Prix de Saint-Marin 1994 freinent son développement. Pendant l'hiver 1995, le patron de DAMS, Jean-Paul Driot, négocie avec Gérard Larrousse pour la reprise de son écurie et l'engagement de sa monoplace aux mains d'Éric Bernard pour trois à quatre Grands Prix, mais les pourparlers n'aboutissent pas, ce qui pousse DAMS à reporter son arrivée en Formule 1 à .

Présentée le sur le circuit Bugatti, la GD-01 effectue son unique essai un mois plus tard sur le circuit Paul-Ricard. Elle affiche alors des performances particulièrement modestes, eu égard à une aérodynamique simpliste et déjà obsolète, qui traduit un important manque de développement. Faute d'avoir trouvé un commanditaire qui lui aurait permis de réunir les financements nécessaire à un engagement en Formule 1, DAMS repousse à nouveau son arrivée dans la discipline à 1997 et envisage un programme d’essais tout au long de l'année 1996. Finalement, la GD-01 ne reprend plus la piste et l'écurie française renonce définitivement à s'aligner en championnat.

Contexte et développement vignette|gauche|alt=Photo d'une monoplace grise, avec des logos rose et bleu, sur une piste de circuit|Reynard, qui assiste DAMS pour la conception de la GD-01, est à l'origine de la Pacific PR01 engagée en Formule 1 en 1995. L'écurie DAMS (pour Driot-Arnoux Motor Sport) est fondée en par Jean-Paul Driot, un négociant international en pétrole, et l'ancien pilote de Formule 1 René Arnoux. La structure, installée à Ruaudin dans la Sarthe, près du virage des Hunaudières du circuit des 24 Heures du Mans, s'engage en championnat international de Formule 3000. Elle remporte le titre pilotes dès 1990 avec Erik Comas puis en 1993 avec Olivier Panis et en 1994 avec Jean-Christophe Boullion. Ces succès rapides poussent DAMS à préparer un engagement en Formule 1, dès 1994, à une époque où d'autres équipes victorieuses en Formule 3000, comme Onyx Grand Prix, Coloni, Jordan Grand Prix, Forti Corse et Pacific Grand Prix, intègrent la discipline-reine du sport automobile à la fin des années 1980 et au début des années 1990.

Pour concevoir et construire sa monoplace de Formule 1, DAMS fait appel à Reynard Motorsport qui conçoit des monoplaces pour les formules de promotion et fournit l'équipe française depuis . Reynard a déjà construit deux monoplaces de Formule 1 dans l'optique d'un engagement sous son propre nom en Formule 1. En , le constructeur britannique imagine la Reynard 89M, une adaptation de la 89D engagée en Formule 3000, équipée de pneumatiques Bridgestone et d'un moteur V8 Mugen-Honda de trois litres. Puis, en , Reynard débauche des ingénieurs de l'écurie Benetton Formula, dont Rory Byrne, pour concevoir la Reynard F1-01, propulsée par un moteur V12 Yamaha. Ces deux projets ne se concrétisent pas par manque de moyens financiers. . ..

L'arrêt du projet permet à Benetton de retrouver ses anciens employés qui s'inspirent du concept de la F1-01 pour dessiner la B192. En outre, les données de recherche aérodynamique obtenues en soufflerie pour la F1-01 sont cédées à Ligier qui les exploite afin de concevoir la JS37. Enfin, Reynard reprend l'aérodynamique de la F1-01 pour produire la Pacific PR01, engagée en championnat du monde de Formule 1 1994 pour le compte de Pacific Grand Prix ; celle-ci se révèle être, de loin, la monoplace la plus lente du plateau.

Création de la monoplace Un projet en manque de moyens financiers DAMS installe un bureau d'étude près du siège social de Reynard à Brackley et confie la conception de la GD-01 à l'ingénieur français Claude Galopin, transfuge de l'écurie Ligier, et à Rob Arnott et Barry Ward, deux ingénieurs de Reynard Motorsport.. La conception de cette monoplace débute en mais les soutiens financiers, très limités, retardent le développement de la voiture. DAMS éprouve des difficultés à nouer des contacts avec de potentiels commanditaires puisque l'écurie, installée près du Mans et dont l'activité est centrée sur les formules monoplaces, détonne avec les autres équipes locales qui concourent en endurance. Surtout, elle n'attire pas les investisseurs français qui soutiennent déjà Ligier et Larrousse, deux équipes nationales déjà présentes en Formule 1. Enfin, les modifications apportées à la règlementation technique pour 1995 à la suite des accidents mortels de Roland Ratzenberger et d'Ayrton Senna lors du Grand Prix de Saint-Marin 1994 entravent également le développement de la GD-01.

Échec de l'association avec Larrousse et report du projet à 1996 Après huit années de présence en , l'écurie Larrousse fait face à de graves problèmes financiers : la société affiche un déficit d'exploitation non comblé de de francs à l'issue de la saison 1994 ... Les observateurs estiment d'ailleurs que le changement de réglementation technique de la Formule 1 pour 1995, qui doit notamment renforcer la sécurité des monoplaces, pourrait être fatal à Larrousse qui n'a pas les moyens de concevoir une nouvelle voiture ..

Gérard Larrousse pense, un temps, renflouer son équipe en s'associant avec Jean-Paul Driot, le propriétaire de l'écurie de Formule 3000 DAMS qui espère s'engager en dès 1995. En effet, les problèmes financiers et les frictions entre Gérard Larrousse, Patrick Tambay, l'ingénieur Robin Herd et Michel Golay, concessionnaire Ferrari en Suisse, ont entraîné des retards dans la production de la LH95 dont les plans sont prêts. Incapable de produire cette monoplace pour le début de saison, Larrousse, après s'être tourné vers son ancien fournisseur, Lola Cars qui a refusé tout partenariat en raison d'impayés, se tourne vers DAMS qui a terminé la conception de sa GD-01. Or, Larrousse ne dispose pas d'usine mais d'un simple atelier de montage tandis que DAMS dispose de ses propres structures au Mans. L'écurie de ne se montre pas intéressée par la proposition de Larrousse et préférerait prendre le contrôle total de son équipe, en confiant sa voiture à Éric Bernard et en ne s'engageant que pour trois ou quatre Grands Prix. Le fait que Larrousse souhaite vendre son équipe au prix fort n'est toutefois pas du goût de Driot ...

Début , les négociations étant toujours au point mort, DAMS décide de repousser son engagement en Formule 1 à 1996 en rachetant Larrousse, dont le propriétaire souhaite continuer en en utilisant l'unique châssis construit par Reynard. Ce châssis ne dispose d'aucune pièce de rechange et Larrousse n'a pas les moyens d'en commander un second pour le début de saison. DAMS refuse de vendre son châssis et espère la disparition de l'écurie française ; elle pourrait ainsi racheter l'équipe moribonde à moindre frais et disposer d'une structure de base pour préparer son arrivée en 1996. De plus, DAMS compte sur d'éventuelles subventions de l'État français : Ligier étant devenue britannique, elle pourrait toucher de francs de la part du gouvernement au titre du « fonds tabac » lié à la loi Évin et même convaincre Peugeot de lui fournir des moteurs. .. Finalement, DAMS rompt les négociations, Driot déclarant :

Aspects techniques vignette|gauche|alt=Photo d'une monoplace violette en piste|Tout comme celle de la Simtek S951, la coque de la DAMS GD-01 est fabriquée par la Société nationale des poudres et des explosifs.

D'une masse de avec son pilote, la DAMS GD-01 est dotée d'un châssis monocoque en fibre de carbone et d'une structure en nid d'abeille. La coque de la monoplace, conçue en deux morceaux collés ensemble, est construite pendant l'été 1995 par la société lilloise SNPE, comme pour la Simtek S951 engagée en Formule 1 en 1995 .. Un seul châssis est construit.

Les pontons de la GD-01, de forme rectangulaire, sont particulièrement volumineux et abritent un radiateur d'eau et un d'huile situés de chaque côté de la voiture. L'architecture et la taille imposante de la GD-01 en font une monoplace obsolète ; pour autant, DAMS assure avoir modifié la conception de sa monoplace pour satisfaire à la nouvelle réglementation technique en vigueur en 1995. Toutes ces raisons poussent Reynard, pourtant capable de construire une monoplace de Formule 1, à sous-traiter sa production à une entreprise tierce afin de ne pas gâcher ses ressources. Les suspensions adoptent une structure classique, à double triangulation et poussoir. Enfin, la GD-01 arbore un nez bas qui, selon les ingénieurs de Reynard, permet de générer plus d'appui, alors que la plupart des écuries de pointe arborent désormais un museau surélevé. Tout comme les pontons et l'avant de la monoplace, l'aileron arrière et le capot moteur arborent une architecture dépassée, preuve que l'aérodynamique de la GD-01 a bénéficié d'une étude technique limitée..

La GD-01 est d'abord conçue pour utiliser un moteur V10 Mugen-Honda MF-301H. D'une cylindrée de , il développe une puissance de à . Bien que DAMS et Mugen-Honda aient été partenaires en championnat international de Formule 3000, les négociations échouent et le motoriste japonais conclut un accord avec l'écurie Ligier... Après avoir tenté, en vain, de convaincre Peugeot de lui fournir un moteur, DAMS doit adapter sa monoplace pour y loger un moteur V8 Ford-Cosworth ED de trois litres, qui développe à . Ce bloc, de , est privilégié par les petites écuries pour son faible coût et sa facilité d'installation. En outre, il est capable de parcourir avant de subir une révision technique ..

La transmission est assurée par une boîte de vitesses semi-automatique à six vitesses conçue spécialement pour la GD-01 dès 1994 par la société britannique Xtrac, et dont l'architecture doit être modifiée après des problèmes survenus lors du développement de cette transmission. Plus tard, cette même boîte de vitesses est ajustée pour être greffée aux Minardi M195 et Dome F105. L'électronique est gérée par des composants de la société , tandis que les pneumatiques sont fournis par le manufacturier Goodyear, les jantes par Enkei et le carburant par Elf.

Choix des pilotes vignette|alt=Photo noir et blanc d'un homme en combinaison de course|À la fin septembre 1995, le pilote néerlandais Jan Lammers (ici en 1982) est recruté pour tester la GD-01. Jean-Paul Driot prévoit d'engager trois pilotes, deux titulaires et un essayeur, et souhaite privilégier l'emploi d'anciens pilotes de son écurie de Formule 3000. Dès , il recrute le Français Erik Comas.. Champion international de Formule 3000 en 1990 avec DAMS, Comas a piloté en Formule 1 en fond de grille entre 1991 et 1994 avec Ligier puis Larrousse, obtenant un total de sept points et une cinquième place lors du Grand Prix de France 1992 comme meilleur résultat..

Durant l'été 1995, les observateurs évoquent la possible arrivée du Français Olivier Panis, champion international de Formule 3000 en 1993 avec DAMS et pilote de Formule 1 avec Ligier depuis 1994. Néanmoins, l'internationalisation de l'écurie française, vendue à Tom Walkinshaw, le met dans une position délicate au sein de cette équipe, d'autant plus que DAMS souhaite s'affirmer comme une écurie totalement française..