Le centre culturel Tjibaou est un établissement public destiné à promouvoir la culture kanak, situé entre les baies de Tina et de Magenta, sur une presqu'île en périphérie de Nouméa, en Nouvelle-Calédonie. Il est géré par l’Agence de développement de la culture kanak (ADCK), établissement public à caractère administratif (EPCA) de l'État, créée en 1989 et transféré à la Nouvelle-Calédonie en Transfert signé le 21 août 2012, article dans Les Nouvelles Calédoniennes du 22 août 2012, titre seul accessible sur le site du journal, article complet uniquement sur abonnement.
Le centre culturel Tjibaou est : Un pôle de développement de la création artistique kanake et un centre de diffusion de la culture contemporaine kanake. Il affirme la culture kanake dans son patrimoine, dans son actualité et ses créations. Un lieu privilégié de rencontre et de création culturelle en Nouvelle-Calédonie. Tout en donnant à la culture kanake sa place de « culture de référence », il suscite l’émergence de pratiques et de références culturelles nouvelles et communes à la Nouvelle-CalédonieSelim Lander : "Le Centre culturel Tjibaou - La culture au service de la paix en Nouvelle-Calédonie", Mondesfrancophones.com. Un pôle de rayonnement et d’échanges culturels internationaux.
Ce complexe poly-culturel est donc à la fois un musée, une médiathèque, un palais des congrès, un centre de spectacle, un pôle de recherche et de création et un parc paysager et botanique.
La construction du bâtiment, incluse dans les Grandes opérations d'architecture et d'urbanisme de François Mitterrand, s'est faite entre 1995 et 1998 suivant les plans de l'architecte italien Renzo Piano.
Nom
Son nom lui a été attribué en hommage au chef indépendantiste kanak Jean-Marie Tjibaou, à l'origine de ce projet, et qui avait organisé à côté de ce site le festival Mélanésia 2000Contrairement à ce qui est souvent écrit ou dit, le Centre culturel Tjibaou n’est pas construit sur le site où s’est déroulé le festival Mélanésia 2000. Ce festival s'est tenu dans la vallée située à quelques centaines de mètres avant d'arriver au CCT. Cette vallée est aujourd’hui occupée par l’un des greens du golf de Tina.. Le nom officiel exact du centre est Centre culturel Tjibaou et non pas Centre culturel kanak Jean-Marie Tjibaou ni Centre culturel Jean-Marie Tjibaou, ce point a d'ailleurs fait l'objet d'une explication par les chefs coutumiers lors de l'inauguration du centre en ; à cette occasion, une cérémonie coutumière a été organisée par le clan Tjibaou pour consacrer le don de leur nom au centre.
Histoire
Prévu par les accords de Matignon de 1988, ce centre de la culture kanak a été édifié entre 1995 (le chantier est ouvert le de cette année) et 1998 par l'architecte Renzo Piano (dont le projet est choisi en 1991) sur un terrain de 8 hectares cédé à titre gratuit à l'ADCK par la ville de Nouméa le . Le chantier est inscrit dans le cadre des Grands Travaux de la République engagés sous la présidence de François Mitterrand.
Inauguré les 4 et par le Premier ministre Lionel Jospin, alors qu'est signé l'accord de Nouméa, puis ouvert au public à partir du , l'édifice a coûté 320 millions de francs françaisMontant indiqué sur le site officiel du centre culturel, soit 5,82 milliards de francs CFP, valeur en 1991.
Architecture et organisation thumb|left|Situation géographique du centre culturel.
thumb|left|Plan du Centre culturel Tjibaou.
Son parti pris architectural est une traduction moderne et monumentale de l'architecture vernaculaire de l'île, insérée dans son environnement et s'étendant sur . Cet ouvrage a été conçu par l'architecte italien Renzo Piano, lauréat en 1991 d'un concours international, en concertation avec l'ADCK dont la veuve de Jean-Marie TjibaouDocumentaire Renzo Piano Le chemin kanak coproduit en 2008 par aaa production, RFO, CANAL OVERSEAS PRODUCTIONS et ADCK Centre culturel Tjibaou, Marie-Claude, est la présidente du conseil d'administration depuis 1990. Le cente comprend plusieurs espacesArchitecture du Centre culturel Tjibaou sur le site de l'ADCK.
Bâtiment principal
Le cœur du Centre est un bâtiment de constitué notamment de dix hautes structures nervurées et effilées rappelant les cases traditionnelles kanakes, et réparties sur le long d'un arc orienté nord-est / sud-ouest. L'ossature de ces cases est mixte : bois d'iroko lamellé-collé et acier. Leurs dimensions sont variables : trois grandes de et de haut chacune, trois moyennes de et de haut chacune et enfin quatre petites de et de haut chacune. Elles sont longées par un bâtiment plus bas, plat, avec une allée desservant les cases (le mot allée renvoyant à l'allée centrale spécifique de l'habitat traditionnel kanak) et différentes salles. Ainsi formé, le bâtiment principal est divisé en trois « villages », ayant chacun une fonction particulière avec, du nord-est au sud-ouestVisite guidée du Centre culturel Tjibaou sur le site officiel de l'ADCK Le « village 1 », ou « village kanak », pour l'« identité et les collections kanakes et océaniennes », espace muséographique qui sert à la présentation des cultures traditionnelles et modernes du Pacifique, comprenant : La petite « case Bwenadoo » (« rassemblement coutumier » en cèmuhî) qui accueille des expositions de collections du patrimoine kanak, prêtées par les musées internationaux, essentiellement le musée de l'Homme et celui du quai Branly à Paris, La grande « case Jinu » (« esprit » en pije, fwâi, ) qui permet de découvrir les civilisations pluri-millénaires du Pacifique au travers des sculptures monumentales traditionnelles du Vanuatu, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, de Nouvelle-Guinée occidentale, de Nouvelle-Zélande et de Nouvelle-Calédonie, construites spécialement pour le centre, La moyenne « case Kanaké » (du nom de l'ancêtre commun d'un mythe en langue paicî mis en scène par Jean-Marie Tjibaou lors du festival Mélanésia 2000), espace multimédia qui propose des projections vidéo continues sur écran géant sur « la mémoire, la quête, l'affirmation de la culture kanak » et posant « un regard sur sa philosophie et son mode de vie », La moyenne « case Pérui » (« rencontre » en nêlêmwa), qui abrite la cafétéria, La « salle Bérétara » (« regarder, admirer » en xârâcùù), face à la case Jinu, exposition permanente renouvelée chaque année d'une partie de la collection publique du Fonds d'art contemporain kanak et océanien constitué (FACKO) et géré par l'ADCK (qui dispose de plus de 800 pièces exceptionnelles, en constante augmentation), La « salle Kavitara » (« sculpture de seuil » en ajië), face à la case Kanaké, pour les expositions temporaires d'artistes contemporains, La « salle Sisia » (« bouger, chanter, danser » en faga uvea), face à la case Pérui, grande salle de spectacle couverte et souterraine de 400 places avec une scène de , dotée d'équipements techniques et acoustiques pour y accueillir des concerts ou représentations d'artistes, groupes ou troupes locales, nationales, régionales ou internationales, La boutique, face également à la case Pérui et à côté de l'entrée principale du bâtiment qui sépare les villages 1 et 2, propose aux visiteurs l'achat d'objets artisanaux, des articles de souvenir ou promotionnels, ainsi que des articles multimédias (livres, revues, affiches, cartes postales, cassettes vidéo, CD et cassettes audio) ainsi que des ouvrages historiques et littéraires sur les cultures kanakes ou océaniennes (livres, revues, affiches, cartes postales, cassettes vidéo, CD, cassettes ou ouvrages historiques et littéraires), Le « village 2 », qui accueille la médiathèque et un centre d'art contemporain, avec : la petite « case Ngan Vhalik » (« maison de la parole » en pije), dédiée à l'audiovisuel ( images fixes de type photographies ou cartes postales anciennes, DVD et cassettes vidéo, films d'archives, CD et cassettes audio, 350 heures d'archives sonores, 50 CD-ROM et une sélection de sites internet consacrés à l'OcéaniePrésentation de la médiathèque du centre culturel Tjibaou sur son site internet, La grande « case Mwà Véé » (« maison de la parole » en nââ drubéa) qui sert de bibliothèque ( ouvrages, 500 thèses et mémoires, tirés à part et dossiers et 280 titres de périodiques), dotée également d'un espace de travail avec accès à certains CD-ROM, CD audio et sites internet, La petite « case Umatë » (« grenier à igname » en drehu) pour des expositions temporaires, La « salle Komwi » (« exposer, montrer » en nemi) d'expositions temporaires sur deux niveaux, face à la case Ngan Vhalik, une salle de réunion et de conférences, face à la case Umatë, Le « village 3 » consacré à la « rencontre et la réflexion », à vocation essentiellement pédagogique et orientée vers les jeunes et les enfants : La petite « case Mâlep » (« vivre » en nyelâyu) où sont organisés une présentation et un hommage à la vie et à l'œuvre de Jean-Marie Tjibaou, La grande « case Eman » (« palabre » en nengone) qui sert d'espace multimédia de conférences, de débats et de rencontres, La petite « case Vinimoï » (« raconter des histoires aux enfants » en ajië), avec une exposition permanente présentant le projet architectural du Centre, Les bureaux de l'administration, face à la case Eman.
Une étude en soufflerie, avec mesure des pressions locales, a été réalisée au CSTB de Nantes Références sur la section architecture cyclonique du site du CSTB de Nantes sur une maquette de plexiglas au 1/ de cette structure Maquette réalisée par l'ATELIER BLANCHARD.
Ce bâtiment principal est entouré par un certain nombre d'espaces extérieurs.
Espaces extérieurs
thumb|right|200px|Grande case du Sud dans l'aire coutumière Mwakaa
Ces espaces aménagés en plein air, et au milieu de la végétation (de type forêt sèche et mangrove), comprennent : le « chemin kanak », dont le parcours encercle le bâtiment principal et l'espace Ape Vila, est un parcours végétal initiatique bordé d'essences endémiques visant à éclairer le visiteur sur la symbolique du végétal dans la société kanake et à retracer, à travers le langage des plantes, les cinq étapes du mythe du premier homme Téâ Kanaké (l'origine des êtres, la terre nourricière, la terre des ancêtres, le pays des esprits et la renaissance). l'« aire coutumière Mwakaa » (« espace de la chefferie » en nââ drubéa) en contrebas du village 1, organisée autour de trois grandes cases représentant les spécificités architecturales des provinces (grandes cases du Sud, la plus haute et la moins large, du Nord et des Îles Loyauté, la plus basse et la plus large) mais aussi d'un fare polynésien légèrement en retrait, il « relie le passé au présent et fonde la légitimité du site » en servant de lieu de parole, de vie et d'échanges coutumiers. Cet espace est longé au sud par la plage 1000Le nom de cette plage vient du camp de vacances « Plage 1000 » organisé pour les enfants dans les années 1970 pendant les vacances d'été.. l'« espace Kâmi Yo » (« le rythme et la danse » en kwênyii), au sud de l'aire coutumière et en contrebas du Belvédère, en bord de mer et de la plage 1000, accueille une scène en plein air servant essentiellement aux grands concerts de vedettes internationales et peut recevoir jusqu'à personnesPrésentation du département spectacles de l'ADCK sur son site officiel. l'« espace Ape Vila » (« lieu de danse » en hwâvèké), dans la continuité nord-ouest de la salle Sisia, au bord de la mangrove, est une aire de danse et chants traditionnels, où peut être installée une scène démontable et pouvant accueillir jusqu'à personnes. le Belvédère, surplombant la baie de Magenta et l'ensemble du site, au sud-est, où ont été construits un ensemble de bâtiments (dortoirs, ateliers d'artiste et sanitaires) pour abriter les artistes, les intervenants culturels ou les jeunes scolaires en résidence. la statue de Jean-Marie Tjibaou, au sommet de la colline, avant l'accès au Belvédère et dominant l'aire coutumière, l'espace Kâmi Yo et le bâtiment principal à l'est.
Chiffres Entrées