Marie-Amélie de Bragance (en portugais : ), princesse du Brésil, est née le à Paris, en France, et est morte le à Funchal, sur l'île de Madère, au Portugal. Elle est membre de la famille impériale du Brésil et la première fiancée du futur empereur .

Seule enfant de l'empereur (également roi de Portugal sous le nom de ) et de sa seconde épouse, la princesse Amélie de Leuchtenberg, Marie-Amélie appartient à la branche américaine de la maison de Bragance. Née après l'abdication de son père, la jeune fille voit le jour en France, où ses parents se sont installés après avoir regagné l'Europe. Vingt jours après sa naissance, part cependant au Portugal afin d'y combattre les forces de son frère, le roi usurpateur , et de restaurer sa fille aînée, la reine , sur le trône.

Une fois chassé du Portugal, en 1834, Marie-Amélie et sa mère gagnent Lisbonne, où elles retrouvent l'ex-empereur du Brésil. Cependant, meurt de tuberculose quelques mois à peine après sa réunion avec sa famille. Désormais orpheline de père, Marie-Amélie s'installe avec sa mère auprès de sa demi-sœur, la reine . À cette époque, le gouvernement brésilien refuse en effet de reconnaître l'enfant comme membre à part entière de la famille impériale. Ni elle ni sa mère, l'impératrice douairière, ne reçoivent donc aucune pension de la part de l'État brésilien. C'est seulement avec la fin de la régence brésilienne et l'arrivée au pouvoir du demi-frère de Marie-Amélie, l'empereur , en 1840, que la jeune fille est pleinement reconnue comme membre de la dynastie nationale.

En grandissant, Marie-Amélie devient une belle jeune femme, reconnue pour la qualité de son éducation et ses dons pour le dessin, la peinture et le piano. Début 1852, elle se fiance à l'archiduc Maximilien d'Autriche, frère de l'empereur et futur souverain du Mexique. Cependant, Marie-Amélie contracte la tuberculose et doit se rendre à Madère pour se soigner. Gravement atteinte par la maladie, elle trouve la mort à Funchal, en 1853. Très touché par la disparition de sa fiancée, l'archiduc Maximilien entreprend un pèlerinage sur les traces de la princesse, au Portugal et au Brésil. Ce voyage influence grandement, par la suite, son acceptation de la couronne impériale mexicaine en 1864.

Famille

Membre de la branche brésilienne de la Maison de Bragance, la princesse Marie-Amélie est la fille de l'empereur (1798-1834), également roi de Portugal sous le nom de , et de sa seconde épouse la princesse franco-bavaroise Amélie de Leuchtenberg (1812-1873).

Par son père, la princesse est donc la petite-fille du roi (1767-1826) et de son épouse l'infante Charlotte d'Espagne (1775-1830) tandis que, par sa mère, elle descend du prince Eugène de Beauharnais (1781-1824) et de la princesse Augusta-Amélie de Bavière (1788-1851). Marie-Amélie est par ailleurs la demi-sœur de l'empereur (1825-1891), de la reine (1819-1853), de la comtesse d'Aquila (1822-1901) et de la princesse de Joinville (1824-1898).

En 1852, la princesse s'est fiancée à l'archiduc Maximilien d'Autriche (1832-1867), fils de l'archiduc François-Charles d'Autriche (1802-1878) et de son épouse la princesse Sophie de Bavière (1805-1872). Marie-Amélie est cependant décédée avant d'avoir pu épouser le jeune homme.

Biographie Une naissance loin du Brésil

Marie-Amélie est née le à Paris, en France, quelques mois après l'abdication de son père, l'empereur , et son installation en Europe avec son épouse, Amélie de Leuchtenberg. Premier souverain du Brésil indépendant entre 1822 et 1831, a renoncé à la couronne impériale en faveur de son fils en avril afin de se consacrer à restaurer sa fille aînée, la reine , sur le trône de Portugal. De fait, depuis 1828, le royaume lusitanien est frappé par la guerre civile et le prince-régent Michel a profité de l'instabilité du pays pour renverser sa nièce et se faire proclamer roi à sa place.

Conscient que la naissance de son dernier enfant à l'étranger pourrait compromettre ses droits à la couronne brésilienne et son appartenance même à la famille impériale, , qui porte désormais le titre de duc de Bragance, invite plusieurs personnalités brésiliennes à assister à la naissance de son enfant. Parmi celles-ci, se trouve José Joaquim da Rocha, l'un des leaders de l'indépendance brésilienne, qui assume alors le rôle d'ambassadeur de Rio de Janeiro à Paris. La duchesse de Leuchtenberg, mère de l'impératrice Amélie, a, par ailleurs, quitté Munich pour assister à l'accouchement de sa fille.

Les parrains du nouveau-né sont le roi et la reine des Français, et Marie-Amélie. L'ex-empereur est ravi par la naissance de sa fille et il envoie très vite une lettre, datée du , à son fils et à ses autres enfants restés au Brésil pour les avertir de l'événement. Dans son message, il écrit :

La guerre civile portugaise et la mort de

Alors que Marie-Amélie est âgée de seulement vingt jours, son père quitte la France à la tête d'une armée libérale afin d'envahir le Portugal et d'en chasser son frère Michel. Pendant presque deux ans, la princesse vit donc seule avec sa mère et sa demi-sœur, la reine qui a , à Paris, tandis que le royaume lusitanien est frappé par la guerre civile. Finalement, lorsque la nouvelle de la prise de Lisbonne par les forces de arrive en France, Amélie de Leuchtenberg quitte Paris avec sa fille et sa belle-fille pour s'installer au Portugal. Après quelques jours de voyage et un bref séjour au Royaume-Uni, elles arrivent dans la baie de Lisbonne le et débarquent le lendemain.

Charles Napier, l'officier britannique vainqueur de la bataille du cap Saint-Vincent en 1833, décrit ainsi les retrouvailles émouvantes entre l'ex-empereur du Brésil et sa famille :

Après la restauration de la jeune sur le trône, Marie-Amélie et ses parents emménagent au palais de Ramalhão puis à celui de Queluz, près de Lisbonne. La famille réapprend à se connaître et l'ancien souverain noue une relation étroite avec sa fille cadette. Libéré de beaucoup de ses obligations, il passe ainsi de longs moments à jouer avec Marie-Amélie. Cependant, la guerre civile portugaise a profondément affaibli , dont la santé ne cesse de décliner depuis qu'il a contracté la tuberculose. Finalement, l'empereur s'éteint dans la journée du . Quelques heures avant sa mort, Marie-Amélie, qui n'a pas encore trois ans, est conduite auprès de lui. L'ex-empereur lui prend alors la main et déclare à l'assistance : .

Devenue veuve, Amélie de Leuchtenberg choisit de ne pas se remarier et de se consacrer pleinement à l'éducation de Marie-Amélie. Bien que n'appartenant pas officiellement à la famille royale de Portugal, l'impératrice douairière et sa fille conservent leur résidence à Lisbonne et continuent de fréquenter la cour de , dont le premier mari n'est autre qu'Auguste de Leuchtenberg, un frère de l'ancienne souveraine.. En fait, la petite princesse et sa mère ne se rendent jamais au Brésil et, jusqu'en 1841, le gouvernement de ce pays refuse même de les reconnaître comme des membres de la dynastie impériale. Durant la minorité de , la régence mise en place à Rio de Janeiro craint en effet le retour de l'impératrice douairière, qui pourrait facilement revendiquer le pouvoir à son profit. Amélie de Leuchtenberg et sa fille se voient donc interdites de séjour dans leur patrie et ne reçoivent par ailleurs aucune pension du gouvernement brésilien. C'est donc seulement après la proclamation de la majorité de et le vote, le , d'une motion présentée au Parlement par le ministre Aureliano Coutinho, vicomte de Sepetiba, que les deux femmes sont pleinement réintégrées à la famille impériale et voient leur statut évoluer. Elles n'en profitent cependant pas pour rentrer dans leur pays et Marie-Amélie ne visite jamais le Brésil.

Une éducation soignée

En grandissant, Marie-Amélie devient une belle jeune fille. Décrite comme gentille, pieuse et vive d'esprit, la princesse reçoit une éducation raffinée, largement encadrée par sa mère. Très douée pour le dessin, la peinture et le piano, elle s'intéresse également à la poésie. Polyglotte, elle parle couramment portugais, français et allemand. À l'étude, elle se montre parfois si brillante que l'un de ses professeurs dit de la princesse qu'elle .

Élève très appliquée, Marie-Amélie est motivée par le désir constant de faire honneur à son père. La disparition de a en effet laissé une profonde marque dans la vie de la princesse, qui demande souvent à son entourage : En fait, Marie-Amélie n'est jamais vraiment parvenue à surmonter la mort de . Une lettre de la princesse écrite à sa bonne le nous renseigne sur ses sentiments : Je me trouvais à Queluz… Après la mort de mon père, je n'avais encore jamais revu ce palais. Je n'arrivais à me souvenir de rien, absolument rien, à l'exception de la pièce où mon père est mort !… Là, je me souvenais de tout. Chaque objet était gravé dans ma mémoire, même si j'avais, à ce moment-là, seulement trois ans ! C'est avec une grande émotion que je suis entrée dans cette pièce !… Le lit… le lit est toujours le même, au même endroit, avec les mêmes rideaux ; il y a le même couvre-lit, les mêmes coussins… tout si bien préservé… Quel malheur…

Le jardin [du palais] est magnifique ; on m'y a montré un bosquet d'orangers, planté la même année que la mort de mon père, à sa demande, et un sycomore planté par ses soins… Une profonde tristesse m'a envahie lorsque je contemplai ces arbres ayant survécu à mon père et qui nous survivront probablement tous. C'est une illustration de la fragilité humaine. L'homme est la plus fragile de toutes les créatures ; il meurt, alors que les objets qu'il a créés pour son usage, passent les siècles !… Mais je digresse dans ma réflexion mélancolique…

Des fiançailles avortées

Avec sa mère, l'impératrice douairière du Brésil, Marie-Amélie effectue de longs séjours en Bavière en 1838-1839, 1843 et 1846. La jeune fille retrouve alors sa nombreuse parentèle germanique et notamment sa grand-mère maternelle, la duchesse de Leuchtenberg, veuve du prince Eugène de Beauharnais. À l'occasion de l'une de ces réunions familiales, Marie-Amélie fait ainsi la connaissance, en 1838, de son cousin l'archiduc Maximilien d'Autriche, au château de Tegernsee.

Ce n'est pourtant pas en Allemagne mais au Portugal que se noue l'idylle des deux jeunes gens. Début 1852, l'archiduc, qui sert désormais dans la marine de son pays, fait halte à Lisbonne. Il en profite pour rendre visite à sa famille et retrouve alors l'impératrice douairière du Brésil et sa fille. La mère de Maximilien, l'archiduchesse Sophie, est en effet la demi-sœur de la grand-mère maternelle de Marie-Amélie et toutes deux appartiennent à la maison de Wittelsbach. Maximilien est par ailleurs apparenté à la jeune fille à travers les demi-frères et sœurs de celle-ci : son père, l'archiduc François-Charles d'Autriche, est en effet le frère cadet de la première épouse de , l'impératrice Léopoldine.

Rapidement, l'archiduc et la princesse tombent amoureux et décident de se fiancer. La mère de Marie-Amélie en est ravie mais, à Vienne, les Habsbourg-Lorraine ne sont pas loin de considérer le projet comme une mésalliance, du fait des origines Beauharnais de la princesse.

Cependant, l'engagement des deux jeunes gens n'est pas rendu officiel à cause du décès prématuré de Marie-Amélie.

Mort à Madère

En , la princesse Marie-Amélie contracte la scarlatine mais son entourage ne s'en inquiète guère. Pourtant, les mois passant, son état empire et elle est atteinte d'une toux persistante, premier symptôme de la tuberculose. Sur recommandation de ses médecins, la princesse quitte, le , le palais das Janelas Verdes, où elle réside, pour Madère, dans l'Atlantique. L'île jouit en effet d'un climat réputé salutaire. Comme la princesse l'écrit elle-même : . Pensant au voyage qui l'attend, Marie-Amélie n'en ressent pas moins un mauvais pressentiment et elle demande à sa nièce, l'infante Marie-Anne de Portugal :