Victor Iturria, né le à Bassussarry (Pyrénées-Atlantiques) et mort pour la France le au Gâvre (Loire-Atlantique), est un militaire français, fait compagnon de la Libération à titre posthume par un décret du .

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s'illustre dès 1940 lors de la bataille de France, durant laquelle il est blessé. Il rallie ensuite la France libre du général de Gaulle et est breveté parachutiste en 1941. Il participe aux combats des FFL au Moyen-Orient (1941) et en Afrique du Nord (1942). avant d'être parachuté en France où il est tué en Loire-Inférieure peu après la libération de Nantes (), dans une embuscade tendue dans la forêt du Gâvre, près de la limite entre les communes du Gâvre et de Blain.

Biographie

Origines familiales et jeunesse Victor Iturria naît le à Bassussarry, dans les Pyrénées-Atlantiques (alors appelées Basses-Pyrénées) dans une famille d'agriculteur. Dixième d'une fratrie de douze enfants, il se laisse parfois aller à de petits actes de contrebande afin de subvenir aux besoins de sa famille qui a quitté Bassussarry pour le village de Sare.

Tailleur de pierre doté d'une excellente condition physique, il s'illustre régionalement grâce à ses talents en pelote basque.

Il effectue son service militaire de 1934 à 1936 au régiment de dragons à Limoges.

Seconde Guerre mondiale Lors du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale en , Victor Iturria est mobilisé au régiment de hussards, lequel est aussitôt dissous pour former plusieurs groupes de reconnaissance de corps d'armée ou de division.

Après la drôle de guerre, il est muté au régiment de dragons avec lequel il est engagé dans la bataille de France. Caporal et tireur sur canon antichar de 25mm, il s'illustre particulièrement le à Souchez lorsqu'il détruit sept chars allemands. Il reçoit une citation pour cette action dans laquelle il est grièvement blessé. Évacué de Dunkerque, il est transféré vers un hôpital d'Angleterre. Immobilisé pendant plus d'un mois, c'est sur son lit d'hôpital qu'il apprend la nouvelle de l'armistice du 22 juin 1940 et prend connaissance de l'appel du général de Gaulle.

Dès son rétablissement en juillet, il s'engage dans les forces françaises libres et rejoint les rangs de la compagnie d'infanterie de l'air ( CIA) sous les ordres du capitaine Georges Bergé. L'unité est envoyée en stage parachutiste à Ringway et Victor Iturria fait la démonstration de ses aptitudes physiques et également de son excellence dans le lancer de grenade, impressionnant même Winston Churchill, en visite d'inspection, en lançant un projectile dans un béret placé à cinquante mètres. Obtenant son brevet de parachutiste le , Iturria embarque avec son unité le suivant en direction du Moyen-Orient. En septembre, la CIA devient le peloton parachutiste du Levant puis, passant dans l'armée de l'air, la compagnie de chasseurs parachutistes des forces aériennes françaises libres ( CCP). L'unité stationne à Beyrouth puis à Damas avant de partir pour Kabret, au bord du canal de Suez, en . La CCP est alors intégrée aux Special Air Service du major Stirling et devient le French Squadron.

Promu caporal-chef le , Victor Iturria se distingue avec son unité lors de nombreuses actions menées en en Égypte et en Libye contre les positions allemandes. Le , sous les ordres de l'aspirant Zirnheld et en compagnie de Philippe Fauquet, il participe à l'attaque de l'aérodrome de Berka-3 près de Benghazi où sa désormais légendaire précision au lancer de grenade permet de neutraliser rapidement les sentinelles protégeant les avions ennemis. Il prend part, tout au long de l'été 1942, à de nombreuses autres actions en Libye, en Tunisie et en Crète, participant à la destruction de plus de allemands et italiens. Le , il est promu sergent. En , au départ du Caire, il part avec ses camarades pour un raid de plus de les menant jusqu'en Tunisie. Sous les ordres du sous-lieutenant Legrand, il participe à la destruction des voies de communication en arrière de la ligne Mareth. En février à Alger, le sergent Iturria reçoit la médaille militaire des mains du général Giraud.

Peu de temps après, il retourne en Angleterre où il est promu sergent-chef le . En juillet, le French Squadron devient le bataillon d'infanterie de l'air, renommé en novembre suivant bataillon d'infanterie de l'air ( BIA). Entraîné avec son unité dans la perspective de futures actions sur le territoire français, il devient lui-même instructeur. Le , le BIA est renforcé et devient le régiment de chasseurs parachutistes ( RCP). Le , Victor Iturria est parachuté en Bretagne. Il participe à la réduction de la poche de Lorient en prenant part à l'attaque de cette ville puis de Quiberon quelques jours plus tard. Descendant ensuite vers Nantes avec le RCP, il effectue des patrouilles le long de la Loire.

Mort et funérailles Le , il tombe dans une embuscade allemande tendue en bordure de la forêt du Gâvre, alors qu'il se dirige vers Blain sur la route de Redon à Nantes (actuelle RD 164). Au cours de cet accrochage, lui et un camarade sont tués par une rafale de mitrailleuse.

Rapatrié au pays basque, il est inhumé dans son village de Sare.

Décorations

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Chevalier de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationMédaille militaireCroix de guerre 1939-1945Avec deux palmesMédaille des blessés de guerreAvec deux étoilesMédaille de la Résistance françaiseAvec rosetteMédaille colonialeAvec agrafe "Libye"Médaille commémorativedes services volontaires dans la France libreMédaille commémorative françaisede la guerre 1939-1945Military Cross(Royaume-Uni)

Hommages

La promotion de l'École nationale des sous-officiers d'active (2014-2015) a été baptisée en son honneur. À Sare, sur les murs du fronton de pelote basque, un monument en son honneur a été érigé, le représentant à la fois en soldat et en pelotari. Son nom est également inscrit sur le monument aux morts de la commune. À Plumelec, son nom est inscrit sur le monument aux parachutistes SAS de la France libre. Au Gâvre, une stèle commémorative a été érigée sur les lieux de sa mort.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Catherine Marchand, Victor Iturria, un Héros Basque - 1914-1940 Du fronton de Sare au Special Air Service, 2015. . . . . . . . . . . . . .

Articles connexes

Ordre de la Libération Libération de la France

Liens externes

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