Les ateliers de poterie antique de Lyon sont des ateliers de poterie qui se sont développés à Lyon, capitale des Gaules installée en Gaule lyonnaise gallo-romaine, département actuel du Rhône en région Rhône-Alpes, France.

Un ensemble de facteurs particulièrement favorables a engendré un développement exceptionnel pour des ateliers urbains. Toutes les catégories de vaisselle céramiques ont été produites à Lyon à un moment ou à un autre et ces productions ont été très largement exportées, notamment vers le limes rhénan où les ateliers de la Muette et de Loyasse ont une place prépondérante. Ces ateliers ont aussi un statut particulier dans la romanisation des processus de fabrication et des chaînes opératoires. Ils font une large part à la période augustéenne ; celle du est moindre.

Les années 1960 apportent un accroissement considérable des connaissances sur ces ateliers. Ces découvertes font la part belle à la période augustéenne, tandis que pour le aucun dépotoir important n'a été mis au jour et le matériel d’atelier recueilli en est moins riche.

Facteurs de développement Généralement, l’artisanat urbain se contente de satisfaire les besoins locaux. Mais la situation géographique, politique et socio-économique de Lyon offre d'autres possibilités.

Carrefour européen Située entre le Massif central à l'ouest et le massif alpin à l'est, carrefour géographique placé au confluent du Rhône et de la Saône et au nord du couloir naturel de la vallée du Rhône qui s'étend jusqu'à Marseille, Lyon occupe une position stratégique primordiale voire incontournable dans la circulation nord-sud en Europe pendant l'Antiquité. À cette époque comme de nos jours, elle est sur le trajet de mer du Nord à la mer Méditerranée, et sur celui de l'Europe de l’Est à l'océan Atlantique. Ainsi c'est une voie aisée pour les exportations. Signalons aussi les coûts respectifs des modes de transport : le transport maritime est moins coûteux que le transport fluvial et de fois moins coûteux que le portage, .. C'est dire l'énorme avantage qu'apporte la confluence Saône / Rhône, ces deux grandes voies fluviales menant l'une vers le nord et l'autre vers l'est, et rejoignant la Méditerranée quasiment en ligne directe.

Important circuit de distribution Capitale des Gaules et stratégiquement placée, elle attire des nouveaux venus tournés vers le commerce et dont la façon de voir déteint sur les entrepreneurs locaux. Des circuits de distribution déjà en place intègrent facilement une nouvelle denrée commercialisable ; d'autant plus que la sigillée est une marchandise attrayante.

Agglomération importante pour l'époque, le marché local permet d'écouler des poteries de grandes tailles, plus difficiles à exporter que les petits formats. Il est également ouvert à l'écoulement de céramiques communes.

Historique des découvertes

Plusieurs observateurs des font état de découvertes de quantités de poteries.. Toutes ne sont pas synonymes d'ateliers ; mais les ateliers de la rive gauche sont ainsi prédits dès ces époques. D'autres sites de production sont annoncés, qui n'ont pas été vérifiés : quartier d'Ainay (dans la Presqu'île) ou quartier de la Quarantaine-Choulans (rive droite de la Saône).

Les grandes avancées dans la connaissance des ateliers lyonnais arrivent dans les années 1960 : la rive gauche de la Saône voit en 1965 les premiers sondages de l'atelier de la Butte, signalé en 1842. En 1966, première fouille de la Muette, et pour la première fois, la Direction des Antiquités interrompt un chantier de travaux publics ; la Manutention (aujourd'hui Les Subsistances), qui fait partie de l'atelier de la Muette, est découvert et fouillé cette même année ; de même que l'entrepôt de dolia du quai des Étroits, ..

Sur les hauteurs de la rive droite, Loyasse est découvert en 1967 et la Sarra en 1969. La politique de fouilles préventives mise en place par la suite permet d'autres découvertes : Saint-Vincent en 1988 (quartier de la Croix-Rousse), la rue Cottin en 1992, son voisin le Chapeau Rouge en 1999 (quartier de Vaise) ; Trion près de Loyasse.

La quantité totale de matériel recueilli à Lyon est telle qu'il a fallu une trentaine d'années pour recenser de façon exhaustive les formes et les décors du matériel recueilli. Ces travaux ont été publiés en 1996 et 1997. et font désormais référence pour les nombreuses études analytiques des ateliers augustéens qui sont au premier plan de ces recherches.

Liste des ateliers de Lyon

Barreto et al. (2005) donnent au moins neuf ateliers de poterie connus à Lyon en 2005 :

En rive gauche de la Saône sur les quais, se trouvent d'amont en aval : La Butte Environ en aval du pont Kœnig ; le chantier de ses fouilles de 1965 est appelé « Manutention » dans Tout feu 2001, ; et le chantier de fouilles de novembre 2000 à mars 2001 « Manutention » dans la même revue, . La Manutention ou Manutention militaire Ce site voit un chantier de fouilles de mai et juillet 2000, appelé « Manutention dans la revue Tout feu 2001, ». D'après Dangréaux et al. (1992), il fait partie de l'atelier de la Muette. La Muette Rue de la Muette, aussi appelé « Manutention dans la revue Tout feu 2001, . ». Saint-Vincent Rue saint-Benoît, donnant sur le quai Saint-Vincent.

En rive droite, dans le quartier de Vaise : Chapeau Rouge. Rue Cottin (ZAC de Charavay).

En rive droite de la Saône, dans le quartier de Fourvière : Trion (parfois appelé « Cardinal Gerlier »). La Sarra. Loyasse.

Productions

Les ateliers de poterie de Lyon ont un développement tout à fait exceptionnel pour des ateliers urbains. Céramiques à glaçure plombifère., céramiques à pâte claire, céramiques culinaires, sigillées, imitations de sigillées, lampes, céramiques à parois fines, amphores : toutes les catégories de vaisselle céramique ont été produites à Lyon à un moment ou à un autre, et ces productions ont été très largement exportées. Les ateliers de la Muette et de Loyasse ont une place prépondérante dans le commerce de céramiques avec le limes rhénan.

Après une dominance marquée pendant la période augustéenne, le premier siècle voit un net déclin des ateliers lyonnais : la production de sigillée cesse peu ou prou, et la production des nouveaux ateliers semble limitée au marché local ou régional - sauf pour la Butte, dont la production reste soigneusement travaillée - et est exportée sur les mêmes grands axes empruntés auparavant par la production de la Muette. La Butte semble jouer au le même rôle que ses prédécesseurs sous Auguste.

Des céramiques à vernis rouge de type campanien sont produites à Lyon vers 50 . ; elles perdurent après l'apparition des sigillées et jusqu'après la cessation d'activité de l'atelier de Loyasse.

Production d'amphores La production d'amphores à Lyon est d'abord établie par les analyses du lot d'amphores (Dressel 2/4) utilisé pour construire un vide sanitaire sur le site de la rue de la Favorite. à Lyon, puis par le mobilier de la fouille de l'îlot 24. Elle est ensuite confirmée avec la découverte des ateliers de la Muette et de la Manutention.

Leur production à Lyon apparaît à Lyon vers 20 et perdure pendant au moins un siècle, jusqu'à la fin du pour une partie d'entre elles, parfois vraisemblablement jusque dans le ; mais les traces de cette production tardive font défaut dans les ateliers au-delà du .. D'autres types d'amphores ont peut-être pris le relais à la suite. Un trait commun aux amphores lyonnaises connues est qu'aucun type n’est original : toutes sont des imitations peu ou prou de modèles créés ailleurs, notamment en Espagne.

Le territoire d'exportation des amphores lyonnaises est pratiquement le même que celui pour la sigillée lyonnaise, mais s'étend plus en durée / perdure plus longtemps. La production d'amphores vinaires ne dure pas très longtemps ; mais celle des amphores à saumure s'accroît dans la seconde moitié du et est exportée sur un plus grand territoire.

La fabrication d'amphores à Lyon démontre que la ville importe des denrées en vrac et les conditionne sur place. Cette prise de conscience ne s'est pas faite sans difficultés. La présence de Dressel 9 similis, destinées à la sauce de poisson, a créé une surprise et un premier écueil. Le dégraissant ajouté aux pâtes composant les amphores ajoutait une difficulté en compliquant les comparaisons avec les céramiques locales, principalement à pâte fine ; et les comparaisons avec les céramiques locales contenant un dégraissant ajouté restent délicates à cause des variations de la nature et de la quantité de dégraissant. De fines analyses de la composition minéralogique du sable des pâtes ont contribué à la résolution de l'énigme. C'est généralement un sable granitique comprenant du quartz, des feldspaths alcalins, des feldspaths plagioclases, des micas, des fragments de granite et occasionnellement des roches métamorphiques. Il n'est pas toujours possible de dire si les grains de calcite et les grains de quartz les plus fins font partie de l'argile ou du dégraissant. La rhyolite, roche volcanique acide, est présente en quantités variables, parfois en grosse quantité mais parfois absente, .. Ce dernier composant permet de déterminer si le sable utilisé vient de la vallée de la Saône ou de celle du Rhône : le Rhône n'en contient pas. Par exemple, les céramiques communes de la Muette MMLL'abréviation MML est mise pour désigner l'atelier de Lyon-la Muette. Pour une liste des abréviations similaires, voir , ; ou l'article « Typologie de la céramique antique », section « Note sur des abréviations couramment employées pour désigner des origines ». 205, MML 216 et MML 224 utilisent du sable rhodanien. ; tandis que les amphores lyonnaises en contiennent généralement. plus de 15-20% - bien que quelques-unes en soient dépourvues. La distance de Mahalanobis, un outil statistique, est également utilisé pour déterminer l'origine lyonnaise ou non-lyonnaise des amphores dont la quantité de rhyolite ne correspond pas à la moyenne du groupe lyonnais.. Dans certains cas, c'est tout simplement la forme qui permet de déterminer l'origine d'amphores marginales, par leur forte similitude avec des amphores assurément lyonnaises. Dans au moins un autre cas, une amphore marginale au groupe porte la même estampille SOLITI qu'une autre amphore, celle-là lyonnaise, et a une forme similaire à cette dernière. Quelques formes rares (Dressel 16, Augst 17, Augst 35., Dressel 28.) sont bien lyonnaises mais il faudrait pouvoir les comparer à des amphores de mêmes formes pour confirmer leurs caractéristiques typologiques.

Le contexte géologique de vallée alluviale, avec un brassage important des matériaux, rend plus malaisée la distinction entre les productions des différents ateliers de Lyon, qu'entre par exemple les productions des ateliers d'Italie, où le dégraissant provient de gisements primaires.. Toujours est-il qu'un conditionnement de marchandises importées en vrac laisse supposer en parallèle un certain volume de marchandises revendues encore en vrac ; ce qui a amené à devoir repenser en partie les études sur l'économie de Lyon romaine.

Types d'amphores produites à Lyon Lyon produit essentiellement quatre types principaux d'amphores..

Type 1 (Dressel 1 similis) Connues uniquement par les découvertes dans l'îlot 24, elles diffèrent des Dressel 1 italiques par une lèvre haute avec ressaut interne (ou inflexion externe), et des anses présentant deux sillons.

Les importations de Dressel 1 italiques déclinent brutalement dans les années 40 , concurremment à l’arrivée de nouveaux types d'amphores, ..

Lyon et Saint-Just (Ardèche.) sont les deux seuls ateliers connus en Gaule à en fabriquer..

Type 2 (Dressel 2/4 similis) Les Dressel 2/4 lyonnaises forment deux groupes. : 2A : type oriental, type Cos marqué d'un petit pilon, une épaule en cloche et des anses qui remontent, bifides ou pseudo-bifides. Le site de la Favorite en a livré 3 exemplaires..