Jean-Gabriel Revault d'Allonnes (Louannec, - Pagney, ) est un militaire français, Compagnon de la Libération. Saint-cyrien servant dans les troupes coloniales, il choisit en 1940 de se rallier à la France libre. Au sein de la division blindée, il participe aux combats d'Afrique du nord, à la libération de la France et à l'invasion de l'Allemagne. Poursuivant sa carrière militaire après la Seconde Guerre mondiale, il participe à la guerre d'Indochine et commande différentes unités. Il occupe également plusieurs fois le poste d'attaché militaire auprès de diverses ambassades françaises à l'étranger ainsi que des fonctions d'état-major et de chef de mission militaire auprès d'instances internationale. Gravissant les échelons jusqu'au grade de général de corps d'armée, il devient ensuite expert auprès des Nations unies.
Biographie
Jeunesse et engagement
Fils de Gabriel Revault d'Allonnes, psychiatre et agrégé de philosophie, Jean-Gabriel naît le à Louannec, alors dans les Côtes-du-Nord. Aîné d'un frère prénommé Michel, né en 1917, et du philosophe Olivier Revault d'Allonnes, leur mère Henriette Psichari est la petite-fille de l'écrivain Ernest Renan. Il fait ses études au lycée Charlemagne, au lycée Janson-de-Sailly puis au lycée Saint-Louis. En 1934, il entre à l'école spéciale militaire de Saint-Cyr, dans la promotion "Roi Alexandre ", d'où il sort en 1936 en choisissant de servir dans l'infanterie coloniale. Envoyé en Afrique-Occidentale française, il est affecté au régiment de tirailleurs sénégalais de 1937 à 1938 puis part au Niger où il est muté au bataillon de tirailleurs sénégalais. Il s'y trouve toujours au moment où la Seconde Guerre mondiale est déclenchée.
Seconde Guerre mondiale
Refusant l'armistice du 22 juin 1940, il part pour le Nigeria avec vingt-quatre de ses hommes afin de rejoindre les troupes britanniques. Cependant, ces dernières, encore peu au courant de l'appel du général de Gaulle, les remettent aux autorités françaises, désormais dirigées par le régime de Vichy, qui emprisonnent Jean-Gabriel Revault d'Allonnes à Zinder. Libéré le et faisant encore officiellement parti de l'armée d'armistice, il est muté dans une nouvelle unité mais profite de son déplacement vers son affectation pour s'évader et regagner à nouveau le Nigeria le . Après plusieurs jours de voyage il parvient, via la Gold Coast, à se rendre au Cameroun où il arrive le alors que ce territoire vient tout juste de se rallier à la France libre. Aussitôt engagé dans les forces françaises libres, il est affecté au bataillon du régiment de tirailleurs du Cameroun (3/RTC) avec lequel il participe à la campagne du Gabon.
En , Jean-Gabriel Revault d'Allonnes prend le commandement de la compagnie du 3/RTC qui est devenu bataillon de marche . Il prend part à la campagne de Syrie durant laquelle il est blessé par balle au bras le , puis le par éclat d'obus, à nouveau au bras. À l'issue de cette campagne en , il devient instructeur à Damas pour les élèves-aspirants. Passé ensuite au bataillon de marche , il participe en Libye aux combats sur la ville de Giarabud. En , il part pour l'Afrique-Équatoriale française où il rejoint la colonne "Leclerc". Au sein de celle-ci, il fait partie du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST) avec lequel il prend part aux campagnes du Fezzan et de Tripolitaine de à . Entretemps, il apprend la mort de son frère Michel, sous-marinier à bord de l'Argonaute, resté au service de l'armée d'armistice et coulé par les avions du porte-avions le lors de l'opération Torch. La colonne "Leclerc" étant devenue la Force "L", Jean-Gabriel Revault d'Allonnes est ensuite engagé dans la campagne de Tunisie où il prend le commandement de la compagnie de son régiment en remplacement de son commandant, tué en . Après que la Force "L" a changé de nom pour devenir la division française libre ( DFL), le RTST est à son tour renommé pour devenir en le régiment de marche du Tchad dans lequel Jean-Gabriel Revault d'Allonnes fait partie du bataillon. Le mois suivant, la DFL devient la division blindée ( DB) et s'entraîne pendant plusieurs mois au Maroc avant d'être transférée en Angleterre en .
Le capitaine Revault d'Allonnes est affecté au groupement tactique du colonel Dio en tant qu'officier d'état-major. Débarqué en Normandie le , il participe à la bataille de Normandie, durant laquelle il est blessé deux fois, à la libération de Paris puis à la bataille des Vosges. Le , il reçoit la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle. Il suit ensuite la DB dans l'invasion de l'Allemagne et termine la guerre à Berchtesgaden.
Après-guerre
Poursuivant sa carrière militaire, il devient attaché militaire aux ambassades françaises de Colombie, du Venezuela et de l'Équateur. Il est promu chef de bataillon en 1948 et prend le commandement du régiment d'infanterie coloniale avant d'être détaché au SDECE. Élève de l'école supérieure de guerre de 1950 à 1952, il combat ensuite en Indochine jusqu'en 1954. Il retrouve le monde diplomatique de 1957 à 1961 comme attaché militaire à l'ambassade de France au Portugal. À son retour en France, il est promu colonel et commande le bureau personnel d'état-major de la DPMAT à Paris. De 1963 à 1964, il est chef de corps du régiment blindé d'infanterie de marine à Offenbourg.
En , Jean-Gabriel Revault d'Allonnes est promu général de brigade et est adjoint du gouverneur militaire de Paris jusqu'en 1967. Il est ensuite affecté en Martinique où il commande le groupe militaire Antilles-Guyane de 1968 à 1970. Il revient en métropole avec le grade de général de division et commande la division militaire territoriale de Rouen de 1971 à 1972. Il est chef de la mission militaire française auprès des forces alliées du secteur centre-Europe de 1972 à 1973 puis chef de la mission militaire française du comité militaire du Conseil de l'Atlantique nord. En , il est promu général de corps d'armée peu de temps avant de prendre sa retraite militaire. Passé dans le civil, il devient de 1974 à 1978 expert auprès de l'ONU pour la prévention des catastrophes.
Jean-Gabriel Revault d'Allonnes meurt le à Pagney dans le Jura où il est inhumé.
Décorations
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Commandeur de la Légion d'honneurCompagnon de la LibérationGrand-croix de l'Ordre national du MériteCroix de guerre 1939-1945Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieursMédaille des évadésCroix du combattant volontaireAvec agrafe "Guerre 1939-1945"Chevalier de l'Ordre du Mérite maritimeMédaille colonialeAvec agrafes "AFL", "Libye", "Fezzan-Tripolitaine", "Tunisie" et "Extrême-Orient"Médaille commémorative des services volontaires dans la France libreMédaille commémorative de la campagne d'IndochineMilitary Cross(Royaume-Uni)Officier de l'Ordre national du Vietnam(Vietnam)Croix de la Vaillance avec palme(Vietnam)Commandeur de l'Ordre du Nichan Iftikhar(Tunisie)Officier de l'Ordre de l'Étoile noire(Bénin)Commandeur de l'Ordre du Mono(Togo)
Références
Bibliographie
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Voir aussi Articles connexes Ordre de la Libération Libération de la France
Liens externes
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