Le siège de Laghouat en 1852 est un épisode de la colonisation française de l'Algérie (1830-1871).

Contexte Fin 1852, Laghouat, oasis à la localisation stratégique qui est un accès au Sud algérien, devient « un foyer d’agitation ». Un ancien allié de la France, Mohammed ben Abdallah, lance une révolte armée qui connaît un certain écho. Trois colonnes, dirigées par les généraux Aimable Pélissier, Joseph Vantini et Henri Pierre Bouscaren, interviennent à Laghouat pour juguler la révolteDidier Monciaud, « Laghouat 1852 », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 156, 2023, p.159-164.doi.org/10.4000/chrhc.21484.

Le siège Le général Aimable Pélissier, commandant une armée de , assiège la ville de Laghouat le . L'assaut décisif de la ville a lieu le où la ville est prise par les Français. Le traitement brutal des habitants de la ville fait partie de la tactique de la terre brûlée menée par l'armée française.

L'assaut de Laghouat, auquel participent zouaves, chasseurs d'Afrique, tirailleurs algériens et spahis, se transforme rapidement en plusieurs jours de massacres pour punir la population insurgée. La bataille fait également plusieurs morts du côté français dont le général Bouscaren, ce qui augmente la ferveur des soldats français de vouloir se venger de la population pour en donner l'exemple aux autres villes du sud de l'Algérie. Environ les deux tiers ( à sur un total de restant dans la ville assiégée), y compris des femmes et des enfants, sont massacrés.

Le général Pélissier relate ainsi les événements au gouverneur général de l'Algérie, le maréchal Randon : . Selon Mostéfa Khiati. médecin-chercheur, des « projectiles chargés de chlore » ont été utilisés lors de la prise de Laghouat.

Les femmes qui survivent ont tellement peur que leurs jeunes fils soient récupérés par les forces françaises, ils emploient une ruse pour les cacher, en les habillant en filles et en leur faisant porter des boucles d'oreille. La tradition de protéger les jeunes garçons du mal avec une boucle d'oreille persiste jusqu'aujourd'hui.

Le niveau de brutalité du massacre de Laghouat est à la fois une démonstration de force et une partie de la longue tactique de la terre brûlée menée par les trois généraux français qui prennent la ville fortifiée. Au cours de la bataille de Laghouat, plusieurs tribus et autres républiques et forteresses de la ville apportent leur aide pour tenter d'arrêter l'avancée des Français, à savoir Ghardaïa (et donc l'ensemble de la confédération mozabite), Metlili et Ouargla. Les nobles de ces dernières villes, après avoir été témoins ou après avoir entendu des atrocités commises à Laghouat, cherchent rapidement à arrêter un accord pacifique pour rendre leurs villes ou signer des traités gardant leur autonomie sous la protection de la France.

Quelques mois après Laghouat, le , le général Randon, gouverneur français d'Algérie, signe un traité de protectorat avec les nobles des villes du M'zab, connu en France sous la dénomination « traité de protectorat du Mzab ».

Unités ayant pris part au siège de Laghouat Quatre colonnes participent à l'opération de Laghouat. La première commandée par Yusuf partie de Médéa, la seconde commandée par Pélissier partie de Cacherou, la troisième commandée par Pein partie de Bou Saâda et la dernière commandée par Bouscaren partie de Saïda, général Eric de Fleurian, Participation des tirailleurs et des Zouaves-conquête et pacification de l'algérie, site les-tirailleurs.fr, , rassemblant les unités suivantes qui prennent part aux combatsLa prise de Laghouat.

Infanterie 8 bataillons plus 2 compagnies un bataillon du régiment d'infanterie de ligne, lieutenant-colonel Gérard deux bataillons du régiment d'infanterie de ligne, colonel marquis de Liniers un bataillon du 1er régiment de zouaves, commandant Barrois deux bataillons du 2e régiment de zouaves, lieutenant-colonel Cler, commandants Morand et Malafosse le bataillon d'infanterie légère d'Afrique (« zéphyrs »), commandant Liébert le bataillon de tirailleurs algériens d'Alger, commandant Rose une compagnie du bataillon de tirailleurs algériens d'Oran une compagnie du bataillon de tirailleurs algériens de Constantine

Cavalerie 10 escadrons (6 escadrons de chasseurs d'Afrique et 4 escadrons de spahis algériens) quatre escadrons du 2e régiment de chasseurs d'Afrique, colonel Rame deux escadrons du 1er régiment de chasseurs d'Afrique, colonel Lichtlin deux escadrons du 1er régiment de spahis algériens, commandant de Francq deux escadrons du 2e régiment de spahis algériens, commandant de la Tour-Landon

Autres unités détachements des , et régiments d'artillerie. détachements du du génie.

Postérité Un « Comité Laghouat (France) » est créé par Pierre Mansat, conseiller de Paris et adjoint PCF au maire de Paris. À l’initiative du Groupe communiste et citoyen, le conseil de Paris vote le un vœu en faveur de la pose d’une plaque commémorative « rue de Laghouat », dans le dix-huitième arrondissement. Une tribune d’un collectif d’historiens et de militants, dont sont notamment membres Benjamin Stora et Lilian Thuram, demandant la restitution de la clé de la ville et des étendards, et la pose d’une plaque commémorative est publiée dans Le Monde.

Notes et références

Bibliographie

. . .

Voir aussi Articles connexes Algérie Zibans Fort Bouscaren Conquête de l'Algérie par la France Histoire de l'Algérie Chronologie de l'Algérie Algérie française Oasis

Liens externes

Catégorie:Décembre 1852 Catégorie:Novembre 1852 Catégorie:Bataille impliquant l'Algérie Catégorie:Bataille impliquant la France Catégorie:Bataille de 1852 Catégorie:Algérie française Laghouat Catégorie:Guerre coloniale Catégorie:Résistance algérienne à la colonisation française Catégorie:1852 en Algérie Catégorie:Laghouat Laghouat Catégorie:Châtiment collectif Catégorie:Attaque chimique sur l'Algérie