Charles-Juste de Beauvau-Craon, né en l'hôtel de Craon le et mort au château du Val le , est un aristocrate et un militaire de l'Ancien Régime. Fils de Marc de Beauvau-Craon, il lui succède comme le second prince de Beauvau-Craon, en . Il est également marquis de Beauvau, marquis de Craon et marquis d'Haroué. Membre de l'Académie française, il sera nommé maréchal de France en puis brièvement comme secrétaire d'État de la Guerre, en 1789.
Biographie Enfance Charles-Juste de Beauvau-Craon est né à l'hôtel de Craon le . Il est le fils de Marc de Beauvau-Craon, premier prince de Beauvau-Craon, et d'Anne-Marguerite de Ligniville, la dame d'honneur de la duchesse de Lorraine et maîtresse du duc de lorraine . Il est le treizième enfant né de l'union de ses parents et un des six qui leurs survécurent. Il est ainsi un frère de la marquise de Boufflers, la maîtresse en titre du futur duc de Lorraine, Stanislas Leszczynski, ainsi que de la maréchale de Mirepoix, qui sera « conseillère » des favorites du roi . Dans le duché de Lorraine, la famille est ancienne et puissante, surtout dans Lunéville.
Mariage Il épouse en premières noces, le , Marie-Sophie-Charlotte de La Tour d'Auvergne (1729-1763), fille d'Emmanuel-Théodose de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, dont il a une fille :
Anne-Louise-Marie (1750-1834) qui épouse Philippe-Louis de Noailles, vicomte de Lautrec et prince de Poix.
Veuf en 1763, il épouse en secondes noces en , Marie-Charlotte-Sylvie de Rohan-Chabot (1729-1807). Ce second mariage reste sans postérité.
Carrière militaire Entré comme volontaire au service de la France, il est nommé lieutenant de cavalerie le , colonel du Régiment des Gardeş de Lorraine le , et se distingue sous le maréchal de Belle-Isle au siège de Prague en 1741. Brigadier le , maréchal de camp le , lieutenant général le , il est nommé gouverneur de Bar-le-Duc et commande en chef les troupes envoyées en Espagne en 1762.
Il est nommé gouverneur du Languedoc le . En 1767, il s'illustre en faisant libérer les dernières prisonnières de la Tour de Constance, dont Marie Durand. C'est le moment où il est consulté par Pierre Gilbert de Voisins, qui prépare pour le roi un mémoire sur la politique à mener vis-à-vis des protestants. Il est ensuite gouverneur de Provence (1782-1790), où il sait se faire aimer des ressortissants de cette province.
Le prince de Beauvau est fait maréchal de France le . En 1789, il est secrétaire d'État à la Guerre pendant seulement cinq mois. Partisan des réformes, il n'est pas inquiété sous la Révolution, et meurt dans son lit au début de la Terreur, laissant une veuve inconsolable.
thumb|285px|La tombe de Charles-Juste de Beauvau-Craon au cimetière nouveau de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines).
Ses restes se trouvent de nos jours dans une tombe anonyme du nouveau cimetière de Saint-Germain-en-Laye dans les Yvelines..
Autres fonctions Il est bailli du bailliage de Bar-le-Duc de 1778 à 1790Gérard Naud et Georges J. weill, Répertoire numérique de la sous-série 2B : bailliage de Bar-le-Duc, Bar-le-Duc, Archives départementales de la Meuse, 1968, .
Distinctions et honneurs Grand d'Espagne de première classe le , il est fait chevalier de l'Ordre du Saint-Esprit (Versailles, ).
Nommé à l'Académie française en alors qu'il n'a jamais rien écrit, il participe activement aux travaux académiques. Il est également membre associé de l'Académie des sciences, membre honoraire de l'Académie des inscriptions et belles-lettres (1782) et membre des académies italiennes de l'Accademia Etrusca à Cortone (Toscane) et l'Accademia della Crusca à Florence.
Il s'entoure d'un cercle d'hommes de lettres parmi lesquels Jean Devaines, le philosophe Jean-François Marmontel, le poète Jean-François de Saint-Lambert. Le chevalier Stanislas de Boufflers, neveu du maréchal, anima longtemps son salon.
Résidences Hôtel de Beauvau, place Beauvau à Paris () : Le maréchal de Beauvau laisse son nom à l'hôtel de Beauvau, où siège aujourd'hui le ministère de l'Intérieur, dont il est le locataire de 1770 environ à sa mort. Château du Val à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) : Le prince de Beauvau le fait transformer vers 1776. par l'architecte Galant (sans doute Nicolas Galland). La maison est surélevée d'un étage en attique et un nouveau corps de bâtiment est construit au sud. Les jardins sont traités en parc à l'anglaise, peut-être par Hubert RobertJean-Marie Pérouse de Montclos (dir.), Guide du Patrimoine. Île-de-France, , ce que confirme la description très critique qu'en fait le jardinier écossais Thomas Blaikie. Le prince y reçoit Benjamin Franklin en 1778. Il disposait d'un appartement dans l'aile du Nord du château de Versailles, près de l'opéra royal et disposait même d'une loge privée à son nom.
Armoiries
D'argent, à quatre lions de gueules, armés, lampassés et couronnés d'or, 2 et 2..
Voir aussi Notes et références
Pages connexes
Armorial des maréchaux de France ; Hôtel de Beauvau ; Liste des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit ; Liste des membres de l'Académie française par date d'élection ; Liste des membres de l'Académie française par fauteuil ; Liste des seigneurs d'Harcourt ; Opéra municipal de Marseille ; Place Beauvau ; Rue du Faubourg-Saint-Honoré ;
Liens externes
Bibliographie
Georges Martin, Histoire et généalogie de la Maison de Beauvau, 2012, Lyon, l'auteur, .
Catégorie:Naissance en septembre 1720 Catégorie:Naissance à Lunéville Catégorie:Académie des inscriptions et belles-lettres Catégorie:Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit Charles Juste de Beauvau-Craon Catégorie:Grand d'Espagne Catégorie:Maréchal de France nommé sous le règne de Louis XVI Catégorie:Membre de l'Académie des sciences (France) Catégorie:Membre de la commission du Dictionnaire de l'Académie française Catégorie:Membre de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux Catégorie:Ministre de Louis XVI Catégorie:Ministre français de la Guerre Charles Juste de Beauvau-Craon Catégorie:Décès en mai 1793 Catégorie:Décès à 72 ans