La (en occitan : carrièra dels Quistans de la Mercé) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue des Quêteurs est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Arnaud-Bernard.

La chaussée compte une seule voie de circulation en sens unique. La première partie, entre la rue Lascrosses et la rue Léonce-Castelbou, appartient à une zone de rencontre, où la vitesse est limitée à 20 km/h, tandis que la seconde partie, entre la rue Léonce-Castelbou et la rue Arnaud-Bernard, appartient a une aire piétonne, où la circulation est règlementée et la vitesse limitée à 6 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable sur toute sa longueur.

Voies rencontrées La rue des Quêteurs rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Rue Lascrosses Rue Léonce-Castelbou (g) Rue Arnaud-Bernard

Odonymie vignette|gauche|Les Religieux de la Mercy de France..., gravure anonyme (deuxième moitié du ) Le nom de la rue est la traduction du nom qu'elle portait déjà au : rue des Quistans (quistans, « ceux qui quêtent », « quêteurs » en occitan). Elle le devait à la présence du monastère des Quêteurs, religieux de l'ordre de la Merci qui quêtaient dans les villes pour le rachat des chrétiens captifs des pirates barbaresques et réduits en esclavage..

Elle porta au le nom de rue d'En-Noguier, du nom d'un important habitant du lieu (en, « seigneur » en occitan). Le nom se déforma à partir de la fin du et elle fut la rue Noguières ou de Noguiers et finalement, au , rue des Noyers.. On l'appelait parfois rue Fiquebroque (peut-être fica broca, « plante vigne » en occitan) du nom du terrain qui s'étendait entre la rue Lascrosses, la rue des Quêteurs et la place Arnaud-Bernard.. En 1794, pendant la Révolution française, on l'appela rue Préservative, mais ce nom ne subsista pas et, en 1806, on lui rendit son nom sous la forme francisée de rue des Quêteurs.

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, le quartier de la rue des Quêteurs se trouve dans la campagne, hors de l'enceinte de la ville, au-delà de la Porterie, la porte nord (emplacement de l'actuelle place du Capitole). Dans la première moitié du , lorsque se développe et s'urbanise un véritable bourg autour de l'abbaye Saint-Sernin, ce n'est encore qu'un simple chemin rural, qui se trouve au-devant de la première enceinte du bourg Saint-Sernin, entre la première porte de las Croses (emplacement de l'actuel place Saint-Julien) et la première porte Arnaud-Bernard (emplacement de l'actuel rue Arnaud-Bernard). Ce n'est finalement que dans la première moitié du que l'enceinte du bourg est réaménagée plus au nord et les portes de Lascrosses et d'Arnaud-Bernard sont reconstruites plus loin (emplacement des actuels boulevard Lascrosses et place Arnaud-Bernard)Cazes 2013, .. Le quartier reste cependant particulièrement rural. La rue est bordée par quelques maisons et des champs, comme les vignes de Fiquebroque du côté nord.

Au , les terrains au nord de la rue appartiennent aux religieux du couvent de l'ordre de la Merci, dont l'église et les bâtiments se trouvent sur la place Arnaud-Bernard (emplacement des actuels ). Les religieux, que les Toulousains surnomment les Quêteurs, s'étaient d'abord hors de la ville, dans le faubourg qui s'étend au-delà de la porte Arnaud-Bernard entre 1247 et 1257, probablement avec le soutien du roi de France, Louis IXLedermann 1898, .. En 1356, dans le contexte de la guerre de Cent Ans, ils ont déplacé leur couvent au nord du bourg Saint-SerninLedermann 1898, ., un quartier qui compte déjà de nombreux couvents. Mais surtout, les Quêteurs se trouvent en concurrence avec les religieux de la Trinité, qui avaient au leur couvent hors des murs, près du Château narbonnais, et se sont installés en 1362 au cœur de la ville, à proximité de la Grand-rue (emplacement de l'actuel rue de la Trinité)Chalande 1917, .. Ils partagent en effet la vocation de racheter les chrétiens captifs et esclaves en terre d'Islam et il en résulte une véritable concurrence entre les deux ordres religieux..

Au début du ressurgit l'opposition entre les Quêteurs et les Trinitaires, le conflit religieux étant renforcé par un arrière-plan politique. En effet, le supérieur de l'ordre de la Merci, Alonso Monroy, est un Espagnol, et le roi Henri IV se méfie de l'influence espagnole. Un procès sur la destination des héritages indéterminés éclate devant le Parlement de Toulouse en 1603 et aboutit en 1606 à la remise en cause de l'ensemble des privilèges des Trinitaires, mais le Parlement de Paris intervient avec le soutien du roi en 1608 pour rétablir l'équilibre en faveur des Trinitaires.

Époque contemporaine Entre 1895 et 1902, la petite impasse Lascrosses est prolongée du boulevard Lascrosses jusqu'à la rue des Quêteurs et on lui donne le nom de Léonce-Castelbou. S'il est d'abord prévu de la prolonger jusqu'à la place des Tiercerettes, le projet en est finalement abandonné.. Au milieu du , on y trouve plusieurs hôtels – l'hôtel Maurice (actuel )., l'hôtel du Marché (actuel )..

Patrimoine et lieux d'intérêt Immeubles et maisons 5-5 bis : résidence Georges-V (vers 1962, Édouard Weiler).. 13 : maison (début du ).. 32 : maison en corondage ()..

Jardin d'Embarthe

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie . Quitterie Cazes, « Toulouse au Moyen Âge : les pouvoirs dans la ville », Marquer la ville. Signes, traces, empreintes du pouvoir (), éd. de la Sorbonne, Paris-Rome, 2013, (lire en ligne). Émile Ledermann, Les frères de Notre-Dame de la Merci et la rédemption des captifs, Imprimerie des ouvriers sourds et muets, Paris, 1898. Yves Dossat, « Les ordres de rachat. Les Mercédaires », Cahiers de Fanjeaux, , Assistance et Charité, éd. Privat, Toulouse, 1978, . .

Articles connexes Liste des voies de Toulouse Liste des espaces verts de Toulouse

Liens externes « Notice », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ). Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ). Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la Région Occitanie (consulté le ).

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